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Les œuvres pour piano et orchestre de Gabriel Fauré et de Francis Poulenc : Un répertoire à réhabiliter

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Gabriel Fauré (1845 - 1924) : Ballade pour piano et orchestre en fa dièse majeur Opus 19 et Fantaisie pour piano et orchestre Opus 111 ; Francis Poulenc (1899 - 1963) : Concerto pour piano FP 146   et Aubade « Concerto chorégraphique » pour piano et 18 instruments FP 51. Romain Descharmes, piano ; Malmö Opera Orchestra, direction : Michael Halász. 2023 Livret en anglais et français.  67’35. Naxos 8.574570.

Gabriel Fauré, 100 ans

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Gabriel Fauré, né le 12 mai 1845 à Pamiers (Ariège) et mort le 4 novembre 1924 à Paris, est un pianiste, organiste et compositeur français.

Élève de Saint-Saëns et de Gustave Lefèvre à l’École Niedermeyer de Paris, il est d'abord maître de chapelle de l'église de la Madeleine à Paris. Il en assure plus tard les fonctions d'organiste, titulaire du grand orgue. Il est ensuite nommé professeur de composition au Conservatoire de Paris, puis directeur de l’établissement de 1905 à 1920.

Il est l’un des plus grands compositeurs français de la fin du XIXe et du début du XXe siècles.

Gabriel Fauré est le fils de Toussaint-Honoré Fauré, instituteur à Pamiers, puis directeur de l’école normale d'instituteurs de Foix à Montgauzy, et de Marie-Antoinette-Hélène Lalène-Laprade. Il est placé chez une nourrice puis, en 1854, il quitte la maison familiale de Foix (Ariège), et part pour Paris étudier à l’École Niedermeyer, école de musique classique et religieuse qui formait alors des organistes d’église, des chefs de chœur et des maîtres de chapelle. Il y étudie onze années et y obtient un 1er grand prix de piano, un 1er grand prix de composition et un 2e grand prix d'harmonie. Plusieurs musiciens de premier plan, dont Camille Saint-Saëns qui lui présente la musique des compositeurs contemporains de l’époque (Robert Schumann, Franz Liszt) et son directeur Gustave Lefèvre, seront ses maîtres. Il est d'abord organiste de l'église Saint-Sauveur de Rennes à partir de 1865.

En 1870, Fauré s’engage dans l’armée et prend part aux combats pour lever le siège de Paris lors de la Guerre franco-prussienne. Pendant la Commune de Paris, il demeure à Rambouillet et en Suisse où il enseigne à l’École Niedermeyer qui y avait été déplacée. Il retourne à Paris en octobre 1871 et tient l'orgue de chœur à l’église Saint-Sulpice tout en participant régulièrement au salon de Saint-Saëns et de la célèbre chanteuse Pauline Garcia-Viardot. Il y rencontre les principaux musiciens parisiens de l’époque et forme avec eux la Société nationale de musique.

En 1874, Fauré arrête de travailler à Saint-Sulpice et remplace Saint-Saëns, qui est souvent absent, à l’église de la Madeleine. Quand Théodore Dubois devient titulaire du grand orgue en 1877, Fauré devient maître de chapelle (maître du chœur, qu'il dirige). À la même époque, il se fiance avec Marianne Viardot, la fille de Pauline, mais ces fiançailles sont rompues par Marianne à la fin octobre. Malheureux, il voyage à Weimar où il rencontre Liszt, et à Cologne pour y assister aux productions de L'Anneau du Nibelung de Richard Wagner. Si Fauré admire Wagner, il est néanmoins l'un des rares compositeurs de sa génération à ne pas tomber sous son influence.

Pendant sa jeunesse, Fauré était très heureux, mais la rupture de ses fiançailles, et ce qu’il perçoit comme un manque de reconnaissance musicale le mènent à la dépression, qu’il qualifie de «spleen».

En 1883, Fauré épouse Marie Frémiet (1856-1926)3, fille du sculpteur Emmanuel Frémiet, avec qui il a deux fils. Pour subvenir aux besoins de sa famille, il assure les services quotidiens à l’église de la Madeleine et donne des leçons de piano et d’harmonie. C’est seulement l’été qu’il a le temps de composer. Il tire peu d’argent de ses compositions. Durant cette période, il écrit plusieurs œuvres importantes, de nombreuses pièces pour piano et des mélodies, mais les détruit pour la plupart après quelques présentations et n’en retient que quelques éléments pour en réutiliser les motifs. L'Élégie est interprétée par Jules Loeb le jour de ses 38 ans, à la Société nationale de musique de Paris.

En 1885, il est lauréat du prix Chartier de l'Académie des beaux-arts qui couronne sa production de musique de chambre.

En 1886, il fait la connaissance de la Comtesse Greffulhe par l'intermédiaire de Robert de Montesquiou. Dès lors, celle-ci lui apporte un soutien actif. Elle l'associe à la création de la Société des grandes auditions musicales, en 1890. Elle fait jouer ses œuvres et l'invite régulièrement en villégiature à Dieppe. Il l'appelle «Madame ma Fée», «mon roi de Bavière», et l'initie à la musique de Wagner. Il lui dédie sa Pavane, véritable «portrait musical» et lui en offre la partition. La chance lui sourit enfin. Dans les années 1890, il voyage à Venise où il rencontre des amis et écrit plusieurs œuvres. En 1892, il devient inspecteur des conservatoires de musique en province, ce qui signifie qu’il n’a plus à enseigner à des jeunes garçons ou à des adolescents. Cette même année, il fait la rencontre d'Emma Bardac, qui deviendra l'épouse de Claude Debussy en 1908. Gabriel Fauré et Emma Bardac entament une liaison, dont résulte la suite Dolly dédiée à Hélène Bardac, dont le surnom était Dolly, ainsi que La Bonne Chanson, d'après l'œuvre éponyme de Paul Verlaine, qu'il dédie directement à Emma Bardac.

En 1896, il est nommé organiste en chef à l’église de la Madeleine et succède à Jules Massenet comme professeur de composition au Conservatoire de Paris. Il enseigne alors à de grands compositeurs comme Georges Enesco et Maurice Ravel, ou encore à Nadia Boulanger. Sa situation financière s'améliore et sa réputation de compositeur s’affirme. En 1899, vraisemblablement dans le projet d'écrire Prométhée pour le théâtre des Arènes, sûrement à Béziers pour appréhender les conditions de représentation des œuvres, Gabriel Fauré seconde Camille Saint-Saëns pour la reprise de Déjanire (créée en 1898) et sera appelé à diriger la seconde représentation de 1899.

De 1903 à 1921, Fauré est critique au Figaro. En 1905, il succède à Théodore Dubois comme directeur du Conservatoire de Paris. Aussitôt, il procède à de nombreux changements, rétablit la discipline et apporte plus de sérieux à un enseignement qui avait beaucoup vieilli. Cette attitude intransigeante lui est d’ailleurs reprochée.

Dans le même temps, Fauré doit faire face, à partir de 1903, à une surdité presque totale. Il entend les graves mais est sourd aux aigus, handicap qui pourtant n’entrave en rien sa carrière.

Fauré est élu à l’Institut de France en 1909. La Comtesse Greffulhe a soutenu activement sa candidature et il l'en remercie avec émotion : « Merci d’avoir fait tinter mon nom dans toutes ces vénérables oreilles ! […] Et moi qui croyais vous aimer autant que je puis aimer ! Et il faut que je vous aime encore davantage ! Je vais sécher !!! » Il rompt alors avec la vieille Société nationale de musique.

Sa responsabilité au Conservatoire et sa perte d’audition amènent Fauré à réduire grandement sa production. Claire Croiza rapporte : « Fauré était un vivant métronome. C’était d’autant plus frappant à la fin de sa vie, quand il était devenu sourd. Avant, il était galant homme, il aimait les jolies femmes, il faisait quelques concessions. Mais à la fin de sa vie, quand il n’entendait plus, il allait son chemin, impeccablement, sans se douter que la chanteuse avait quelquefois deux ou trois mesures d’écart avec lui, parce qu’elle ralentissait tandis que lui restait fidèle au mouvement. »
Proche du jeune Jean Wiener, il invite le jeune homme à entrer au conservatoire. Pendant la Première Guerre mondiale, il reste en France.

En 1920, à 75 ans, il prend sa retraite du Conservatoire. Il reçoit la même année la grand-croix de la Légion d'honneur, une distinction encore rare pour un musicien. Sa santé est devenue fragile, en partie en raison d’une consommation excessive de tabac. Malgré cela, il reste à l’écoute des jeunes compositeurs, en particulier les membres du groupe des Six.

Gabriel Fauré meurt de pneumonie à Paris le 4 novembre 1924. Des funérailles nationales ont lieu à l’église de la Madeleine. Une plaque commémorative est posée sur sa maison au 32 rue des Vignes (16e arrondissement de Paris), où il vécut de 1911 jusqu'à son décès.

 

Concert hommage à Gabriel Fauré : un dialogue raffiné entre Keigo Mukawa et Cristian de Sá

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À l’occasion du centenaire de la disparition de Gabriel Fauré, le pianiste Keigo Mukawa et le violoniste Cristian de Sá s’unissent pour un concert-hommage à Paris, dans le cadre intime et raffiné de la Salle Cortot. Ce programme, centré autour des deux Sonates pour violon et piano de Fauré, explore un demi-siècle de créativité musicale à travers deux œuvres contrastées par leur style et leur approche harmonique.

Si Keigo Mukawa est connu des mélomanes français et belges grâce à ses deuxième et troisième prix respectivement aux concours international Long-Thibaud (2019) et Reine Elisabeth (2021), Cristian de Sá, d’origine italo-portugaise et de nationalité anglo-portugaise, n’est pas encore familier de nos publics. Pourtant, il est nommé « Jeune star classique » par Classic FM, il mène une carrière internationale à Amsterdam, Londres, Salzbourg, Bucarest, Lisbonne, Madrid et tant d’autres villes. 

Les deux sonates pour violon et piano de Fauré, composées à près de quarante ans d’intervalle, témoignent de l’évolution stylistique du compositeur et des bouleversements artistiques de son époque. La Première Sonate op. 13, écrite en 1876, est empreinte d’un lyrisme post-romantique et d’une grande richesse mélodique. En revanche, la Seconde Sonate, op. 108, composée en 1917, s’inscrit dans une esthétique personnelle, marquée par un langage plus introspectif. À travers ces deux œuvres, Mukawa et de Sá dévoilent non seulement la continuité dans l’écriture fauréenne mais aussi les nuances, plus raffinées et délicates, qui émergent avec le temps.

Pour compléter ce programme, les deux musiciens interprètent également la Sonate posthume de Maurice Ravel, une œuvre rare du répertoire. Bien que distincte des sonates de Fauré, cette pièce révèle un hommage discret au maître par Ravel, son ancien élève. Dès les premières notes, Mukawa et de Sá instaurent une atmosphère d’une grande sensibilité, mettant en valeur les subtilités harmoniques et les variations d’intensité de l’œuvre. Les deux interprètes, par leur approche à la fois précise et poétique, font vibrer la richesse de cette sonate méconnue avec une sensibilité proprement ravélienne.

Aline Piboule célèbre Gabriel Fauré sur un piano Gaveau de 1929

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Gabriel Fauré (1845-1924) : Improvisation op. 84/5 en ut dièse mineur ; Barcarolles n° 3 op. 42 en sol bémol majeur, n° 4 op. 44 en la bémol majeur, n° 5 op. 66 en fa dièse majeur, n° 9 op. 101 en la mineur, n° 10 op. 104/2 en la mineur, n° 12 op. 106 bis en mi bémol majeur, et n° 13 op. 116 en ut majeur ; Nocturnes n° 5 op. 37 en si bémol majeur, n° 11 op. 104/1 en fa dièse mineur, n° 12 op. 107 en mi mineur, et n° 13 op. 119 en si mineur. Aline Piboule, piano Gaveau 1929. 2023. Notice en français et en anglais. 62’20’’. Harmonia Mundi HMM902510.

Violoncelle et piano de Gabriel Fauré : une intégrale plus que complète

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Fauré authentique. Gabriel Fauré (1845-1924) : Sonates pour violoncelle et piano n° 1 op. 109 et n° 2 op. 117 ; Berceuse op. 16 ; Élégie op. 24 ; Romance op. 69 ; Papillon, op. 77 ; Sicilienne op. 78 ; Sérénade op. 98 ; Après un rêve op. 7/1, arrangement Pablo Casals ; Berceuse de Dolly op. 56/1, arrangement Marc Coppey ; Allegro moderato pour deux violoncelles. Marc Coppey, violoncelle ; François Dumont, piano. Avec la participation de Pauline Bartissol, violoncelle. 2023. Notice en allemand et en anglais. 67’ 07’’. Audite 97.825. 

"Elégie pour violoncelle et orchestre" de Gabriel Fauré, 140 ans

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L’Élégie, en ut mineur opus 24 de Gabriel Fauré est une œuvre composée en 1880 pour violoncelle et piano, puis orchestrée par le compositeur.

Après le succès rencontré par sa Première Sonate pour violon et piano (HN 980), il allait de soi que Fauré devait poursuivre avec la composition d'œuvres de musique de chambre.
En 1880, il écrit une petite pièce pour violoncelle et piano qui était censée devenir le mouvement central et lent d'une sonate. Fauré abandonne son projet initial et, au lieu de cela, publie la pièce chez Julien Hamelle en janvier 1883 (puis chez Durand) sous le titre d'Élégie.

Selon toute vraisemblance, l'oeuvre fut donnée en première audition privée avant sa publication, le 21 juin 1880 lors d'une des soirées que donnait Saint-Saëns dans son domicile de la Rue Monsieur-le-Prince. Une lettre de Fauré à Julien Hamelle datée du 24 juin 1880 mentionne en effet que son «morceau de violoncelle» fut joué à titre privé chez Saint-Saëns et reçut un accueil très favorable.

Le compositeur a 38 ans le jour de sa création à Paris, le 15 décembre 1883, lors d'un concert de la Société nationale de musique. La partition est interprétée par Jules Loëb, professeur au Conservatoire de Paris, qui est aussi son dédicataire, accompagné par le compositeur au piano. L'œuvre connaît un tel succès que l'éditeur l'encourage à écrire de nouvelles pièces pour cette forme instrumentale (ce qu’il fera avec deux sonates pour violoncelle et piano).

Le chef d'orchestre Édouard Colonne lui passe également une commande, mais cette fois une version pour violoncelle et orchestre (deux flûtes, deux hautbois, deux clarinettes, deux bassons, quatre cors et cordes), créée en 26 avril 1901 sous la direction du compositeur lors d'un concert de la Société nationale de musique, avec Pablo Casals en soliste.

L’Elégie en ut mineur de Gabriel Fauré est l’une des œuvres les plus jouées du répertoire pour violoncelle et piano.

Cette œuvre présente une ouverture triste et sombre, et culmine dans une section intense et très lente, qui symbolise le désespoir amoureux. De forme ternaire ABA, le thème, lent et grave, est une longue descente expressive suivie d'un magnifique crescendo mêlant fougue et expression. Ce passage rapide, très technique, ne laisse jamais l'auditeur insensible. Le thème est annoncé à trois reprises par le violoncelle et est développé le long de l'œuvre.

L'éditeur J. Hamelle (Paris) édite en 1897 une transcription de l'Elégie pour violon et piano réalisée par Gabriel Fauré.

Vincent Penot, clarinette basse solo à l'orchestre de l'Opéra de Paris, a réalisé une transcription pour clarinette basse descendant à l'ut grave et piano.

Fauré et Bach réunis pour le premier album du pianiste Gabriel Durliat 

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In Paradisum. Gabriel Fauré (1845-1924) : Requiem, op. 48, VIII. In Paradisum, transcription pour piano Gabriel Durliat ; Pelléas et Mélisande, suite op. 80, transcription pour piano Gabriel Durliat ; Nocturnes n° 7 op. 74, n° 11 op. 104 n° 1 et n° 13 op. 119. Jean-Sébastien Bach (1685-1750) : Fantaisie et Fugue pour orgue en sol mineur, BWV 542, transcription pour piano Franz Liszt ; L’Art de la fugue. Contrepoint XIV, complétion Gabriel Durliat ; Cantate BWV 147 : n° 10 Choral « Jésus que ma joie demeure », transcription pour piano Myra Hess. Gabriel Durliat, piano. 2024. Notice en français. 65’ 40’’. Scala Music SMU019.

Le Requiem de Fauré, version de 1893, par Victor Jacob : au cœur de l’intimité et de l’espérance

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Gabriel Fauré (1845-1924) : Requiem en ré mineur, op. 48, version de 1893 ; Cantique de Jean Racine op. 11. Gioacchino Rossini (1792-1868) : « Quelques mesures de chant funèbre à mon pauvre ami Meyerbeer ». Franz Schubert (1797-1828) : Gesang der Geister den Wassern, D. 714. Johannes Brahms (1833-1897) : Vier Gesänge op. 17. Josef Rheinberger (1839-1901) : Abendlied op. 69 n° 3. Isaure Brunner, soprano ; Jean-Gabriel Saint-Martin, baryton ; Chœur et Orchestre de l’Opéra Royal, direction Victor Jacob. 2024. Notice en français et en anglais. Textes chantés reproduits, avec traductions française et anglaise. 68’ 17’’. Château de Versailles CVS156.