Du 8 au 11 juillet 2026, l'Arsenal de Metz accueille la 7e édition des Masterclasses internationales de direction d'orchestre Gabriel Pierné, sous la conduite de David Reiland, directeur musical de l'Orchestre national de Metz Grand Est.
Six jeunes cheffes et chefs, sélectionnés parmi une centaine de candidatures, travailleront durant quatre jours avec la phalange messine : Julius Akira Mauldin (Japon/États-Unis), Marie Célérier (France), Vincent Siret (France), Subin Kim (Corée du Sud), Tianyi Xie (Chine) et Liubov Nosova (Russie). Plusieurs d'entre eux figurent déjà parmi les noms à suivre — Liubov Nosova, deuxième prix La Maestra 2024 et future cheffe assistante de l'Ensemble intercontemporain, ou Tianyi Xie, finaliste remarqué du Concours de Besançon 2025.
La semaine se clôturera par un concert public dans la Grande Salle de l'Arsenal, le samedi 11 juillet à 20h, avec un programme associant une création d'Alain Celo (Lever de soleil sur le Grand Canyon, extrait), la Symphonie n°4 de Schumann et la suite 1945 de L'Oiseau de feu de Stravinsky.
Lancé en 2020 par la Cité musicale-Metz en partenariat avec l'Académie La Maestra de la Philharmonie de Paris et le Festival international de musique de Besançon, le projet s'inscrit dans le plan d'actions du Réseau des villes créatives de l'UNESCO, dont Metz est membre depuis 2019 au titre de la musique.
Le Quintette pour piano et cordes opus 41 de Gabriel Pierné est composé en 1916-17 et dédié à Gabriel Fauré.
Il est créé le 22 février 1919 par le Quatuor Bastide et le compositeur au piano.
L'organiste, pianiste, compositeur et chef d'orchestre français Gabriel Pierné est né le à Metz et mort le à Ploujean.
Gabriel Pierné naît dans une famille de musiciens. Son père, Jean-Baptiste Pierné, est professeur de chant, sa mère est professeur de piano.
Le traité de Francfort de 1871 qui consacre la défaite française et donne Metz à l'Empire allemand amène la famille à opter pour la France et à s'installer à Paris.
Il entre au Conservatoire de Paris où il a pour maîtres Albert Lavignac, Antoine-François Marmontel, Émile Durand, César Franck et Jules Massenet et, en 1882, il obtient, en même temps que le prix d'orgue, le Grand prix de Rome avec la cantate Édith.
Au Conservatoire, il côtoie Claude Debussy avec lequel il restera toujours très lié.
À la mort de César Franck en 1890, il a vingt-sept ans. Il remplace son maître à la tribune de l’orgue de l'église Sainte-Clotilde pendant huit ans avant que Charles Tournemire ne prenne la relève en 1898.
La véritable carrière musicale de Pierné s'effectue à la direction d’orchestre. Il devient en 1903 adjoint d'Édouard Colonne à la tête des Concerts Colonne pour en assurer ensuite seul la direction de 1910 à 1934. Il obtient une grande célébrité comme chef d'orchestre et en profite pour imposer d'innombrables œuvres contemporaines : Claude Debussy, Maurice Ravel, Albert Roussel, Igor Stravinsky, etc. Il assure ainsi, notamment, la création de la Symphonie no 3 de Georges Enesco en 1921 ; il s'attire les foudres de son ami Camille Saint-Saëns lorsqu'il dirige la Seconde Suite de Darius Milhaud. Il a également dirigé la création d'Iberia de Debussy en 1910.
Parallèlement à sa carrière de chef d'orchestre, il est aussi l'auteur d'une œuvre musicale diversifiée.
En 1924, il est nommé membre de l’Académie des beaux-arts au fauteuil de Théodore Dubois. Nommé chevalier de la Légion d'honneur en 1900, il est promu Officier en 1926, puis Commandeur en 1935.
Le Conservatoire à rayonnement régional de Metz est nommé « Gabriel Pierné » en l’honneur du compositeur lorrain.
Une plaque commémorative lui rend hommage 8 rue de Tournon (7e arrondissement de Paris), où il vécut de 1900 à 1937. Dans le 6e arrondissement, un square porte son nom.
Gabriel Pierné s'éteint en Bretagne, à Ploujean, le ; il est inhumé à Paris au cimetière du Père-Lachaise sous une haute stèle de pierre sculptée par Henri Bouchard, représentant les muses Euterpe et Thalie.
Gabriel Pierné aborde tous les genres avec succès : selon la légende, c’est à douze ans qu’il aurait composé sa célèbre Sérénade pour violon et piano opus 3 (en réalité, la partition daterait plutôt de 1879). Parmi ses envois de Rome, d’abord une Suite d’orchestre, opus 11, puis Les Elfes, légende dramatique en trois parties et une Ouverture symphonique, opus 10 (1885), toutes trois très appréciés par la critique, font de lui, à la fin des années 1880, l'un des nouveaux espoirs de la très influente école française.
Mais il faut rechercher le meilleur de Pierné dans sa musique de chambre. On s’intéressera d’abord à sa Sonate pour violon et piano composée en 1900 en Bretagne et surtout à son Quintette pour piano et cordes composé durant la première guerre mondiale, entre août et . Pour le piano, on lui doit un recueil de Quinze pièces composé à Rome et publié dès 1883, un recueil de six pièces Album pour mes petits amis, opus 14 (1887), Trois pièces formant une suite de concerts, opus 40 (1903), un trio pour violon, violoncelle et piano en do mineur, opus 45 (1920-1921), un Scherzo-Caprice en ré majeur pour piano et orchestre, opus 25 (1890).
Il compose une Pièce en sol mineur pour piano et hautbois (1883); une Canzonetta pour clarinette et piano, opus 19 (1888); un Solo de concert pour basson et piano (1898) ; une Fantaisie impromptu ; une Berceuse ; un Impromptu-caprice pour harpe, opus 9 ; une Sonate, opus 36. Sa Sonata da Camera pour flûte, violoncelle et piano montre, probablement le mieux, l'originalité de ses constructions rythmiques et de l'emploi des timbres.
Il écrit aussi de nombreuses mélodies, notamment Le Petit Rentier, Les Petits Lapins (Jean Aicard, 1891), Les Trois Petits Oiseaux (Jean Richepin), ou Les Trois Poèmes de Klingsor. On retiendra enfin la Sonate pour violoncelle et piano de 1919 dont le caractère franckiste est si évident qu’on pourrait la croire écrite par Franck lui-même par certains endroits.
On lui doit aussi de belles pages pour orchestre avec ou sans soliste : Paysages franciscains ; Fantaisie basque pour violon et orchestre, dédiée à Jacques Thibaud, qui est représentée aux concerts Colonne en ; la musique de scène Ramuntcho, d'après le drame de Pierre Loti (Théâtre de l'Odéon, ) ; le Divertissement sur un thème pastoral qu'il dédie en 1934 à « ses amis collaborateurs, les artistes des Concerts Colonne ».
Ses oratorios et le théâtre tiennent la part la plus importante de sa production. Le est joué aux Concerts de l'Opéra un épisode lyrique sur un livret d'Eugène Morand intitulé La Nuit de Noël 1870. En 1897, L'An Mil, poème symphonique avec chœurs; La Croisade des Enfants sur un livret de Marcel Schwob (1902) reçoit le Prix de la Ville de Paris en 1903 et Les Enfants de Bethléem, poème de Gabriel Nigond, oratorio qui est exécuté à Amsterdam le ; Saint-François d'Assise, oratorio donné en première audition au Châtelet le .
Pour le théâtre, il écrit Le Chemin de l'amour (un acte), Don Luis (opéra en trois actes), Vendée.
Il compose aussi de nombreux opéras-comiques : La Fille de Tabarin (comédie lyrique en trois actes, 1901), On ne badine pas avec l’amour (comédie lyrique en trois actes, 1910), Fragonard (comédie musicale en trois actes et quatre tableaux, livret d'André Rivoire et Romain Coolus représenté au théâtre de la Porte-Saint-Martin en et dirigé par Maurice Lehmann), Salomé et des musiques de scène (Ramuntcho). Il laissa aussi quelques œuvres concertantes dans un célèbre et splendide Konzertstück pour harpe et orchestre (1903). Ses quelques œuvres pour orgue (Choral, Fugue, Trois pièces) et pour piano (Variations) sont d’une grande qualité d’écriture qui fait regretter que l’on ne les entende pas plus souvent en concert.
Les partitions chorégraphiques sont également importantes : Le Collier de saphirs (1891) ; Bouton d'Or (1895) ; Cydalise et le Chèvre-pied (1923), Impressions de music-hall, Images, sont restés au répertoire de l'Opéra.
Giration écrit pour un enregistrement phonographique est donné sans orchestre au théâtre des Champs-Élysées en 1934 par Serge Lifar, Mlle Kergrist et Dynalyx aux Concerts Colonne sous la direction de Paul Paray.
Tout au long de sa vie, la carrière de chef d'orchestre de Gabriel Pierné éclipsera quelque peu ses talents de compositeur auprès de ses contemporains. René Dumesnil d'écrire : « Tous ceux qui se tourneront vers les partitions de Gabriel Pierné sont sûrs d'y trouver grand profit en même temps que grand plaisir. »
Gabriel Pierné est le père du peintre figuratif Jean Pierné (1891-1974). Ce dernier fut l'élève de Luc-Olivier Merson, grand ami de la famille Pierné depuis l'arrivée de cette dernière à Paris au début des années 1870.
Gabriel PIERNÉ (1863-1937) Œuvres pour orchestre, volume 2
Jean-Efflam BAVOUZET (piano), BBC Philharmonic, dir. : Juanjo MENA
DDD–2015–72’ 58’’–Textes de présentation en anglais, allemand et français–Chandos CHAN 10871
Gabriel Pierné (1863-1937) : Ramuntcho, suites n°1 et n°2 ; Cydalise et le Chèvre-pied, suites n°1 et n°2. Orchestre national de Lille, direction Darrell Ang. 2015. Livret en anglais et français. 62’38’’. Naxos 8.573609.
Gabriel Pierné (1863-1937) Trio pour piano, violon et violoncelle en do mineur op. 45 Gabriel Fauré (1845-1924) Trio pour piano, violon et violoncelle en ré mineur op. 120
Trio Wanderer, Jean-Marc Phillips-Varjabédian, violon, Raphaël Pidoux, violoncelle, Vincent Coq, piano
2014-DDD-57'35''-Textse de présentation en français, anglais et allemand - 1 CD Harmonia Mundi HMC 902192
Gabriel DUPONT (1878-1914) Poème, pour piano et cordes - Pièces pour piano extraites de Les Heures dolentes et de La Maison dans les dunes - Journée de printemps, pour violon et piano.
Marie-Catherine GIROD (piano), Quatuor PRAZAK
2014-DDD-78'-Textes de présentation en français, anglais et allemand - Mirare MIR 238
Les compositeurs français de la fin du XIXe et du début du XXe siècle, qui gagneraient à être mieux connus, ne manquent pas. Il faut dire que cette période a été un véritable âge d’or de la musique française, et que les compositeurs qui, eux, sont fréquemment joués, ne manquent pas non plus. Pour autant, il est injuste que certains (et certaines, car des compositrices sont aussi concernées) soient restés dans l’ombre. Guy (de son prénom complet Joseph Guy-Marie) Ropartz est assurément de ceux-là.
Outre son activité de compositeur, mais aussi de poète et de romancier, il a marqué durablement les élèves, ainsi que le public, de Nancy (de 1894 à 1919), puis de Strasbourg (de 1919 à 1929), en tant que directeur de conservatoire. Chargé des saisons musicales, il avait à cœur de faire découvrir les œuvres des compositeurs contemporains (sa fidélité à l’égard d’Albéric Magnard, avec lequel il a entretenu l’une des plus belles amitiés qui soient entre deux compositeurs, est à cet égard exemplaire). Quant à sa propre activité créatrice, il est l’auteur d’une centaine d’ouvrage, dans tous les genres musicaux. Parmi eux, la musique de chambre occupe une bonne place, avec notamment six quatuors à cordes, et cinq sonates avec piano (sans compter une Sonatine pour flûte) : trois pour violon, et les deux pour violoncelle de ce concert.
La Symphonie n°3 de Mahler a été donnée à l'Arsenal de Metz pour clôturer la saison. Pour ce faire deux orchestres, à savoir l'Orchestre national de Metz Grand Est et l'Orchestre national de Mulhouse, se sont alliés sur scène pour un total de 153 musiciens afin d'atteindre les dimensions requises par son compositeur. L'exigence est bien de mise pour respecter cette symphonie. Du point de vue de la composition de son orchestre, elle demande, outre une dimension orchestrale plus importante que celle de celui de Haydn ou de Mozart, avec des cordes, des vents et des percussions plus nombreux et plus virtuoses, des chœurs ; ici le Chœur philharmonique de Strasbourg, le chœur de Haute Alsace et le chœur des enfants du conservatoire Gabriel Pierné – Eurométropole de Metz.
Si la Shéhérazade de Rimsky-Korsakov du concert précédent permettait déjà d'apprécier les qualités de l'orchestre national de Metz Grand Est, à savoir la luisance de ses cordes, l'éclat de ses cuivres, et surtout une balance admirable des pupitres, le défi du chef d'orchestre David Reiland avec cette symphonie de Mahler est plus ambitieux. Ainsi, la Shéhérazade est une œuvre moins longue, moins ambitieuse et nécessitant un moins grand orchestre que la troisième Symphonie n°3 de Mahler, nonobstant elle en prépare le chemin.
Dépassant l'architecture classique de l'orchestre haydenien avec les cordes comme élément central, simplement agrémenté de quelques percussions et vents, l'orchestre ici, proche de ceux des Russes comme ceux de Rimsky-Korsakov et Tchaïkovski, qui font déjà dialoguer ces pupitres de natures différentes, donnent à la rencontre des cordes et des vents, nourrie des percussions, une perspective religieuse.
Le premier mouvement s' ouvre sur un univers très brisé, moderne en ce sens, dans lequel les cuivres dominent. Progressivement l'harmonie monte avec l'apport des autres vents. Puis avec les cordes au deuxième mouvement. Plus que d'un simple dialogue musical entre les cordes et les vents, comme dans la Shéhérazade de Rimsky-Korsakov, plus même qu'une simple dialectique philosophique, la Symphonie n°3 de Mahler est un dépassement religieux vers un état d'apaisement divin, raison pour laquelle les chœurs comme autant d'anges arrivent, et la soprano qui parle d'éternité.
Tzigane est une rhapsodie de concert pour violon et orchestre (comportant un seul mouvement) composée par Maurice Ravel en 1924.
L'œuvre porte la référence M.76, dans le catalogue des œuvres du compositeur établi par le musicologue Marcel Marnat. Son exécution dure environ dix minutes.
Extrêmement ardue, l'œuvre fait partie des pièces du répertoire violonistique qui demandent le plus de virtuosité.
C'est après avoir entendu à Londres en 1922 la violoniste hongroise Jelly d'Arányi, (petite nièce de Joseph Joachim) et Béla Bartók créer la sonate pour violon et piano nº 1 du compositeur hongrois que Ravel décida de composer Tzigane pour la violoniste.
La création eut lieu au Aeolian Hall à Londres le par la dédicataire et par Henri Gil-Marchex au piano. La première audition espagnole eut lieu le à Barcelone par Marius Casadesus et par l'auteur en personne. La première audition française eut lieu le à Paris (Salle Gaveau) par Samuel Dushkin et Beveridge Webster (luthéal).
La création de la version orchestrale eut lieu le à Amsterdam, par Samuel Dushkin et l’orchestre du Concertgebouw d’Amsterdam sous la direction de Pierre Monteux. La première parisienne de cette version eut lieu le , par Jelly d'Arányi et l'Orchestre Colonne sous la direction de Gabriel Pierné.
La première partie, pour violon seul, est conçue dans le style d'une improvisation sur des thèmes tziganes chers au compositeur.
L'œuvre comporte un seul mouvement et son exécution dure environ dix minutes.
Le compositeur en écrivit deux réductions, l'une pour violon et piano qui est aujourd'hui la plus jouée, l'autre pour violon et luthéal.
Le luthéal
Le luthéal est un dispositif mécanique inventé par le Belge Georges Cloetens placé dans le piano et permettant la modification de son timbre. Il a été utilisé par Ravel dans cette œuvre, mais aussi dans L'Enfant et les Sortilèges. L'instrument original a disparu mais un exemplaire a été retrouvé et est conservé au musée des Instruments de musique de Bruxelles.