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Giacomo Puccini, 100 ans

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Le compositeur italien Giacomo Antonio Domenico Michele Secondo Maria Puccini est né le 22 décembre 1858 à Lucques dans le grand-duché de Toscane et mort le 29 novembre 1924 à Bruxelles. Il est considéré comme l'un des plus grands compositeurs de la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle.

Issu d'une famille de longue tradition musicale dans laquelle cinq générations de musiciens se sont succédé, il porte le même prénom que son arrière-arrière-grand-père Giacomo Puccini (1712-1781), organiste et compositeur de musique sacrée du XVIIIe siècle. Il est le fils de Michele Puccini (1813-1864), le petit-fils de Domenico Puccini (1772-1815) et l'arrière-petit-fils d'Antonio Puccini (1747-1832).

Giacomo Antonio Domenico Michele Secondo Maria Puccini est né dans une famille aisée. Il est le premier garçon d’une famille de sept enfants, cinq sœurs aînées et un frère, de cinq ans son cadet, né trois mois après la mort de son père. Son père Michele Puccini est un compositeur de musique sacrée, organiste et maître de chœur à la cathédrale Saint-Martin de Lucques. Sa mère Albina Magi a épousé Michele en 1848 ou 1849.

Il poursuit à une ou deux exceptions près les mêmes études musicales que ses illustres aïeux, tous musiciens d'église. On compte trente-deux œuvres à leur actif.

Après la mort de son père en janvier 1864, il est envoyé auprès de son oncle maternel Fortunato Magi pour étudier ; celui-ci l'initie au clavier et au chant choral mais le considère comme un élève peu doué et indiscipliné. Fortunato a succédé à Michele Puccini au poste de maître de chapelle et organiste. Toutefois, la place ayant été occupée depuis plusieurs générations par les Puccini, il est précisé que Fortunato céderait sa place au jeune Giacomo lorsque celui-ci serait en âge d'assumer cette charge.

Il a dix ans lorsqu'il entre dans le chœur de la cathédrale de Lucques et commence à toucher l’orgue. L'inspiration pour l'art lyrique et la musique profane lui vient seulement lors d'une représentation de l'Aïda de Verdi que Carlo Angeloni, un de ses professeurs au Conservatoire, lui fait découvrir à Pise le 11 mars 1876. De 1880 à 1883, il étudie au conservatoire de Milan, où il est l'élève d'Amilcare Ponchielli et d'Antonio Bazzini.

.En 1882, Puccini participe à un concours d'écriture lancé par la maison d'édition de musique Sonzogno en 1883, pour un opéra en un acte. Bien qu'il ne remporte pas le prix avec Le Villi, son premier opéra est représenté en 1884 au Teatro Dal Verme de Milan, grâce à Ponchielli et Ferdinando Fontana, et contribue à attirer l'attention de Ricordi, l'éditeur de Verdi, qui lui commande un nouvel opéra, Edgar. C'est à cette époque que Puccini rencontre Elvira Gemignani (née Bonturi, 1860-1930) qui deviendra sa femme et lui donnera un fils, Antonio (1886-1946). Elle est mariée à un autre, ce qui n'empêche pas Puccini de tenter sa chance. Le mari, peu soupçonneux et souvent absent, ne se méfie pas du jeune homme qui accepte avec joie de donner des cours de piano à l'épouse quand elle le lui demande (Puccini, après le succès des Villi, commence à se faire une excellente réputation). Les deux « tourtereaux » dissimulent mal leur liaison, de sorte que tout Lucques est au courant du scandale, sauf le mari trompé. Le climat devenant lourd cependant, Puccini achète une villa à Torre del Lago, où il résidera la plus grande partie de sa vie, accompagné d'Elvira. Aussi, la critique est-t-elle assez ironique lorsque Edgar, son deuxième opéra, est représenté (avec succès), puisque l'intrigue présente beaucoup de points communs avec cette aventure vaudevillesque.

Son troisième opéra, Manon Lescaut, est non seulement un succès, mais également le point de départ d'une collaboration fructueuse avec les librettistes Luigi Illica et Giuseppe Giacosa, qui travaillent avec lui sur les trois opéras suivants.

En 1896, il crée un opéra, La Bohème, adapté des « Scènes de la vie de bohème » de Henri Murger. Bien qu’il contienne certains des airs les plus populaires de son répertoire, ses audaces harmoniques et dramatiques, tranchant avec le sentimentalisme de Manon Lescaut, ne parviennent pas à séduire le public de la première, le 1er février (malgré la direction irréprochable d'Arturo Toscanini). Les représentations suivantes assurent cependant au compositeur un succès mondial.

En 1900, Tosca représente pour Puccini la première approche du vérisme ; l'œuvre est marquée par la ferveur patriotique, mais elle relate un drame amoureux sans s’engager sur le terrain idéologique comme les opéras de Verdi. Le contraste entre La Bohème et Tosca est tel que Puccini essuie un cinglant revers. Heureusement, lorsque Toscanini reprend l'ouvrage, le succès est au rendez-vous.

L'activité du compositeur ralentit et, en 1903, il est blessé à la suite d'un accident de voiture qui le rend boiteux.

En 1904, Madame Butterfly (sur une pièce de théâtre de David Belasco) est accueillie par un fiasco cinglant lors de la première à la Scala de Milan, bien qu'il soit remarquablement orchestré et dirigé par Cleofonte Campanini et mis en scène par Adolfo Hohenstein. En particulier, lors de la scène où l'on entend des chants d'oiseaux, le public s'esclaffe et fait entendre des cris de basse-cour de toutes sortes. Cela ne l'empêche pas de devenir, trois mois après, un autre de ses grands succès, après une révision drastique.

En 1906, un de ses librettistes, Giacosa, meurt.

En 1909, éclate un scandale : sa domestique se suicide par empoisonnement après avoir été accusée par Elvira Gemignani d'avoir eu une relation avec lui. Il semblerait que ce soit la sœur de la domestique qui avait une relation avec Giacomo Puccini. La domestique servait de médiatrice, elle se suicida afin de ne pas trahir le secret. Similaire à l'acte III de Turandot où Liù se suicide afin de ne pas dévoiler le secret.

En 1910, il compose La Fanciulla del West, premier opéra créé au Metropolitan Opera de New York. L'œuvre, considérée comme le premier western spaghetti, est dirigée par Toscanini ; elle présente une richesse orchestrale et harmonique sans égale dans l'œuvre de Puccini. Le succès immédiat auprès du public (et également des critiques) ne se confirme pas : le thème du Far West, l'audace de son écriture et, étrangement, son « happy end », déroutent le public et les critiques. Il faut toute la volonté d'artistes comme Dimitri Mitropoulos, Plácido Domingo, et de musicologues désireux de dépasser les clichés, pour faire sortir cette œuvre remarquable de l'oubli.

Il trittico est créé en 1918. Ce triptyque est composé de trois opéras réunis par le style Grand-Guignol parisien : un épisode d'horreur Il Tabarro, une tragédie sentimentale Suor Angelica et une farce ou comédie Gianni Schicchi. Des trois, Gianni Schicchi devient le plus populaire notamment grâce à l'air "O mio babbino caro".

Son dernier opéra Turandot, écrit en 1924, reste inachevé ; les deux dernières scènes en seront complétées par Franco Alfano. Ce final est très contesté de nos jours car Puccini avait rêvé pour le duo final de quelque chose d'inédit et fantastique, comparable à une grande scène wagnérienne (on mesure, quand on entend « Nessun dorma » ou le dernier air de Liù « Tanto amore, segreto », l'étendue de la perte qu'a causée la maladie du compositeur). Alfano, bon compositeur pourtant, n'a pas le génie de son maître, il est donc compréhensible que l'on ne dirige aujourd'hui qu'une version écourtée du final.
En 2001, un nouveau final est écrit par Luciano Berio.

Puccini meurt à Bruxelles le 29 novembre 1924, des suites cardiaques dues à son cancer de la gorge. Après des obsèques à l'église royale Sainte-Marie de Schaerbeek, son corps est transporté à Milan où, le 3 décembre 1924, ses funérailles sont célébrées dans la cathédrale par l'archevêque Eugenio Tosi. À l'issue de celles-ci, sa dépouille est inhumée provisoirement au cimetière monumental de Milan, dans le caveau de famille d'Arturo Toscanini. Le 29 novembre 1926, à l'occasion du deuxième anniversaire de sa mort, Giacomo Puccini est réinhumé dans la chapelle de sa villa de Torre del Lago15.

Sa villa est aujourd'hui un musée dédié à sa mémoire.

Giacomo Puccini à l’honneur au Centre culturel de Spa

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Le Centre culturel de Spa commémore, en co-production avec l’asbl Musique à Spa, le centième anniversaire de la mort de Giacomo Puccini, l’un des plus grands compositeurs d’opéras. Pour les amateurs du répertoire lyrique, ce nom évoque immédiatement les chefs d’œuvre de l’opéra romantique : La Bohème, Tosca, Madame Butterfly ou Manon Lescaut. Né en 1858 à Lucques en Italie, le compositeur décède à Bruxelles le 29 novembre 1924. Continuateur de la tradition incarnée par Giuseppe Verdi, Puccini se démarque par son sens de la dramaturgie et la composition des plus beaux airs du bel canto italien.

Une soirée spéciale Puccini sera consacrée au plus célèbre compositeur italien le vendredi 29 novembre au Centre culturel de Spa.
Elle débutera à 20h avec une conférence intitulée Le Chant de l’Âme animée par le musicologue Jean-Marc Onkelinx.
Dès 21h, deux artistes belges, la soprano Louise Foor et la pianiste Marie Datcharry, feront revivre les plus belles pages de l’histoire de l’opéra romantique avec des airs de Puccini, Mascagni, et Catalini.

Infos et réservation : ccspa-jalhay-stoumont.be – 087/ 77.3000.

"Madama Butterfly" de Giacomo Puccini, 120 ans

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Madame Butterfly est un opéra italien de Giacomo Puccini, sur un livret de Luigi Illica et de Giuseppe Giacosa, représenté pour la première fois le  à la Scala de Milan. L'opéra est qualifié de « tragedia giapponese in due atti » (tragédie japonaise en deux actes) dans la partition autographe, mais entre 1906 et 2016, il a été représenté le plus souvent dans une version révisée en trois actes, en scindant l'acte II en deux parties plus courtes. L'œuvre est dédiée à Hélène de Monténégro, reine d'Italie.

La pièce à succès de Belasco est inspirée d'une histoire de l'écrivain John Luther Long (1898). L'histoire était parvenue à Long par le biais de sa sœur, Jennie Correll, qui avait habité entre 1892 et 1894 à Nagasaki, avec son mari missionnaire, ou Miss Butterfly, qui aurait été séduite par un officier américain, William B. Franklin, de l'USS Lancaster.

Francis Nielsen, régisseur de Covent Garden, qui organisait alors les répétitions de la création anglaise de Tosca, après avoir vu la pièce à Londres aurait demandé à Puccini de quitter Milan pour venir voir cette pièce qui, dans ses mains, pourrait devenir un opéra à succès. Il semble cependant que Puccini était déjà sur place pour pouvoir assister à la représentation de la première de Tosca à Londres. Le  au Duke of York's Theatre de Londres, Puccini voit donc à nouveau la pièce et veut en acheter les droits sur-le-champ, bien qu'il ne parle pas anglais. Après d’âpres négociations, le contrat n'est signé que le  et les librettistes Luigi Illica et Giuseppe Giacosa, réunis pour la dernière fois, peuvent commencer à se mettre à l'œuvre.

En plein japonisme, le thème de la geisha épousant un Américain de passage rappelle bien sûr Madame Chrysanthème de Pierre Loti, qui a d’ailleurs été adapté à l’opéra en 1893 par André Messager. Mais la ressemblance reste superficielle, comme l'est également celle avec Iris (1898), le précédent opéra japonisant de Pietro Mascagni.
Alors que Madame Chrysanthème est une geisha cynique et vénale, qui compte son argent au départ du marin, la trop jeune Butterfly tombe passionnément amoureuse de Pinkerton, un officier de l'United States Navy, au point de sacrifier les conventions sociales et de renier sa famille et sa religion ancestrale. Et Pinkerton, cynique, raciste et lâche dans la version originale, éprouvera des remords tardifs à la mort de Butterfly, ce qui reste inhabituel pour les marins de passage.

Puccini commence la composition dès le 20 novembre 1900, alors qu'il a décidé que ce serait le sujet de son futur opéra, en écartant tout autre projet, et que le contrat avec Belasco n'est pas encore signé. Selon la correspondance échangée avec Illica, le livret, remanié en deux actes avec unité de lieu, est achevé le 29 novembre 1902 et Puccini commence à orchestrer le premier acte. « Le livret est fini [...] c'est une réussite splendide. Maintenant l'action se déroule sans heurt, logiquement, un vrai plaisir. Cet acte au consulat gâchait tout ! » Seul un grave accident de voiture le 25 février 1903, où Puccini est gravement touché et qui révèle un diabète, retardera un temps cette composition, avec une convalescence de huit mois en fauteuil roulant. La composition est terminée le .

Puccini enquête sur les us et coutumes japonais et s'imprègne de la musique et du rythme nippons. Il va même jusqu'à rencontrer la femme de l'ambassadeur du Japon en Italie ou encore la danseuse Sada Yacco. À ceux qui lui reprochent de n'avoir jamais visité le Japon, il réplique que « les drames humains sont universels » et il poursuit avec frénésie la recherche de documentation sur ce pays lointain, y compris par une photo de la rade de Nagasaki que lui fournit Giulio Ricordi ou par un kimono que lui procure Illica. Il écrit justement à ce dernier en 1902 : « Désormais, je suis embarqué au Japon et je ferai de mon mieux pour le restituer. » Demeurent de nombreuses imprécisions dans la transcription de la langue ou de mauvaises interprétations des usages japonais de l'ère Meiji, qui seront rectifiées dans une production japonaise de 2003.

Le titre de l'opéra initialement retenu, Butterfly tout court, devient le , par acte notarié, « Madama Butterfly », deux jours seulement avant la première.

Après les succès retentissants de La Bohème (1896) et de Tosca (1900), Puccini s’attendait à un accueil favorable. Mais la première représentation le  à la Scala de Milan est un fiasco qui fera date, les sifflets et moqueries ayant commencé dès le lever de rideau. De minutieuses répétitions avaient pourtant été dirigées par l'éminent maestro Cleofonte Campanini, avec une distribution incluant la soprano Rosina Storchio dans le rôle de Cio-Cio-San, le ténor Giovanni Zenatello dans celui de Pinkerton, le baryton Giuseppe De Luca dans le rôle de Sharpless et la mezzo-soprano Giuseppina Gianonia dans celui de Suzuki. Sous la régie de Tito II Ricordi, la mise en scène avait été confiée à Adolfo Hohenstein, qui dessine l'affiche de 1904 illustrant cet article, les décors à Lucien Jusseaume, Vittorio Rota et Carlo Songa, les costumes à Giuseppe Palanti.

Malheureusement, selon l'éditeur Ricordi, « le spectacle donné par la salle semblait aussi bien organisé que celui présenté en scène puisqu'il commença en même temps. » On ne sait si la création fut sabotée par l'éditeur rival de Ricordi, Sonzogno ou par une claque soutenant Pietro Mascagni, « Et on peut comprendre même la première, injuste, réaction du public milanais qui ne vit dans cet opéra seulement qu'une réplique de La Bohème », avec moins de fraîcheur.
Le pire moment survient sans doute lorsque des chants d'oiseaux, simulés lors de l'intermezzo, donnent aux spectateurs l'idée d'imiter une basse-cour au grand complet. Puccini réagit et parle d'un « vrai lynchage ». Il défie l'audience : « Plus fort ! C'est moi qui ai raison ! Vous verrez bien ! C'est le plus grand opéra que j'aie jamais écrit. ». Effarés, Illica et Giacosa et son éditeur, la Casa Ricordi, exigent le retrait immédiat de l'opéra de l'affiche, après une seule représentation, afin de soumettre l'œuvre à une révision approfondie. Puccini doit rembourser sur-le-champ 20 000 lires de frais au théâtre milanais. Malgré le futur succès de l'œuvre, Puccini n'acceptera jamais que l'opéra soit joué à la Scala de son vivant.

Giacomo Puccini, 165 ans

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Giacomo Antonio Domenico Michele Secondo Maria Puccini est né le 22 décembre 1858 à Lucques dans le grand-duché de Toscane et mort le 29 novembre 1924 à Bruxelles, est considéré comme l'un des plus grands compositeurs de la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle.

Issu d'une famille de longue tradition musicale dans laquelle cinq générations de musiciens se sont succédé, il porte le même prénom que son arrière-arrière-grand-père Giacomo Puccini (1712-1781), organiste et compositeur de musique sacrée du XVIIIe siècle. Il est le fils de Michele Puccini (1813-1864), le petit-fils de Domenico Puccini (1772-1815) et l'arrière-petit-fils d'Antonio Puccini (1747-1832).

Giacomo Puccini est né dans une famille aisée. Il est le premier garçon d’une famille de sept enfants, cinq sœurs aînées et un frère, de cinq ans son cadet, né trois mois après la mort de son père. Son père Michele Puccini est un compositeur de musique sacrée, organiste et maître de chœur à la cathédrale Saint-Martin de Lucques. Sa mère Albina Magi a épousé Michele en 1848 ou 1849.

Il poursuit à une ou deux exceptions près les mêmes études musicales que ses illustres aïeux, tous musiciens d'église. On compte trente-deux œuvres à leur actif.

Après la mort de son père en janvier 1864, il est envoyé auprès de son oncle maternel Fortunato Magi pour étudier ; celui-ci l'initie au clavier et au chant choral mais le considère comme un élève peu doué et indiscipliné. Fortunato a succédé à Michele Puccini au poste de maître de chapelle et organiste. Toutefois, la place ayant été occupée depuis plusieurs générations par les Puccini, il est précisé que Fortunato céderait sa place au jeune Giacomo lorsque celui-ci serait en âge d'assumer cette charge.

Il a dix ans lorsqu'il entre dans le chœur de la Cathédrale de Lucques et commence à toucher l’orgue. L'inspiration pour l'art lyrique et la musique profane lui vient seulement lors d'une représentation de l'Aïda de Verdi que Carlo Angeloni, un de ses professeurs au conservatoire, lui fait découvrir à Pise le 11 mars 1876. De 1880 à 1883, il étudie au conservatoire de Milan où il est l'élève d'Amilcare Ponchielli et d'Antonio Bazzini.

En 1882, Puccini participe à un concours d'écriture lancé par la maison d'édition de musique Sonzogno en 1883, pour un opéra en un acte. Bien qu'il ne remporte pas le prix avec Le Villi, son premier opéra est représenté en 1884 au Teatro Dal Verme de Milan grâce à Ponchielli et Ferdinando Fontana, et contribue à attirer l'attention de Ricordi, l'éditeur de Verdi, qui lui commande un nouvel opéra, Edgar.
C'est à cette époque que Puccini rencontre Elvira Gemignani (née Bonturi, 1860-1930), mariée à un autre, ce qui n'empêche pas Puccini de tenter sa chance. Le mari, peu soupçonneux et souvent absent, ne se méfie pas, mais tout Lucques est au courant.  du scandale, sauf le mari trompé. Le climat devenant lourd, Puccini achète une villa à Torre del Lago, où il résidera la plus grande partie de sa vie, accompagné d'Elvira. La critique est assez ironique lorsque Edgar, son deuxième opéra, est représenté (avec succès), puisque l'intrigue présente beaucoup de points communs avec cette aventure vaudevillesque.

Son troisième opéra, Manon Lescaut, est non seulement un succès, mais également le point de départ d'une collaboration fructueuse avec les librettistes Luigi Illica et Giuseppe Giacosa qui travaillent avec lui sur les trois opéras suivants.

En 1896, il crée un opéra, La Bohème, adapté des « Scènes de la vie de bohème » de Henri Murger. Bien qu’il contienne certains des airs les plus populaires de son répertoire, ses audaces harmoniques et dramatiques, tranchant avec le sentimentalisme de Manon Lescaut, ne parviennent pas à séduire le public de la première, le 1er février (malgré la direction irréprochable d'Arturo Toscanini). Les représentations suivantes assurent cependant au compositeur un succès mondial.

En 1900, Tosca représente pour Puccini la première approche du vérisme ; l'œuvre est marquée par la ferveur patriotique, mais elle relate un drame amoureux sans s’engager sur le terrain idéologique comme les opéras de Verdi. Le contraste entre La Bohème et Tosca est tel que Puccini essuie un cinglant revers. Heureusement, lorsque Toscanini reprend l'ouvrage, le succès est au rendez-vous.

L'activité du compositeur ralentit et, en 1903, il est blessé à la suite d'un accident de voiture qui le rend boiteux.

En 1904, Madame Butterfly (sur une pièce de théâtre de David Belasco) est accueillie par un fiasco cinglant lors de la première à la Scala de Milan, bien qu'il soit remarquablement orchestré et dirigé par Cleofonte Campanini et mis en scène par Adolfo Hohenstein. En particulier, lors de la scène où l'on entend des chants d'oiseaux, le public s'esclaffe et fait entendre des cris de basse-cour de toutes sortes. Cela ne l'empêche pas de devenir, trois mois après, un autre de ses grands succès, après une révision drastique.

En 1910, il compose La fanciulla del West, premier opéra créé au Metropolitan Opera de New York. L'œuvre, considérée comme le premier western spaghetti, est dirigée par Toscanini ; elle présente une richesse orchestrale et harmonique sans égale dans l'œuvre de Puccini. Le succès immédiat auprès du public (et également des critiques) ne se confirme pas : le thème du Far West, l'audace de son écriture et, étrangement, son « happy end », déroutent le public et les critiques. Il faut toute la volonté d'artistes comme Dimitri Mitropoulos, Plácido Domingo, et de musicologues désireux de dépasser les clichés, pour faire sortir cette œuvre remarquable de l'oubli.

Il trittico est créé en 1918. Ce triptyque est composé de trois opéras réunis par le style Grand-Guignol parisien : un épisode d'horreur Il Tabarro, une tragédie sentimentale Suor Angelica et une farce ou comédie Gianni Schicchi. Des trois, Gianni Schicchi devient le plus populaire notamment grâce à l'air "O mio babbino caro".

Son dernier opéra Turandot, écrit en 1924, reste inachevé ; les deux dernières scènes en seront complétées par Franco Alfano. Ce final est très contesté de nos jours car Puccini avait rêvé pour le duo final de quelque chose d'inédit et fantastique, comparable à une grande scène wagnérienne (on mesure, quand on entend « Nessun dorma » ou le dernier air de Liù « Tanto amore, segreto », l'étendue de la perte qu'a causée la maladie du compositeur). Alfano, bon compositeur pourtant, n'a pas le génie de son maître, il est donc compréhensible que l'on ne dirige aujourd'hui qu'une version écourtée du final.
En 2001, un nouveau final est écrit par Luciano Berio.

Puccini meurt à Bruxelles le 29 novembre 1924, des suites cardiaques dues à son cancer de la gorge.

Sa villa est aujourd'hui un musée dédié à sa mémoire.

"Suor Angelika" et "Gianni Schicchi" de Giacomo Puccini, 105 ans

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Il Trittico est le titre cumulatif sous lequel sont connus trois opéras en un acte de Giacomo Puccini : Il tabarro sur un livret de Giuseppe Adami, Suor Angelica et Gianni Schicchi sur un livret de Giovacchino Forzano.

Vers 1904, Puccini commence à planifier une série d'opéras en un acte, en grande partie en raison du succès de Cavalleria rusticana de Pietro Mascagni.
À l'origine, il prévoyait d'écrire chaque opéra en reprenant chacun des trois cantiques de la « Divine Comédie » de Dante.
Puccini n'a d'abord composé qu'Il tabarro (l'idée originale lui a été suggérée en écoutant le drame « La houppelande » de Didier Gold à Paris en 1912). Ce n'est que plus tard qu'il pensa à accompagner ce drame sinistre de deux autres œuvres au caractère contrasté, Suor Angelica, écrite entre la fin de 1916 et le début de 1917, et Gianni Schicchi, achevée au printemps 1918.

Les trois opéras furent créés le 14 décembre 1918 au Metropolitan de New York, avec des résultats essentiellement positifs, bien que seul Gianni Schicchi ait été accueilli sans réserve. La " première " était dirigée par Roberto Moranzoni.

Bien qu'au début Gianni Schicchi ait été principalement apprécié (qui reste cependant le plus joué des trois opéras, y compris pour le célèbre air O mio babbino caro), tandis que Puccini préférait Suor Angelica, aujourd'hui l'orientation des critiques a changé et les trois opéras sont entrés de plein droit dans les répertoires des maisons d'opéra.

Puccini souhaitait que les trois opéras soient joués comme un ensemble, et il écrivit à Casa Ricordi pour se plaindre de l'autorisation donnée en 1920 au Royal Opera House de Londres de jouer Il tabarro et Gianni Schicchi sans Suor Angelica.
Il accepta à contrecœur que les deux opéras soient donnés dans un programme avec les Ballets russes de Sergej Djagilev, mais lorsqu'il apprit qu'Il tabarro avait été supprimé, il écrivit à son amie Sybil Seligman pour lui dire : "Je suis vraiment désolé que le Triptyque soit joué en morceaux -j'ai donné l'autorisation pour deux opéras, et non un seul, en collaboration avec les Ballets russes".
Ils sont cependant rarement joués ensemble, bien qu'ils aient acquis une place permanente à l'affiche.

À la télévision, on connaît la version 2008 du Teatro alla Scala de Milan, dirigée par Riccardo Chailly et mise en scène par Luca Ronconi.

Pauvres femmes, femmes talentueuses :  Mese Mariano d’Umberto Giordano et Suor Angelica de Giacomo Puccini 

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Pour la plupart des spectateurs, le programme proposé leur vaut une découverte : celle du Mese Mariano d’Umberto Giordano. Une œuvre inconnue dans les ouvrages de référence (ne la cherchez pas dans les « Mille et un opéras » de Piotr Kaminski, elle n’y est pas ; et Wikipedia n’en parle, et brièvement, qu’en anglais). Elle ne sera d’ailleurs représentée, nous apprend Operabase, nulle part ailleurs qu’à Liège cette saison. C’est un opéra en un acte d’une petite quarantaine de minutes.

Quant à Suor Angelica de Giacomo Puccini (composant Il Trittico - Le Triptyque avec Il Tabarro et Gianni Schicchi), également opéra en un acte, elle est mieux connue. Quoique. A peine dix productions all over the world cette saison (Rigoletto sera à l’affiche de 169 maisons en Allemagne !). On la retrouvera cependant à La Monnaie, avec les deux autres, ce qui est rare, en mars prochain.

Pourquoi cette programmation ? C’est qu’il s’agit d’une histoire de femmes, de pauvres femmes, si l’on considère les tristes héroïnes des deux œuvres, des femmes talentueuses si l’on considère les artisanes et interprètes de ce spectacle.

Les deux œuvres nous présentent deux filles-mères, Carmela et Angelica, obligées d’abandonner leur enfant, dépossédées du « fruit de leur chair ». Deux œuvres typiques du vérisme, un mouvement lyrique marqué par le naturalisme, dont Cavalleria Rusticana de Mascagni et Pagliacci de Leoncavallo sont les modèles.

Le Villi de Puccini à Nice

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Bertrand Rossi, directeur de l’Opéra Nice Côte d’Azur, a eu l’excellente initiative de programmer Le Villi, le tout premier opéra de Giacomo Puccini.

Puccini n’a alors que vingt-six ans lorsqu’il compose cet opéra pour un concours qu’il ne remporte pas. L’ouvrage attire cependant l’attention d’Arrigo Boito, grâce à qui il sera finalement créé à Milan. La production de l’Opéra de Nice, réalisée conjointement avec les opéras de Toulon, Marseille et Avignon — où elle sera ensuite présentée — constitue une magnifique découverte qui ne procure que du plaisir.

Cet opéra passe souvent inaperçu, sans doute en raison de sa brièveté. Pourtant, le talent et l’attention déployés dans cette représentation sont tout simplement exceptionnels. Dès les premières notes, il est évident que la soirée sera grandiose, tant tout semble ici porté à son plus haut niveau : les voix, la mise en scène, les décors. La distribution est idéale, réunissant des chanteurs exceptionnels. Vanessa Goikoetxea et Thomas Bettinger sont familiers de l’univers puccinien. À travers Le Villi, Puccini s’annonce déjà pleinement. On devine, dans leurs interprétations, les futurs Manon et Des Grieux, Tosca et Mario. L’ouvrage contient plusieurs airs inscrits au répertoire des plus grands chanteurs. À l’acte I, l’aria d’Anna, « Se come voi piccina », rappelle les enregistrements célèbres de Renata Scotto, Sonya Yoncheva ou Kiri Te Kanawa. Vanessa Goikoetxea impressionne par une technique irréprochable et une immense musicalité. Sa voix, pleine, claire, pure et lumineuse, captive dès son entrée en scène. À l’acte II, l’aria de Roberto, « Ecco la casa… Torna ai felici dì », compte parmi les plus beaux airs du répertoire. Il est ici divinement chanté par Thomas Bettinger, qui ferait presque oublier l’enregistrement de Plácido Domingo. Son timbre, son phrasé, tout semble parfait. Sa voix, magnifiquement entretenue, éclate avec une intensité éblouissante et vibrante. Le baryton argentin Armando Noguera campe un Guglielmo d’une grande autorité, avec probité et un réel engagement dramatique. L’histoire est difficile à mettre en scène, mais cette fois, elle prend véritablement vie.

Dans un écrin scénique d’une inventivité saisissante, l’œuvre de jeunesse de Giacomo Puccini s’épanouit sous le regard inspiré de Stefano Poda, qui signe à la fois la mise en scène, les décors, les costumes, les lumières et la chorégraphie. Son imaginaire fécond façonne ici un univers d’une rare intensité. Chaque tableau semble respirer dans un décor d’une beauté saisissante, porté par une chorégraphie ciselée où les corps prolongent la musique comme un écho vivant. À la tête de l’orchestre, Valerio Galli insuffle une tension vibrante, révélant avec finesse les élans brûlants de cette partition brève mais incandescente. Une réussite totale, portée par une équipe exceptionnelle, qui restera sans aucun doute comme l’un des grands moments de cette saison lyrique.

Nice, Opéra de Nice Côte d’Azur, 26 avril 2026

Carlo Screiber

Crédits photographiques : Julien Perrin

"Pucciniana", création mondiale à Liège

par

Le 29 novembre 1924, Giacomo Puccini décédait à Bruxelles à l’âge de 65 ans, laissant son opéra Turandot inachevé et une empreinte indélébile dans l’histoire du genre lyrique. L’un des compositeurs d’opéra les plus joués partout dans le monde, son incomparable sens de la mélodie et du théâtre ne cesse jamais d’émouvoir.

L’œuvre de Puccini étant particulièrement chère au cœur du public liégeois, il était naturel de lui rendre hommage, le jour anniversaire du centenaire de sa disparition, par un concert exceptionnel : c’est pourquoi l’Opéra Royal de Wallonie-Liège a commandé une œuvre originale en son honneur au chef d’orchestre et compositeur Andrea Battistoni.

Intitulée Pucciniana, il s’agit d’une cantate en cinq tableaux pour soprano, ténor, Chœur et Orchestre.

Avec Marigona Qerkezi et Galeano Salas en solistes et sous la direction de Giampaolo Bisanti, Pucciniana sera diffusée en direct sur Musiq’3. En deuxième partie de programme, un florilège d’airs et d’extraits d’opéras complèteront l’hommage rendu au Maestro de Lucques.

 

 

 

"PUCCINI Opera Meets New Media" à la Scala

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À l'occasion du centenaire de la mort de Giacomo Puccini, le musée du Teatro alla Scala de Milan accueille l'exposition PUCCINI Opera Meets New Media jusqu'au 12 janvier 2025. Organisée par le directeur scientifique de l'Archivio Storico Ricordi, Gabriele Dotto, et les musicologues Christy Thomas Adams et Ellen Lockhart, l'exposition raconte l'extraordinaire symbiose entre l'opéra et les nouveaux médias qui a vu le jour au début du XXe siècle.

Grâce à la symbiose vertueuse entre activité commerciale et création artistique pratiquée par le compositeur italien et son éditeur Ricordi, la musique de Puccini a bénéficié de nouvelles stratégies de marketing ainsi que de l'essor rapide de l'enregistrement sonore et du cinéma en tant que concurrents des maisons d'opéra et du secteur traditionnel de l'édition musicale.

L'exposition multimédia PUCCINI Opera Meets New Media présente ce thème à travers diverses installations audiovisuelles : de la projection du film muet de 1915 "Madama Butterfly" avec Mary Pickford (et sa bande sonore au piano) à la modélisation numérique en 3D d'un portrait de Puccini, en passant par l'animation par IA de décors de scène historiques tels que la première de Turandot en 1926. Sont également exposés de nombreux documents originaux issus du vaste patrimoine des archives historiques Ricordi et quelques costumes emblématiques, comme celui que Turandot portait au Coliseum en 1926.