Natalie Bauer-Lechner : Conversations avec Gustav Mahler. Traduit de l’allemand par Gérard Pfister. Éditions Arfuyen. ISBN 978-2-845-90382-1. 2025. 272 pages. 18,50 euros.
La Symphonie no 1 en ré majeur, dite « Titan », est la première symphonie de Gustav Mahler. Composée en 1888, elle est entièrement remaniée d'abord en 1893, puis en 1897 et plus en détail jusqu'en 1903.
Esquissé dès 1884 à Cassel, l'essentiel de la première version (en deux parties et en cinq mouvements) est réalisé de décembre 1887 à mars 1888. À cette époque, Mahler, âgé de 28 ans, est un chef d'orchestre très apprécié, assistant d'Arthur Nikisch à l'Opéra de Leipzig. Il profite des quelques jours de fermeture de l'opéra à la suite de la mort de l'Empereur allemand Guillaume Ier pour revoir une « dernière fois » son travail.
La symphonie, qui selon Mahler doit provoquer chez autrui « mainte raison d'étonnement », ne parvient à être jouée nulle part. Cette déception et une brouille avec le directeur de l'Opéra de Leipzig causent la démission de Mahler à l'été 1888. Il se fait engager en septembre de la même année comme directeur de l'Opéra royal hongrois à Budapest. Après avoir remporté un succès considérable en donnant L'Or du Rhin et La Walkyrie, Mahler y crée sa symphonie le 20 novembre 1889 dans sa version originale terminée à Leipzig et présentée comme Poème symphonique en deux parties et cinq mouvements.
La Symphonie no 5 en do dièse mineur de Gustav Mahler a été composée entre 1901 et 1902. Elle est contemporaine notamment des Kindertotenlieder et partage le même caractère funèbre, peut-être en rapport avec les graves problèmes de santé du musicien. La partition fut ensuite révisée à plusieurs reprises, la dernière étant de 1911. La première eut lieu cependant à Cologne le 18 octobre 1904 avec un succès très mitigé.
La partition a été éditée en 1904 par les Edition Peters à Leipzig. Une seconde "Nouvelle édition", incorporant les révisions que Mahler a faites en 1904, est apparue en 1905. Les révisions finales faites par Mahler en 1911 ne semblent pas avoir été publiées jusqu'en 1964 (éd. Ratz), lorsque la partition a été re-publiée dans l'édition complète des œuvres de Mahler. En 2001, les Edition Peters ont publié une nouvelle version révisée (éd. Kubik) dans le cadre de la nouvelle série Édition complète critique. Cette édition est l'édition la plus précise à ce jour. Les éditions précédentes ne sont plus disponibles.
Histoire
Une hémorragie intestinale presque fatale en février 1901 confronte Mahler à sa propre mort. Plus rien n'est comme avant, un changement radical dans son style, dans sa narration musicale s'impose, mettant fin à sa période « Wunderhorn » et commençant sa période « Rückert , du nom du cycle de lieder qu'il met en musique cette même année. La marche funèbre (Trauermarsch) qui ouvre l'œuvre est donc sa propre marche, résignée, vers la mort. Toutefois, la structure générale de la symphonie, du sombre rythme de marche jusqu'au climax victorieux du choral dans le Rondo-Finale, montre une victoire face à la mort, un renouveau face à la fatalité.
La rencontre puis le mariage avec Alma Schindler pendant la composition de la Symphonie n'y est peut-être pas étrangère : l'Adagietto serait en effet, selon une source de l'entourage du compositeur, une lettre d'amour en musique destinée à Alma (le compositeur n'a cependant laissé aucune note ou lettre permettant de confirmer cette hypothèse).
Le film « Mort à Venise » (1971) de Luchino Visconti a contribué à faire connaitre l'Adagietto de cette symphonie au grand public.
La Symphonie nº 10 en fa dièse majeur est la dernière œuvre du compositeur. Quand il meurt, à 50 ans, seul le premier mouvement (adagio) est terminé.
Mahler aurait exigé la destruction de toutes ses esquisses qu'on trouverait après sa mort et, toute sa vie, n'a jamais parlé ou joué des passages de ses œuvres avant leur achèvement.
Lorsque, en 1924, Alma Mahler envoie le manuscrit de la Dixième à l'éditeur viennois Paul Zsolnay, on découvre que la symphonie avait été esquissée au complet.
Le compositeur Ernst Krenek orchestra le troisième mouvement de la symphonie et l'opéra de Vienne créera les premier et troisième mouvements le 12 ou le 14 octobre 1924 sous la direction de Franz Schalk.
Deryck Cooke orchestra à son tour toute la symphonie, interprétée le 19 décembre 1960.
Ludwig van Beethoven (1170-1827) / Gustav Mahler (1860-1911) : Symphonie n°5 en ut mineur, Op.67 ; Symphonie n°3 en mi bémol majeur, Op;58 “Eroica” ; Symphonie n°7 en la majeur, Op.92 ; Symphonie n°9 en ré mineur Op.125 ‘Ode an die Freude” ; Ouvertures de Coriolan, Op.92, Leonore n°2, Op.72 ; Leonore n°3, Op72b ; Quatuor à cordes en Fa mineur, Op.72. Margarita Vilsone, soprano ; Evelyne Krahe, mezzo-soprano ; Michael Müller-Kasztelan, ténor ; Derrick Ballard, baryton. Czech Philharmonic Choir de Brno ; Deutsche Staatsphilharmonie Rheinland-Pfalz, direction : Michael Francis. 2021-2023. Livret. en allemand et anglais. 3 CD Capriccio C5484
Max Reger (1873-1916) : An die Hoffnung, op. 124 pour mezzo-soprano et orchestre ;Der Einsiedler, op. 144a pour baryton, chœur et orchestre ; Requiem op. 144b pour mezzo-soprano, chœur et orchestre. Gustav Mahler (1860-1911) : Lieder eines fahrenden Gesellen pour baryton et orchestre ; Rückert-Lieder pour mezzo-soprano et orchestre. Anke Vondung, mezzo-soprano ; Tobias Berndt, baryton ; Chorus Musicus Köln ; Das Neue Orchester, direction Christoph Spering. 2022. Notice en allemand et en anglais. 78’ 36’’. Capriccio C5512.
Gustav Mahler (1860-1911) : Des Knaben Wunderhorn (arrangements de Václav Vonášek et Tomáš Ille), Peter Schöne, baryton ; PhilHarmonia Octet Prague. 2022. Livret en anglais, allemand et tchèque. 58’31’’. Supraphon. SU 4322-2.
L'Italien Andrea Portera a remporté le Prix de composition Gustav Mahler, doté de 3.000 euros.
Le 2e Prix (1.500 euros) a été attribué au Polonais Wojciech Chalupka pour son œuvre Eris.
Mathias Schmidhammer a reçu le 3e Prix pour son œuvre Kammerflimmern (500 euros). Le jury d'experts avait auparavant désigné les lauréats parmi les nombreuses compositions reçues de 24 nations au total. Les œuvres lauréates ont été jouées en première mondiale le week-end dernier par le quatuor de saxophones Mobilis.
Andrea Portera a étudié au Conservatorio Luigi Cherubini de Florence et à l'école de musique de Fiesole (Florence). Ses œuvres ont été jouées entre autres par l'Orchestre Philharmonique de Tokyo, l'Orchestre Symphonique de la radio slovaque, l'Orchestre National d'Estonie ainsi que par le Quartetto Accademia et le Gaudeamus Ensemble. Portera enseigne l'analyse musicale, l'harmonie complémentaire et la composition vidéo musicale à la School of Music de Fiesole.
Depuis 1995, la ville de Klagenfurt et le Musikforum Viktring organisent le Prix international de composition Gustav Mahler dans le but d'explorer une interaction entre la musique improvisée et la musique écrite.
C'est l'Allemand Constantin Siepermann (°Berlin, 1999) de Fribourg qui a reçu le Premier Prix. Il a reçu aussi le Prix Spécial pour l'interprétation d'une oeuvre de György Ligeti.
En tant que lauréat, il recevra le prix en argent de 30 000 CZK (environ 1 400 USD). Il est actuellement l’élève de Jean-Guihen Queyras à l’École de musique de Fribourg.
Basé à Jihlava en République tchèque, où Mahler a vécu pendant quinze ans, le Concours est organisé par l’Institut Gustav Mahler de Prague. Les violoncellistes de toutes nationalités étaient invités à postuler, et il y avait onze catégories d’âge distinctes, tous les concurrents étant âgés de 30 ans ou moins.
Cette année, le concours s’est déroulé en ligne. Il n’y avait pas d’exigences de répertoire, mais tous les musiciens devaient jouer de mémoire.