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Pour les 100 ans de György Kurtág, Ksenia Kouzmenko lui offre un bouquet multicolore

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Flowers We Are… Œuvres pour piano de György Kurtág (°1926) et d’Agathe Backer Grøndhal (1847-1907), Mel Bonis (1858-1937), Johannes Brahms (1833-1897), William Byrd ((1540-1623), François Couperin (16668-1733), Fanny Hensel (1805-1847), Felix Mendelssohn (1809-1847), Selim Palmgren (1878-1951), Serge Rachmaninov (1873-1943), Franz Schubert (1797-1828), Cyril Scott (1879-1970), Clara Schumann (1819-1896), Robert Schumann (1810-1856) et Jean Sibelius (1865-1957). Ksenia Kouzmenko, piano. 2025. Notice en anglais. 75’ 36’’. Cobra Records 0100. 

Le Centenaire György Kurtág en festival à Budapest

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Pour fêter les 100 ans de György Kurtág en février 2026, le Budapest Music Center organise un festival d'envergure du 15 au 28 février. Des solistes internationaux et l'élite de la scène hongroise investiront les grandes salles de la capitale pour mettre en lumière le répertoire de ce compositeur essentiel, digne successeur de Ligeti et Eötvös.

Le soir de l'anniversaire de György Kurtág, le 19 février, au Müpa, avec la participation de Vikingur Ólafsson et Csaba Klenyán, l'Orchestre Danubia interprétera les pièces maîtresses de son œuvre. Le lendemain, la salle de concert nationale Béla Bartók accueillera la première de la nouvelle opéra de Kurtág, Die Stechardin, interprété par le Concerto Budapest sous la direction de Maria Husmann et András Keller. À l'Académie de musique, Hiromi Kikuchi et Ken Hakii joueront deux pièces qui leur sont dédiées avec l'Orchestre symphonique de la Radio hongroise, György Kurtág fils interprétera l'œuvre qu'il a composée avec l'artiste célébré, tandis que Juliane Banse et András Keller clôtureront le festival avec les Fragments de Kafka.

Les soirées de musique de chambre organisées à la BMC Concert Hall mettront à l'honneur des artistes de renom tels que Pierre-Laurent Aimard, Benjamin Appl, Steven Isserlis, Gábor Csalog, Zoltán Fejérvári, Miklós Perényi, Ditta Rohmann, Dénes Várjon ou le Quatuor Kelemen. Les cycles vocaux les plus importants de Kurtág seront également interprétés dans la salle de concert : Andrea Jőrös, Zsolt Haja et l'ensemble de chambre UMZE interpréteront des chants d'Ahmatova et de Pilinszky, tandis que le SWR Vokalensemble mettra à l'honneur les Chants de découragement et d'amertume.

Outre les œuvres célèbres du compositeur, les concerts du festival, qui dure deux semaines, mettront également à l'honneur ses grands prédécesseurs qui lui sont particulièrement chers : Jean-Sébastien Bach, Franz Schubert, Robert Schumann, Ludwig van Beethoven, Béla Bartók et György Ligeti. L'influence de Kurtág, qui dépasse les genres, sera mise en évidence lors des concerts du Moment's Notice Trio et du Modern Art Orchestra à la Magyar Zene Háza. Dans la salle Hangdóm de la Zene Háza, les dessins de Kurtág dialogueront avec sa musique lors d'une présentation audiovisuelle unique.

Dans le cadre du festival, le documentaire Kurtág-töredékek (Fragments de Kurtág), réalisé entre 2021 et 2025 par le réalisateur Dénes Nagy, lauréat de l'Ours d'argent, sera présenté en avant-première au Müpa, suivi d'une table ronde avec Vikingur Ólafsson, Pierre-Laurent Aimard, Benjamin Appl et Dénes Nagy, tandis que la présentation de l'univers de Kurtág sera complétée par la conférence et le symposium sur l'histoire de la musique intitulés Perspectives Kurtág, ainsi que par l'exposition Signes, jeux, messages organisée par l'Institut de musicologie.

Programme complet du festival et billetterie : 100.kurtag.hu

György Kurtág et Benjamin Appl, une émouvante et féconde collaboration

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Lines of Life. Lieder de György Kurtág (°1926), Franz Schubert (1797-1828) et Johannes Brahms (1833-1897). Benjamin Appl, baryton ; Pierre-Laurent Aimard, James Baillieu et György Kurtág, piano ; Csaba Bencze, trombone ; Gergely Lukács, tuba. 2024. Avec une conversation entre Kurtág et Appl. Notice en anglais, en allemand et en français. Textes chantés, avec traductions.  67’ 45’’. Alpha 1145.

Œuvres vocales de György Kurtág

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György Kurtág  (né en 1926) : Scènes d’un roman op. 19–Trois inscriptions anciennes op. 25–SK bruit souvenir op. 12–Fragments d’Attila Jozsef op. 20–Sept chants op. 22–Requiem pour un ami op. 26–En souvenir d’un soir d’hiver op. 8. Susan NARUCKI (soprano), Donald BERMAN (piano), Curtis MACOMBER (violon), Nicholas TOLLE (cymbalum), Kathryn SCHULMEISTER (double basse). DDD–2019–65’–Textes de présentation en anglais, allemand et français–AVIE AV2408

György Kurtag lauréat de la Fondation BBVA

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Le Prix de la Fondation BBVA dans la catégorie "musique contemporaine" vient d'être décerné au compositeur hongrois György Kurtág. Le jury évoque chez lui "une intensité expressive unique" ajoutant que "la dimension novatrice de sa musique n'est pas liée au matériau utilisé, mais l'authenticité de la langue, la façon de franchir les frontières entre spontanéité et réflexion, entre formalisation et expression".
Kurtág est l'un des principaux acteurs de la scène européenne de musique contemporaine, et l'une des figures de proue de la génération de Ligeti, Stockhausen et Boulez. Le langage de Kurtág est personnel et intime, il laisse filtrer l'influence de grands maîtres, de figures monumentales telles que Guillaume de Machaut, Bach, Schumann, Weber ou Bartók.
"Kurtág, ajoute le secrétaire du jury Ranko Markovic, a évité tous les systèmes, n'a cédé à aucune compromission, traçant son chemin en dehors des grands courants. Il apparaît aujourd'hui comme une vision alternative à l'opposition entre l'innovation et le retour aux anciens modèles. [...] La musique de Kurtág condense son contenu en quelques notes, le réduit à l'essence de l'expression musicale, atteint un grande concentration expressive avec un minimum de matériel."
Le jury était présidé par Philippe ALBERA, directeur des Éditions Contrechamps (France), et réunissait Ranko Markovic, directeur de programmation à l'Université des Arts de Zurich, Cristobal Halffter, compositeur, directeur, membre de l'Académie royale des Beaux-Arts de San Fernando (Espagne), Martin Kaltenecker, professeur de musicologie à l'Université Paris Diderot VII (France), Kuttenkeuler Tilman, directeur du Berlin Radio Symphony Orchestra (Allemagne) et Paolo Pinamonti, directeur du Teatro de la Zarzuela (Espagne).

Concert Kurtág : Ascendance

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C’est le premier, et ce sera sans doute le seul géant de cette génération à passer le centenaire de son vivant. György Kurtág est toujours là, et, après Xenakis, Boulez, Berio, il est mis à l’honneur dans ce concert de l’ensemble Intercontemporain. 


Avoir 20 ans en 1945 ! Une génération de compositeurs toujours aussi fascinante, celle dont la jeunesse créative a éclaté avec la table rase. Celle qui a pu légitimement s’octroyer la conviction que le renouvellement total du langage musical était enclenché de manière durable. La tonalité est morte, construisons sur du neuf!

Si Kurtág  n’en était pas spécialement un des représentants les plus radicaux (et les plus joués surtout), il en fait bel et bien partie. Certainement un des plus discrets de tous, il tardera à s’imposer, et l’adoubement de sa musique sera surtout marqué dans les années 80. Kurtàg est lui-même un interprète hors pair, il n’y a qu’à savourer les hypnotiques films vidéo où on le voit jouer avec son épouse, deux merveilleux nonagénaires et leurs 4 mains entrelacées. Extraordinaire transmetteur et professeur; Il y gagnera l’amour du public, et de ses interprètes par la chaleur, l’humanité et la subtilité de ses œuvres.

On pouvait alors imaginer plus de concerts, plus de moyens, plus d’interprètes, ou une plus grande jauge pour un tel événement. Peut-être même que le fait d’être vivant eut été paradoxalement un frein à quelque chose de plus grande envergure, mais pour un créateur aussi subtil, peut-être ne vaut-il pas mieux tout simplement un hommage de qualité. Et c’est vraiment ici, par le défi magnifique des 7 interprètes qui se présentent à nous sur scène ce soir, que le miracle a eu lieu: construire un récital comme s’il s’agissait d’une œuvre, et profiter du florilège illimité de pièces brèves du compositeur pour fabriquer un parcours en forme de triptyque narratif. 

Car György Kurtág est un tailleur de petits diamants, il mobilise le spectateur sur un temps court, en disposant des objets sonores sur un petit cadre temporel. Comme on reste sans voix devant un tableau de Miró, on est sensible au sens de l’équilibre immédiat et instinctif dans la répartition des tailles, des durées entre les différents objets sonores. 

Consonance, dissonance, densité tonale ou atonale, rythme complexe ou régularité extrême, Kurtág se joue des injonctions esthétiques. Il recommence l’histoire du langage musical à chaque début de pièce.  

Et si cet esprit libre et indépendant était une spécificité hongroise ? C’est en tout cas ce que semble vouloir montrer avec succès la savante répartition des petites pièces tout au long de ce concert. Nous y entendrons alternativement Kurtág, Liszt, Kodàly, Ligeti et Bartók. 

Comme une ronde des desserts, les 7 interprètes enchaînent sans pause ces miniatures (ou plutôt « microludes » dirait Kurtag, qui aimait bien inventer des termes). Liszt jouxte ainsi Kurtág et Kodàly, avec une unité mystérieuse et déconcertante. Les différences de langage ne représentant ici qu’un détail, les compositeurs hongrois nous offrent la cohérence en unissant liberté et raffinement. 

La silhouette élancée de Sébastien Vichard commence avec les glissandi troublants du perpetuum mobile. Játékok est un jeu, bien sûr, mais joué en grand maître et grand sérieux, il en devient danse, numéro d’illusionniste, démonstration de mime. Les arrangements pour alto, clarinette et cymbalum de Joan Magrané Figuera (Odile Aubouin à l’alto, Alain Billard à la clarinette et Aurélien Gignoux, cymbalum) intègrent Liszt dans le monde de Kurtág jusque dans leur silence. Renaud Déjardin prend la parole en quintes telluriques dans la sonate pour violoncelle seul de Kodàly, chacun a son rôle d’alchimiste et prend sa place avec naturel et légèreté. 

Andsnes et Chamayou interpellent la démarche ultime à 4 mains de Schubert et la confrontent aux improvisations libres de Kurtág

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Etrange mais fascinante confrontation que le programme de ce concert.

D’une part, les chefs d’œuvre à quatre mains du dernier Schubert de l’année 1828 où le compositeur interrogent les formes classiques du rondeau, de l’allegro et de la fugue pour leur donner leur force extrême tout en insufflant à sa Fantaisie D.940 une vigueur, en totale contraste avec la douceur la plus ineffable, qui assume pleinement l’esprit imaginatif d’une authentique « Fantasia ».

D’autre part des extraits des Játékok, ces courtes pièces où Kurtág entend retrouver l’esprit d’un enfant pour qui le piano signifie encore un jouet dont il use pour créer des sonorités qui sont pour lui autant de découvertes. Cet apprentissage de la musique de l’intérieur plutôt qu’à partir du formalisme des pages écrites à des fins pédagogiques, le compositeur les a réunies en neuf volumes séparés dont les IVe et VIIIe sont confiés dédiés au piano à quatre mains. Kurtág et sa femme Marta ont beaucoup joué ces courtes pièces en public, en solo ou à deux, en même temps que les transcriptions de Bach réalisées par György Kurtág.

Une confrontation éprise de liberté

Ce sont ces deux univers que Andsnes et Chamayou ont résolu de confronter, commençant les deux parties du concert avec une page de Schubert, le Grand Rondeau D.951 et la Fugue en mi mineur D.952. Ensuite chacun des deux pianistes nous proposent 5 Játékok, d’un pouvoir expressif très varié pour enchaîner sur des lectures complices de trois pièces à quatre mains pour terminer par une grande page de Schubert qui, chaque fois, bénéficie d’une lecture très impliquée, nourrie par des accords savamment tranchés qui donnent un poids renouvelé à des pages souvent abandonnées à l’anecdote de leur fraicheur rhétorique.

Les deux pianistes se font en effet un point d’honneur d’offrir aux notes une résonance affirmée qui construit le propos et érige de véritables monuments sonores dans la fougue virile de l’Allegro D.947 ou dans les méandres hallucinés d’une Fantaisie D.940 qui assume avec éclat tous les emportements que permet le genre. Au sein de ce discours d’une rare densité, l’auditeur est captivé par l’engagement solidaire des deux pianistes dont les moindres inflexions semblent dictées par le message énoncé par leur compagnon.