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Heitor Villa-Lobos, 65 ans

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Le compositeur brésilien Heitor Villa-Lobos est né à Rio de Janeiro le 5 mars 1887 et mort dans la même ville le 17 novembre 1959.

.Il commence la musique avec son père, écrivain et violoncelliste amateur. À la mort de son père lorsqu'il a 12 ans (1899), il trouve accueil auprès de son grand-père, bibliothécaire, écrivain et mélomane d'une vaste culture. Villa-Lobos apprend le piano, le violoncelle, la clarinette et la guitare -son instrument de prédilection. Le jeune musicien, plutôt autodidacte, découvre sa passion auprès des musiciens de rue. À l'âge de 16 ans, en 1903, il décide de s'enfuir de chez lui et va parcourir le Brésil, plus particulièrement les régions du Nordeste, recueillant au cours de son errance d'authentiques chants traditionnels. « Je trouvais stupide de continuer à imiter Beethoven. Pendant huit ans, j'ai voyagé dans les régions les plus reculées du Brésil […] on m'a cru mort et on a même dit des messes pour le repos de mon âme ! Mais j'ai rapporté de cette expédition d'incroyables richesses. » Il gagne alors sa vie en jouant dans les cafés et les restaurants. Il effectue d'autres voyages semblables par la suite, bien qu'il entretienne un voile de mystère autour de ceux-ci ; son propre témoignage concernant des aventures avec des tribus cannibales du Nord-est est sujet à caution.

Par la suite, il étudie à l'institut national de musique de Rio de Janeiro, bien que sa musique ne se soit jamais conformée à aucune norme académique. Comme Villa-Lobos le dit bien des années plus tard : « Ma musique est naturelle, comme une chute d'eau ». Et aussi : « Un pied dans l'académie et vous êtes déformé ».

Après un autre voyage ethno-musicologique au cœur de l'Amazonie en 1912, Villa-Lobos revient à Rio de Janeiro. C'est là, le 13 novembre 1915, qu'il capte l'attention de cette ville en donnant un concert de sa musique nouvelle. Il fait sensation. Arthur Rubinstein est conquis ; il se fait son interprète et lui amène des mécènes. En 1923, il attire suffisamment à lui les faveurs des officiels pour obtenir une bourse pour étudier à Paris. Il y découvre les richesses de l'Europe. À son retour en 19302, Villa-Lobos entame une grande carrière politique et pédagogique et il est nommé directeur de l'éducation musicale de Rio de Janeiro. Tout en continuant la composition, il prend en charge la vie musicale de son pays (organisation de l'enseignement musical dans les écoles et maternelles, préparation des concerts…). Il fonde également le conservatoire national de chant orphéonique (1942) et l'Académie brésilienne de musique (1946) dont il est le président jusqu'à sa mort et qu'il fait la détentrice de ses droits de compositeur.

En 1944, invité par Leopold Stokowski, Villa-Lobos effectue un voyage aux États-Unis (Los Angeles, Boston, New York) pour diriger ses œuvres, obtenant un succès critique et même un certain succès populaire. D'importantes œuvres sont commandées par des orchestres américains et il écrit même une musique de film pour Hollywood, pour le film « Vertes Demeures » (1959). Les années 1940 sont pour lui une période de triomphe international. Comme compositeur et comme chef d'orchestre, Villa-Lobos est célébré de Los Angeles à New York et Paris. En 1957, pour son soixante-dixième anniversaire, le Brésil institue l'« année Villa-Lobos ».

Il meurt, le 17 novembre 1959 à Rio de Janeiro, ville de son cœur, laissant environ 1 300 œuvres de tous styles, avec 12 symphonies, 17 quatuors à cordes, des opéras, des ballets, des suites, des poèmes symphoniques, des concertos, des œuvres vocales, des pièces pour piano, de la musique religieuse et des musiques de film.

Villa-Lobos, en plus d'être un grand compositeur se distingue aussi par ses qualités de pédagogue. Le système d'apprentissage de la musique conçu par le compositeur, basé sur la riche culture musicale brésilienne, et prenant ses racines dans un patriotisme profond et toujours explicite, a servi de modèle éducatif pour l'apprentissage de la musique au Brésil. Il a en outre composé de la musique chorale pour de grands chœurs d'enfants des écoles, souvent adaptée du folklore. Il a légué au Brésil d'aujourd'hui, même au sein des nouvelles générations élevées avec les écoles de samba ou MTV, un sentiment profond de fierté et d'amour pour lui, mêlé de semblables sentiments pour leur pays.

Villa-Lobos est un compositeur extrêmement prolifique, bien qu'il ait probablement exagéré le nombre d'œuvres qu'il a écrites, de nombreux ouvrages étant des arrangements de pièces précédentes. À la fin de sa vie en particulier, Villa-Lobos a fait beaucoup de réécriture. Son catalogue approche les 1 300 numéros.

Son style est unique, et combine des influences européennes, notamment celle de J.-S. Bach, compositeur favori de Villa-Lobos, avec des sources de musique traditionnelle brésilienne.

Ses œuvres sont fréquemment jouées dans les récitals et les concerts partout dans le monde et aussi enregistrées sur CD, à l'exception du Nonetto et des opéras. Même les symphonies sont maintenant disponibles dans un enregistrement intégral.

L'ouvrage le plus populaire de Villa-Lobos est la Bachiana brasileira n° 5, pour voix et 8 violoncelles, mais également jouée par beaucoup d'autres formations instrumentales. La musique pour guitare seule, comprenant les préludes, les études et le Choro 1 venant en deuxième dans les œuvres les plus populaires. La musique la plus importante est contenue dans les Choros, les Bachianas brasileiras et la série de quatuors à cordes, ainsi que dans de nombreuses pièces pour piano solo -comme le Choro 5 et la Bachiana Brasileira 4, par exemple- très prisées par les pianistes et le public. Des musiciens de jazz jouent sa musique.

Heitor Villa-Lobos, 65ans

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Le compositeur brésilien Heitor Villa-Lobos est né à Rio de Janeiro le  et mort dans la même ville le .

Il commence la musique avec son père, écrivain et violoncelliste amateur2. À la mort de son père lorsqu'il a 12 ans (1899), il trouve accueil auprès de son grand-père, bibliothécaire, écrivain et mélomane d'une vaste culture. Villa-Lobos apprend le piano, le violoncelle, la clarinette et la guitare -on instrument de prédilection.
Le jeune musicien, plutôt autodidacte, découvre sa passion auprès des musiciens de rue. À l'âge de 16 ans, en 1903, il décide de s'enfuir de chez lui et va parcourir le Brésil, plus particulièrement les régions du Nordeste, recueillant au cours de son errance d'authentiques chants traditionnels. Je trouvais stupide de continuer à imiter Beethoven. Pendant huit ans, j'ai voyagé dans les régions les plus reculées du Brésil […] on m'a cru mort et on a même dit des messes pour le repos de mon âme ! Mais j'ai rapporté de cette expédition d'incroyables richesses.  Il gagne alors sa vie en jouant dans les cafés et les restaurants. Il effectue d'autres voyages semblables par la suite, bien qu'il entretienne un voile de mystère autour de ceux-ci ; son propre témoignage concernant des aventures avec des tribus cannibales du Nord-est est sujet à caution.

Par la suite, il étudie à l'Institut national de musique de Rio de Janeiro, bien que sa musique ne se soit jamais conformée à aucune norme académique. Comme Villa-Lobos le dit bien des années plus tard : Ma musique est naturelle, comme une chute d'eau.  Et aussi Un pied dans l'académie et vous êtes déformé.

Après un autre voyage ethno-musicologique au cœur de l'Amazonie en 1912, Villa-Lobos revient à Rio de Janeiro. C'est là, le , qu'il capte l'attention de cette ville en donnant un concert de sa musique nouvelle. Il fait sensation. Arthur Rubinstein est conquis ; il se fait son interprète et lui amène des mécènes. En 1923, il attire suffisamment à lui les faveurs des officiels pour obtenir une bourse pour étudier à Paris. Il y découvre les richesses de l'Europe. Il réside au 13 Place Saint-Michel dans le 6e arrondissement de Paris où une plaque en perpétue le souvenir. À son retour en 1930, Villa-Lobos entame une grande carrière politique et pédagogique et il est nommé directeur de l'éducation musicale de Rio de Janeiro. Tout en continuant la composition, il prend en charge la vie musicale de son pays (organisation de l'enseignement musical dans les écoles et maternelles, préparation des concerts…). Il fonde également le Conservatoire national de chant orphéonique (1942) et l'Académie brésilienne de musique (1946) dont il est le président jusqu'à sa mort et qu'il fait la détentrice de ses droits de compositeur.

En 1944, invité par Leopold Stokowski5, Villa-Lobos effectue un voyage aux États-Unis (Los Angeles, Boston, New York) pour diriger ses œuvres, obtenant un succès critique et même un certain succès populaire. D'importantes œuvres sont commandées par des orchestres américains et il écrit même une musique de film pour Hollywood, pour le film Vertes Demeures (1959). Les années 1940 sont pour lui une période de triomphe international. Comme compositeur et comme chef d'orchestre, Villa-Lobos est célébré de Los Angeles à New York et Paris. En 1957, pour son 70e anniversaire, le Brésil institue l'« année Villa-Lobos ».

Il meurt, le  à Rio de Janeiro, ville de son cœur, laissant environ 1 300 œuvres de tous styles, avec 12 symphonies, 17 quatuors à cordes, des opéras, des ballets, des suites, des poèmes symphoniques, des concertos, des œuvres vocales, des pièces pour piano, de la musique religieuse et des musiques de film.

Villa-Lobos, en plus d'être un grand compositeur se distingue aussi par ses qualités de pédagogue. Le système d'apprentissage de la musique conçu par le compositeur, basé sur la riche culture musicale brésilienne, et prenant ses racines dans un patriotisme profond et toujours explicite, a servi de modèle éducatif pour l'apprentissage de la musique au Brésil. Il a en outre composé de la musique chorale pour de grands chœurs d'enfants des écoles, souvent adaptée du folklore. Il a légué au Brésil d'aujourd'hui, même au sein des nouvelles générations élevées avec les écoles de samba, un sentiment profond de fierté et d'amour pour lui, mêlé de semblables sentiments pour leur pays.

 

À la fin de sa vie en particulier, Villa-Lobos a fait beaucoup de réécriture. Son catalogue approche les 1 300 numéros.
Son style est unique, et combine des influences européennes, notamment celle de J.-S. Bach, compositeur favori de Villa-Lobos, avec des sources de musique traditionnelle brésilienne.
L'ouvrage le plus populaire de Villa-Lobos est la Bachiana brasileira n° 5, pour voix et 8 violoncelles, mais également jouée par beaucoup d'autres formations instrumentales. La musique pour guitare seule, comprenant les préludes, les études et le Choro 1 venant en deuxième dans les œuvres les plus populaires. La musique la plus importante est contenue dans les Choros, les Bachianas brasileiras et la série de quatuors à cordes, ainsi que dans de nombreuses pièces pour piano solo -comme le Choro 5 et la Bachiana Brasileira 4, par exemple, très prisées par les pianistes et le public.
Des musiciens de jazz jouent aussi sa musique6.

"Bachianas Brasileiras n°7" de Villa-Lobos, 80 ans

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Les Bachianas Brasileiras (une traduction approximative pourrait être « des pièces brésiliennes inspirées de Bach ») sont une série de neuf suites du compositeur brésilien Heitor Villa-Lobos, écrites pour diverses combinaisons d'instruments et de voix entre 1930 et 1945. Elles représentent une fusion de la musique folklorique et populaire brésilienne d'une part et du style de Johann Sebastian Bach d'autre part, comme une tentative d'adapter librement un certain nombre de procédures harmoniques et contrapuntiques baroques à la musique brésilienne. La plupart des mouvements de chaque suite portent deux titres : l'un « bachien » (Preludio, Fuga, etc.), l'autre brésilien (Embolada, O canto da nossa terra, etc.).

Dans les Bachianas, Villa-Lobos utilise le contrepoint et la complexité harmonique typiques de la musique de Bach et les combine avec la qualité lyrique du chant lyrique et du chant brésilien. L'auditeur éprouve le charme du paysage brésilien ; l'énergie de la danse brésilienne ; la couleur, la dissonance et l'expression du modernisme brésilien du début du XXe siècle ; et l'originalité rafraîchissante du style de composition de Villa-Lobos.

Le Concert Impromptu : Villa-Lobos et un grand bol d'air de musiques

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Pilier de la scène musicale française, le quintette  à vents le Concert Impromptu fait paraître un superbe album consacré aux oeuvres pour vents d'Heitor Villa-Lobos (Coriolan). Crescendo Magazine rencontre  le flûtiste Yves Charpentier, également fondateur de ce groupe de musiciens qui se plait à ouvrir des horizons et s'affranchir des frontières.

Bien que Francophile et lié à Paris où il a vécu plusieurs années, Heitor Villa-Lobos ne figure que trop rarement au programme des disques et des concerts dans les pays francophones d’Europe, et sa musique de chambre est encore moins connue. Dès lors, qu’est-ce qui vous a poussé à enregistrer cet album qui lui est dédié ? 

Depuis longtemps, nous jouons la musique de Villa-Lobos en concert et le plus souvent par cœur. Pour l’apprendre et la domestiquer, nous avons donc « mastiqué » cette musique et nous l’avons métabolisée d’une façon très vivante grâce au lien entre les œuvres, les interprètes et le public. L’idée d’en graver un album est l’aboutissement naturel de cette expérience.

Villa-Lobos semble avoir un sens naturel pour composer pour les instruments à vents. Est-ce que cette science particulière lui vient de sa connaissance du chôros populaire ? 

Oui, bien sûr, Villa-Lobos ressent l’écriture pour les vents de manière simple, instantanée, sans doute parce qu’il était un peu clarinettiste mais aussi grâce à ses aventures de musicien de rue très tôt dans sa vie : il jouait de la guitare, chantait les fameux Chôros des différentes régions du Brésil, de Rio jusqu’au Nordeste. L’assurance de sa ligne mélodique et son instinct lyrique résultent peut-être aussi de l’alliance secrète entre l’éducation musicale rigoureuse de son père et le désir d’émancipation de Villa-Lobos à la mort de celui-ci.

Lors d’un entretien, le chef d’orchestre brésilien Isaac Karabtchevsky, qui a enregistré les symphonies de Villa-Lobos, nous déclarait que des musiciens brésiliens étaient une valeur ajoutée pour comprendre l’esprit de sa musique “l’interprète ne peut pas se limiter aux notes, il faut trouver ce qui est caché dans cette écriture foisonnante”. Qu’en pensez-vous ?  

Une interprétation de Villa-Lobos par des musiciens brésiliens recèle certainement une aura particulière, due à la compréhension par infusion -par la langue, par le regard, par la danse…- de la cosmogonie du Brésil. Isaac Karabtchevsky nous parle aussi de ce qui est caché dans cette écriture : nous avons en effet recherché les synesthésies, ce qui nous parlait au-delà du solfège et dans la relation de Villa-Lobos à l’écriture sophistiquée de Jean-Sébastien Bach.

Villa-Lobos en symphoniste majeur 

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Heitor Villa-Lobos  (1887-1959) : Intégrale des symphonies, Uirapuru, Mandu-çarará. Leonardo Neiva, baryton ; Saulo Javan, basse ; São Paulo Symphony Orchestra and Choir, Isaac Karabtchevsky. Enregistré entre 2012 et 2017. Livrets en portugais et anglais. 1 coffret de 6 CD Naxos. Référence. 8.506039.

5 albums pour passer la semaine : centenaire Henze, complétions mozartiennes et un Brésil retrouvé

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1. Mozart : Requiem et Messe en ut mineur — Nézet-Séguin & le Chamber Orchestra of Europe

Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Requiem K. 626 (complètement et édition Michael Ostryzyga, 2019) ; Messe en ut mineur K. 427 « Grande Messe » (reconstitution, complètement et édition Ulrich Leisinger). Ying Fang, soprano ; Emily D'Angelo, mezzo-soprano ; Stanislas de Barbeyrac, ténor ; Michael Volle, basse ; RIAS Kammerchor ; Chamber Orchestra of Europe ; Yannick Nézet-Séguin, direction. Deutsche Grammophon (parution digitale 26 juin 2026, CD 3 juillet 2026, référence à paraître).

L'édition Süssmayr a longtemps tenu lieu de Requiem mozartien tout court, et c'est là tout le paradoxe : la version qu'on entend partout n'est pas exactement celle de Mozart. Yannick Nézet-Séguin tranche en choisissant la complètement récente de Michael Ostryzyga (2019) — Lacrimosa étendu, Amen retrouvé, orchestration resserrée sur la séquence — et lui adjoint la Messe en ut mineur dans la reconstitution d'Ulrich Leisinger, directeur scientifique de la Fondation Mozarteum de Salzbourg. Deux fragments majeurs, deux tentatives modernes de les compléter selon la philologie d'aujourd'hui : voilà le geste éditorial. Captés en concert au Festspielhaus de Baden-Baden à l'été 2025, le Chamber Orchestra of Europe et le RIAS Kammerchor servent la cause avec la transparence attendue ; le quatuor de solistes — Ying Fang, Emily D'Angelo, Stanislas de Barbeyrac, Michael Volle — assume sans surenchère. Plus qu'un disque, un dossier qui prendra place dans les débats à venir.

2. Henze : intégrale des Symphonies — Marek Janowski & le RSB enfin (re)disponible

Hans Werner Henze (1926-2012) : Symphonies n°1 à 10. Rundfunk-Sinfonieorchester Berlin ; Rundfunkchor Berlin (Symphonie n°9) ; Michael Gläser, chef de chœur ; Marek Janowski, direction. Wergo WER 69612 (5 CDs).

Henze aurait eu cent ans le 1er juillet, et l'année du centenaire s'ouvre côté disque par l'événement attendu : Wergo lance une grande Hans Werner Henze Edition en cinq boxsets — orchestre et concertos, musique de chambre et piano, musique vocale, œuvres scéniques (avec un inédit, Der Prinz von Homburg) viendront ensuite — qui débute par ce coffret symphonique. L'enregistrement n'est pas neuf : Marek Janowski et le Rundfunk-Sinfonieorchester Berlin avaient enregistré les dix symphonies en six temps entre 2008 et 2014, le slipcase paru en 2015 n'ayant jamais reçu la diffusion qu'il méritait — certains volumes étaient même devenus introuvables. Wergo le confirme avec une honnêteté rare : les enregistrements de l'édition sont « pour partie épuisés », d'où la recompilation. À les redécouvrir aujourd'hui dans une présentation cohérente, on mesure ce qui rendait ce cycle Janowski indispensable : transparence néoclassique des premières partitions (la Première, presque pudique, n'a pas pris une ride), éclat néo-mahlérien de la Sixième pour deux orchestres, densité civique de la Neuvième sur le poème de Treichel d'après La Septième Croix d'Anna Seghers. .Voici donc, enfin disponible, le seul cycle symphonique intégral moderne du compositeur : l'événement Henze de l'année.