Résultats de la recherche pour : John Dowland

Lea Desandre, Thomas Dunford et le Jupiter : un souffle partagé pour saluer Dowland et Purcell

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Songs of Passion. John Dowland (c.1563-1626) : Extraits des First & Second Book of Songs or Ayres ; extraits des Lachrimae ; A Dream ; The Frog Galliard. Henry Purcell (1659-1695) : Extraits de The Fairy Queen et de Didon et Énée ; Strike the viol ; O solitude, my sweetest choice. Lea Desandre, soprano ; Ensemble vocal Jupiter ; Huw Montague Rendall, baryton ; Ensemble instrumental Jupiter ; Thomas Dunford, théorbe et direction. 2024. Notice en anglais, en français et en allemand. Textes chantés reproduits, avec traductions en allemand et en français.94’ 08’’. Un album de deux CD Erato 50211732828453. 

John Wilbye, 450 ans

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John Wilbye est un compositeur anglais de la Renaissance, baptisé le  et mort vers septembre 1638 à Colchester.

Né à Brome, près de Diss, dans le Suffolk, d'un père tanneur, il bénéficie pour son éducation du patronage de la famille Cornwallis. « À 25 ans environ, il entre au service de la famille Kytson à Hengrave Hall, près de Bury St Edmunds ». Il a les charges de l'enseignement de la musique aux enfants de la famille, de l'entretien des instruments, de la copie des partitions, ainsi que de la composition d'œuvres pour les divertissements privés de ses maîtres.
Quand Lady Élisabeth Kytson meurt en 1628, il accompagne Lady Rivers, la plus jeune des filles Kytson, dans sa résidence de Colchester. « À sa mort, il lègue une viole au Prince de Galles (futur Charles II), ce qui indique qu'il a été en contacts avec la cour »

« Il compte parmi les plus grands madrigalistes anglais, bien qu'il n'ait pas été particulièrement prolifique », car il ne publie que deux livres de madrigaux en 1598 et 1609.

Son style, influencé par Thomas Morley, est caractéristique d'une écriture vocale délicate et d'une attention aiguë au texte : il a d'ailleurs un goût pour la poésie introspective et mélancolique, bien en accord avec sa sensibilité. À la recherche constante d'une variété de couleurs, il « se plaît à isoler une voix (ou un demi-chœur) de l'ensemble ». À plusieurs reprises, l'harmonie est audacieuse, faisant usage tantôt de fausses relations entre les modes majeur et mineur, tantôt de « lignes qui tombent par degrés du supérius et du ténor syncopés, créant des discordances momentanées avec le reste de la polyphonie » C'est que le figuralisme chez Wilbye est toujours utilisé « comme une technique subtile destinée à rehausser la valeur expressive d'un mot ou d'une strophe ».

On ne connaît qu'une seule composition pour clavier de Wilbye. Elle a survécu dans le Clement Matchett's Virginal Book : il s'agit d'une transcription d'une gaillarde de John Dowland, The Frogge.

John Dunstable, 570 ans

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Le compositeur anglais John Dunstable est décédé à Londres le 24 décembre 1453.

On ne connaît pour ainsi dire aucun détail de sa vie. Sur la base des œuvres les plus anciennes qui nous sont parvenues depuis 1410, on suppose qu'il est né entre 1380 et 1390. Il est toutefois certain qu'il est mort le soir de Noël 1453. En dehors de cela, les indications sont rares.
À partir de 1427, Dunstable était probablement au service du Duc de Bedford, le frère du Roi Henri V. Après la mort d'Henri V, le Duc fut régent de France de 1422 à 1435. Dans son sillage, Dunstable a probablement séjourné plus souvent en France, ce qui a sans doute renforcé la notoriété de ses œuvres et sa grande influence sur les compositeurs de ce pays.
Entre 1427 et 1436, il était probablement aussi au service de la Reine Jeanne de Navarre et enfin au service du Duc Humphrey de Gloucester. On peut supposer que Dunstable connaissait les centres culturels de l'époque et qu'il était parfaitement au courant des courants musicaux.
De ses origines anglaises, Dunstable a apporté sur le continent le faburdensatz, une sorte de musique d'improvisation en chaînes d'accords de tierce-sexte. Il développa dans ses compositions un traitement de la dissonance totalement nouveau, dans lequel les dissonances qui apparaissaient jouaient le rôle d'une attente préparée.

De cette manière, ses œuvres étaient plus vivantes et plus simples que la manière de composer de plus en plus rigide et construite de l'Ars nova française tardive.
Ce principe de réserve devait déterminer la manière de composer des générations suivantes de compositeurs et rester en vigueur pendant plus de 200 ans.

Dunstable a en outre développé le type de "messe au ténor", dans laquelle les différentes parties de l'ordinaire de la messe sont reliées de manière cyclique par un cantus firmus au ténor pour former un tout. Le cantus firmus est certes également d'origine liturgique, mais il est extrait d'un autre contexte. Dunstable a été perçu comme un précurseur dans la transition entre le Moyen Âge et la Renaissance par les compositeurs importants de cette époque, tels que Guillaume Dufay, Gilles Binchois, Johannes Ockeghem ou Antoine Busnois, et il a exercé sur eux une influence stylistique déterminante.

Le poète français Martin le Franc (env. 1410 - 1461) témoigne de l'importance de Dunstable dans son épopée en vers "Champion des dames" (vers 1440) et parle à son propos de la "contenance angloise" et de la "concordance frisque" comme étant la particularité du nouveau style de composition anglais.
Aux côtés de John Dowland, William Byrd et Henry Purcell, John Dunstable compte parmi les compositeurs les plus importants d'Angleterre et de "l'âge d'or" de la musique anglaise primitive.
On a conservé près de 60 œuvres de Dunstable -presque exclusivement liturgiques- dont la moitié sont des motets à trois ou quatre voix.

Dans le cadre de la Réforme anglaise et suite à la dissolution des monastères entre 1536 et 1540, une grande partie des manuscrits avait également été détruite. La plupart de ses œuvres conservées nous sont parvenues pour ainsi dire de seconde main grâce à des sources continentales provenant principalement du nord de l'Italie.

 

Le Dowland sévère et inventif de Jonas Nordberg

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Lessons. John Dowland (1563-1626) : Prelude P 98 ; A Fancy P 73 ; The Frog Galliard P 23a ; Farewell P 4 ; A Fancy P 6 ; The Most Sacred Queen Elizabeth, Her Galliard P 41 ; Forlorn Hope Fancy P 2 ; The Right Honourable Ferdinando Earl of Derby, His Galliard P 44a ; Loth to Depart P 69 ; Can She Excuse P 42 ; Solus Cum Sola P 10 ; Sir John Smith, His Almain P 47 ; Orlando Sleepeth P 61 ; Lady Hunsdon’s Puffe P 54 ; Semper Dowland Semper Dolens P 9 ; The Most High and Mighty Christianus the Fourth, King of Denmark, His Galliard P 40 ; A Fantasie P 1a ; Piper’s Pavan P 8 ; A Fancy P 5 ; Lachrimae P 15 ; Galliard to Lachrimae P 46. Jonas Nordberg, luth. Livret en anglais, allemand, français. Mars 2021.  72’16 .  BIS 2627

Clavecin voyageur et poète, autour de la postérité du Lachrymae de Dowland

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Girolamo Frescobaldi (1583-1643) : Toccata Settima ; Toccata Quarta ; Toccata Prima. Laurencius di Roma (c1567-c1625) : Fantaisie de Mr. De Lorency. Luigi Rossi (c1597-1653) : Passacaille del Seigr. Louigi. Gregorio Strozzi (1615-1687) : Toccata quarta per l’elevatione. Jan Pieterszoon Sweelinck (1562-1621) : Fantasia cromatica. Giovanni Picchi (c1571-1643) : Ballo alla Polacha con il suo Saltarello - alt. I & II. John Bull (c1562-1628) : Melancholy Pavan ; Melancholy Galliard. Henrich Scheidemann (595-1663) : Pavana Lachrymae WV 106 (attrib.). Luzzasco Luzzaschi (1545-1607) : Toccata del IV tuono. Bernardo Storace (c1637-c1707) : Recercar di Legature. Antonio Valente (c1520-c1580) : Sortemeplus, con alcuni fioretti. Orlando Gibbons (1583-1625) : Pavana CCXCII. Jean Rondeau, clavecin, arpicordo. Livret en français, anglais, allemand. Août 2020. TT 79’53. Erato 0190295008994

Bor Zuljan à propos de Dowland

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À l'occasion de son remarquable premier album enregistré comme soliste, nous avons discuté avec Bor Zuljan : sa conception de Dowland, de sa musique pour luth. Comment a-t-il structuré son programme, pourquoi le choix de cet instrument à huit chœurs, quels sont ses projets...

Dans sa jeunesse, à Paris, Dowland avait embrassé le catholicisme romain. Il considéra que sa religion fut un obstacle à sa carrière sous le règne élisabéthain marqué par l’Acte de Suprématie de 1559. On le retrouve alors en Italie, en Allemagne, auprès du Roi du Danemark, mais ce n’est qu’une quinzaine d’années avant sa mort qu’il accéda enfin à un poste à la Cour d’Angleterre, sous Jacques 1er. Ce manque d’égard sur sa terre natale peut-il expliquer la frustration et le tempérament d’un Dowland tourmenté, vindicatif, derrière la réputation de mélancolie qu’on lui a accolée ? Pensez-vous que son caractère transparait dans les mœurs de sa musique ? Traduit-elle un besoin de reconnaissance ?

Il est bien sûr difficile de comprendre la complexe personne de John Dowland juste par quelques écrits à 400 ans d'écart. Mais j'aurais tendance à penser le contraire : je vois plutôt sa nature tourmentée, son caractère conflictuel comme obstacle à obtenir le poste tant souhaité. De plus, la Cour d'Elisabeth I incluait des musiciens catholiques, comme par exemple William Byrd.

Dowland a été loué pendant sa vie en presque toute l'Europe, étant aussi un des musiciens les mieux payés. Son besoin de reconnaissance est donc plus une question d'attitude. Si nous considérons quelques autres épisodes et faits de sa vie nous pouvons y voir une personnalité assez difficile, voire extrême.

Et c'est cela qui transparait dans sa musique, je pense. On n'y trouve pas seulement une mélancolie "résignée", mais aussi de la rage et du désespoir profond. Puis, d'un coup, il nous surprend avec des morceaux d'une immense lumière et légèreté, nous laissant supposer qu'il était bipolaire, passant de la dépression à la manie excessive.