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8ème Concours International de Chant-Piano Nadia et Lili Boulanger

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Le Duo Marie Perbost / Joséphine Brault

Mélodies sur fond de kalachnikov
Il y a presque 100 ans, le 21 mars 1918 tandis que les raids des gothas (gros bi-moteurs bombardiers) sur Paris faisaient plus de 200 morts, que le maigre convoi mortuaire de Debussy traversait les rues sous les tirs ennemis, l'Opéra reprenait « Castor et Pollux » de Rameau. Ce vendredi 13 novembre 2015, à l'issue de la Première épreuve du Concours bisannuel de Chant-Piano Nadia et Lili Boulanger distinguant les semi-finalistes, alors que les tirs proches de kalachnikov venaient de ravager Paris et que l'état d'urgence suspendait tout rassemblement public, le jury et les organisateurs du Concours Nadia et Lili Boulanger prirent la décision courageuse de poursuivre le Concours à huis clos.

La poésie de Heinrich Heine, fil conducteur d’un récital de la mezzo Helen Charlston 

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A Poets’Love. Carl Loewe (1796-1869) : Die Lotosblume op. 9-1/1. Josephine Lang (1815-1880) : Wenn zwei von einander scheiden op. 33/6. Fanny Mendelssohn-Hensel (1805-1847) : Schwanenlied op. 25/7 ; Fichtenbaum und Palme. Robert Schumann (1810-1856) : Die Lotosblume op. 25/7 ; Dichterliebe op. 48. Felix Mendelssohn (1809-1847) : Reiselied op. 34/6. Héloïse Werner (° 1991) : Knight’s Dream.   Helen Charlston, mezzo-soprano ; Sholto Kynoch, piano. 2024. Notice en anglais, en allemand et en français. Textes chantés reproduits, avec traduction en anglais. 62’ 52’’. BIS-2704

24 compositrices pour 24 mélodies, un attachant florilège

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Compositrices. Oeuvre de : Rebecca Clarke, Irène Poldowski, Alma Mahler, Amy Beach,  Clara Schumann, Henriette Boësmans, Isabel Mundry, Marie Jaëll, Rosy Vertheim,  Katharina Rosenberger, Fanny Hensel-Mendelssohn, Juliana Hall, Henriette Puig-Roget,  Charlotte Bray, Manuela Kerer, Elisabeth Maconchy, Ingeborg Bronsart, Marguerite Roesgen-Champion, Madeleine Dring, Ruth Schönthal, Caroline Charrière, Joséphine Lang,  Cécile Chaminade  et Germaine Tailleferre.  Franziska Heinzen, soprano ; Benjamin Mead, piano. 2021. Notice en allemand, en anglais et en français. Textes reproduits en langues originales, avec deux traductions en regard. 57.49. Solo Musica SM 378.

L’ensemble Hexaméron ressuscite les salons musicaux sous le Premier Empire

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Pasticcio. Paris 1801. Œuvres de Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791), Ludwig Wenzel Lachnith (1746-1820), Domenico Cimarosa (1749-1801), François Devienne (1759-1803), Jean-Louis Duport (1749-1819), Giovanni Paisiello (1740-1816), Felice Blangini (1781-1841), Ferdinand Hérold (1791-1833), Pierre Garat (1762-1823). Marianne Croux, soprano. Cyrille Dubois, ténor. Ensemble Hexaméron. Luca Montebugnoli, piano, direction. Roldán Bernabé, violon. Nicolas Bouils, flûte. Amaryllis Jarczyk, violoncelle. 2023. Livret en français, anglais ; paroles en langue originale et traduction bilingue. 79’58. EnPhases ENP017

Double affiche Ravel à l'opéra de Monte-Carlo

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Double anniversaire à l'opéra de Monte-Carlo car c'est il y a cent ans, le 21 mars 1925 que l'Enfant et les Sortilèges a été créé à l'Opéra de Monte-Carlo.

Les œuvres de Maurice Ravel sont courtes et l'Opéra de Monte-Carlo combine l'Enfant et les Sortilèges avec l'Heure Espagnole. Cette double affiche célèbre les 150 ans de Maurice Ravel. 

L'Heure Espagnole est une comédie musicale (opéra) en un acte et 21 scènes, d'après une comédie de Franc-Nohain. Créée en 1911 à l'Opéra-Comique à Paris cette fantaisie avait été perçue initialement comme de la frivolité.  L’arrivée simultanée de plusieurs amants à leur rendez-vous galant oblige l’héroïne Concepcion à les cacher les uns des autres et surtout de son mari le vieil horloger Torquemada. On pense à Georges Feydeau, au cinéma muet et au Paris de Paris de Diaghilev, Coco Chanel, Colette, Picasso et Joséphine Baker. La mise en scène de Jean-Louis Grinda, directeur de l'Opéra de Monte-Carlo de 2007 à 2022, est croquée comme une bande dessinée. La scène représente la boutique de l'horloger Torquemada. Elle est décorée d'une multitude d'horloges et de montres qui prennent vie dans la célèbre ouverture qui tourne autour de leur tic-tac.

On ne peut imaginer une meilleure distribution. Gaëlle Arquez incarne l'horlogère aguicheuse. Elle a une superbe voix et sa présence scénique évoque toute la sensualité envoûtante et décomplexée du personnage. 

Sept compositrices pour la flûte intense de Yasuko Suzuki

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L’Âme résonnante. Claude Arrieu (1903-1990) : Sonatine pour flûte et piano. Clémence de Grandval (1828-1907) : Valse mélancolique pour flûte et harpe, transcription : Honoré Béjin.  Marguerite Canal (1890-1978) : Sonate pour violon et piano. Pauline Viardot (1823-1910) : Sonatine pour violon et piano. Louise Farrenc (1804-1875) : Variations concertantes sur une mélodie suisse pour violon et piano op. 20. Joséphine Boulay (1869-1925) : Romance sans paroles. Cécile Chaminade (1857-1944) : Les Sylvains pour violon et piano op. 60a. Yasuko Suzuki, flûte et transcriptions ; Honoré Béjin, piano. 2024. Notice en français et en anglais. 69’ 35’’. Indésens IC069.

Ars Musica 2024 : des semences entre les pavés

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Urban Nature, c’est le thème du festival Ars Musica, dont le compte-rendu des concerts que j’ai pu voir arrive avec le décalage fomenté par une infection respiratoire plus résistante qu’un poilu de tranchée.

Samedi, c’est Satie ça te dit ?

Je démarre ma pérégrination biennale par une incursion aux Brigittines pour le concert de François Mardirossian, auquel je tiens d’autant plus que j’ai apprécié son (double) album Satie et les Gymnopédistes, paru il y a peu chez Ad Vitam : là comme sur la scène de la chapelle, le jeune pianiste, enjoué (il raconte, décrypte, empoche le public) et doué (un jeu souple et vivant, aux humeurs manifestes) parcourt le répertoire du compositeur d’Arcueil, une musique minimaliste avant l’heure, aux mélodies claires et aux harmonies dépouillées, aux titres d’un humour excentrique, une musique innovante et aux atmosphères évocatrices -Gymnopédies et Gnossiennes, bien sûr, mais aussi la New Gnossienne n° 1 de Gavin Bryars (un fan du Français, qu’il a contribué à faire connaître au Royaume-Uni), fruit d’une commande du festival Superspectives, ou la Danse pour un enterrement n° 2 de Claire Vailler, création imaginaire d’une pièce dont Satie n’a laissé que le titre. La salle est pleine, ravie et découvre, en bis, Listen To The Quiet Voice, morceau solennel et désarmant du regretté Dominique Lawalrée, compositeur et collaborateur de Crescendo-Magazine que Mardirossian s’acharne, dans un plaisir partagé, à faire émerger de l’obscurité.

La ville, c’est en Amérique du Nord

La même soir, à Bozar, le programme du concert d’ouverture d’Ars Musica, confié au Belgian National Orchestra dirigé par Antony Hermus, surprend : fougueux, populaire, nord-américain d’un bout à l’autre, puisant sur plus d’un siècle de répertoire. Pourquoi pas, sauf que l’ardeur du premier mouvement, Lex, de la Metropolis Symphony de Michael Daugherty (une ode aux cinquante ans de Superman – Lex Luthor est son ennemi juré – par un habitué des Grammy Awards), aux sifflets à bille énergiques martelant un rythme de course poursuite urbaine, cache difficilement l’ambiguïté du populaire -un terme qui désigne une musique accessible et appréciée d’un public large, mais aussi si limpide qu’elle manque des défis qu’une audience vigilante attend d’une musique « nouvelle ». Je me perds dans une orchestration qui se veut complexe mais que j’entends touffue, si contaminée par ses emprunts au jazz, au funk ou au rock, que je la reçois comme une pâtée disgracieuse où l’effet, à chaque tournant, l’emporte.

La Canadienne Keiko Devaux, élève de Salvatore Sciarrino (et boxeuse), s’en sort bien mieux, qui propose, avec Fractured Landscapes, une pièce superposant tradition et modernité, juxtaposant moments de tension/résolution et clusters mouvants, textures bruitées et tonalités pures, image de l’incessante adaptation du vivant (ici, les végétaux qui densifient leurs graines pour améliorer l’efficacité reproductive de leur chute) aux environnements urbains -une manière de survivre, bien sûr, mais aussi de façonner le paysage de la ville-, dialogue éclairé entre l’Urban et la Nature.

Le Concerto pour deux pianos et orchestre de Philip Glass, confié à Katia et Marielle Labèque, qui l’ont créé en mai 2015 à Los Angeles (une étape parmi de multiples collaborations), est un moment attendu : tant le compositeur américain que les pianistes françaises ont pris soin, lors de leurs carrières respectives (et presque aussi longues), de ne pas s’enfermer dans un répertoire -le premier fraye avec Steve Reich aussi bien qu’avec Patti Smith ou Aphex Twin, les secondes interprètent György Ligeti, Luciano Berio ou Pierre Boulez (« jouer de la musique contemporaine est une façon de rester vivante, de rester avec son époque ») comme du baroque ou de la musique expérimentale. La pièce, ambitieuse, a les épaules larges, ne manque ni d’emphase ni de puissance, mais le premier mouvement tripatouille, on n’est pas en place, c’est brouillon, on entend mal le doublement des figures des pianistes par les sections de l’orchestre, la continuité de la ligne mélodique ou rythmique, la tension sur scène est palpable -piquant alors que l’approche de Glass quant au concerto s’est peu à peu éloignée du soliste héroïque qui vainc l’orchestre pour aller vers une conception dans laquelle l’orchestre devient une extension du soliste-, avant un ajustement progressif qui sauve les deux mouvements suivants et rend aux sœurs Labèque la fluidité virtuose de leur jeu.

Je ne sais que penser du déferlement sonore de Play - Level 1, d’Andrew Norman, où le tapageur le dispute au tumultueux : lui y voit un débordement d’idées (sur la technologie, le libre arbitre, Internet, le drone guerrier, le jeu vidéo…) quand j’y entends un borborygme sans tête.

Entre An American in Paris et Central Park in the Dark, de deux compositeurs également imbibés de l’atmosphère de la ville tentaculaire aux innombrables taxis jaunes, je préfère de loin la pièce de Charles Ives : dans cet exemple précoce (1906) de collage musical, le compositeur hume la nuit du grand parc new-yorkais, là où nature placide et ville excitée cohabitent comme elles peuvent, partagées entre calme (les cordes, répétitives et hypnotiques) et chaos (les fragments de mélodies populaires, les klaxons) ; dans une esthétique qui allie jazz américain et musique classique européenne (le saxophone, les trompes des taxis, les syncopes, les blue notes), réussie mais à laquelle je n’ai jamais accroché, George Gershwin, né à Brooklyn et travaillant à Tin Pan Alley, le quartier des éditeurs de musique, raconte, en 1928, ses expériences de la vie parisienne : le BNO se donne dans ce poème symphonique coloré et effervescent, enchaînant les sections dans un flux ininterrompu.

Kiki à Paris, passage de la mélodie à la chanson au XXe siècle

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« Kiki à Paris » Mélodies et chansons de Claude Debussy, Reynaldo Hahn, Francis Poulenc, Lili Boulanger, Kiki de Montparnasse, Boris Vian, Édith Piaf, Barbara, Dalida, France Gall, Jane Birkin, Brigitte Fontaine, Juliette et Hoshi. Albane Carrère, mezzo-soprano ; Elsa De Lacerda, violon ; Magali Rischette, guitare ; Jean-Luc Fafchamps, arrangement et composition. 2024. Livret en français et en anglais. 56’25. Cypres, CYP8623. 

Brahms mis à l’honneur par le Budapest Festival Orchestra

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Ce dimanche 13 octobre a lieu le concert du Budapest Festival Orchestra à la Philharmonie du Luxembourg. La phalange hongroise est placée sous la baguette de son directeur musical, Iván Fischer.  Nous retrouvons également Nikolaj Szeps-Znaider en soliste au violon. Au programme de cette soirée consacrée au compositeur allemand Johannes Brahms, quatre œuvres : la Danse Hongroise N°17, le Concerto pour violon et orchestre en ré majeur, op. 77, la Danse Hongroise N°3 et pour finir la Troisième Symphonie en fa majeur, op. 90. Ce concert est organisé en hommage à Leurs Altesses Royales Le Grand-Duc Jean et la Grande-Duchesse Joséphine-Charlotte. Le Grand-Duc Henri est d’ailleurs présent au concert. L’hymne Grand-Ducal du Luxembourg, « De Wilhelmus », résonne lors de son arrivée.

Le concert débute avec la Danse Hongroise N°17 dans l’arrangement de Frigyes Hidas. Cette pièce est tirée des 21 Danses Hongroises, initialement composées par Brahms pour piano à quatre mains. Il en a arrangé certaines pour orchestre dont la première, la troisième (que nous entendrons plus tard dans la soirée) ou encore la dixième. Pour composer ces danses, Brahms s’est inspiré de la culture traditionnelle hongroise ainsi que du folklore tzigane et slave. L’interprétation de cette brève œuvre est une belle mise en bouche à ce qui va suivre.

Place maintenant au tout aussi célèbre que redouté Concerto pour violon et orchestre en ré majeur, op. 77. Indéniablement une œuvre-phare du répertoire romantique pour violon. Composé en 1878, le concerto a été créé sous la direction de Brahms le 1er janvier 1879 à Leipzig par le Gewandhaus Orchester de Leipzig. Alors que le premier mouvement reçoit un accueil assez mitigé, le troisième mouvement est en revanche très applaudi. Le style « hongrois » n’y est probablement pas pour rien. 

Kevin Puts et l’opéra à succès 

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Kevin Puts (né en 1972) : The Hours. Opéra en 2 actes sur un livret de Greg Pierce d’après le livre de Michael Cunningham et le film de Paramount Pictures. Renée Fleming, Clarissa Vaughan ;  Deneye Graves, Sally ; John Holiday, Man under the arch ; Tony Stevenson, Walter ; Joyce DiDonato, Virginia Woolf ; Sean Panikkar, Leonard Wolff ; Kathleen Kim, Barbara ; Kelli O’Hara, Laura Brown ; Kai Edgar, Richie ; Kyle Ketelsen, Richard ; Atticus Ware, Julian ; Patrick Scott McDermott, Quentin ; Lena Josephine Marano, Angelica ; Eve Gigliotti, Nelly ; Sylvia D’Eramo, Kitty & Vanessa ; John Holiday, Hotel clerk ; William Burden, Louis ; Kathleen Kim, Mrs.Latch. The Metropolitan Opera Orchestra and Chorus ; chef des choeurs : Donald Palumbo ; direction : Yannick Nézet-Seguin. 2022. LIvret en synopsis en anglais. 142’56. 2 CD  Erato 505419710524.