Résultats de la recherche pour : Lili Boulanger

Duco Burgers défend avec ardeur la musique de piano de Nadia et Lili Boulanger 

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Lili Boulanger (1893-1918) : Prélude en ré, Prélude en si, Trois morceaux pour piano, Thème et variations. Nadia Boulanger (1887-1979) : Deux Morceaux de concours, Trois petites pièces pour piano, Fantaisie variée pour piano et orchestre*. Duco Burgers, piano. Faelix Collective, direction : Anthony Scheffer. 2025. Textes de présentation en anglais. 55’48’’. Piano Classics PCL 10325.

Lili Boulanger 130e anniversaire

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Lili Boulanger est née le 21 août 1893 à Paris et
compositrice française et décédée à Mézy-par-Meulan le 15 mars 1918.

A l'occasion de son 130e anniversaire, il convient de rappeler l'une des figures de proue de l'impressionnisme français et une femme admirable : Lili Boulanger.
Elle n'a eu qu'une courte vie, une pneumonie mal soignée à l'âge de deux ans l'a gravement atteinte dans sa santé toute sa vie, elle n'a pas pu suivre une scolarité normale. Elle passa beaucoup de temps dans des sanatoriums et fit néanmoins sensation : elle fut la première femme dans l'histoire du Grand Prix de Rome, vieux de 110 ans, à remporter ce Prix de composition renommé avec sa cantate Faust et Hélène avec, pour conséquence, que la Villa Médicis fut désormais ouverte aux compositrices.
En 1913, elle remporta non seulement une bourse de travail pour la Villa Médicis, mais aussi une bourse de la Fondation Yvonne de Gouy d'Arsy à Paris et le Prix Lepaulle pour ses compositions Renouveau et Pour les Funérailles d'un Soldat. De plus, elle a pu signer un contrat d'édition avec Ricordi, qui lui assurait un salaire annuel.

Lili Boulanger est née dans une famille aisée et très musicale. Son père Ernest était compositeur et lui-même lauréat du Prix de Rome, sa mère Raïssa était chanteuse et sa sœur aînée Nadia était également compositrice, chef d'orchestre et une célèbre pédagogue musicale qui a marqué toute une génération de compositeurs.
Elle a certes suivi très tôt des cours d'orgue avec Louis Vierne, mais elle a dû apprendre beaucoup de choses en autodidacte, car il n'était pas question de suivre des cours réguliers.
À l'âge de onze ans, elle composa la chanson La Lettre de Mort dans laquelle elle évoquait la mort subite de son père le 14 avril 1900. Elle détruisit toutefois entièrement ses premières œuvres.
Elle reçut également des cours de composition de Gabriel Fauré et fit la connaissance de compositeurs tels que Charles Koechlin, Florent Schmitt et Maurice Ravel. Elle parlait le russe, l'allemand et l'italien.

A l'âge de 16 ans, elle prit la décision de devenir compositrice. Depuis 1912, elle travaillait déjà à un grand opéra, La princesse Maleine, sur un texte de Maeterlinck, qu'elle n'avait cependant pas pu achever.

Grâce au prix de Rome, elle est devenue célèbre du jour au lendemain. Les efforts qui en découlent épuisent cependant fortement ses forces. Durant l'hiver 1913, elle contracte en outre la rougeole, une infection gastro-intestinale et une grave pneumonie.

Elle se mit alors à composer fébrilement, car elle pressentait qu'il ne lui resterait plus beaucoup de temps à vivre.
Elle fonda encore avec sa sœur Nadia le Comité Franco-Américain du Conservatoire, qui soutenait les soldats musiciens, en échangeant des lettres et en corrigeant leurs partitions.

En 1916, elle apprit que sa maladie était très avancée et qu'il ne lui restait plus que deux ans à vivre. Elle put encore achever l'une de ses œuvres les plus grandes et les plus importantes, le Pie Jesu pour soprano, quatuor à cordes, harpe, orgue et orchestre -en quelque sorte son propre requiem. Elle était déjà devenue si faible qu'elle ne pouvait plus dicter les dernières lignes qu'à sa sœur Nadia.

Lili Boulanger est décédée le 15 mars 1918. Elle fut enterrée au cimetière de Montmartre. Nadia composa pour ses funérailles l'œuvre Lux aeterna pour soprano, instruments à cordes, harpe et orgue, qu'elle fit jouer à chaque anniversaire de sa mort.

L'ouvrage "Lili, récit"2017, publié chez chez AGEditeu, a été commenté ici le 15 janvier 2018.

 

 

 

11e concours international chant-piano Nadia et Lili Boulanger : Un palmarès en demi-teinte

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Il arrive qu’un Palmarès laisse perplexe. En l’occurrence, il semblait évident, dès son apparition, que le baryton néerlandais Vincent Kusters ne concourait pas dans la même catégorie que les autres. De son interprétation de La Vie antérieure (Baudelaire/Duparc) ruisselante de lumière jusqu’au déchirant Cantar ! de Granados, en passant par les Lieder de Schumann, Schubert, Mahler et Strauss ou la mélodie hébraïque de Darius Milhaud (Séparation), il subjuguait l’auditoire parvenant à transcender un art du chant accompli, une diction irréprochable, une fine sensibilité au profit de la seule expressivité. Artiste complet (pianiste et organiste), étranger au sérail parisien ce qui lui a peut-être manqué, il suscitera certainement l’intérêt des organisateurs, mécènes et mélomanes. Ce ne fut pas l’avis du Jury.

Le Grand Prix a donc été décerné cette année à Axelle Fanyo et Adriano Spampanato. Déjà lauréate de nombreux concours, la soprano d’origine togolaise et antillaise, native de Seine-Saint-Denis, faisait son entrée en finale telle Madame Butterfly drapée dans un tissus chamarré -en harmonie avec un beau timbre cuivré ; la tessiture se révélait aussi longue qu’homogène, soutenue par une émission et une diction précises. Si de telles qualités lui assurent de futures réussites, l’éclectisme la mettait ici en difficulté de style voire de goût (Bolcom). Les pages de Lili Boulanger, Duparc ou Haydn manquaient de clarté et de simplicité tandis que le toucher précis, frêle et sensible du pianiste franco-italien se trouvait en déséquilibre avec une texture vocale quasi wagnérienne.

Le Prix de Lied est revenu au jeune baryton-basse français Adrien Fournaison (26 ans). Après une demi-finale assez terne, il parvenait à mettre en valeur des moyens vocaux aussi incontestables que prometteurs, une diction soignée, épaulé par le jeu chatoyant de la pianiste biélorusse Natalia Yeliseyeva. Altier dans la mort de Don Quichotte (Ibert), effleurant, sans y plonger, le versant vénéneux propre à la mélodie française (Dans l’immense tristesse de Lili Boulanger), il lui reste à investir plus personnellement des univers esthétiques complexes.

Palmarès du 10e Concours Nadia et Lili Boulanger, 5-8 décembre 2019

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Pour le 10e anniversaire du Concours chant-piano qui a lieu tous les deux ans à Paris et qui célèbre cette année le 40e anniversaire de la mort de Nadia Boulanger, le Centre International Nadia et Lili Boulanger a vaillamment affronté grèves et chaos urbain ; ses équipes faisant preuve, une fois de plus, d’un courage stoïque stimulé par la détermination des candidats.

31 duos chant-pianos venus du monde entier présentaient un programme éclectique de Lieder et Mélodies, allant de Haydn aux musiciens contemporains, devant un jury de célébrités ( Anne-Sophie Duprels, Christian Immler, Sophie Karthäuser, Ann Murray, Hartmut Höll, Anne Queffelec, Alain Planès, Mikail Rudy et Ronald Zollmann).

Lili Boulanger, 100 ans. Et un opéra ?

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Ce 15 mars, il y aura 100 que Lili Boulanger est décédée.
Dans l'article d'Harry Halbreich paru en ces pages ce 16 février, nous apprenons ceci :
Lili Boulanger, à sa mort prématurée en 1918 à l’âge de vingt-quatre ans, laissait “presque achevé”, paraît-il, du moins en version chant-piano, un opéra sur La Princesse Maleine. Mais sa soeur Nadia a décidé que le manuscrit n’en serait rendu accessible que cent ans après la mort de Lili: attendons 2018...
Il est donc permis d'espérer.

9e Concours International de Chant-Piano Nadia et Lili Boulanger 2017

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Boulanger

Grand Prix de Duo Chant-Piano : Ambroisine Bré, mezzo-soprano et Qiaochu Li, pianiste

Voici de retour le délicieux rendez-vous des amoureux de la Mélodie et du Lied : Salle ravissante, organisation parfaite, répertoire rare... Sa plus grande originalité ? Comme la danse sur glace ou le tennis en double, la discipline du duo « Mélodie, Lied » présente la particularité de propulser le piano hors de l'ombre et d'en faire -non plus le faire valoir- mais l'alter-ego de la voix ; elle exige par ailleurs, une symbiose aussi instinctive qu'artistique entre deux partenaires qui ne font pas nécessairement carrière commune ; et enfin, elle plonge dans un vaste répertoire, parfois très peu fréquenté, qui va de Bach à Beethoven, Wolf ou Dutilleux, en passant par le si émouvant Gérald Finzi.

8ème Concours International de Chant-Piano Nadia et Lili Boulanger

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Le Duo Marie Perbost / Joséphine Brault

Mélodies sur fond de kalachnikov
Il y a presque 100 ans, le 21 mars 1918 tandis que les raids des gothas (gros bi-moteurs bombardiers) sur Paris faisaient plus de 200 morts, que le maigre convoi mortuaire de Debussy traversait les rues sous les tirs ennemis, l'Opéra reprenait « Castor et Pollux » de Rameau. Ce vendredi 13 novembre 2015, à l'issue de la Première épreuve du Concours bisannuel de Chant-Piano Nadia et Lili Boulanger distinguant les semi-finalistes, alors que les tirs proches de kalachnikov venaient de ravager Paris et que l'état d'urgence suspendait tout rassemblement public, le jury et les organisateurs du Concours Nadia et Lili Boulanger prirent la décision courageuse de poursuivre le Concours à huis clos.

Une nouvelle orchestration pour La ville morte de Nadia Boulanger et Raoul Pugno 

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Nadia Boulanger (1887-1979) et Raoul Pugno (1852-1914) : La ville morte, opéra en quatre actes. Orchestration de Joseph Stillwell et Stephan Cwik, sous la supervision de David Conte.  Melissa Harvey (Hébé), Laurie Rubin (Anne), Joshua Dennis (Léonard), Jorell Williams (Alexandre) ; Talea Ensemble, direction Neal Goren. 2024. Notice en anglais. Livret en français avec traduction anglaise. 100’ 03’’. Un coffret de deux CD Pentatone PTC 5187 492. 

Nadia Boulanger, 45 ans

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Juliette Nadia Boulanger, née le 16 septembre 1887 à Paris et morte le 22 octobre 1979 dans la même ville est une pédagogue, pianiste, organiste, cheffe de chœur, cheffe d'orchestre et compositrice française. Elle est la sœur aînée de la compositrice Lili Boulanger.

Ayant su mobiliser des méthodes et des techniques modernes, Nadia Boulanger a été durant plus de 70 ans l'un des professeurs de composition les plus influents du XXe siècle, comptant parmi ses quelque 1 200 élèves plusieurs générations de compositeurs, tels Aaron Copland, George Gershwin, Michel Legrand, Lalo Schifrin, Astor Piazzolla, Quincy Jones et Philip Glass (pour ne citer que ses élèves américains ou influencés par l'Amérique). Son activité musicale est étroitement liée à celle du Conservatoire américain de Fontainebleau, qu'elle dirige de 1949 jusqu'à la fin de sa vie.

Nadia Boulanger est née dans une famille comptant quatre générations de musiciens. Elle est la fille du compositeur et pianiste français Ernest Boulanger (1815-1900) et de son épouse, la princesse russe Raïssa Ivanovna Mychetsky (1856-1935), une jeune cantatrice. Il rencontre Raïssa Ivanovna Mychetsky en Russie en 1873, elle le suit à Paris et rejoint sa classe de chant au Conservatoire en 1876. Ils se marient en Russie en 1877, Ernest a alors 62 ans et Raïssa 21. Après une première fille, décédée en bas âge, naissent Nadia, en 1887, puis Lili, en 1893. Le couple Boulanger a 4 enfants, dont deux sont morts en bas âge.

Nadia Boulanger naît le jour du 72e anniversaire de son père. Encouragée par celui-ci, elle commence à étudier l’orgue et la composition à l'âge de neuf ans. Élevée dans une famille mêlant aristocratie et élite intellectuelle parisienne, elle côtoie en grandissant le milieu du Paris musical et mondain de l’époque ; le salon familial est fréquenté par Gabriel Fauré, proche ami des Boulanger, Charles Gounod, Camille Saint-Saëns, ou encore Raoul Pugno, dont elle tombe éperdument amoureuse.

En 1903, elle devient organiste suppléante de Gabriel Fauré, puis d’Henri Dallier à l'orgue de l'église de la Madeleine. Au Conservatoire de Paris, elle est élève de Louis Vierne et fait une scolarité brillante. Elle suit parallèlement les cours de Georges Enesco et de Maurice Ravel.

À seize ans, elle obtient les premiers prix d’orgue, d’accompagnement et de composition. En 1908, elle remporte un deuxième second grand prix de Rome de composition musicale.

En décembre 1915, grâce au soutien du Comité franco-américain du Conservatoire national de musique et de déclamation, elle fonde avec sa sœur Lili la Gazette des Classes de Composition du Conservatoire, qui permet aux musiciens engagés dans la guerre d'échanger des nouvelles réciproques. Dix numéros sont publiés, jusqu'en juin 1918.

En 1918, sa sœur Lili Boulanger meurt prématurément à l’âge de vingt-quatre ans3. Compositrice comme Nadia, elle laisse une œuvre importante. Nadia Boulanger déclare qu’elle ne composera plus et se consacrera à la direction musicale, la diffusion de l’œuvre de sa sœur et, surtout, à la pédagogie. Elle mène son impressionnante carrière de professeur jusqu’à sa mort en 1979, à l'âge de 92 ans.

Elle vivait 36 rue Ballu (9e arrondissement de Paris) où elle donnait ses cours. En 1970, la voie située devant le bâtiment est renommée place Lili-Boulanger puis, en 2021, place Lili-et-Nadia-Boulanger.

Nadia Boulanger est professeure du Conservatoire américain de Fontainebleau dès la création de celui-ci en 1921, et directrice de 1948 jusqu'à sa mort en 1979. Dès la première session, elle établit sa réputation de remarquable professeur tant elle semble tout connaître de l’harmonie et de la tonalité occidentales. Au cours de sa longue carrière, les milliers d’étudiants qui viennent de l’étranger pour assister à ses cours sont captivés par son talent, ses connaissances et sa philosophie : « Je suis votre degré de tension le plus élevé, disait-elle. Écoutez-le en vous-même ».

Restée toute sa vie célibataire, « Mademoiselle » (c'est ainsi qu'on l'appelait) était très croyante et catholique pratiquante tout en étant le pilier du salon musical et mondain des époux Dujarric.

En 1907, Nadia Boulanger est nommée professeure de piano et d'accompagnement au Conservatoire Femina-Musica nouvellement créé. L'année suivante, elle forme avec Raoul Pugno un duo de pianos qui se produit à de nombreuses reprises.

En 1924, lors d'un séjour à New York, elle interprète des œuvres pour orgue solo de sa sœur Lili, et elle crée une nouvelle symphonie d'Aaron Copland pour orgue et orchestre, qui lui est dédiée.

En 1936, Nadia Boulanger remplace Alfred Cortot dans certains de ses cours magistraux de piano et d'accompagnement dans des œuvres pour clavier de Mozart.

De retour d'Amérique, elle revient en France en janvier 1946. Elle accepte un poste de professeure d'accompagnement au piano au Conservatoire de Paris.

C'est en avril 1912 que Nadia Boulanger fait ses débuts comme chef d'orchestre, dirigeant l'orchestre de la Société des Matinées musicales qui interprète sa cantate La Sirène, deux de ses chants, et le Concertstück de Raoul Pugno pour piano et orchestre. Le compositeur joue en tant que soliste. En 1919, elle se produit dans plus d'une vingtaine de concerts, jouant souvent sa propre musique et celle de sa sœur.

En février 1934, au milieu de la grève générale, elle fait ses débuts à Paris avec l'orchestre de l'École normale dans un programme de Mozart, Bach et Jean Françaix. À la fin de l'année, elle dirige l'Orchestre Philharmonique de Paris au Théâtre des Champs-Élysées avec un programme Bach, Monteverdi et Schütz. En 1936, elle est la première femme à diriger l'Orchestre Philharmonique de Londres. En novembre 1937, elle est la première femme à diriger un concert complet de la Royal Philharmonic Society de Londres, qui joue alors le Requiem de Fauré et Amor (Lamento della ninfa) de Monteverdi. Puis c'est le tour de l'Orchestre Symphonique de Boston, en 1938. Durant trois mois, elle donne plus d'une centaine de récitals-causeries, des récitals et des concerts. Elle crée le Dumbarton Oaks Concerto de Stravinsky et le Concerto pour piano en ré de Jean Françaix. Elle dirige également l'Orchestre Philharmonique de New York, au Carnegie Hall, l'Orchestre de Philadelphie et l'Orchestre Symphonique national de Washington.

En 1956, elle organise la musique pour le mariage du Prince Rainier III de Monaco et de l'actrice américaine Grace Kelly. En 1962, elle se rend en Turquie où elle dirige des concerts avec sa jeune protégée Idil Biret.

Nadia Boulanger affirmait apprécier toute « bonne musique ». Selon Lennox Berkeley, Nadia considérait qu'une bonne valse a tout autant de valeur qu'une bonne fugue, et cela est parce qu'elle juge une œuvre uniquement sur son contenu esthétique. Elle avait des goûts très éclectiques. Admiratrice de Debussy et disciple de Ravel, elle n'appréciait pas Schoenberg et les dodécaphonistes viennois. En revanche, elle était une ardente défenseuse de Stravinsky.

Nadia Boulanger acceptait les élèves de tous les milieux. Son seul critère était qu'ils aient envie d'apprendre. Elle traitait les étudiants différemment selon leurs capacités. Ses étudiants les plus doués devaient répondre aux questions les plus rigoureuses et bien jouer en situation de stress. Les élèves moins doués, qui n'avaient pas l'intention de suivre une carrière musicale, étaient traités avec plus d'indulgence. Elle avait pour chaque élève une approche différente et essayait de comprendre le don naturel de chacun. Elle utilisait une variété de méthodes d'enseignement, y compris l'harmonie traditionnelle, la lecture de partitions au piano, le contrepoint, l'analyse musicale et le solfège.

Elle a toujours affirmé qu'elle ne pouvait pas donner la créativité à ses élèves. Elle estimait que le désir d'apprendre, de devenir meilleur, était tout ce qui était nécessaire pour atteindre l'excellence. Elle citait les exemples de Rameau (qui a écrit son premier opéra à cinquante ans), Wojtowicz (qui est devenu pianiste de concert à trente et un ans) et Roussel (qui a commencé son apprentissage de la musique à vingt-cinq ans), à contre-courant de l'idée selon laquelle les grands artistes doivent toujours être des enfants surdoués.

Sa mémoire était prodigieuse : à douze ans, elle jouait l'ensemble du Clavier bien tempéré de Bach par cœur. Elle connaissait la musique la plus ancienne et celle de son temps, avant Bach et après Stravinsky. Elle pratiquait la transposition harmonique, la réalisation de basse chiffrée, la lecture à vue de partitions, les registrations d'orgue, connaissait les différentes techniques instrumentales, pratiquait l'analyse structurelle, ainsi que la fugue d'école et la fugue libre, les modes grecs et le chant grégorien.

Son abondante correspondance est conservée à la Bibliothèque nationale de France.

 

Hommage à Nadia Boulanger par Lola Descours 

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Hommage à Nadia Boulanger. Oeuvres d’Igor Stravinsky (1882-1971), Astor Piazzolla (1921-1992), Aaron Copland (1900-1990), Camille Saint-Saëns (1835-1921), Nadia Boulanger (1887-1979), Vladimir Cosma (1940–, Lili Boulanger (1893-1918), Françis Poulenc (1899-1963), Gabriel Fauré (1845-1924), Michel Legrand (1932-2019), Philip Glass (1937-), Jean Françaix (1912-1997), Leonard Bernstein (1918-1990). Lola Descours, basson ; Paloma Kouider, piano ; Trio ABC ; Octuor de France. 2024. Livret en français et anglais. 67’31’’. Indésens Calliope Records. IC039