Résultats de la recherche pour : Márton Illés

Les espaces frottés d’archets de Márton Illés

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Bowed Spaces. Márton Illés (°1975) : Vont-tér pour violon et orchestre de chambre ; skEtch 1 à 3 pour violon et électronique ; Rajzok I pour orchestre à cordes ; Sírt-tér pour violoncelle et orchestre de chambre. Patricia Kopatchinskaja, violon ; Nicolas Altstaedt, violoncelle ; Münchener Kammerorchester, direction Clemens Schuldt et Bas Wiegers ; SWR Experimentalstudio. 2021 à 2024. Notice en allemand, en anglais et en français. 76’ 33’’. Alpha 1221.

Donaueschinger Musiktage : 3 + 1 jours de nouvelles musiques

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Cette année, noire et irrespirable

Elle vit près de Boston mais est née en Israël ; elle nourrit les orchestres et chanteurs depuis plusieurs décennies d’un langage bien à elle, où elle tente l’impossible alliage entre la sensitivité exacerbée de l’écorché et la précision analytique du chirurgien. La mort de George Floyd l’a fâchée, touchée, troublée -et cette phrase, de la jeune fille qui filme les derniers instants de celui qui clame ne plus pouvoir respirer, peut-être encore plus : « je suis restée là à m’excuser, m’excuser auprès de George Floyd de ne pas en faire plus, de ne pas interagir physiquement et de ne pas lui avoir sauvé la vie. » Alors, comme le fait une artiste, elle intègre l’événement, son inspiration, sa respiration coupable, les mots, la souffrance de l’homme -et celle de la femme- dans sa musique, monument de 55 minutes consacré au dernier souffle, de Floyd le Noir oppressé à la poitrine compressée, au souffle coupé (oui) et à cette pandémie qui a soudain tout bouleversé mais, aussi vite qu’elle a pris le temps de passer, laissé tout (les choses, les enjeux, les morts) inchangé -ou presque- tant nos habitudes sont profondes, ancrées, faciles- et les mots sont ceux des choristes, de leur monde impacté par l’épidémie. C’est le Jack Quartet qui s’attelle aux cordes dans la salle Mozart des Donauhallen, pour les Unhistoric Acts de Chaya Czernowin, panneau central  d’un tryptique (VENA) débuté en 2020, accompagné des 24 voix du SWR Vokalensemble, et autant de mains pour, en un même mouvement, tourner les pages de la partition dans un éclat coordonné d’incandescence lumineuse : dans ces plaintes, sirènes, souffles, « pops » buccaux, dans cette succession d’événements sonores dont la fluidité m’emporte plus dans la seconde partie, je ressens à un moment une proximité (toutes proportions gardées) avec le Thrène à la mémoire des victimes d'Hiroshima de Krzysztof Penderecki. Unhistoric Acts est une pièce qui parle de rage et de deuil.

Le dialogue excentrique entre lupophone et no-input mixer

Parmi les trois pièces au programme du concert du jeudi soir au Baar Sporthalle (plutôt bien rempli ; la fréquentation semble ne pas trop souffrir des intransigeances covidiennes – on montre patte blanche et on porte le masque), celle d’Annesley Black (abgefackelte wackelkontakte) éveille l’intérêt par la mise en avant de deux instruments inhabituels : le lupophone (aux mains de Peter Veale), rare instrument de la famille des hautbois, semblable au heckelphone (au timbre sombre et pénétrant) mais dont la gamme descend jusqu’au fa grave, et un super bidule électronique vintage (plus précisément une table de mixage sans entrées -en fait une console dont les entrées sont connectées aux sorties, ce qui génère des feedbacks qu’on peut modifier en tripatouillant les interrupteurs, boutons et autres curseurs de la table-, manipulé, avec une grâce certaine, une dextérité convaincante et un enthousiasme communicatif par un homme rond à la pilosité du siècle dernier (Mark Lorenz Kisela). La composition de cette Canadienne installée à Frankfort est étonnante, résultante d’un travail d’un an avec les solistes -qu’elle incite à imiter les sons l’un de l’autre, pour nourrir ensuite le morceau de ces imitations, transcrites, transposées, transformées à de multiples reprises puis réappliquées à un langage orchestral. 

A Genève, une Elektra en équilibre… instable   

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Depuis les représentations de novembre 2010 avec Jeanne-Michèle Charbonnet et Eva Marton dirigées par Stefan Soltesz qui n’ont pas laissé de souvenir mémorable, le Grand-Théâtre de Genève n’a pas remis à l’affiche l’Elektra de Richard Strauss. Onze ans plus tard, son directeur, Aviel Cahn, fait appel au régisseur allemand Ulrich Rasche qui vient de réaliser à Munich la production de la tragédie éponyme de Hugo von Hofmannsthal. Pour la mise en musique de Richard Strauss, le scénographe conçoit une structure métallique pesant plus de onze tonnes surmontée d’une cage de près de deux tonnes constituant une tour écrasante, entourée de deux disques rotatifs lumineux qu’arpentent inlassablement les cinq servantes et leur surveillante selon une dynamique dictée par le rythme musical. Sous de  fascinants éclairages élaborés par Michael Bauer accentuant la sensation de froideur claustrale du royaume des Atrides, le pivot central se fractionne afin de livrer un espace de jeu en déclivité, ce qui oblige les protagonistes à s’arrimer par une corde à un noyau central. Pour cette raison, les costumes de Sara Schwartz et de Romy Springsguth ne sont donc que des justaucorps gris noirs équipés d’une ceinture de varappeur qui permettent  aux quinze solistes ce perpétuel va-et-vient sans la moindre direction d’acteur. Il faut donc relever le mérite de chacun de tenter de chanter sa partition, même si, pour la plus grande part d’entre eux, il est presque impossible de rendre le texte intelligible. Mais cette sempiternelle mise en mouvement finit par lasser en générant un ennui que ne pourront dissiper les éclatantes lumières de la péroraison. 

Pesaro à la découverte d'oeuvres moins connues

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Luca Pisaroni - Nino Machaidze

Du 10 au 22 août Pesaro, la ville natale de Gioachino Rossini, présentait pour la 38ième fois son annuel « Rossini Opera Festival », une édition dédiée à Albert Zedda, récemment décédé, figure inoubliable , directeur artistique du festival, qui pendant de longues années veillait sur l’œuvre et l’héritage du « cygne de Pesaro ». Comme d’habitude il y avait trois opéras à l’affiche, cette année « Le Siège de Corinthe », « La pietra del paragone » et « Torvaldo e Dorliska et bien sûr la déjà traditionnelle production de « Il viaggio a Reims » où se présentent les jeunes talents formés à la « Accademia Rossiniana  Alberto Zedda ». En plus le programme offrait le « Stabat Mater » de Rossini et quelques concerts de belcanto, pas uniquement réservés à Rossini.

Le premier opéra de Mondonville s'avère déjà un chef-d'oeuvre

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Jean-Joseph CASSANEA de MONDONVILLE
(1711 - 1772)

Isbé, pastorale héroïque
Katherine Watson (Isbé), Reinoud Van Mechelen (Coridon), Thomas Dolié (Adamas), Chantal Santon-Jeffery, Alain Buet, Blandine Folio Peres, Rachel Redmond, Artavazd Sargsyan, Marton Komaromi, Purcell Choir, Orfeo Orchestra, dir. György VASHEGYI
2017-Live-3CD 61'25'', 48'55'' et 63'04''-Textes de présentation en anglais, français et allemand-livret en français et en anglais-chanté en français-Glossa GCD 924001

Impressions mitigées pour Macbeth au Champs Elysées

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© Vincent Pontet / TCE

Pourquoi à la sortie du Macbeth de Verdi présenté le 4 mai au Théâtre des Champs Elysées n'éprouve-t- on qu'un plaisir mitigé ? Car cette représentation offre bien des moments exaltants combattus par d'indéfinissables réserves... Est-ce la présence de dames ministres et hauts fonctionnaires de l'actuel gouvernement qui refroidit l'atmosphère ? Il en faut quand même davantage aux vaillants interprètes !

Quand une certaine tradition a du bon...

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J. Wilson, F. Hawlata et C. Forte © Croisier

Fidelio à Liège
On a beaucoup médi sur les mises en scène actuelles, où les maîtres-d’œuvres tirent la couverture à eux, subliment leurs propres fantasmes, lancent sexe et politique à jets continus et dénaturent la pièce qu'ils sont censés illustrer. Il est en ce sens rassurant d'assister à une lecture claire, nette et respectueuse de ce Fidelio.