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Dossier Haydn (I) : de la naissance à Londres

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Crescendo Magazine vous propose un dossier Haydn dont voici la première étape. Le 19e siècle le disait "Père de la symphonie". Aujourd'hui, on sait qu'entre 1750 et 1800 furent écrites quelque 15.000 symphonies. Si Haydn n'en fut pas le "Père", il en fut sans nul doute le "Passeur", menant le genre de ses débuts à l'aube du romantisme. Par contre, il fut l'initiateur d'un genre tout à fait nouveau, aujourd'hui encore le point d'apogée de l'écriture : le quatuor à cordes, né simultanément et indépendamment à Vienne et en Italie avec Boccherini. Et là aussi, c'est à Haydn qu'il revient d'avoir mené le genre de sa gestation à son accomplissement. Resté dans un quasi anonymat jusqu'à ses trente ans, il fut ensuite, de son vivant, le compositeur le plus célébré à travers l'Europe, beaucoup plus que Mozart, Schubert ou Beethoven. Ensuite, il tomba dans l'oubli, à l'ombre de Mozart et de Beethoven, avec un bon millier d'oeuvres à son actif. Ce n'est que dans les premières décennies du siècle dernier que Joseph Haydn a retrouvé peu à peu la place de premier plan que son oeuvre impose. On l'a dit ascète et froid, valet de ses princes. Il est vrai que l'homme n'est pas celui de coups d'éclats ou des amours tourmentées ; peu d'anecdotes subsistent à son sujet si ce n'est les clins d'yeux à son prince ou les "mots" avec Beethoven. Son génie, on le trouve dans son écriture qui porte en elle une formidable énergie libérée par le "style", comme une mise en ordre pour la rendre transmissible. Son génie était-il trop humain? 

Wilma Lipp, 40 années de scène

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Nous avons appris le décès de la soprano autrichienne Wilma Lipp ce 26 janvier. 

Née à Vienne, elle a débuté le chant avec Friedl Sindl et Paola Novikova, puis Toti Dal Monte à Milan et Anna Bahr-Mildenburg à Vienne. En 1943, elle a 17 ans et elle fait ses débuts à Vienne dans le rôle de Rosine (Le Barbier de Séville, Rossini) sur la Heldenplatz puis celui de Gilda (Rigoletto, Verdi) au Konzerthaus.

En 1945, elle fait ses premiers pas à l'Opéra National de Vienne. On l'y entend en Kate Pinkerton (Madame Butterfly, Puccini) puis dans La Fiancée vendueLes Noces de Figaro (Barbarina), Rigoletto (la Comtesse Ceprano) et Capriccio (la chanteuse italienne). Elle interprètera Adele (Die Fledermaus)avec succès pendant plus de vingt ans.
La Reine de la Nuit sera un de ses rôles légendaires : entre 1948 et 1956, elle l'interprétera 131 fois au Staatsoper.

En 1953, elle devient à 28 ans la plus jeune chanteuse de l'histoire de l'Opéra d'État de Vienne. Dès la réouverture de celui-ci (1955), elle chante encore Konstanze, la Reine de la Nuit, Oscar et Musetta puis Marguerite (Faust), Antonia (Les Contes d'Hoffmann), Nedda (Pagliacci) et Eva (Die Meistersinger von Nürnberg).
Grande mozartienne, on la retrouve en Pamina (La Flûte enchantée), en Contesse Almaviva (Le nozze di Figaro) et Donna Elvira (Don Giovanni), y compris en 1961 au Festival de Salzbourg.

Pour la réouverture du Theater an der Wien en 1962, elle abandonne la Reine de la Nuit pour Pamina, aux côtés de Nicolai Gedda (Tamino), sous la direction de Herbert von Karajan.

Si, à l'Opéra de Vienne, elle est en scène quelque 1200 fois, elle se consacre aussi au concert et  à la musique sacrée et elle est l'invitée de grandes maisons : la Scala de Milan en 1950 (la Reine de la nuit et Konstanze), l'Opéra de Paris, le Bayerische Staatsoper à Munich, le Deutsche Oper Berlin, le Royal Opera House Covent Garden (1950 et 1951), le festival de Bayreuth (1951, l'oiseau de la forêt dans Siegfried), celui de Bregenz (Annina dans Une nuit à Venise) et celui d'Édimbourg (Konstanze).

En 1964, elle fait ses débuts à San Francisco en Sophie (Rosenkavalier), Alice Ford (Falstaff), Nedda et Micaela et continue à voyager : BruxellesParisBuenos Aires et Zurich, où elle revient à l’opérette (Lisa dans Le pays du sourire et Anna Elisa dans Paganini de Franz Lehár.

Sagement, elle commence à se retirer lentement de la scène au début des années '70 et c'est avec le rôle de Marianne (Der Rosenkavalier), qu'elle fait ses adieux le 5 juin 1981.

Wilma Lipp a été professeur de chant pendant 18 ans au Mozarteum de Salzbourg. Parmi ses élèves, on compte Kathleen Cassello, Birgid Steinberger, Ingrid Habermann, Eva Lind et Iride Martinez.