Durant l’été 2026, une nouvelle page de l’histoire des Percussions de Strasbourg s’écrira avec la nomination de Vassilena Serafimova (VS) à la direction artistique de l’ensemble, en lieu et place de Minh Tâm Nguyen (MTN). À l'occasion de ce passage de flambeau, Crescendo Magazine s’est entretenu avec ces deux musiciens hors-pair.
Pour ouvrir cette interview, les Percussions de Strasbourg (PDS) de Minh Tâm Nguyen en trois mots, c’est ? Les PDS de Vassilena Serafimova en trois mots, ce sera ?
MTN : Joie, folie et curiosité. D’abord la joie car on ne fait pas un travail comme celui-là, avec une telle équipe, si on ne s’entend pas bien et si on ne rigole pas. C’est toujours un plaisir d’y aller, d’y retourner, d’y penser, de travailler avec tous ces gens qui ne sont pas seulement une équipe de musiciens mais dont font également partie le bureau, la régie et tout ce qui va autour évidemment. La folie, parce qu’il ne faut pas être sage pour faire ce travail, il faut oser, tenter des choses. Il ne faut pas chercher à innover nécessairement, on peut dire d’un groupe comme celui-ci qu’il a tout fait, mais il faut y amener la folie de l’équipe, la folie intérieure. Pour la curiosité, il faut toujours être à la page. On dit que c’est un groupe de musique contemporaine, contemporaine veut dire aujourd’hui, et pour être en accord avec le public d’aujourd’hui, ce qui est contemporain, il faut être curieux.
VS : Comme Minh Tâm, je choisis la curiosité. Je vais entrer dans leur univers, ça va être une rencontre. Je pense aussi à la création. Et en troisième mot, je choisis sérénité. Je me sens sereine avec ce que j’ai vu, ce que j’ai pu entendre, les personnes que je connais dans l’équipe et celles avec qui j’échange maintenant. Je sens que j’intègre une équipe posée et soudée, avec une forte amitié. Si vous me demandez dans un an, je vous dirai sûrement autre chose !
Pour continuer sur ce sujet d’échange, comment se passe une passation de direction artistique dans un ensemble comme les PDS ?
MTN : C’est la première fois qu’on prend autant de temps. Les Percussions de Strasbourg c’est quatre générations, la cinquième arrive avec Vassilena, mais chaque passage de génération arrive avec une crise. Soit le directeur artistique part en claquant la porte, soit il a fait une grosse bêtise, soit il y a des désaccords avec l’équipe, etc. Fort de toute cette histoire, je n’avais pas envie que cela se passe comme ça. Je souhaitais passer la main à un moment qui n'était pas du tout critique. Quand j’ai décidé de partir pour aller voir autre chose, je n’ai pas voulu faire ça du jour au lendemain. Je voulais pouvoir transmettre tout le travail de recherche que j’ai fait en arrivant, presque d’archéologie, pour récupérer les archives et l’histoire du groupe. C’est un travail qui n’est pas fini, il y a encore plein de choses que j’aurais voulu faire, d’autres que j’ai commencé à faire. C’est un travail immense. Je ne voulais pas partir en laissant Vassilena refaire tout ce travail et prendre trois ans avant de pouvoir travailler dans de bonnes conditions. Tout ce travail de recherche, d’organisation, il faut du temps pour pouvoir le léguer. À l’époque, Jean-Geoffroy avait pris un temps pour me transmettre les dossiers en cours, mais il n’avait pas entrepris toutes les recherches que j’ai menées. Et c’est cette base, cette fondation qui permettra à Vassilena de travailler et de construire son projet artistique.
VS : De mon côté, je me sens rassurée par cette façon de faire très méthodique, en entrant lentement dans le vif du sujet, en allant voir des spectacles, en échangeant avec Minh-Tâm, en comprenant comment il a organisé les projets, comment il a échangé avec les compositeurs, le répertoire du groupe, en recevant ses conseils, etc. Je ne sais pas comment cela s'est passé avant, mais là on prend un temps nécessaire et très confortable pour moi, avec une grande bienveillance. Je sens que les informations ont le temps de mûrir dans ma tête. Je ne me retrouve pas d’un coup avec l’un des groupes les plus anciens et les plus engagés, avec un océan d’informations dans lequel je dois plonger seule. Ce n’est pas le cas et c’est sûrement la raison de mon choix du mot sérénité.
Minh Tâm, vous vous êtes inscrit dans la lignée de Jean Geoffroy, notamment concernant l’ouverture du répertoire, les formats en duo, trio, etc. Quelles sont les différences entre les PDS de Jean Geoffroy et les PDS de Minh Tâm Nguyen ?
MTN : Quand on arrive jeune, dans un groupe qu’on ne connaît pas bien, on se dit toujours qu’on va créer quelque chose. On va inventer, on va innover, on va faire mieux, etc. Pourtant, j’ai très vite vu lors de mes recherches dans les archives que tout avait été fait ! J’ai donc décidé de changer de vision. Ce qui fait que mon travail est contemporain, c’est l’équipe qui m'entoure, qui forme les Percussions de Strasbourg d’aujourd’hui. C’est donc sur eux qu’il faut s’appuyer, sans aller chercher plus loin. Je me suis appuyé sur leurs forces pour créer ma version du groupe.
Concernant l’ouverture du répertoire et les différents formats, cela a commencé sous Jean-Geoffroy, lorsque j’étais coordinateur artistique. J’ai contribué à ce processus en étant déjà dans la maison, et j’ai voulu continuer à le développer. J’ai remarqué que le souhait de certains de ne jouer qu’à six les grandes œuvres du répertoire coûtait trop cher aux salles, et que nous jouions de moins en moins. Cette envie de prestige n’était plus reliée à la réalité du groupe à ce moment-là de son histoire. Mon but était qu’on soit vu, qu’on soit partout. J’aime beaucoup de styles et d'esthétiques différentes et la percussion ne s’arrête pas juste à une sorte de musique contemporaine. J’ai donc décidé d’ouvrir le répertoire à toutes les esthétiques et à tous les formats. Grâce à ça on a été remarqué, on a retrouvé une place de choix dans le paysage musical et l’on peut maintenant se permettre d’être un peu plus exigeant. C’est une base sur laquelle les prochains directeurs musicaux, dont Vassilena, pourront s’appuyer.
Le prix Marie-Josée Kravis pour la nouvelle musique de l'orchestre philharmonique de New York a été décerné aux compositeurs américains David Lang et Missy Mazzoli. Le prix Kravis, l'un des plus importants prix de musique nouvelle au monde, est doté de 200 000 dollars et d'une commande d'œuvre que l'Orchestre Philharmonique de New York créera. La nouvelle œuvre de Lang sera créée au cours de la saison 2025-26, et celle de Mazzoli le sera en 2026-27.
Par ailleurs, l'Orchestre Philharmonique de New York a nommé Kate Soper « Kravis Emerging Composer », une distinction décernée dans le cadre du prix Marie-Josée Kravis pour la musique nouvelle. Soper reçoit une allocation de 50 000 dollars, ainsi qu'une commande pour composer une œuvre que l'Orchestre Philharmonique créera en mai 2025.
Le nouveau festival de compositrices « her:voice » met en valeur les oeuvres des femmes d'hier et d'aujourd'hui. Le programme de la première édition -du 9 au 12 mai- se penche sur les oeuvres de Louise Bertin, Lera Auerbach, Missy Mazzoli, Florence B. Price, Clara Schuman et d'autres parmi les représentantes de l'opéra, des concerts et de la collection.
"Avec her:voice à Essen, nous offrons l'opportunité de découvrir en quelques jours seulement des œuvres passionnées de compositrices de différentes époques sur la scène de l'opéra, sur la scène des concerts et en musique de chambre et de faire connaissance avec les personnalités", explique le Dr. Merle Fahrholz, directeur du Théâtre Musical Aalto et de la Philharmonie d'Essen.
Young Concert Artists (YCA) a nommé le compositeur Alistair Coleman comme compositeur en résidence pour 2023. Coleman a été sélectionné pour le rôle parmi un groupe très compétitif de 150 candidats, dont quatre autres finalistes: Bobby Ge, Luke Haaksma, Hannah Ishizaki et Max Vinetz.
Au cours de son mandat, il recevra une allocation de 18 000 $ pour écrire trois œuvres commandées, qui seront créées lors des prochains concerts. Il recevra également un contrat de gestion globale de trois ans.
Alistair Coleman étudie actuellement pour une maîtrise avec Richard Danielpour, Nick DiBerardino, Jonathan Bailey Holland, Amy Beth Kirsten et Steven Mackey au Curtis Institute, où il a également obtenu son diplôme de premier cycle.
Parmi ses commandes récentes, mentionnons un concerto pour le violoniste Soovin Kim, un concerto pour le violoncelliste Zuill Bailey, lauréat d’un prix Grammy, et une sonate pour Joseph Alessi, tromboniste solo de l’Orchestre Philharmonique de New York. Il a également récemment collaboré avec Midori et Ida Kavafian pour écrire une pièce test solo pour les violonistes auditionnant à Curtis.
Le jury était composé des compositeurs Katherine Balch, Kenji Bunch, Chen Yi, Missy Mazzoli et Carlos Simon, des pianistes Anthony De Mare et Jeffrey Swann, du flûtiste Brandon Patrick George et de la violoniste Anne Akiko Meyers.
La compositrice américaine Jessie Montgomery a été choisie par Riccardo Muti comme compositeur en résidence à Chicago. Elle y succèdera à Missy Mazzoli à partir du 1er juillet prochain pour une période de 3 ans.
Jessie Montgomery est compositrice, violoniste et professeur. Elle a reçu le prix Leonard Bernstein de la Fondation ASCAP. Ses oeuvres mêlant classique, improvisation, appel à la justice sociale,... sont décrites comme "turbulentes, follement colorées et explosant de vie" (The Washington Post).
Elle a grandi dans le Lower East Side de Manhattan dans les années 1980, à une époque où les artistes gravitaient dans ce foyer d'expérimentation artistique et de développement communautaire. Ses parents -son père musicien, sa mère artiste de théâtre et conteuse- étaient engagés dans les activités du quartier et emmenaient régulièrement Jessie aux rassemblements, aux performances et aux fêtes où les voisins, les militants et les artistes se réunissaient pour célébrer et soutenir les mouvements de l'époque. C'est à partir de cette expérience plurielle que Jessie fusionne composition, performance, éducation et défense des droits.
Depuis 1999, Jessie est affiliée à la Sphinx Organization qui soutient les jeunes cordes afro-américaines et latino-américaines. Elle a été deux fois lauréate du concours annuel Sphinx et a reçu une généreuse bourse MPower pour l'aider à développer son premier album, Strum : Music for Strings (Azica Records). Elle a reçu d'autres subventions et prix de la Fondation ASCAP, de Chamber Music America, de l'American Composers Orchestra, de la Fondation Joyce et de l'Organisation Sorel.
Son œuvre comporte des œuvres solos, de chambre, vocales et orchestrales. Citons Five Slave Songs (2018), commandée pour la soprano Julia Bullock par le Metropolitan Museum of Art, Records from a Vanishing City (2016) pour l'Orpheus Chamber Orchestra, Caught by the Wind (2016) pour l'Albany Symphony et l'American Music Festival, et Banner (2014) pour marquer le 200e anniversaire de The Star-Spain.
Au cours de la saison 2019-20, de nouvelles commandes doivent être créées par l'Orpheus Chamber Orchestra, la National Choral Society et la Fondation ASCAP. Jessie Montgomery fait équipe avec la compositrice-violoniste Jannina Norpoth pour réimaginer l'opéra Treemonisha de Scott Joplin qui sera produite par le Volcano Theatre et commandée conjointement par le Washington Performing Arts, l'Université de Stanford, le Southbank Centre (Londres), le Centre national des Arts (Ottawa) et le Banff Centre for the Arts. En outre, le Philharmonia Orchestra, l'Atlanta Symphony, le Dallas Symphony, le Minnesota Orchestra et le San Francisco Symphony interpréteront tous des œuvres de Montgomery cette saison.Le New York Philharmonic, de son côté, l'a choisie comme l'un des compositeurs vedettes de son Projet 19 qui marque le centenaire de la ratification du 19e amendement, accordant aux femmes le droit de vote aux États-Unis.
Et parmi les œuvres à venir, un nonet inspiré de la Grande Migration qui doit être donné par Imani Winds et le Catalyst Quartet, un concerto pour violoncelle pour Thomas Mesa, commandé conjointement par Carnegie Hall, le New World Symphony et The Sphinx Organization ; et une nouvelle œuvre orchestrale pour le National Symphony.
Le National Symphony Orchestra de Washington a commandé sept nouvelles œuvres pour sa saison 2021-22, celle du 50e anniversaire du Kennedy Center qui l'héberge : les compositeurs élus sont Philip Glass, Mason Bates, Missy Mazzoli, Angélica Negrón, Joan Tower, James Lee III et Peter Boyer.
Pour fêter ses 20 ans, le Festival Messiaen au pays de la Meije, créé en 1998 à La Grave (Hautes-Alpes) par la foi inoxydable de Gaëtan Puaud, a choisi pour thème La musique russe selon Messiaen.
Du 27 juillet au 5 août, il propose 16 concerts pour illustrer ce précieux héritage reçu et cultivé par Messiaen : une fabuleuse partie de ping-pong où rivalisèrent compositeurs russes et français, avec deux moments fondateurs : Boris Godounov, en 1908, à l’Opéra de Paris et le Sacre du Printemps, en 1903, au Théâtre des Champs-Elysées.
Un comité de critiques américain composé de Heidi Waleson, George Loomis, Alex Ross, John Rockwell et Arthur Kaptainis vient de désigner la meilleure création d'opéra aux Etats-Unis au cours des 12 derniers mois.
Il s'agit de Breaking the Waves de Missy Mazzoli créé par l'Opéra de Philadelphie le 22 septembre 2016.