Le compositeur italien Muzio Clementi est né le à Rome et décédé le à Evesham en Angleterre. Rattaché à la période classique, principalement connu de son vivant comme pianiste, mais également organiste et claveciniste. Il est considéré comme le premier à avoir composé spécifiquement pour le piano.
Il eut une influence notable sur Ludwig van Beethoven2.
Clementi est connu pour son recueil d'études pianistiques Gradus ad Parnassum auquel Claude Debussy fait allusion dans le premier mouvement de sa suite Children's Corner qui s'intitule Docteur Gradus Ad Parnassum. De la même manière, ses sonatines ont été le passage obligé dans l'apprentissage du piano pendant tout le xxe siècle. Erik Satie, qui était contemporain de Debussy en a fait une caricature dans sa Sonatine bureaucratique.
Clementi composa près de 110 sonates pour le piano. Certaines des plus anciennes et des plus faciles furent rééditées sous la forme de sonatines après le succès obtenu par ses sonatines de l'opus 36. Elles continuent d'être très appréciées comme pièces d'exécution assez facile. Pourtant, à l'exception de l'opus 36, les sonates de Clementi sont souvent d'exécution plus difficile que celles de Mozart -ce dernier écrivit dans une lettre adressée à sa sœur qu'il ne lui conseillait pas de jouer les sonates de Clementi à cause des difficultés techniques, de l'écartement des doigts qu'elles nécessitent, et de la difficulté des accords dont il pensait qu'elle pouvait se faire du mal en les jouant.
Outre ses compositions pour piano solo, Clementi a composé une grande quantité de pièces musicales d'autres sortes, y compris des symphonies reconstituées depuis peu, sur lesquelles il a longuement travaillé et que l'on commence progressivement à considérer comme des œuvres intéressantes et de qualité. Si Clementi est généralement absent des programmes de concerts, on trouve de plus en plus d'enregistrements discographiques qui lui sont consacrés.
Mozart était animé d'un manque de respect patent pour Clementi : de ce fait, on les a généralement considérés comme des rivaux irréconciliables. Mais la réciproque n'était pas vraie, autant qu'on puisse en juger, de la part de Clementi, et de toute façon, les propos peu amènes de Mozart à l'encontre de Clementi n'étaient pas destinés, dans son esprit, à être révélés en public.
Le pianiste russe Vladimir Horowitz fut saisi d'une prédilection toute particulière pour Muzio Clementi après que son épouse, Wanda Toscanini lui eut offert les œuvres complètes de celui-ci. Horowitz les mettait au même niveau que les pièces les plus accomplies de Beethoven. C'est en grande partie à lui que Clementi doit d'être à nouveau considéré comme un musicien digne d’intérêt, plus près de nous, à Andreas Staier, Maria Tipo et à Constantino Mastroprimiano, au pianoforte.
Beginnings. Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Concerto pour pianoforte et orchestre en mi bémol majeur Wo04. Muzio Clementi (1752-1832) : Concerto pour piano et orchestre en do majeur. Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Concerto pour piano et orchestre n° 5 en ré majeur K. 175. Anna Khomichko, piano. Orchestre philharmonique de Heidelberg, direction Mino Marani. 2024. Notice en anglais et en allemand. 69’ 50’’. Genuin GEN 25925.
Muzio CLEMENTI (1752-1832) : Cinq Variations sur un Menuet de M. Collick, WoO 5 ; Sonate en ré majeur, Op. 25 no 6 ; Thème et Variations sur The Black Joke, WoO 2 ; Variations sur Batti, Batti du Don Giovanni de Mozart, WoO 10. Musical Characteristics or A Collection of Preludes and Cadences, Op. 19 ; Canon pour Cherubini, WoO 29. Nicholas Rimmer, pianoforte. Enrgmt février-mars 2018. Livret en anglais. TT 79’14. Naxos 8.573957
Wolfgang Amadeus MOZART (1756 - 1791) Fantaisie en ré mineur, KV. 397 - Sonate en si bémol majeur, KV. 570 Muzio CLEMENTI (1752 - 1832) Sonate en fa majeur op. 23 n°2 - Sonate en sol mineur op. 50 n°3 "Didone abbandonata"
Vanessa Wagner, piano et pianoforte
2017-DDD-56'30"-Textes de présentation en français, anglais, japonais et allemand - La Dolce Volta LDV 31
Vladimir Samoïlovitch Horowitz, né à Berditchev ou (selon Horowitz) à Kiev (Empire russe), le et mort à New York le , est un pianiste d'origine russe, naturalisé américain. Il fait partie des plus grands virtuoses de l'histoire du piano.
Pianiste mythique, admiré pour la puissance de son jeu, son timbre et sa virtuosité, Vladimir Horowitz a été considéré comme le plus grand pianiste de son temps, aussi bien par le public que par ses pairs : Clara Haskil, qui le surnommait « Satan au clavier », Martha Argerich, Sviatoslav Richter, Arcadi Volodos, Arthur Rubinstein1,2, Sergueï Rachmaninoff3.
La famille Horowitz appartient à la bourgeoisiejuive cultivée de l'Empire Russe. En outre, c'est une famille de musiciens comprenant de bons pianistes et compositeurs.
La grand-mère de Vladimir était une amie d’Anton Rubinstein, quand sa mère, Sofia, et son oncle, surnommé « L'oncle qui jouait fort », connaissaient personnellement Alexandre Scriabine.
Sofia Horowitz était elle-même pianiste, et apprit à Vladimir (ou Volodia, selon le surnom que lui donnait sa femme, Wanda Toscanini -fille d'Arturo Toscanini- à jouer du piano dès l'âge de 5 ans.
Son père, Samuel Horowitz, était ingénieur en électricité et assurait la distribution en Russie de moteurs électriques allemands. C'est lui qui inscrivit la date de naissance « 1904 » dans de nombreux documents à la place de la vraie date de naissance de Vladimir : un moyen pour lui d'éviter le service militaire qui durait plusieurs années. Il est le plus jeune des quatre enfants de Samuel et Sofia.
Horowitz apprend le piano dès 5 ans, d'abord sous la férule de Sofia. En 1912, il entre au Conservatoire de Kiev où il sera élève de Sergueï Tarnovski, de Vladimir Puchalsky, et de Felix Blumenfeld. En 1914, il rencontre Alexandre Scriabine.
À l'arrivée des communistes, la famille Horowitz autrefois heureuse et prospère est brisée. Jacob, le frère aîné, enrôlé dans l'armée, meurt pendant la révolution. George devient vagabond installé pendant un temps à Leningrad. L'État saisit l'entreprise de Samuel et le contraint à un travail bureaucratique fastidieux.
Pour son récital de fin d'études en 1920, Vladimir Horowitz joue la Toccata, adagio et fugue BWV 564 de Bach-Busoni, la Gigue en sol de Mozart, une Sonate de Beethoven (Horowitz a oublié s'il s'agissait de l'Appassionata ou de l'opus 110), les Études symphoniques de Schumann, la Sonate en si bémol mineur de Rachmaninov, la Fantaisie en fa mineur de Chopin, « et quelque chose de moderne, je ne m'en souviens pas ». Il termine avec les Réminiscences de Don Juan de Liszt et selon Horowitz, ayant joué avec un tel éclat, le jury et tous les professeurs se sont levés pour exprimer leur approbation, ce qui, toujours selon ses dires, ne s'était jamais produitdans toute l'histoire du conservatoire. Pour son concerto obligatoire, il joue le troisième de Rachmaninov. Pour ses pièces de musique de chambre, il joue le quintette de Schumann et Winterreise de Schubert. Ses concerts connaissent un énorme succès. Blumenfeld ravi, écrit à Rachmaninov à New York au sujet de son talentueux élève et du succès qu'il rencontre avec la musique de Rachmaninov2. Horowitz a alors 17 ans.
Son premier concert public documenté a lieu en à Kiev. Ensuite, Horowitz rencontre un violoniste d'Odessa, Nathan Milstein, et donne des concerts dans différentes villes de Russie avec lui et sa sœur Regina, pour lesquels ils sont souvent payé avec du pain plutôt qu'avec de l'argent, en raison de la situation économique difficile du pays. Depuis 1922, Horowitz, donnant des concerts dans les villes de l'Union soviétique, accumule un répertoire gigantesque en termes de volume. Ainsi, par exemple, en trois mois ( - ), il interprète plus de 155 œuvresde la célèbre « série de Leningrad » composée de 20 concerts (voir les recherches de Yu. Zilberman). Malgré ses premiers succès en tant que pianiste, Horowitz affirme qu'il voulait être compositeur, mais choisit une carrière de pianiste pour aider une famille qui a perdu toute sa fortune, y compris les instruments de leurs enfants, pendant la Révolution de 1917. Le succès des « musiciens de la Révolution », comme les appelait un certain A. Uglov dans l'un des articles (sous ce pseudonyme se cachait le commissaire du peuple Anatoli Lounatcharski), est époustouflant. Des clubs d'admirateurs de ces jeunes musiciens voient le jour dans de nombreuses villes.
Le , Vladimir Horowitz a l'occasion de partir pour l'Allemagne (il est officiellement parti étudier). Certains documents sur Vladimir Horowitz indiquent que Mikhaïl Toukhatchevski est l'initiateur des « études à l'étranger », mais Nathan Milstein dans ses mémoires pointe directement vers Ieronim Ouborevitch (à l'époque, le Commissaire du peuple à la Défense était chargé des voyages à l'étranger), qui publie un permis de sortie. Avant de partir, Horowitz apprend et joue à Leningrad le le Premier Concerto pour piano de Tchaïkovski. Dans ses interviews, Horowitz déclare que son père, après avoir entendu sa représentation du concert à Leningrad, a déclaré : "c'est ton concert. Il faut y jouer". Grâce à ce travail, il devient célèbre en Europe. Ce concerto joue un rôle « fatal » dans la vie du pianiste : à chaque fois, triomphant dans les pays d'Europe et d'Amérique, Horowitz interprète précisément ce Concerto.
En , il donne un récital à Berlin (on le surnomme l'« ouragan des steppes »), il se produit également en concert à Hambourg. «Il a fait trembler Paris » dit Arthur Rubinstein à la suite de la première saison d'Horowitz à Paris en 1926. À son arrivée à Paris, sa réputation l'a précédé et s'il est inconnu du grand public, il est attendu par les professionnels. Les critiques et le public sont immédiatement conquis par ce nouveau style de jeu.
Horowitz donne son premier concert le au Conservatoire de Paris, là où Chopin avait donné sa première de l'Andante spianato e Polonaise en 1835 ; si l’auditoire est réduit, les critiques importants sont présents et perçoivent que quelque chose de nouveau se produit. Son programme comporte la Toccata, Adagio et Fugue en do de Bach/Busoni ; la Sonate de Liszt, plusieurs pièces des Miroirs de Ravel (dont Alborada del gracioso) et Jeux d'eau ; et de Chopin, la Barcarolle, quelques études et mazurkas et la Polonaise en la.
Le sommet de sa première année est le récital à l'Opéra du ; le programme comprenait la Toccata, Adagio et Fugue en do de Bach/Busoni ; la Sonate de Liszt, six études de Chopin, trois mazurkas, et la Polonaise en la ; les deux études 2 et 6 d'après Paganini de Liszt, et la Rhapsodie espagnole de Liszt. Ses interprétation de la Romance sans paroles Op. 67 No. 4 de Mendelssohn, et de Liebesbotschaft de Schubert-Liszt sont bissées. Quant à ses Variations de Carmen, elles plongent le public dans une grande frénésie, et la police doit être appelée pour faire évacuer la salle.
Lors des dix années suivantes, il donne une trentaine de concerts à Paris, et fait sensation à chaque fois. Il est admis dans les cercles les plus prisés, en premier la maison de la Princesse de Polignac. Il y rencontre Stravinsky, les Six (Georges Auric, Louis Durey, Arthur Honegger, Darius Milhaud, Francis Poulenc et Germaine Tailleferre), ou Nadia Boulanger. À Paris, Horowitz voit Arthur Rubinstein, Picasso, Braque, Vlaminck, Joyce et Hemingway ; Cocteau et Massine ; Ravel et Poulenc ; René Clair, Virgil Thomson et Diaghilev ; Dalí, Chagall ; ou encore Gertrude Stein. Chaliapin, Prokofiev, Stravinsky et Balanchine vivent à Paris ainsi que d'autres réfugiés russes. Jeune, beau, timide, brillamment talentueux, élégant dans sa tenue et son comportement, parlant couramment le français, Horowitz devient une figure de plus en plus populaire dans les salons. Il y rencontre tous les grands musiciens, littérateurs et personnalités de la société parisienne
Si Horowitz joue beaucoup en Allemagne, il fait de Paris son quartier général. Il a un petit appartement rue Kléber. C'est tout ce qu'il pouvait se permettre. Jusqu'à son départ pour l'Amérique en 1928, il joue beaucoup dans toute l'Europe mais ne gagne pas beaucoup d'argent. Horowitz se retrouve à jouer dans la plupart des pays européens, allant du Portugal à l'Angleterre en passant par la Norvège, la Suède, l'Allemagne et l'Italie.
Le , il embarque pour les États-Unis. En 1928, il donne son premier concert américain sous la direction de Thomas Beecham (premier concerto de Tchaïkovski au Carnegie Hall, avec l'Orchestre philharmonique de New York). Dans le public se trouvent Josef Lhévinne, Josef Hofmann, Benno Moiseiwitsch et Sergueï Rachmaninov. Ayant fait la connaissance de ce dernier, Horowitz devient rapidement son ami. Lui-même pianiste virtuose, déclare au sujet de son Troisième concerto qu'il n'a pas imaginé qu'on puisse le jouer aussi brillamment qu'Horowitz. Spécialement pour celui-ci, qui en fera une spécialité de son répertoire, Rachmaninov redonne sa forme originelle à sa Deuxième sonate qu'il avait simplifiée, car il n'en dominait plus lui-même les difficultés techniques. En 1928, il fait ses premiers enregistrements et un concert à Londres. Puis en 1932, Horowitz enregistre la Sonate pour piano de Liszt. L'année suivante il rencontre Arturo Toscanini et donne son premier concert avec lui avec le Cinquième concerto de Ludwig van Beethoven).
En 1933, il épouse Wanda Toscanini et en 1936, se fixe à New York jusqu'en 1939, époque à laquelle il ne donne plus de concerts. En 1946, il signe un contrat d'exclusivité avec RCA Records, et crée en 1949 la Sonate en mi bémol mineur de Samuel Barber. Le , il donne un récital à New York pour le 25e anniversaire de ses débuts américains. Puis arrive sa deuxième retraite (1953-1965), suivie d'enregistrements à domicile. Il fait sa rentrée le à Carnegie Hall, suivie d'une dizaine de récitals aux États-Unis (1965-1969). Arrive sa troisième interruption de carrière, entre 1969 et 1974.
En 1975, sa fille Sonia meurt à Genève.
On le retrouve en 1977 au Carnegie Hall, pour un récital, « pour les Européens » et le , à l'occasion du jubilé de ses cinquante ans de carrière, il interprète le Troisième Concerto de Sergueï Rachmaninov.
Dans les années 1980, il donne deux concerts à Londres, et en 1985 il passe chez Deutsche Grammophon. Il donne deux récitals à Paris, au Théâtre des Champs-Élysées, et est décoré Chevalier de la Légion d’honneur et de l'Ordre du Mérite de la République italienne.
L'homme généralement considéré comme le plus grand pianiste du monde, archétype du romantisme et dernier grand descendant direct de l'ancienne école russe de piano, apparaît à cette époque sur une scène russe après une absence de soixante et un ans. Le , il donne un concert à Moscou, au Conservatoire Tchaïkovski. Il le dira lui-même : « la roue est maintenant complètement bouclée ».
Mais quelques jours avant son apparition dans la Grande Salle du Conservatoire de Moscou, il vit une autre expérience émotionnelle puissante. Peu après son arrivée à Moscou, Horowitz déclare aux autorités qu'il veut visiter la maison de Scriabine. Lorsque Scriabine a donné un concert à Kiev, l'oncle d'Horowitz Alexandre fait en sorte que son neveu de onze ans rencontre le grand pianiste-compositeur.
Il raconte que Scriabine dit à sa mère, après qu'Horowitz eut joué : « Il fera un très bon pianiste, mais il doit apprendre d'autres formes de musiques, la peinture, la danse, le jazz, absolument tout ». Les paroles de Scriabine restent dans l'esprit d'Horowitz toute sa vie.
Il enregistre pour Deutsche Grammophon cette même année, et se voit octroyer la médaille présidentielle de la Liberté des États-Unis.
Durant l'année 1987, il retourne en Europe avec l'enregistrement du 23econcerto de Wolfgang Amadeus Mozart, avec Carlo Maria Giulini. Il donne des concerts à Vienne, Berlin, Hambourg, Amsterdam, Londres, Francfort, ainsi qu' au Japon et aux États-Unis.
En 1989 sort son dernier disque chez Deutsche Grammophon, Horowitz at Home.
Il meurt chez lui, à New York, le , d’une crise cardiaque. Il est inhumé au cimetière monumental de Milan dans le tombeau familial d'Arturo Toscanini, où son épouse Wanda Toscanini Horowitz, décédée en 1998, le rejoindra.
Vladimir Horowitz est associé au répertoire russe et notamment au Premier concerto de Tchaïkovski. Il existe une version avec Arturo Toscanini, enregistrée également avec un concerto de Johannes Brahms. Le pianiste est également connu pour ses interprétations des pièces de Robert Schumann.
Il gagne la réputation de virtuose pour ses interprétations de Liszt, Chopin, Rachmaninov, Scriabine et Tchaïkovski. Soulignons aussi l'art d'Horowitz dans l'interprétation de la musique impressionniste : Au bord d'une source de Liszt, Liebestod de Wagner arrangé par Liszt, un des derniers enregistrements d'Horowitz. Il est aussi réputé pour ses interprétations de la musique moderne, et il introduit de nombreuses sonates de Dmitri Kabalevski et de Prokofiev aux États-Unis, en particulier la sixième, la septième et la huitième. Il joue cette 7e sonate de Prokofiev au consulat soviétique de New York en , et envoye le premier exemplaire du disque à Prokofiev qui lui retourne un exemplaire signé de la partition sur lequel il écrit « au pianiste prodigieux de la part du compositeur ». Il fait aussi redécouvrir au monde musical des compositeurs tels que Muzio Clementi ou Domenico Scarlatti, en s'ingéniant à démontrer qu'ils furent des précurseurs de Beethoven et de la musique romantique.
Vladimir Horowitz présente une technique atypique : ses paumes de mains et ses doigts sont plutôt droits et disposés à plat là où les autres pianistes adoptent une posture arquée et arrondie6.
Vladimir Horowitz met beaucoup de soin à composer ses récitals, et à choisir les morceaux dignes d'être interprétés en concert ou en enregistrement. Comme conséquence, sa discographie est moins étendue qu'on aurait pu le souhaiter. Par exemple, il n'interprète pas d'autres Rhapsodies hongroises de Liszt que les deuxième, sixième, treizième, quinzième (Marche de Rakoczy) et dix-neuvième (ces deux dernières, ainsi que la seconde, avec des arrangements personnels), ainsi que, dans les années 1930, la rhapsodie espagnole et le Premier concerto. Toutes ses interprétations sont mûrement réfléchies : il ne joue pas un compositeur tant qu'il n'en a pas lu l'œuvre intégrale.
« L'ouragan des steppes » déplace des foules pour chacun de ses concerts, où les places sont chères et réservées très longtemps à l'avance. Son très étroit et complice rapport au public est constitutif de son grand charisme. Cependant, ses rares concerts sont très appréciés du fait qu'il y réalise ses meilleures interprétations, surpassant de loin tous les enregistrements programmés en studio. Horowitz arrive à des performances incroyables devant des milliers de personnes, prenant de grands risques pianistiques devant lesquels reculent la quasi-totalité des pianiste en public, et créant une « réaction protoplasmique avec le public.
Il interrompt volontairement sa carrière plusieurs fois, souffrant de profondes dépressions : 1936-1938 (avant son départ aux États-Unis), 1953-1965, 1969-1974 et 1983-1985.
Vladimir Horowitz a une préférence marquée pour les pianos Steinway & Sons. Il joue principalement sur le CD-503, un modèle D que lui fournit la marque au début des années 1940. Bien qu'il ait accès à d'autres instruments, cet exemplaire a la préférence de l'artiste qui l'installe chez lui et le fait déplacer lors de ses tournées, y compris à l'étranger.
Vladimir Horowitz a la réputation d'être particulièrement exigeant concernant les réglages des pianos sur lesquels il joue. Durant sa carrière, Steinway & Sons met à disposition un technicien en charge d'assurer la préparation des instruments. À partir du début des années 1960 et jusqu'à la mort d'Horowitz, c'est Franz Mohr, technicien en chef de l'entreprise, qui assure les réglages de l'instrument lors des concerts donnés par le pianiste11,10.
En , l'entreprise new-yorkaise lui offre un modèle D en guise de cadeau de mariage
Son goût pour l'écriture musicale se manifeste très tôt et le hante toute sa vie. « Je suis un compositeur », dit-il souvent. Ainsi, il arrange de nombreux morceaux, comme les Rhapsodies hongroises de Franz Liszt, la Danse macabre de Camille Saint-Saëns arrangée pour piano par Liszt, la Marche nuptiale de Mendelssohn transcrite par Liszt, ou encore son impressionnante transcription de la marche américaine The Stars and Stripes Forever de John Philip Sousa, où l'on peut entendre par moments trois voix, voire quatre, complètement différentes à la fois.
Il effectue plus subtilement de discrètes modifications de Scherzos ou du finale de la Polonaise héroïque de Chopin, dont l'interprétation qu'il donne en bis à Berlin dans les années 1980 est un modèle d'interprétation horowitzien, mettant très bien en exergue le « bel canto » caractéristique de son jeu. Les Variations Carmen sur un thème de l'opéra de Bizet sont également particulièrement célèbres. La version jouée au Carnegie Hall en 1968 lors de son retour en concert depuis 1953 mérite d'être notée : un connaisseur entend les fautes, mais Horowitz y met tellement de couleurs, de soi-même, d'énergie, de volonté, etc., qu'on les lui pardonne et qu'on écoute bouche bée. Cette liste est non exhaustive : on peut ajouter ses paraphrases de Tableaux d'une exposition de Moussorgski.
Horowitz est conscient de la dérive théâtrale que des pièces aussi brillantes font prendre aux récitals, se disant limiter volontairement, en « musicien sérieux », ce type de morceaux en bis, les qualifiant de mints dont on ne saurait abuser : « après ce genre de morceau, le public oublie tout le concert. Ce n'est pas juste ! »
Vladimir Horowitz : derrière ce nom mythique se cache un parcours de vie unique, d'une Russie qui est encore celle des tsars à la solitude new-yorkaise, avec ses dépressions, ses sursauts, ses retours. En somme, la personnalité complexe et ombrageuse du pianiste virtuose ukrainien.
Friedrich Wilhelm Kalkbrenner ou Frédéric Kalkbrenner, né le 7 novembre 1785 en Prusse et mort le 10 juin 1849 à Enghien-les-Bains (Seine-et-Oise), est un compositeur et pianiste allemand naturalisé Français vers 1826.
Fils du musicien Christian Kalkbrenner, il serait né dans une voiture hippomobile entre le 2 et le 8 novembre 1785, alors que sa mère faisait route de Cassel à Berlin (sa mère n'est pas connue et la naissance n'a pas été enregistrée selon les formes habituelles).
Il reçoit de son père sa formation initiale. En 1801, il entre au Conservatoire de Vienne. Là, Joseph Haydn le présente à Albrechtsberger avec qui, à partir de 1803, il étudie le contrepoint.
Il fait ensuite des études au Conservatoire de Paris (en particulier dans la classe de Jean-Louis Adam) où il obtient un premier prix d'harmonie et un second prix de piano (premier prix à Pierre Zimmerman). Il fait ensuite une carrière internationale de concertiste et de pédagogue (Londres, Vienne).
Kalkbrenner et Johann Nepomuk Hummel jouent ensemble des duos pianistiques et passent leur temps libre avec Beethoven et Muzio Clementi. Ce dernier ayant fortement impressionné Kalkbrenner, il demeurera un indéfectible partisan de ses méthodes.
Kalkbrenner s'installe définitivement à Paris en 1826 et obtient d'être naturalisé Français. Il devient l'associé de Camille Pleyel dans le cadre de la société Pleyel. En 1831, il rencontre Frédéric Chopin, récemment arrivé à Paris. Chopin écrit : « Il est le seul [pianiste] dont je ne suis pas digne de délacer les souliers. »
Kalkbrenner propose de donner à Chopin une formation sur trois ans mais, sur le conseil de son ancien professeur Józef Elsner, Chopin décline. Il a cependant pris quelques cours auprès de Kalkbrenner et lui a dédié son Concerto en mi mineur. Kalkbrenner introduit Chopin auprès de Camille Pleyel qui jouera un rôle notable dans la carrière du compositeur polonais.
Giacomo Meyerbeer, de son vrai nom Jakob Liebmann Meyer Beer, est né le 5 septembre 1791 à Tasdorf, près de Berlin, au sein d’une riche famille juive. Son père, Juda Herz Beer (1769-1825) était particulièrement impliqué dans le mouvement d’émancipation et d’intégration des juifs de Prusse. Au début du XIXe siècle, les Juifs ne bénéficiaient toujours pas de la citoyenneté prussienne ; la fonction publique leur était interdite, et bon nombre d’autres métiers. Il était ainsi pratiquement impossible pour un Juif de faire carrière dans la musique sans se convertir.
Dès l’enfance, le petit Jakob est instruit par des professeurs particuliers : Franz Lauska (1764-1825), professeur de piano à la Cour qui lui donna ses premières leçons dès 1798, puis Muzio Clementi (1752-1832) et Georg Joseph Vogler (1749-1814). A l’âge de 10 ans, Meyerbeer interprète en public le oncerto pour piano en ré mineur de Mozart et acquiert très vite une réputation de pianiste brillant. De 1803 à 1807, il étudie la composition avec Carl Friedrich Zelter (qui sera aussi le professeur de Felix Mendelssohn) et achève le 12 décembre 1803 sa première sonate pour piano. Attiré par l’opéra, il devient ensuite l’élève de Bernhard Anselm Weber (1766-1821), alors chef d’orchestre de l’Opéra royal de Berlin. C’est à cette époque qu’il compose sa première œuvre scénique, le ballet-pantomime Der Fischer und das Milchmädchen, qui est créé au Théâtre royal de Berlin le 26 mars 1810.
En 1816, il se rend en Italie, où il assiste à une représentation de l’opéra Tancredi de Gioachino Rossini (1792-1868). Ce spectacle est une véritable révélation. Il compose alors des opéras (Romilda e Costanza en 1817, Semiramide riconosciuta et Emma di Resburgo en 1819, Margherita d’Anjou en 1820, L’esule di Granata en 1822 et enfin Il crociato in Egitto en 1824) qui lui assurent une notoriété non seulement en Italie mais aussi dans toute l’Europe, où il est considéré comme l’égal de Rossini. Reconnaissant envers l’Italie où il a remporté ses premiers succès, le compositeur italianise son prénom, se présentant désormais sous le nom de Giacomo Meyerbeer.
De 1825 à 1841, l’essentiel de sa carrière se déroule à Paris. Grâce au soutien de Luigi Cherubini, il débute le 18 février 1827 une fructueuse collaboration avec le librettiste Eugène Scribe. Leur première œuvre commune, Robert le Diable, est créée à l’Opéra le 21 novembre 1831 et obtient un triomphe. Meyerbeer devient membre étranger de l’Académie des Beaux-Arts de Paris et est élevé à la dignité de Chevalier de la Légion d’honneur le 19 janvier 1832.
La mort en 1840 du roi de Prusse Frédéric-Guillaume III et l’accession au trône de son fils aîné Frédéric-Guillaume IV va se révéler bénéfique pour Meyerbeer. Le nouveau roi va en effet adopter des mesures beaucoup plus libérales pour les Juifs de Prusse. Le 11 juin 1842, Frédéric-Guillaume IV nomme Meyerbeer Generalmusikdirektor (directeur général de la musique) de l’Opéra royal de Prusse et superviseur de la musique de la Cour royale. La direction de la musique sacrée est quant à elle confiée à un autre compositeur d’origine juive, mais converti au protestantisme, Felix Mendelssohn (1809-1847).
À partir de 1851, Meyerbeer va résider la plupart du temps à Berlin avec sa famille, et participer à la vie artistique particulièrement riche de la cité. Cela ne l’empêche pas de voyager régulièrement dans toute l’Europe afin d’y présenter ses œuvres.
Très fatigué par son intense activité créatrice, Meyerbeer meurt soudainement le 2 mai 1864 à Paris, alors qu’il supervise les répétitions de son dernier opéra, L’Africaine.
Tout au long de sa vie, Giacomo Meyerbeer n’a jamais renié son appartenance au judaïsme. Il commémorait les anniversaires de sa famille selon le calendrier lunaire juif et, au décès de son grand-père, survenu alors qu’il avait 20 ans, il avait fait la promesse à sa mère de vivre dans le respect des lois mosaïques. Son œuvre musicale juive est cependant minime : on ne connaît de lui que deux compositions hébraïques. La première est une œuvre de jeunesse, un Hallelujah pour chœur et orgue écrit en 1815 pour la communauté réformée de Berlin et chanté dans l’oratoire de Judah Herz Beer, le père du compositeur.
La deuxième, Ouv’noukho Yomar, résulte des travaux de Samuel Naumbourg (1817-1880), l’un des principaux réformateurs du culte israélite français au XIXe siècle. En 1846, alors que Naumbourg prépare la publication d’un recueil de chants hébraïques en deux volumes Zemirot Israel, Chants Religieux des Israélites, il demande à Meyerbeer l’autorisation d’y insérer l’une de ses compositions : Prière d’enfants, publiée initialement en 1839 pour trois voix de femmes a cappella, avant d’être traduit en allemand en 1841 sous le titre Kindergebet. Meyerbeer accepte et Naumbourg en réalise un arrangement pour chœur d’hommes et enfants sur le texte de la prière "Ouv’noukho Yomar", récitée lors de la rentrée des rouleaux de la Torah dans l’Arche Sainte pendant les offices de Chabbat et des fêtes. Ce morceau est publié à Paris en 1847 dans le second volume du recueil de Naumbourg qui comporte, au demeurant, les morceaux d’autres compositeurs tels Fromental Halévy (1799-1862) ou encore Charles-Valentin Alkan (1813-1888).
Children's Corner (littéralement « Le Coin des enfants » en anglais) L.113, est une suite de six pièces pour piano seul composée par Claude Debussy entre 1906 et 1908 et respectivement intitulées :
Doctor Gradus ad Parnassum
Jimbo's Lullaby (Berceuse des éléphants)
Serenade for the Doll (Sérénade à la poupée)
The Snow Is Dancing (La neige danse)
The Little Shepherd (Le Petit Berger)
Golliwog's Cake-Walk (La Marche de la poupée de chiffon)
Le compositeur a dédié l'œuvre à sa fille alors âgée de trois ans, Claude-Emma (1905-1919), surnommée Chouchou : « À ma très chère Chouchou… avec les tendres excuses de son père pour ce qui va suivre ».
Après la mort de Debussy, survenue le 25 mars 1918, le pianiste Alfred Cortot la jouera en présence de sa fille. Celle-ci aurait alors déclaré : « Papa s'écoutait davantage ». Elle suivra son père dans la mort un an plus tard, victime de la diphtérie.
Children's Corner a été créé le 18 décembre 1908 par le pianiste anglais Harold Bauer, devant le Cercle musical à Paris. Une orchestration en sera faite par André Caplet en 1910.
Bien que ces pièces soient souvent utilisées dans l'enseignement du piano aux jeunes enfants, leur bonne exécution réclame une excellente maîtrise technique.
La première pièce, Doctor Gradus ad Parnassum, est un pastiche de la série d'exercices pour le piano "Gradus ad Parnassum" composée par Muzio Clementi.
La dernière, Golliwog's Cake-Walk (cake-walk désigne une danse noire-américaine et golliwog une poupée noire en étoffe), est certainement la plus connue de toutes.
Johann Nepomuk Hummel (Jean-Népomucène Hummel) est un compositeur et pianiste autrichien né le à Presbourg et mort le à Weimar.
Élève de Mozart, de Haydn et de Salieri, il est considéré comme l'un des meilleurs pianistes de concert d'Europe de son temps.
Principalement reconnu pour son Concerto pour trompette écrit en 1803 et ses huit concertos pour piano qui connurent en leur temps un succès considérable, il a consacré l'essentiel de son activité à des pièces pour le piano.
En parallèle de Beethoven, dont il est le contemporain, sa musique se classe à la jonction entre le classicisme et le romantisme, dont il inspira nombre de compositeurs, comme Chopin.
Fils unique, ses parents le nomment en l'honneur du saint patron tchèque Jean Népomucène. Enfant prodige, il reçoit l'enseignement musical de son père, Johannes Hummel, musicien à l'école impériale de musique militaire de Vienne et chef d'orchestre du théâtre ainsi que du virtuose claveciniste Franz Paul Rigler.
Ensuite lorsque la famille déménage à Vienne en 1786, Hummel est présenté à Wolfgang Amadeus Mozart qui l'accepte immédiatement dans son propre domicile en tant d'étudiant pendant deux années (1786-1788). Son enseignement lui permet de donner son premier concert en public à Dresde à l'âge de seulement neuf ans. Suivant les conseils de Mozart, le père entreprend avec son fils une tournée de concerts à travers les principaux centres musicaux européens pendant quatre ans (1788-1792), ce qui fait de lui un interprète célèbre.
Hummel commence à composer pendant ses voyages notamment à Londres où sa première composition connue date de 1791.
Pendant cette série de concerts, il rencontre de prestigieux compositeurs, tels que Joseph Haydn (1791), qui, à l’issue d’un concert du jeune musicien, lui donne en remerciement une guinée. De retour à Vienne, il suit l'enseignement auprès plusieurs maîtres comme le compositeur autrichien Johann Georg Albrechtsberger, le virtuose italien Muzio Clementi et également auprès d’Antonio Salieri, qui lui apprend la composition pour le chant ainsi que l'esthétique musicale.
En 1792, le jeune Ludwig van Beethoven arrive à Vienne. On dit souvent qu’entre les deux compositeurs, il y avait une rivalité très marquée. En fait, ils sont amis, même si leurs relations connurent des hauts et des bas et que leurs partisans forment deux camps rivaux.
En 1804, à l'âge de 26 ans, Hummel devient Konzertmeister auprès du Prince Nicolas II Esterházy. Il est responsable de toutes les fonctions du poste d'Haydn, puisque celui-ci n'occupe le poste de Kapellmeister (maître de chapelle) que nominalement jusqu'à sa mort. Étant déjà l'auteur de nombreuses œuvres (plusieurs concertos, six opéras ainsi que de multiples pièces pour piano seul), il consacre cette période de sa vie à l'écriture de pièces religieuses (cinq messes). En 1811, il quitte la Cour du Prince.
En , il épouse la chanteuse viennoise Elisabeth Röckel (1793–1883), qui lui donne deux fils : Eduard (1814–1893), également musicien et Carl (1821–1907), peintre et aquafortiste. Elle l'encourage notamment à démarrer une grande tournée en Allemagne qui participe à la reconnaissance du public.
La famille déménage brièvement à Stuttgart où il occupe le poste de Kapellmeister pendant deux ans (1816-1818).
En 1819, à la demande de Marie Pavlovna, mécène musicale de la ville de Weimar, Hummel est nommé Kapellmeister au théâtre de la Cour grand-ducale où il restera jusqu'à la fin de sa vie. Il est notamment préféré au musicien Carl Maria von Weber.
Hummel atteint alors la plus grande renommée européenne. Il joue dans toute l'Europe lors de grandes tournées en Russie, Pologne et France et ses compositions sont très populaires et jouées par de nombreux interprètes.
Parallèlement à ses activités, il enseigne à de nombreux élèves comme Ferdinand Hiller.
Durant cette période, il s'intéresse à la littérature et s'en inspire pour ses dernières œuvres : il fonde une forte amitié Goethe et admire le poète Friedrich von Schiller.
En 1825, Hummel entame un voyage vers Paris. Il devient membre honoraire de la Société Académique des Enfants d'Apollon5, un groupe organisant des concerts réguliers. L'éditeur parisien Aristide Farrenc acquiert, à ce moment-là, ses droits de publication pour l'entièreté de ses œuvres futures. En 1827, il publie une méthode pour le jeu au piano "Anweisung zum Piano-Forte-Spiel" (Instructions pour le jeu du pianoforte) qui eut une importance considérable dans la première moitié du xixe siècle.
À partir de 1835, son état de santé se détériore. Ses derniers concerts sont moins suivis et son jeu pianiste est considéré comme dépassé en comparaison des grands concerts de l'école virtuose menée par Franz Liszt.
Les cures répétées dans la ville thermale de Bad Kissingen n'ont pas l'effet escompté et Hummel décède le .
Henri Jérôme Bertini (, Londres-) est un compositeur et pianiste français.
Henri Jérôme Bertini est né à Londres en 1798, mais sa famille est retournée à Paris six mois plus tard. Il a reçu sa première formation à la musique de son père et de son frère, un élève de Muzio Clementi. Il a été considéré comme un enfant prodige et à l'âge de 12 ans, son père l'a produit en Angleterre, en Hollande, dans les Flandres, et en Allemagne où il a été reçu avec enthousiasme.
Après des études de composition en Angleterre et en Écosse, il a été nommé professeur de musique à Bruxelles mais il est retourné à Paris en 1821.
On sait que Bertini s'est produit en concert avec Franz Liszt dans les salons Jean-Henri Pape le . Le programme comprenait une transcription de la main de Bertini de la Symphonie Nº 7 en la majeur de Beethoven pour huit mains (les autres pianistes étaient Sowinsky et Schuncke).
Il était aussi admiré comme interprète de musique de chambre. Il donnait des concerts avec ses amis Antoine Fontaine (violon) et Auguste Franchomme (violoncelle).
Il est resté actif dans et autour de Paris jusque vers 1848, puis il s'est retiré de la scène musicale. En 1859, il s'est installé à Meylan (près de Grenoble) où il est décédé le .
Bertini s'est souvent produit en concert mais n'était pas aussi célèbre comme virtuose que Friedrich Kalkbrenner ou Henri Herz. Un de ses contemporains décrit son jeu comme ayant la régularité et la clarté de Clementi dans les passages rapides de même que la qualité du son, la manière de phraser, et la capacité de faire chanter l'instrument caractéristiques de l'école de Hummel et de Moscheles.