Résultats de la recherche pour : Niels Gade

Œuvres complètes pour violon seul ou violon et piano de Carl Nielsen

par

Carl NIELSEN (1865-1931) : Sonates pour violon et piano n° 1 op. 9 CNW 63 et n° 2 op. 35 CNW 64 ; Prélude, Thème et Variations pour violon op. 48 CNW 46 ; Prélude et Presto pour violon op. 52 CNW 47 ; Sonate pour violon et piano CNW 62 ; Deux Romances pour violon et piano CNW 60 et 61 ; Polka pour violon CNW 44 ; « Grüss », fragment pour violon CNW 45. Hasse Borup, violon ; Andrew Staupe, piano. 2019. Livret en anglais. 88.04. Naxos 8.573870.

Bach revisité à l’orgue et à l’électronique par le duo Vernet-Meckler

par

BWV². Johann Sebastian Bach (1685-1750) : Toccata & Fugue en ré mineur BWV 565 ; Invention no 8 en fa majeur BWV 779 [arrgmt Vernet-Meckler] ; Concerto Brandebourgeois no 3 en sol majeur BWV 1048 ; Sei gegrüsset, Jesu Gütig BWV 768 [arrgmt Niels Gade] ; Prélude en ré mineur BWV 875 [Clavier bien Tempéré, arrgmt Ignaz Moscheles] ; Concerto pour deux claviers en ut majeur BWV 1061 [arrgmt Cyril Scott] ; Chaconne de la Partita en ré mineur BWV 1004 [réarrgmt Vernet-Meckler]. Swinging Bach [arrgmt Porter Heaps et Loyd Norlin]. Charles Balayer (*1957) : Bach Chat. Olivier Vernet, Cédric Meckler, synthétiseurs, orgues virtuels, orgues de la cathédrale d’Évreux, de l’église Saint Charles de Monaco, de l’église Saint-Vincent de Roquevaire. Livret en français, anglais. Septembre-octobre 2025. 79’29’’. Ligia R-999

Un week-end luxembourgeois sous le signe de la musicalité

par

Au nord-est du Luxembourg, la petite ville d’Echternach, à quelques centaines de mètres de la frontière allemande, abrite une salle polyvalente d’une qualité remarquable : le Trifolion. Lieu d’événements culturels à la programmation éclectique, il se veut avant tout un espace de mise en valeur des artistes luxembourgeois. Tout au long de l’année, plusieurs week-ends y sont consacrés à différents thématiques : EchterLive pour les musiques actuelles, Echter’World pour les musiques du monde, Echter’Jazz pour le jazz, et enfin Echter’Classic, dédié à la musique classique. Ce dernier s’est tenu les 10 et 11 octobre derniers, articulé en deux volets : les grands concerts du soir au Trifolion et une série de show cases de jeunes musiciens basés au Luxembourg, donnés dans la Salle des Glaces du Lycée Classique d’Echternach.

Les grands concerts du soir

La première soirée a réuni le vibraphoniste Pascal Schumacher et la pianiste Danae Dörken dans un programme intitulé Glass Two, où s’entremêlent les musiques de Philip Glass et de Schumacher lui-même. L’alliance du vibraphone cristallin et du piano plus dense crée un dialogue sonore fascinant : la résonance aérienne de l’un se fond dans la profondeur de l’autre. Leur interprétation, tantôt contemplative dans la répétition hypnotique des motifs, tantôt vive et contrastée par un jeu de nuances sonore très maîtrisé, capte littéralement le public. Danae Dörken, pianiste germano-grecque au tempérament lumineux, impressionne par son énergie et son sens du rythme, tandis que le Luxembourgeois Pascal Schumacher séduit par sa virtuosité et son imagination sonore. Les lumières mouvantes, aux teintes changeantes, contribuent à l’atmosphère méditative et immersive de ce concert exigeant et inspirant, où les musiciens entraînent le public dans une bulle où le temps semble suspendu.

August Enna, 85 ans

par

Enna, August (Emil), éminent compositeur danois, est né à Nakskov, le 13 mai 1859  et mort à Copenhague, le 3 août 1939.
Son grand-père, un soldat italien de l'armée napoléonienne, épousa une Allemande et s'installa au Danemark.
Enfant, Enna est emmené à Copenhague où il apprend à jouer du piano et du violon. Il reçoit un enseignement théorique sporadique et devient plus tard membre d'un orchestre itinérant avec lequel il joue en Finlande (1880).
À son retour à Copenhague, il enseigne le piano et joue pour des danseurs. En 1883, il devient directeur musical de la Werner's Theatrical Soc. et écrit sa première œuvre scénique, A Village Tale, qu'il produit la même année.
Après ces expériences pratiques, il commence à étudier sérieusement. Il prend des cours avec Schjorring (violon), Matthesson (orgue) et Rasmussen (composition) et publie bientôt un certain nombre de pièces pour piano, qui attirent l'attention de Niels Gade, qui use de son influence pour obtenir une bourse de voyage pour Enna.
Enna peut ainsi étudier en Allemagne (1888-89) et acquérir une maîtrise complète de l'écriture instrumentale et vocale. Il suit l'école romantique allemande, influencé principalement par le type d'opéra de Weber, et par Grieg et Gade dans l'utilisation de la couleur locale.
Le premier produit de cette période est son œuvre la plus réussie, l'opéra Heksen (La Sorcière), produit à Copenhague (24 janvier 1892), puis en Allemagne.

Louis Théodore Gouvy, 205 ans

par

Louis Théodore Gouvy est un compositeur français, né à Goffontaine (un quartier de Sarrebruck en Allemagne) le  et mort à Leipzig le . Il est enterré à Hombourg-Haut en Lorraine.

Né dans une famille francophone en Sarre peu après qu'elle est devenue prussienne en 1815 à la suite de la bataille de Waterloo et du traité de Paris, Gouvy est prussien de naissance alors que deux de ses frères aînés (nés à Goffontaine, antérieurement encore en France) sont français. Il est scolarisé au collège de Sarreguemines, puis au lycée de Metz.

Il étudie le droit puis la musique à Paris. Le Conservatoire de Paris lui demeurant fermé en raison de sa nationalité prussienne, il suit des cours privés avec Antoine Elwart et Pierre-Joseph Zimmerman. Il se perfectionne également au contact des musiciens de Francfort, Leipzig et Berlin, où il rencontre entre autres Franz Liszt. Il séjourne ensuite à Rome où il fréquente un cercle de musiciens parmi lesquels Karl Anton Eckert, Eduard Franck et Niels Gade. Il n'accède à la citoyenneté française par naturalisation qu'à 32 ans.

Hector Berlioz écrit dans le Journal des Débats du  : « Qu'un musicien de l'importance de M. Gouvy soit encore si peu connu à Paris, et que tant de moucherons importunent le public de leur obstiné bourdonnement, c'est de quoi confondre et indigner les esprits naïfs qui croient encore à la raison et à la justice de nos mœurs musicales. »

Mais Berlioz n'y change rien et Gouvy reste largement ignoré jusqu'à la fin du XXe siècle. C'est toute l'action entreprise dans sa région, la Lorraine, et la redécouverte de son Requiem, avec son vigoureux Dies iræ, qui le fait sortir à nouveau de l'ombre en 1994.

Gouvy obtient le prix Chartier de l'Institut (1875), devient correspondant de l'Académie des beaux-arts en France (1894) puis membre de l'Académie royale de Berlin (1895). Il est également membre fondateur de la Société nationale de musique. Bien que résident en Allemagne après le Traité de Francfort par lequel l'Alsace-Lorraine est annexée à l'Empire allemand, Théodore Gouvy est nommé chevalier de la Légion d'honneur en 1876.

L'œuvre de Gouvy demeure largement méconnue bien qu'elle comporte plus de 300 compositions, dont 90 opus publiés de son vivant. Il a notamment écrit 25 compositions pour grand orchestre dont neuf symphonies, des ouvertures et des variations. La musique de chambre occupe également une place importante dans sa production musicale avec notamment quatre sonates en duo, cinq trios avec piano, onze quatuors, sept quintettes, un énorme répertoire pour piano  -à deux et quatre mains et pour deux pianos- , plusieurs partitions pour ensembles à vent, ainsi que de très nombreuses mélodies et des Lieder. On connaît aussi cinq grandes cantates dramatiques - Aslega, Œdipe à Colone, Iphigénie en Tauride, Électre et Polyxène-, deux opéras -Le Cid et Mateo Falcone- ainsi que des grandes œuvres religieuses, dont un Requiem, un Stabat Mater, une Messe brève et la cantate Golgotha.

Les œuvres sans numéro d'opus sont inédites.

August Enna,165 ans

par

Enna, August (Emil), éminent compositeur danois, est né à Nakskov, le 13 mai 1859  et mort à Copenhague, le 3 août 1939. Son grand-père, un soldat italien de l'armée napoléonienne, épousa une Allemande et s'installa au Danemark. Enfant, Enna est emmené à Copenhague, où il apprend à jouer du piano et du violon. Il reçoit un enseignement théorique sporadique et devient plus tard membre d'un orchestre itinérant avec lequel il joue en Finlande (1880).
À son retour à Copenhague, il enseigne le piano et joue pour des danseurs. En 1883, il devient directeur musical de la Werner's Theatrical Soc. et écrit sa première œuvre scénique, A Village Tale, qu'il produit la même année. Après ces expériences pratiques, il commence à étudier sérieusement. Il prend des cours avec Schjorring (violon), Matthesson (orgue) et Rasmussen (composition) et publie bientôt un certain nombre de pièces pour piano, qui attirent l'attention de Niels Gade, qui use de son influence pour obtenir une bourse de voyage pour Enna.
Enna peut ainsi étudier en Allemagne (1888-89) et acquérir une maîtrise complète de l'écriture instrumentale et vocale. Il suit l'école romantique allemande, influencé principalement par le type d'opéra de Weber, et par Grieg et Gade dans l'utilisation de la couleur locale.
Le premier produit de cette période est son œuvre la plus réussie, l'opéra Heksen (La Sorcière), produit à Copenhague (24 janvier 1892), puis en Allemagne.

 

 

 

 

 

Joachim Andersen, 115 ans

par

Carl Joachim Andersen est un flûtiste, chef d'orchestre et compositeur danois né le  à Copenhague et mort le  à Bagsværd. Il fut cofondateur de l'Orchestre Philharmonique de Berlin.

Carl Joachim Andersen apprend la flûte, en même temps que son jeune frère Viggo, auprès de son père, le flûtiste Christian Joachim Andersen. Encore enfant il joue avec succès au théâtre du Casino accompagné par le jeune harpiste Frantz Pønitz. Dès l'âge de treize ans et jusqu'en 1868, il est première flûte dans l'orchestre de Niels Gade à Copenhague.

En 1869 il entre à l'Orchestre Royal du Danemark mais il en démissionne après une année de congé en 1878. Rêvant de grands défis il part à l'étranger. Sa première halte est à Saint-Pétersbourg (1878-1880) où il intègre l'Orchestre Philharmonique. Il se rend ensuite à Berlin où il est engagé comme flûte solo dans l'orchestre de Benjamin Bilse en même temps qu'à l'Opéra Royal allemand.

En 1882 il fonde l'Orchestre Philharmonique de Berlin avec Ludwig von Brenner et cinquante-deux autres musiciens dissidents de l'orchestre de Bilse. Tout en continuant son métier de flûtiste, il commence à diriger. Il est notamment durant huit saisons le chef de l'un des deux concerts d'été quotidiens à Scheveningen.

Malade de la syphilis, en 1893 il est contraint de quitter son emploi à cause d'une paralysie de la langue et retourne à Copenhague où il travaille comme compositeur. Il compose notamment, parmi de nombreuses autres pièces, la musique des concerts pour les Jardins de Tivoli.
Il fonde en 1897 une école d'orchestre qu'il dirige et où il est professeur de direction jusqu'à sa mort. En 1905 il est décoré par le roi Christian IX du Danemark de l'Ordre de Dannebrog. Il meurt le  à Bagsværd

À la fois comme virtuose et compositeur pour la flûte il est considéré comme l'un des meilleurs de son temps. Il fut un chef solide et son exigence lui permit d'atteindre avec ses orchestres un niveau élevé. Son style lui valut d'être surnommé « le Chopin de la flûte »

Louis Glass, 160 ans

par

Louis Christian August Glass (23 mars 1864 - 22 janvier 1936) était un compositeur danois.

Né à Copenhague, Glass était un contemporain presque exact de Carl Nielsen et, comme ce dernier, il fut l'élève de Niels Gade. Cependant, Glass a également étudié au Conservatoire de Bruxelles, où il s'est épris de la musique de César Franck et d'Anton Bruckner, qui ont tous deux influencé son style.
Pendant plusieurs années, il a été l'un des principaux pianistes de concert du Danemark, jusqu'à ce qu'une paralysie d'un bras l'oblige à se retirer de la scène.

Il se consacre alors principalement à la composition. Il a composé dans la plupart des genres et a écrit plusieurs œuvres de musique de chambre de grande valeur, dont quatre quatuors à cordes, un sextuor à cordes, un trio avec piano, un quintette avec piano et plusieurs sonates instrumentales.

Il a écrit six symphonies (1893-1926), qui ont été enregistrées sous les labels Danacord et CPO, tandis que certaines œuvres de musique de chambre ont été enregistrées sous le label Da Capo.

Glass est décédé à Copenhague.

Quasi-intégrale de l’œuvre d’orgue du compositeur romantique néerlandais J.A. van Eyken

par

Jan Albert van Eyken (1823-1868) : Sonates no 1 en ut mineur Op. 13, no 2 en ré mineur Op. 15, no 3 en la mineur Op. 25. Toccata & Fuga über B.A.C.H. Op. 38. Préludes de choral Nun ruhen alle Wälder ; Rust mijn ziel! Uw God is Koning. Six Variations et Finale sur Wien Neêrlands bloed Op. 7. Robert Schumann (1810-1856) : Abendlied Op. 85 [arrgmt]. Ute Gremmel-Geuchen, orgue de l’église Sint Gertrudis de Bergen op Zoom. Livret en allemand, anglais. Mai 2022. TT 80’20. SACD Aeolus AE-11371

Rued Langgaard, 130 ans

par

Rued Langgaard, né Rud Immanuel Langgaard le  à Copenhague et mort le  à Ribe (Danemark), est un compositeur, organiste et chef d'orchestre danois.
En 1932, Langgaard modifie « Rud » qui devient « Rued » pour éviter que le public ne croie que Rud est le diminutif de Rudolf.

N'appartenant à aucune école, Rued Langgaard est un personnage étrange et son œuvre l'est aussi. Solitaire et idéaliste, il est en décalage avec son temps. Dans sa jeunesse il a composé avec un demi-siècle d'avance et dans sa maturité avec cinquante ou soixante-quinze ans de retard, ce qui lui a valu d'être mis à l'écart par le milieu musical et artistique de son pays.

Si son style est plein d'anachronismes, l'œuvre est pleine de bizarreries et d’imprévisibilité ; ce qui rend la musique de Langgaard déroutante, car elle met à mal l'évolution de la musique du xxe siècle : il va en effet du pastiche romantique impersonnel, au modernisme expressif et annonce par certains côtés «l'avant-garde des années 1960, le collage des années 1970 et même des phénomènes ultérieurs comme le minimalisme et la musique New Age.» Après avoir découvert sa musique -sa sublime Harmonie des sphères en 1968-, György Ligeti affirma qu'il était un épigone de Langgaard. Ce qui ne manque pas d'interroger et incite à tendre l'oreille.

Marqué par le symbolisme -déjà cultivé par son père-, pour Langgaard, homme tourmenté et hypersensible, la musique est avant tout moyen d'accéder à un royaume dissimulé sous le voile des apparences. On trouve chez Rued Langgaard de nombreuses connexions avec des musiciens aussi dissemblables que Scriabine (1871-1915), Messiaen (1908-1992) ou Arvo Pärt (1935), chez lesquels à l'instar de Langgaard, chaque œuvre musicale est en soi un programme religieux.

Seule une moitié de ses œuvres fut jouée de son vivant et le plus souvent jamais rejouée par la suite ; il fallut attendre 1968 pour que soit donnée L’Harmonie des Sphères (créée en 1922), et ainsi lancé un retour en grâce.

Rued Langgaard naît dans une famille musicienne. Fils unique de Siegfried Langgaard (1852-1914), qui jouit d'une bonne réputation en tant que professeur de piano au conservatoire, élève de Liszt, membre de l'Orchestre royal, compositeur et philosophe (de la musique) dans une ligne théosophique. Sa mère, Emma Foss (1861-1926), est également pianiste. Il s'initie dès cinq ans au piano avec ses parents. À sept ans, il joue les Davidsbündlertänze de Robert Schumann et les Mazurkas de Chopin. Ses premières pièces pour piano datent de 1901. Outre la musique, il est doué aussi pour la peinture, le dessin et la littérature, écrivant de petites histoires.

Il prend ensuite des leçons de violon avec un musicien de l'Orchestre royal, Chr. Petersen, mais surtout, dès ses dix ans, des cours d'orgue avec Gustav Helsted, l'organiste de la Jesuskirken de Valby, à Copenhague, et commence l'étude sérieuse de la composition. Il reçoit de son père ses conseils en écriture, mais restera autodidacte pour l'essentiel en la matière. Il étudie la théorie de la musique avec C. F. E. Horneman à l'Académie de musique, puis avec Vilhelm Rosenberg et pendant un mois, prend quelques leçons de contrepoint avec Carl Nielsen.

En 1905, il se produit à l'orgue de la Frederikskirken de Copenhague pour la première fois, dans une improvisation, l'interprétation d'une passacaille de Frescobaldi et une pièce de Guilmant. Dans le public se trouvait Edvard Grieg.

En 1910 est jouée sa première œuvre pour chœur et orchestre, Musae triumphantes, mais la critique est négative ou sceptique, ce qui donne le ton de ce que sera le reste de la carrière du compositeur, le public se montrant surtout indifférent. En 1912, il est nommé assistant organiste à la Frederikskirken. Malgré ses talents et de nombreux essais pour postuler à d'autres emplois les années suivantes, Langgaard n'en obtiendra aucun.

En 1911, à dix-sept ans, il termine sa première symphonie d'une durée importante d'une heure et dont les premières esquisses remontent à l'été 1908. Constatant qu'il est impossible de jouer l'œuvre au Danemark les parents de Langgaard prennent des contacts lors de plusieurs séjours à Berlin, auprès de Arthur Nikisch et Max Fiedler. La symphonie est finalement créée le  par l'Orchestre Philharmonique de Berlin sous la direction de Fiedler, au sein d'un concert entièrement consacré au jeune compositeur. Sphinx (1909-13) et Preludio patetico (1913) pour orgue y sont joués avant la symphonie. La critique est élogieuse, mais la guerre empêche l'artiste de capitaliser sur ce premier succès allemand. Malgré ses talents précoces et indéniables, Langgaard ne sera jamais reconnu de son vivant comme un compositeur majeur de son pays- contrairement à son aîné et compatriote Carl Nielsen.

L'œuvre est construite sur un schéma à programme en cinq mouvements issus de la Pastorale de Beethoven et de la Fantastique de Berlioz. Le Finale est terminé dès 1909 et prendra le titre définitif de Mountain Ascent seulement dans les années 1940. Le deuxième mouvement, Fleurs des montagnes provient à l'origine d'un morceau pour trio avec piano et le troisième mouvement, Légende, d'une pièce d'orchestre indépendante. Contrairement aux autres œuvres, cette symphonie n'a jamais été retouchée postérieurement.

Des partitions de Langgaard sont publiées à Copenhague, en partie grâce au soutien financier du père de Rued6, chez l'éditeur Wilhelm Hansen – qui publie les grands compositeurs du pays : GadeHartmann et Nielsen.

Durant l'été 1913, lors d'un séjour à Kullen ou Kullaberg, dans la province de Blekinge au sud-est de la Suède, il tombe amoureux de Dora. Il passe dès 1898, vingt-six de ses vacances d'été dans cette petite ville, et s'en inspire pour certaines de ses œuvres (Symphonie no 1). L'année suivante, Siegfried Langgaard, son père, meurt. Il se produit pour la première fois à la tête d'un orchestre pour y diriger une de ses œuvres à Copenhague. En 1915, il est en proie à une crise mentale qui l'oblige à séjourner dans un sanatorium à Tyringe.

Les œuvres de l'époque comme la Sinfonia interna (1915-16), la Sfærernes Musik [L'Harmonie des sphères] (1916-18), pour soprano, chœurs et deux orchestres, une œuvre majeure, ou la Sixième Symphonie (1919-20), sont presque toutes privées de représentation. En revanche le public allemand ou autrichien est plus réceptif. Notamment à Karlsruhe où, au début des années 1920, sont créées ces deux œuvres. Mais là aussi, les concerts sont vite oubliés.

Le rêve, Sinfonia interna

Cette « symphonie » est un projet qui occupe Langgaard pendant trente ans. De 1915 à 1944, il transforme l'œuvre, la remanie, en bouleverse les éléments – nous n'en possédons pas la version originale qui est perdue. À l'origine, il s'agit de sa Quatrième symphonie, conçue pour la scène, une sorte de drame religieux. En 1923, il ajoute un mouvement intitulé L’Étoile de l'Est, encore modifié en 1927. En 1937, il recompose l’Angelus, auquel en 1944, il ajoute une introduction. L'année suivante, il remanie le mouvement intitulé L'Ile de lumière et la symphonie prend son nom définitif : Le rêve (Sinfonia interna).

Sfærernes Musik

Le musicologue Bendt Viinholt Nielsen considère l'œuvre comme « une des compositions danoises les plus originales de la première moitié de ce siècle3 ». Elle est composée dans les années 1916 à 1918, publiée et jouée deux fois en Allemagne en 1921 et 1922, sous la direction du compositeur. L'effectif est important et comprend orchestre, soprano, chœur, orgue, piano ouvert (le pianiste accède aux cordes pour jouer des glissandos) et une partie de l'orchestre éloigné, élargissent la perspective spatiale. Malgré tout, le ton est tout en douceur. Il disait lui-même à son propos :

« Dans L’Harmonie des sphères, j’ai complètement abandonné tout ce qu’on entend par thèmes, cohérence, forme et continuité. C’est une musique que voilent les brumes noires et impénétrables de la mort. »

— Rued Langgaard8

Le compositeur a placé un texte énigmatique en épigraphe : « La musique céleste et terrestre d’accords incandescents que joue la vie avec des griffes de bête prédatrice – une couronne d’iris ceignant son visage de marbre qui arbore un sourire stéréotypé – bien que vivant –, démoniaque et semblable au lis. » L'œuvre s'achève sur un cluster de neuf notes.

Antikrist, 1923[modifier | modifier le code]

En 1923, après deux ans de travail, il termine son opéra Antichrist, destiné au Théâtre royal (Der Kongelige Teater). Le livret, considéré comme « inapproprié », sera rejeté ; tout comme la version révisée de 1926–1930. Le compositeur a retravaillé le texte, supprimé des parties et ajouté de nouvelles pages à sa partition, dont beaucoup avec un titre évocateur. Néanmoins, seul le prologue fut joué.

Dans sa présentation de l'unique opéra du compositeur, le musicologue Bendt Viinholt Nielsen synthétise de deux phrases le sujet de l'œuvre de Langgaard : « L’Antéchrist, est un opéra philosophique et religieux qui traite du déclin et de la ruine de la civilisation européenne : plus généralement, il représente une critique de la mentalité et du style de vie modernes. C'est une prophétie de l'anéantissement et un avertissement contre l'égoïsme, l’arrogance et l'absence de valeurs spirituelles. » Langgaard lui-même résumait dans une interview qu'« Antichrist symbolise certaines des questions les plus profondes de notre temps9. » La partition porte un sous-titre : Opéra d'Église et Scènes du Jugement Dernier. « Église » au sens de religieux et non pas au sens du lieu de culte.

Langgaard est l'auteur du livret, mais ses inspirations sont : Antikrist, poème dramatique de P.E. Benzon10, ouvrage paru en 1907 ; Le Livre du Jugement dernier [Dommedags Bog] d'Ernesto Dalgas légèrement antérieur, 1903, ainsi qu'un recueil de poèmes de TagoreGitanjali, dont la traduction en danois parut en 1913. Il emprunte aussi à la Bible, notamment au Cantique des Cantiques, et aux Épîtres de Jean, Matthieu, ch. 24 et bien sûr à l'Apocalypse de Jean, ch. 131.

Le sujet comme la musique de l'opéra connaissent plusieurs métamorphoses dans des œuvres conformes au format du concert. En 1944, il propose Afgrundsfyrsten [Prince de la fosse], tente de nouveau de faire représenter ses visions apocalyptiques au Théâtre royal, mais se heurte au même refus.

En 1927, Langgaard épouse Constance Tetens (Valborg Constance Olivia Tetens), rencontrée quatre ans plus tôt. L'année suivante, il dirige sa première symphonie, jouée à Copenhague pour la première fois. La critique n'y voit que l'influence de Tchaïkovski et Wagner et la traite de vieillerie.

En 1930, sa Quatrième symphonie est donnée à la radio dans le cadre d'une série d'exécutions consacrée aux compositeurs danois contemporains, sous la direction de Launy Grøndahl (1886–1960). Les années suivantes, Langgaard sera joué exclusivement grâce à la radio.

À partir de 1935, il compose une immense œuvre pour orgue, Messis, articulée en trois parties et un postlude, le tout d'une durée approchant les deux heures. Il en révisa encore la partition durant les deux dernières années de sa vie.

Ribe, 1940[modifier | modifier le code]

photo : Langgaard en 1951
Rued Langgaard en , devant la cathédrale de Ribe.

En 1940, à l'âge de 46 ans, il décroche enfin un poste d'organiste permanent et devient cantor de la cathédrale de Ribe, petite ville de province du sud Jutland, à l'ouest du pays, où il s'installe avec sa femme Constance. Il y est bientôt considéré comme un excentrique, habillé de pantalons trop courts, ayant les cheveux longs sous un chapeau à large bord. Cette apparence explique en partie son incapacité chronique à se vendre et surtout à produire sa musique. L'autre raison, outre qu'« il était la proie de phobies et souffrait d'introversion11 », plus profonde, étant qu'il était un artiste intransigeant, refusant l'esprit l'anti-romantique qui prévaut entre les deux guerres au Danemark ; et à Ribe, il refusait toute ingérence dans son travail musical, ce qui ne manqua pas de créer des conflits. Langgaard avait une conception religieuse idéaliste et noble de l’artiste, étrangère à la mentalité danoise12, plutôt réaliste.

À Ribe — dans une situation on ne peut plus éloignée du centre musical de la capitale —, après une période peu productive et se sentant inutile sur le plan artistique2, il se remet à composer avec intensité. Ses huit dernières symphonies sont écrites dans cette ville.

Il meurt à l'hôpital de Ribe dans la nuit du 9 au , des suites d'une maladie.

L'œuvre de Rued Langgaard est virtuellement oubliée jusqu'à la fin des années 1960. Sa Musique des sphères (1918), fut redonnée en 1968. Elle inaugure la redécouverte d'un compositeur, dans la vague des redécouvertes des derniers romantiques tels Bruckner ou Mahler. Le disque permet aujourd'hui de découvrir ses partitions, au-delà des frontières de son pays. Sous le patronage musicologique de Bendt Viinholt Nielsen, les œuvres encore manuscrites sont systématiquement publiées, rendant possible la diffusion plus large d'un compositeur important.

Style[modifier | modifier le code]

Le style de la musique de Langgaard est d'abord celui d'un romantique tardif influencé en particulier par Robert SchumannGade et Tchaïkovski, mais surtout par Richard Wagner et Richard Strauss, dont il partage les talents d'orchestrateur ; ajoutons le premier SchoenbergDebussy et Carl Nielsen ensuite. Son langage est optimiste. Il cherche à évoquer l'harmonie entre nature et âme humaine. Il est aussi marqué par le symbolisme, qui évoque Scriabine.

Avec la Quatrième Symphonie de 1916, on détecte un premier tournant artistique, qualifié par l'apparition de dissonances et une expressivité plus marquée qu'on pourrait nommer « période moderniste ». Par exemple dans Insektarium (1917), pour piano, il demande à l'interprète de frapper sur le bois du piano ou de toucher les cordes avec les doigts, procédé qu'il utilise aussi dans Sfærernes Musik (1918). Dans le second Quatuor à cordes (1918), il figure une locomotive par une musique mécanique.

Alors que son concitoyen Nielsen prône la simplicité et le réalisme, Langgaard parle en terme d'esprit divin11. On ne peut trouver natures plus opposées. Ses relations ambivalentes avec Nielsen trouvent artistiquement un écho dans la Symphonie no 6, sous titrée Ravissement, qui est une sorte de pendant à « L'Inextinguible13 » (Quatrième Symphonie de 1916) de son compatriote. Le langage de certains passages évoque aussi des œuvres postérieures d'Hindemith.

En 1924, avec le Quatuor à Cordes no 3, un changement radical s'effectue. Langgaard regarde vers le passé et notamment son compatriote Niels Gade (1817-1890), le plus grand compositeur danois de l'ère romantique, recherchant une pureté classique, « tel un marbre grec » dit Bendt Viinholt Nielsen1. Mais le déroutant Langgaard écrit l'année suivante un cinquième quatuor à l'esthétique totalement différente.

Le cas des symphonies

Parmi les seize symphonies, dont la composition s'étale de 1908 à 1951, il est impossible de tirer clairement une continuité du premier opus au dernier. Il y a trop de ruptures ou des changements radicaux de modèles. Si la première dure une heure, la onzième est expédiée en six minutes. Cependant, on retrouve dans ces œuvres d'orchestre, l'articulation des préoccupations esthétiques. Il cherche des formes nouvelles, sans renoncer à l'esprit esthétique du siècle passé. De la Première à la Sixième (1920) son style est post-romantique, et moderniste dès la Quatrième. Si la Troisième est finalement un concerto pour piano, elle est aussi comme les 2, 8, 14 et 15 dotée d'éléments vocaux (voix soliste ou chœur). On peut trouver aussi des parentés certaines entre deux numéros successifs : les 3 et 4, les 6 et 7 et enfin les 10 et 11, partagent deux à deux un matériel conceptuel comparable.

Après la Huitième symphonie (1928), une interruption d'une quinzaine d'années s'écoule, où il retourne aux claviers ou révise ses premières partitions et celles de son père. Il ne compose sa Neuvième qu'en 1942 après son engagement à Ribe qui lui donne le confort et le calme, pour s'engager dans de vastes travaux de composition.

Avec les Onzième (1945) et Douzième symphonies (1946), il porte à l'absurde le concept du genre, en réduisant le développement au minimum : jouées ensemble, elles n'occupent qu'un quart d'heure.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Langgaard est l'auteur de 431 œuvres. Ses domaines sont variés : pièces pour piano (dont des sonates), pour orgue (dont de nombreux préludes) ; musique de chambre (dont six quatuors à cordes, six sonates pour violon et piano) ; des œuvres concertantes ; seize symphonies ; un opéra ; et 150 œuvres vocales dont des mélodies, notamment pour voix et piano, et des pièces pour chœur a cappella ou avec orchestre.

Le catalogue des œuvres a été dressé au début des années 1990 par le musicologue danois Bendt Viinholt Nielsen14 au moment du centenaire de la naissance du musicien. Le numéro, précédé de BVN, y fait référence.

Certaines des compositions de Rued Langgaard furent fondées sur des pièces inachevées ou retravaillées de son père Siegfried Langgaard, par exemple le concerto pour piano "Fra Arild" (De Arild) de 1938, basé sur le second concerto pour piano inachevé de son père.

Constance Langgaard, la veuve du musicien, légua les archives en sa possession, dont les partitions, à la bibliothèque royale de Copenhague en 1969.