La Turangalîla-Symphonie est une œuvre pour orchestre et deux instruments solistes, composée par Olivier Messiaen entre 1946 et 1948, commandée en 1945 par Serge Koussevitzky.
La création mondiale a eu lieu le 2 décembre 1949, par l'Orchestre Symphonique de Boston, sous la direction de Leonard Bernstein, avec Yvonne Loriod au piano solo et Ginette Martenot aux ondes Martenot.
La création française a eu lieu à Aix-en-Provence sous la conduite de Roger Désormière, dirigeant l'Orchestre National de France, le 25 juillet 1950.
Des canyons aux étoiles est la partition orchestrale la plus vaste et monumentale d'Olivier Messiaen par son programme et par sa durée supérieure à l'heure et demie. Cette musique minérale, suggestive et granitique s'impose comme l'un des sommets de l'œuvre du compositeur français.
Commandée pour les célébrations du bicentenaire des Etats-Unis (1776), la pièce, composée entre 1971 et 1974, est créée à New York en 1974. Pour s'imprégner du climat américain, Messiaen visite le site de Bruce Canyon dans l'Utah d'où ce titre. Cette œuvre présente, comme toujours chez Messiaen, une référence religieuse, ainsi l'âme doit s'élever des canyons aux étoiles, et même plus haut par une glorification de Dieu dans toutes ses créations terrestres et spirituelles. Mais au-delà ces allusions, Des canyons aux étoiles se veut aussi une œuvre « géologique, astronomique » et une « partition couleur » qui reprend toutes les teintes de l'arc-en-ciel et des roches des Grands canyons. La partition utilise des chants d'oiseaux, particulièrement ceux de l'Utah et des îles Hawaï.
La partition se décompose en douze pièces groupées en trois parties. La première partie s'ouvre par Le désert, pièce brève d'introduction, elle est marquée par une ouverture et une conclusion confiée au cor ; la partie centrale présente plusieurs chants d'oiseaux dont celui du sirli du désert. La section suivante se nomme Les orioles, du nom des loriots de l'ouest américain. Les volatiles sont rendus par de magnifiques effets de timbres et d'harmonie. « Ce qui est écrit sur les étoiles » est de forme cyclique avec un passage virtuose fondé sur des chants des oiseaux japonais et américains. Une partie de piano seul, très développée et suggestive, est au cœur du Cossyphe d'Heuglin du nom d'un oiseau d'Afrique du sud. Cedar Breaks et le Don de Crainte est l'alliance d'un hommage au Cedar Breaks, l'un des sites les plus impressionnants de l'Utah et du « Don de Crainte », l'un des sept dons de l'esprit. L'orchestre utilisé dans son entier, avec même une machine à vent, est ici d'un grand raffinement.
La seconde partie s'ouvre par L'appel interstellaire confié au cor solo qui doit ici dépasser les limites de virtuosité. Partition redoutable, souvent imposée lors des concours de recrutement des orchestres, L'appel interstellaire reste confiné, sur décision du compositeur, aux exécutions intégrales des Canyons, en dépit du souhait de nombreux cornistes d'étoffer leur répertoire de concert soliste. Bryce Canyon et les rochers rouges orange, d'une durée d'un quart d'heure, est la plus longue section de la pièce. L'orchestration qui fait la part belle aux vents et aux cuivres, tend à rendre toutes les facettes de ce paysage merveilleux.
La troisième partie, introduite par Les ressuscités et le chant de l'étoile Aldébaran, est un mouvement lent aux teintes translucides qui cite le chant de quatre oiseaux. Le moqueur polyglotte est un oiseau américain au chant particulièrement véloce, bien rendu ici par la partie de piano. Un ton lumineux et ensoleillé caractérise la grive des bois, s'ouvre sur Omao, Leiothrix, Elepaio, Sham, quatre oiseaux de tous les continents. Dans ces deux parties, les cuivres, et surtout les cors, sont particulièrement sollicités. La partition se clôt par Zion Park et la Cité céleste où ce site géographique est comparé à la Jérusalem céleste. Des chorals de cuivres, des chants d'oiseaux et un carillon ouvrent ainsi la partition sur le paradis.
Ce grand succès valut au compositeur un hommage inédit : une montagne de l'Utah est baptisée, en 1977, Mont Messiaen.
Couleurs de la Cité céleste est une œuvre pour piano, ensemble à vent et percussion de 1963, créée le 17 octobre 1964 à Donaueschingen en Allemagne. Elle fait référence à l'Apocalypse où est évoquée la cité aux murailles multicolore, ornée de pierres précieuses. Messiaen y use de seize chants d'oiseaux de différentes régions du monde qui permettent au compositeur de symboliser les visions qu'il avait de l'Apocalypse : « extraordinaire, extravagantes, surréalistes et terrifiantes ». L'œuvre se positionne entre les Sept haïkaï de l'année précédente et Et exspecto resurrectionem mortuorum pour orchestre, l'année suivante.
La pièce est composée en 1963 sur commande du musicologue Heinrich Strobel, alors directeur des services musicaux du Südwestfunk de Baden-Baden et responsable artistique du festival de Donaueschingen. Les spécifications imposent au musicien un effectif particulier : trois trombones et trois xylophones. Dès le 19 juillet, Messiaen note les premières esquisses de la partition (chiffres 5 — Alleluia — et 58 à 61). En fait le compositeur avait noté, trois ans plus tôt, en septembre 1960, l'idée d'une nouvelle œuvre fondée sur le dernier chapitre de l'Apocalypse où est décrite la muraille multicolore : « La muraille était construite de jaspe… ». La première impulsion semble née juste avant la composition du Verset pour la fête de la Dédicace, dont l'une des mélodies se retrouve dans les Couleurs.
En 1963, Messiaen retourne à l'inspiration religieuse par une œuvre pour orchestre, majeure, après de nombreuses années d'absence (L'Ascension, 1933) et sur un thème récurrent chez lui : l'Apocalypse. La commande de Strobel lui offre l'occasion de concrétiser le projet né en 1960. Le compositeur précise même que :
« Les couleurs sont les raisons d'être de l'œuvre. […] Et si vous voyez l’Apocalypse revenir, c'est bien comme incitation à la couleur, comme source de couleurs. »
Couleurs de la Cité céleste est créée avec Yvonne Loriod au piano et l'Ensemble du Domaine musical, sous la direction de Pierre Boulez et repris à Paris dans le cadre des concerts du Domaine musical, le 16 décembre.
Outre le piano en soliste, l'orchestre se compose de trois clarinettes, deux cors en fa, une trompette piccolo en ré, trois trompettes, trois trombones, un trombone basse, trois percussionnistes, une marimba, un xylophone, une xylorimba.
Selon Geneviève Mathon, l'œuvre s'articule autour de cinq éléments : les chants d'oiseaux, les thèmes de plain-chant, les thèmes des couleurs, les thèmes rythmiques et les figurations de l'Apocalypse.
Catalogue d'oiseaux est une œuvre pour piano constituée de treize pièces, composée entre octobre 1956 et septembre 1958 et dédiée aux oiseaux et à Yvonne Loriod.
L'œuvre a été créée par Yvonne Loriod le 15 avril 1959 à Paris, salle Gaveau, dans le cadre des concerts du Domaine musical organisés par Pierre Boulez.
Pour ces pièces, dont chacune porte le nom d'un oiseau, Messiaen n'a pas voulu se limiter à l'évocation des oiseaux. Il précise : « Chaque pièce est écrite en l'honneur d'une province française. Elle porte en titre le nom de l'oiseau-type de la région choisie. Il n'est pas seul : ses voisins d'habitat l'entourent et chantent aussi (...) -son paysage, les heures du jour et de la nuit qui changent ce paysage, sont également présents, avec leurs couleurs, leur températures, la magie de leurs parfums. »
Livre 1 (30’)
Le Chocard des Alpes (9’)
Le Loriot (8’)
Le Merle Bleu (13’)
Livre 2 (14’)
Le Traquet stapazin (14’)
Livre 3 (16’)
La Chouette hulotte (8’)
L’Alouette Lulu (8’)
Livre 4 (28’)
La Rousserolle effarvatte (28’)
Livre 5 (17’)
L’Alouette calandrelle (5’)
La Bouscarle (12’)
Livre 6 (17’)
Le Merle de Roche (17’)
Livre 7 (28’)
La Buse variable (10’)
Le Traquet rieur (7’)
Le Courlis cendré (11’)
Compositeur, organiste et pianiste, Olivier Messiaen est né le à Avignon et mort le à Clichy (Hauts-de-Seine).
Son œuvre trouve ses sources dans une profonde ferveur catholique, un goût prononcé pour le plain-chant médiéval, la science du chant des oiseaux, les rythmes indiens (Taal) ainsi que grecs. L'Ascension de 1933, le Quatuor pour la fin du Temps de 1940, les Vingt Regards sur l'Enfant-Jésus de 1944, la Turangalîla-Symphonie de 1946-48, l'opéra Saint François d'Assise et la Messe de la Pentecôte, entre autres œuvres majeures, ont contribué à faire d'Olivier Messiaen l'un des compositeurs les plus influents de la musique contemporaine de la seconde moitié du xxe siècle.
Son enseignement au Conservatoire national supérieur de musique de Paris a également contribué à sa notoriété internationale, notamment par le nombre des élèves qu'il forme et influence.
Olivier Eugène Prosper Charles Messiaen est le premier enfant de Pierre Messiaen (1883-1957), professeur d'anglais et intellectuel catholique, et de la poétesse Cécile Sauvage (1883-1927).
Un second enfant naît de cette union, Alain (1913-1990), qui deviendra poète, à l'instar de sa mère. Olivier Messiaen est profondément influencé par les poèmes de sa mère, notamment un recueil intitulé L'Âme en bourgeon ainsi que par les œuvres de William Shakespeare que traduit son père et dont les histoires fantastiques, merveilleuses et sombres le fascinent.
Plus tard, le compositeur affirme que, des pièces du grand dramaturge anglais, « J'aimais plus que toute autre Macbeth (pour les sorcières et le spectre de Banquo), aussi bien que Puck et Ariel. »
En 1914 son père est mobilisé et sa mère emmène les deux jeunes garçons à Grenoble pour vivre avec leur oncle. Le jeune Olivier Messiaen met en scène Shakespeare devant son petit frère, dans des décors faits maison à partir de cellophane peinte à l’aquarelle et collée sur des vitres. À cette époque, il acquiert une foi catholique qui ne le quittera plus. Il composera la plupart de sa musique dans cette région de Grenoble.
Il commence ses leçons de piano, après avoir fait l'apprentissage de l'instrument en autodidacte. Il est d’abord intéressé par les compositeurs français récents comme Claude Debussy et Maurice Ravel, dont il découvre très vite les Estampes et Gaspard de la nuit. Il demande comme cadeau de Noël des partitions d’opéras de Mozart, Gluck, Berlioz et Wagner. C'est à cette époque qu’il commence à composer.
En 1918, son père revient de la guerre, et la famille déménage pour Nantes. Le jeune Olivier, âgé de dix ans, continue néanmoins à suivre des cours de musique. Son professeur d’harmonie, Jean de Gibon, lui fournit la partition de l’opéra Pelléas et Mélisande de Debussy, qui est pour Messiaen une révélation parmi les plus décisives.
L’année suivante, son père obtient un poste de professeur au lycée Charlemagne à Paris, et la famille déménage à nouveau. C’est ainsi qu’en 1919, Olivier Messiaen, âgé de onze ans, entre au Conservatoire national de musique et de déclamation à Paris pour étudier le piano et les percussions. Il a notamment comme professeurs Maurice Emmanuel et Marcel Dupré pour l’improvisation et l’orgue, Paul Dukas pour la composition et l’orchestration.
Il y effectue de brillantes études. En 1924, à l’âge de 15 ans, il obtient un second prix d'harmonie dans la classe de Jean Gallon ; en 1926, la même année que Jean Rivier, il obtient un premier prix de fugue et contrepoint dans la classe de Georges Caussade ; puis en 1927, celui d'accompagnement au piano.
En 1928, après avoir suivi les cours de Maurice Emmanuel, il est lauréat d'un premier prix en histoire de la musique. Maurice Emmanuel lui inculque l'intérêt pour les rythmes grecs anciens, et les modes exotiques.
Il y étudie en outre l’orgue avec Marcel Dupré, qui lui transmet l’héritage de la tradition des grands organistes français (Dupré avait étudié l'orgue au Conservatoire avec Alexandre Guilmant qui en 1896 avait succédé à Charles-Marie Widor, ce dernier ayant repris la classe d'orgue en 1890 à la mort de César Franck). Messiaen décroche un premier prix en orgue et improvisation à l’orgue en 1929. Après un an de cours de composition avec Charles-Marie Widor, il suit l'enseignement à l’automne 1927 de Paul Dukas, nouvellement chargé de la classe de composition, avec qui il apprend notamment la maîtrise de l’orchestration. Les études de Messiaen au Conservatoire trouvent leur couronnement avec son obtention, en 1930, du premier prix en composition dans la classe de Paul Dukas.
Il devient organiste à l’église de la Trinité à Paris à l’âge de 22 ans, succédant ainsi à Charles Quef. L'orgue Cavaillé-Coll sera profondément modifié par la suite, sur sa demande, avec notamment une électrification des notes et des jeux et l'ajout de plusieurs jeux de détail. Il compose de très nombreuses œuvres pour cet instrument sur lequel il improvise pour expérimenter ses idées musicales de composition.
Olivier Messiaen se passionne également pour le plain-chant, les rythmes de l'Inde, les chants des oiseaux dont il entreprend la notation et le classement méthodique, l'interaction entre valeurs chromatiques et valeurs sonores.
Dès 1928, à l'âge de 20 ans, il fait plusieurs séjours dans la maison de ses tantes paternelles, Marthe et Agnès Messiaen, à Fuligny dans le département de l'Aube. C'est là qu'il compose sept de ses premières œuvres au piano. Il écoute les chants d’oiseaux des bois de Fuligny, qu'il mémorise et transcrit dans sa musique. Passionné par les oiseaux, qui ont inspiré toute sa vie et un grand nombre de ses compositions, il deviendra aussi ornithologue.
Il se marie une première fois en 1932 avec Claire Delbos, née Louise-Justine, une violoniste, dont il a un fils, Pascal-Emmanuel Messiaen (mort le 31 janvier 2020 à Pézenas) qui devient professeur de russe. Claire Delbos terminera ses jours dans un hôpital psychiatrique.
De 1936 à 1939 il enseigne à l'École normale de musique de Paris et à la Schola Cantorum de Paris et à la même époque participe à la fondation du groupe Jeune France avec André Jolivet, Daniel-Lesur et Yves Baudrier.
Au début de la Seconde Guerre mondiale, Olivier Messiaen est mobilisé comme simple soldat. Yves Balmer et Christopher Brent Murray précisent cependant au début de l'article qu'ils lui consacrent que les dates fournies par le compositeur au sujet de cette période ne sont pas conformes à la réalité et établissent qu’en avril- il est « musicien au centre musical et théâtral de la 2e armée » formé par Charles Huntziger, Henri Massis et Xavier de Courville où il rencontre Étienne Pasquier et Henri Akoka.
Fait prisonnier, il est envoyé au Stalag VIII-A à Görlitz. Il compose durant sa réclusion son Quatuor pour la fin du Temps. La première est donnée dans le camp le par un groupe de musiciens prisonniers, la partie du piano étant jouée par le compositeur.
Il est libéré en d’après Balmer et Brent Murray qui ajoutent qu’en mars 1941, Olivier Messiaen sort de quarantaine et « retrouve rapidement du travail à Vichy » au sein de l’association vichyste Jeune France. C’est dans ce cadre qu’il participe à un spectacle à la gloire de Jeanne d'Arc pour lequel il écrit Chœurs pour une Jeanne d'Arc.
Les mêmes historiens ajoutent que le compositeur obtient le poste de professeur d’harmonie au Conservatoire de Paris (encore dirigé par Henri Rabaud), à la suite de l’élection du . Les lois antisémites ont écarté de son poste André Bloch, car juif, laissant ainsi une place dès 1940 à Olivier Messiaen.
Au Conservatoire, il rencontre une jeune élève, Yvonne Loriod, qui devient la première et la principale interprète de ses œuvres pour piano. Après le décès de sa première épouse en 1959, il épouse la jeune fille en 1961.
Au Conservatoire de Paris, devant l'hostilité d'un corps enseignant passéiste, Messiaen est d'abord professeur de philosophie de la musique, puis, avec l'évolution des années, sa classe d'analyse musicale de renommée mondiale devient officiellement classe de composition en 1966.
Il compte parmi ses élèves Pierre Boulez, Pierre Henry, Daniel Charles, Michel Merlet, Marius Constant, Antoine Duhamel, Jean Prodromidès, Gilbert Amy, François-Bernard Mâche, Paul Méfano, Karlheinz Stockhausen, Míkis Theodorákis, Iannis Xenakis, Michaël Levinas, Tristan Murail, Adrienne Clostre, Gérard Grisey, Philippe Fénelon, Michèle Foison, Kent Nagano, George Benjamin, Alain Louvier, Alain Abbott, Erzsébet Szőnyi, Alain Mabit, Jean-Pierre Leguay, Lalo Schifrin, Betsy Jolas, Serge Garant, Gilles Tremblay, Michel Fano, Claude Vivier, Michèle Reverdy et Qigang Chen.
Durant sa carrière, Olivier Messiaen voyage, se produit comme pianiste avec Yvonne Loriod, et enseigne dans divers pays : Argentine, Bulgarie, Canada, États-Unis, Finlande, Hongrie, Italie, Japon.
Il meurt le à l'hôpital Beaujon de Clichy. Il est enterré au cimetière de Saint-Théoffrey, à 35 km de Grenoble, village dans lequel il possédait une propriété. Sa stèle, facilement reconnaissable, a été sculptée en forme d'oiseau.
Le langage musical d'Olivier Messiaen ne peut vraiment être rattaché à une école particulière -même si Messiaen a fait partie du groupe Jeune France avec André Jolivet, Jean Yves Daniel-Lesur et Yves Baudrier. Parmi les éléments caractéristiques de sa musique, on trouve :
la couleur : Olivier Messiaen disait être, intellectuellement, et non véritablement, synesthète ;
les chants d’oiseaux qu'il enregistrait et transcrivait lui-même, en faisant des recueils complets (Catalogue d'oiseaux pour piano) mais aussi en y faisant référence dans ses autres œuvres ;
les rythmes, dont les rythmes hindous, en particulier les Deçî-Tâlas, rythmes provinciaux de l'Inde antique, auxquels il fait subir des transformations qui rappellent celles que les contrapuntistes appliquent aux hauteurs : augmentation, rétrogradation, miroir, etc. ;
les modes à transposition limitée, gammes de notes dont la composition n’est pas changée par une transposition à la tierce mineure (3 transpositions) ou à la tierce majeure (4 transpositions) ou à la quarte augmentée (6 transpositions), alors qu’une gamme habituelle possède douze transpositions possibles toutes différentes ;
l'inspiration chrétienne d'un très grand nombre de ses œuvres, selon lui sa source d'inspiration la plus essentielle ;
la métrique grecque, le plain-chant.
Les travaux d'Yves Balmer, Thomas Lacôte et Christopher B. Murray, fondé sur des études génétiques et une analyse des partitions, ont montré comment Olivier Messiaen composait à l'aide d'éléments mélodiques, harmoniques et rythmiques empruntés à d'autres traditions musicales ou à d'autres compositeurs, tels que Jules Massenet, Emmanuel Chabrier, Igor Stravinsky, Claude Debussy, Maurice Ravel et André Jolivet.
Saint François d'Assise, Scènes Franciscaines, est un opéra français en trois actes et huit tableaux du compositeur français Olivier Messiaen, dont la composition est achevée en 1983. L'histoire s'inspire de la vie du Franciscain François d'Assise du XIIIe siècle, qui fonde et donne son nom à un ordre religieux, canonisé et connu pour son assistance aux lépreux et représenté régulièrement parlant aux oiseaux.
À la suite d'une commande de l'Opéra de Paris par Rolf Liebermann, son directeur depuis 1973, et un premier refus du compositeur (d'abord perplexe), et grâce à l'insistance de Liebermann, Olivier Messiaen commence d'abord la rédaction du livret en 1975 et les esquisses de la musique sont écrites jusqu'en 1979 ; l'orchestration et la copie des huit partitions d'orchestre -qui correspondent aux huit tableaux, représentant deux mille pages et quatre heures de musique- sont réalisées ensuite et achevées en 1983. Après huit années de travail d'un projet aux dimensions hors-normes, la création a lieu le 28 novembre 1983, au Palais Garnier, sous la direction de Seiji Ozawa et remporte « un triomphe historique », avec huit représentations consécutives.
Saint François d'Assise, unique opéra du compositeur, cristallise la synthèse de ses recherches et découvertes musicales réunissant à la fois sa passion pour l'ornithologie et l'expression de sa foi catholique.
Dans les années 1960, Olivier Messiaen explique que pour lui, l'art est le plus propice à exprimer les « vérités religieuses », mais qu'il estime que sur une scène, le sujet choisi risque d'être mal traité, parce qu'il peut « sombrer soit dans le ridicule, soit dans l'inconvenance, soit dans l'absurdité ». Effectivement, le compositeur écrit surtout des œuvres instrumentales accompagnées d'un programme religieux ; par ailleurs, son seul ouvrage vocal depuis 1949 est l'oratorio La Transfiguration de Notre Seigneur Jésus-Christ, de 1969. Bien qu'amateur de certains opéras (Pelléas et Mélisande, L'Orfeo ou encore ceux de Richard Wagner), il pensait que l'opéra dans sa forme historique ne convenait pas pour ce type de sujets et estimait qu'il fallait adapter une nouvelle formule de théâtre musical. En effet, quand Rolf Liebermann rencontre le compositeur en 1971 lors d'un repas au Palais de l'Élysée en présence du président Georges Pompidou, celui-ci le sollicite pour écrire un opéra, ce qui devient par la suite une commande de l'Opéra de Paris. Le compositeur refuse dans un premier temps. Devant l'insistance du directeur, Olivier Messiaen, alors septuagénaire, accepte et commence la rédaction du livret de son premier et unique ouvrage lyrique scénique : un « spectacle musical ». À l'origine, on prévoit de le créer dans le cadre du centenaire du palais de l'Opéra Garnier.
Une première ébauche de projet autour de cinq scènes de la vie de François d'Assise est commencée dès 1971 mais ce n'est qu'à partir de 1975 que le projet est réellement officialisé avec la signature, en 1976, d'un contrat avec l'Opéra de Paris. Le compositeur rédige alors lui-même le livret, sans « aucune prétention littéraire », s'articulant en huit tableaux. Le compositeur écrit un mystère moderne, « plus statique que dramatique », aucun tableau n'est relié par une tension d'une intrigue ou d'un conflit, mais par le souci d'exposer « les divers aspects de la sainteté et du cheminement vers celle-ci ». L'opéra porte le sous-titre : Scènes Franciscaines. S'agissant d'hagiographie, le choix de saint François d'Assise s'est vite imposé au croyant et à l’ornithologue qu’était Olivier Messiaen : « Il est le saint qui ressemble le plus au Christ » et « il parlait aux oiseaux ».
Pendant la période de gestation, Olivier Messiaen lit les biographies et témoignages, et fait de nombreuses recherches. D'une part sur l'iconographie : il étudie les fresques de Giotto à la Basilica di San Francesco à Assise, les tableaux de Fra Angelico au Musée San Marco à Florence. D'autre part des recherches en ornithologie qui le conduisent de l'Italie à la Nouvelle-Calédonie pour étudier des chants d'oiseaux exotiques, notamment le Gerygone, qui lui rappelle un ange.
La partition du chant et du piano est achevée en octobre 1977, mais l'orchestration et la finalisation de l'ouvrage peinent à être conclues à cause d'une maladie qui atteint le compositeur. Quand Olivier Messiaen et Rolf Liebermann se rencontrent cette année pour dresser un bilan, le compositeur exprime des réserves sur la possibilité de terminer l'ouvrage à temps, malgré le temps libre que lui laisse la retraite qu'il prend en arrêtant ses cours au conservatoire. En juin 1977, dans une lettre adressée au directeur, le compositeur expose les difficultés de la tâche et détaille sa méthode, expliquant la lenteur qu'impose ce labeur, à raison d'une page par jour, sur les deux mille cinq-cents que comporte la partition. Or peu après, on fait l'annonce publique d'un opéra en préparation, ce qui déroge à la volonté du compositeur de travailler dans la plus grande discrétion. Bien qu'on ait initialement prévu de monter l'œuvre en 1980, Olivier Messiaen prévient qu'il ne terminera l'instrumentation qu'en 1982 ; la création est ainsi repoussée. Peinant à terminer l'écriture et probablement atteint de dépression, le compositeur est tout de même déterminé à parfaire sa composition, qu'il souhaite parfaite et estime être son chant du cygne. Il faut attendre novembre 1983 et la fin de l'instrumentation de la partition pour l'orchestre afin que la création de Saint François d'Assise puisse avoir lieu.
Elle a lieu le 28 novembre 1983, à l'Opéra de Paris au Palais Garnier, avec Christiane Eda-Pierre dans le rôle de l'Ange, José van Dam en Saint François, Kenneth Riegel pour le Lépreux, Michel Philippe en Frère Léon, Georges Gautier en Frère Massée, Michel Sénéchal dans le rôle de Frère Élie, et Jean-Philippe Courtis en tant que Frère Bernard. Dans la fosse se trouvent les Chœurs et l'Orchestre du Théâtre National de l'Opéra de Paris, le chef des chœurs Jean Laforge, tous sous la direction du chef japonais Seiji Ozawa, avec une mise en scène de Sandro Sequi et des décors et costumes de Giuseppe Crisolini-Malatesta.
Sept Haïkaï, esquisses japonaises pour piano solo et petit orchestre, est une œuvre (19’) écrite en 1962, à la suite d'un voyage au Japon.
Effectif instrumental : une petite flûte, une flûte, deux hautbois, un cor anglais, une petite clarinette, deux clarinettes, une clarinette basse, deux bassons, une trompette, un trombone, huit violons, un xylophone, un marimba, un piano solo, un jeu de cencerros, un jeu de crotales, un triangle, dix-huit cloches, deux petites cymbales turques, deux gongs, une cymbale chinoise et deux tam-tams.
La dédicace de l'œuvre est : « A Yvonne Loriod, à Pierre Boulez, à Mme Fumi Yamaguchi, à Seiji Ozawa, à Yoritsune Matsudaira, à Sadao Bekku et Mitsuaki Hayama, à l'ornithologue Hoshino, aux paysages, aux musiques, et à tous les oiseaux du Japon. »
La première audition de l'œuvre a eu lieu le 30 octobre 1963 à Paris, aux concerts du Domaine musical, à l'Odéon-Théâtre de France, sous la direction de Pierre Boulez.
Yvonne Loriod était au piano solo.
Cette exécution fut dédiée spirituellement à Roger Désormière qui venait de mourir.
Après une première édition en 2019, AIDA (Arts en Isère Dauphiné Alpes) et L’AO s’associent de nouveau pour organiser le Concours International Olivier Messiaen, Prix d'interprétation à l'orgue.
Sous la présidence de notre compatriote Benoît Mernier, cette édition 2022 du Concours réunira un jury de huit spécialistes internationaux de l'orgue et de Messiaen.
Outre des œuvres du compositeur titre, la création occupe une place importante puisqu'une nouvelle pièce est imposée aux candidats lors de l'épreuve finale, commandée cette année à François Meïmoun.
Sept candidats sont retenus.
Les épreuves publiques : 1re épreuve : mardi 1er novembre à 10h 2e épreuve : jeudi 3 novembre à 10h Finale : samedi 5 novembre à 15h
Une nouvelle dynamique artistique et un nouveau rythme sont insufflés au concours qui se déroule désormais chaque année afin de mieux rayonner sur le plan national et international.
Aussi, à partir de 2022, une édition consacrée àl’orgue (en partenariat avec l’Auditorium-Orchestre National de Lyon) alterne avec une édition consacrée au piano, instrument originel du concours (en partenariat avec la MC2 de Grenoble).
LE JURY Benoît Mernier (Belgique) Président du jury - Loreto Aramendi (Espagne) - Bernhard Haas (Allemagne) - Nathan Laube (États-Unis) - Loïc Mallié (France) - Pascale Rouet (France) - Alain Louvier (France) - Gaëtan Puaud (France).
Olivier Messiaen est né le à Avignon et il est décédé le à Clichy (Hauts-de-Seine).
Bref rappel pour les plus jeunes.
Olivier Messiaen est l'un des principaux compositeurs modernes français. Dans ses œuvres, il a intégré les inspirations les plus diverses : grégorien, rythmique grecque et indienne, ragas hindous, orchestre de gamelan, impressionnisme, musique russe, technique des quarts de ton et chants d'oiseaux.
À l'âge de onze ans, il entre au Conservatoire de Paris où il étudie avec Paul Dukas et Marcel Dupré. En 1931, il devint organiste à l'église de la Trinité à Paris. Il occupa ce poste pendant plus de 40 ans. La majeure partie de sa musique d'orgue a été créée pour cet instrument.
Avec Baudrier, Jolivet et Lesur, il forma en 1936 le groupe "Jeune France" qui cherchait de nouveaux contenus et de nouvelles valeurs dans la musique. Messiaen les trouva dans des approches à la fois mystiques et catholiques mais aussi naturalistes, allant de la révélation religieuse à l'étude permanente des chants d'oiseaux, et traitant des impressions musicales et extra-musicales. Tout au long de sa vie, le chant des oiseaux est un thème central chez Messiaen. Après le Rêve des oiseaux (1952), il énumère une cinquantaine d'oiseaux dans Oiseaux Exotiques (1956, pour piano et petit orchestre), dédié à sa femme, la pianiste Yvonne Loriod, et établit un Catalogue d'oiseaux en 1958.
En revanche, la Turangalîla-Symphonie (1948) intègre des rythmes de poésie grecque, de dragas hindous et d'orchestres de gamelan. L'œuvre a été créée au Festival d'Aix-en-Provence en 1950 et a été jouée plus de 100 fois au cours des 25 premières années de sa création.
Sa pièce pour piano Mode de valeurs et d'intensité a été identifiée comme la première composition sérielle en 1951.
Son œuvre originale et variée comprend des œuvres orchestrales, des œuvres chorales, de la musique de chambre, des œuvres pour orgue (Livre d'orgue, 1964) et des chants.