Résultats de la recherche pour : Orlando di Lasso

Portrait musical d’Artemisia Gentileschi, avec l’ensemble Agamemnon

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Artemisia. Œuvres de Giovanni Battista Fontana (c1589-1630), Lucretia Orsina Vizana (1590-1662), Orazio Tarditi (1602-1677), Salomone Rossi (1570-1630), Domenico Mazzocchi (1592-1665), Girolamo Frescobaldi (1583-1643), Francesca Caccini (1587-1645), Ippolito Tartaglino (c1539-c1582), Orlando di Lasso (1532-1594), Alessandro Grandi (1590-1630). Ensemble Agamemnon. François Cardey, cornet. Amandine Trenc, soprano. Anaëlle Blanc-Verdin, violon. Sarah Van Oudenhove, basse de viole. Étienne Floutier, lirone. Louis Capeille, harpe triple. Mathieu Valfré, orgue, clavecin. Avril-mai 2024. Livret en français ; paroles traduites en français. Livret et traduction en anglais accessibles par code QR . 60’25’’ Seulétoile SE14

Anniversaire Palestrina avec le Augsburger Domsingknaben

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PALESTRINA 500. Oeuvres de Giovanni Pierluigi da Palestrina (1525-1594), Pierre de Manchicourt (1510 -1564), William Byrd (1543-1623), Orlando di Lasso (1532-1594), Tomás Luis de Victoria. (1548-1611). Augsburger Domsingknaben, I Fideli, direction :  Stefan Steinemann. 2024-2025. Notice en anglais et en allemand. 55’35’’. 1 CD ARS 38 380.  

Lecture à fort contraste des madrigaux italiens de Schütz

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Heinrich Schütz (1585-1672) : Il Primo Libro de Madrigali SWV 1-19. Les Arts Florissants, dir. Paul Agnew. Miriam Allan, Hannah Morrison, soprano. Mathilde Ortscheidt, Nicolas Kuntzelmann, alto. Paul Agnew, Sean Clayton, ténor. Jonathan Sells, Anicet Castel, basse. Livret en français, anglais, allemand. Texte des paroles en italien, traduction trilingue.  2022.  60’54’’. Harmonia Mundi HAF 8905374

Björn Schmelzer et Graindelavoix, créateurs de mondes musicaux 

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Au pupitre de son ensemble, Graindelavoix, notre compatriote  Björn Schmelzer s’est imposé comme l’un des musiciens incontournable de la scène nationale et l’un des artistes les plus considérables de la musique ancienne. Déjà fort d’une imposante discographie, il sait faire de chacune de ses parutions des évènements éditoriaux. Crescendo Magazine est heureux de s’entretenir avec Björn Schmelzer pour évoquer son dernier album  “The Earthquake Mass (Gossa). 

Le titre de l’album est “The Earthquake Mass”, pourquoi ce titre ? 

Parce que la composante principale de cette album réside dans la Missa Et ecce terrae motus du polyphoniste français Antoine Brumel. Il s'agit d'une messe monumentale pour douze voix (en cinq parties), peut-être écrite à Ferrare vers 1510, basée sur la mélodie d'une antienne pour Pâques:  Et ecce terrae motus : « et voici, la terre trembla », en référence à la dimension psycho-acoustique dans l'évangile de la résurrection du Christ. Ceci n'est pas décrit comme quelque chose de visible, mais comme un phénomène auditif et même écologique : l'ange faisant rouler l'énorme pierre tombale devant la tombe, accompagné d'un tremblement de terre. Les femmes qui se sont rendues au tombeau le trouvent ouvert et vide.

Votre nouvel album est centré autour de la “Missa Et ecce terræ motus” d’Antoine Brumel dont vous dites qu’elle est “monstrueuse et unique”. Est-ce que vous pouvez expliquer votre propos ? 

C'est une messe à 12 voix, exceptionnelle pour l'époque et c'est aussi une composition insolite et spectaculaire, qui utilise largement les effets spatiaux et les textures, qui souvent n'évitent pas les effets abrasifs et grinçants dus aux nombreuses positions croisées et aux dissonances passagères. La messe est pleine d'ostinati et de séquences, de motifs répétitifs variés par la texture polyphonique, ce qui peut être encore accentué si l'ensemble est composé de chanteurs différents en couleur et en timbre ou en utilisant des instruments différents. La partition se prête donc à de telles orchestrations. Ce qui m'a également fasciné, c'est le cas unique où cette messe apparaît plus de cinquante ans après ses origines, au début du XVIe siècle, dans la chapelle de la Cour bavaroise sous la direction d'Orlando di Lasso, qui a consacré une transcription de l'œuvre en 1468. C’est même la raison pour laquelle nous connaissons la messe aujourd’hui. L’original est donc inconnu, tout comme les circonstances de sa composition, mais il s’agit d’une transcription et d’une interprétation bien plus tardives, au XVIe siècle, qui déplace également le contexte de la messe de Brumel. Je trouve cette aliénation originelle fascinante.

Entre les parties de la messe d’Antoine Brumel, il y a des interludes du compositeur contemporain Manuel Mota ? Pourquoi avez-vous décidé ce contrepoint contemporain en écho à la musique de la Renaissance ? 

Dès le début de ce projet, j'ai voulu trouver un pendant approprié à la messe, qui serait bien sûr aussi capable de changer l'horizon traditionnel de la musique ancienne, ou mieux encore, pour que l'horizon historique virtuel qui émerge avec l'historicité complexe de la messe de Brumel soit clair.  J'ai envisagé d'autres configurations possibles, mais elles ont finalement souligné la dichotomie entre ce qu'on appelle le contemporain et ce qu'on appelle l'historique : musique ancienne contre musique actuelle. Alors qu'à mon avis, la musique dite ancienne est notre musique actuelle, et la musique contemporaine est toujours plus difficile à définir, car nous n'avons aucune distance par rapport à elle. J'étais plus intéressé par la dialectique que produirait la rencontre des répertoires que par une fusion ou une scission. J'ai travaillé avec Manuel dans le passé : ce que je trouve si pertinent dans sa musique et son attitude artistique, c'est son immense absorption virtuelle de la musique du XXe siècle, de l'avant-garde à l'underground en passant par le répertoire de guitare virtuose et les styles improvisés, mais cela à en même temps, il est capable de laisser cela de côté et d'être réceptif au nouveau cadre dans lequel il va opérer. Quand on écoute ce qu’il développe et joue sur l’enregistrement, cela devient clair. D'une part, il y a l'espace extrême qu'il crée pour la composition de Brumel elle-même, d'autre part, nos oreilles sont littéralement lavées avant et après chaque partie de la messe, de sorte que nous pouvons la respirer encore et encore, à chaque fois d'un point de vue différent. Ce dont il s'agit devient clair à la fin, où sa guitare commence littéralement  à envahir la polyphonie qui se noie lentement : d'un point de vue dramaturgique, il me semble qu'on ne comprend finalement pleinement qu'à la fin et qu'on aurait alors envie de refaire le voyage. Le premier morceau du CD est un prélude d'environ 14 minutes à évolution très lente, mais s'y plonger ou s'y noyer en vaut vraiment la peine car il constitue une parfaite introduction à l'auditeur pour recevoir le Kyrie, la première partie de la messe. 

Je dois ajouter que des choix plus inhabituels ont été faits concernant l'orchestration. J'aurais pu choisir seulement 12 chanteurs, mais j'ai plutôt choisi 8 chanteurs, 2 cors dits naturels du 19e siècle (joués par les virtuoses Pierre-Antoine Tremblay et Christopher Price), qui jouent chromatiquement en mettant le poing dans le cor, technique qui rend le phrasé très vocal ; un serpent (joué par Berlinde Deman dont le biotope est le jazz et la musique du monde) et un cornetto (joué par Lluís Coll i Trulls, notre partenaire régulier). Ces instruments contribuent à l'idée de “Nachleben” que j'ai voulu évoquer : le fait qu'une œuvre d'art n'appartient jamais seulement au temps de sa création, mais voyage à travers différentes époques par lesquelles elle se contamine.

Roland de Lassus, 420 ans

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Compositeur de l'école franco-flamande, vers la fin de la Renaissance, Roland de Lassus (ou Orlando di Lasso, Orlande de Lassus ou encore Roland Delattre) est né à Mons en 1532 et mort à Munich le 14 juin 1594.

Dès son plus jeune âge, Roland de Lassus étudie la musique. Il est inscrit comme « enfant de chœur », c'est-à-dire comme enfant chantant dans le chœur de l'église, et donc comme élève de la maîtrise de l'église Saint-Nicolas-en-Havré, à Mons, en Pays-Bas des Habsbourg. Il y étudiera le chant, et plus généralement la musique, jusqu'à l'âge de douze ans. Le niveau de ces écoles était élevé : c'était en quelque sorte les ancêtres des conservatoires. Les enfants y recevaient aussi un enseignement général.

Sa voix exceptionnelle attirait les convoitises, si bien qu'il fut à trois reprises l'objet de tentatives d'enlèvement. À l'âge de douze ans, il quitte les Pays-Bas avec Ferdinand Ier Gonzague et se rend à Mantoue, en Sicile, et plus tard Milan où il reste de 1547 à 1549. Il y fait la connaissance du madrigaliste Hoste da Reggio, qui aura une influence formatrice sur son premier style musical.

Il a ensuite travaillé en tant que chanteur et compositeur pour l'Evêque Costantino Castrioto à Naples au début des années 1550. Les premières œuvres datent de cette époque. Ensuite, Roland de Lassus s'installe à Rome où il travaille pour Cosme Ier de Médicis, Grand-Duc de Toscane. En 1553, à Rome, il devient maître de chapelle de la basilique Saint-Jean-de-Latran, un poste prestigieux pour un homme de vingt et un ans. Toutefois, il n'y reste qu'un an. Le compositeur italien Giovanni Pierluigi da Palestrina lui succédera en 1555.

On perd sa trace en 1554, mais des recherches récentes permettent de supposer qu'il a voyagé en France et en Angleterre. En 1555, il retourne aux Pays-Bas et ses premières œuvres sont publiées à Anvers en 1555 ou 1556. En 1556, il rejoint la Cour d'Albert V de Bavière à Munich, qui désire s'entourer de musiciens prestigieux à l'instar des Cours des princes italiens. En 1558, il épouse Regina Wäckinger, la fille d'une dame d'honneur de la Duchesse ; ils ont deux fils, devenus tous deux compositeurs. En 1563, Lassus est nommé maître de chapelle à Munich, succédant à Ludwig Daser à ce poste. Il demeure au service d'Albert V et son héritier, Guillaume V de Bavière, jusqu'à sa mort.

Son art fut d'emblée reconnu et Roland de Lassus était, dès le milieu du siècle, surnommé le « divin Orlande » par le poète Ronsard, ou « Prince de la musique » par ses contemporains, ou encore, plus tard, l'« Orphée belge ». Dans les années 1560, Lassus était devenu très célèbre, et des compositeurs se rendaient à Munich pour étudier avec lui, comme Andrea Gabrieli. Celui-ci s'y était rendu en 1562, et peut-être est-il resté dans la chapelle pour une année ; le neveu d'Andrea, Giovanni Gabrieli a sans doute étudié avec Lassus dans les années 1570. Sa renommée s'est propagée en dehors du milieu musical proprement dit, car en 1570, l'Empereur Maximilien II l'anoblissait, fait rare pour un compositeur. Le Pape Grégoire XIII le fit Chevalier. En 1571 et en 1573, le Roi Charles IX de France, grand amateur de musique, l'invita à la Chapelle royale. En effet, le Roi, ayant nommé un musicien ecclésiastique réputé évêque de Montpellier, avait besoin d'un autre grand musicien. Il est possible que le compositeur soit parti de Bavière. Quoi qu'il en soit, Charles IX décéda en 1574, avant que Lassus n'arrive à Paris. Certains de ces rois et aristocrates ont tenté de l'éloigner de Munich avec des offres plus attrayantes, mais Lassus semblait plus intéressé par la stabilité de sa position et les possibilités offertes par la Cour d'Albert, que par l'aspect purement financier. « Je ne veux pas quitter ma maison, mon jardin, et les autres bonnes choses à Munich », a-t-il écrit au Duc de Saxe en 1580, après avoir reçu une offre pour un poste à Dresde.

À la fin des années 1570 et 1580, Roland de Lassus effectue plusieurs voyages en Italie où il entre en contact avec les styles et tendances les plus modernes. Il écrit Ô vin en vigne, ronde de vendangeurs harmonisée en 1576. À Ferrare, centre de l'activité avant-gardiste, il a sans doute entendu les madrigaux composés pour la Cour d'Este, mais son style restera conservateur tout en devenant plus simple et plus raffiné. Dans les années 1590, sa santé commence à décliner. Après avoir subi une attaque cérébrale, il consulte un médecin du nom de Thomas Mermann pour soigner ce qu'on appelait « mélancolie hypocondriaque » mais il était encore capable de composer et même de voyager à l'occasion. Ses dernières œuvres sont d'ailleurs souvent considérées comme majeures, dont un ensemble de vingt-et-un madrigaux spirituels intitulé Les Larmes de saint Pierre, dédié au Pape Clément VIII et publié à titre posthume en 1595.

Lassus meurt à Munich le 14 juin 1594, le jour même où son employeur décide de se séparer de lui pour des raisons financières. Il n'a jamais lu la lettre lui signifiant son congé.

Roland de Lassus est l'un des compositeurs les plus prolifiques, polyvalents et universels de la Renaissance tardive. Il a écrit plus de 2 000 œuvres dans tous les genres en latin, français, italien et allemand ; 1 600 sont signées ou attribuées avec certitude. Il s'agit notamment de 530 motets, 175 madrigaux italiens et villanelle, 150 chansons françaises et 90 lieder allemands. On n'a pas de traces de musique strictement instrumentale : une absence intéressante pour un compositeur par ailleurs si ambitieux et prolifique, à une époque où la musique instrumentale était devenue, partout en Europe, une forme importante d'expression. Ses œuvres complètes ont été publiées par Breitkopf (21 volumes 1894-1926).

 

Mateo Flecha, 420 ans

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Mateo Flecha le Jeune (Prades, Tarragone, vers 1530 - La Portella, Lleida, 1604) est un musicien espagnol, neveu de Mateo Flecha l'Ancien, qui doit sa renommée à ses Ensaladas (publiées en 1581) et s'est distingué comme auteur de musique pour vihuela, Mateo Flecha le Jeune fut un disciple de son oncle, dont il publia quelques œuvres, et écrivit madrigaux et musique religieuse.

En 1543, il entra comme enfant de chapelle au service des Infantes María et Juana, filles de l'Empereur Charles Quint. Après le mariage de María avec le futur Empereur Maximilien II en 1548, il resta au service de la chapelle de Juana, qu'il abandonna en 1552 après être devenu frère carme. En 1564, il était en Italie.
De là, Mateo Flecha se rendit à la Cour autrichienne où, à partir de 1568, il occupa le poste d'aumônier de l'impératrice et de musicien de sa majesté. En 1579, l'Empereur Rodolphe II lui confère la dignité d'Abbé de Tihany (Hongrie), en remerciement pour ses services. Après plusieurs voyages en Espagne, certains en mission officielle, à partir du milieu de 1601, il se retira au monastère bénédictin de San Pedro de la Portella, près de Berga, où il fut abbé jusqu'à sa mort.

Mateo Flecha le Jeune est l'auteur du « Primo libro de madrigali », imprimé à Venise par Antonio Gardano en 1568 ; deux exemplaires en sont conservés, l'un à la Bayerische Staatsbibliothek de Munich et l'autre à la Òsterreichische Nationalbibliothek de Vienne. Ce recueil est composé de dix-neuf madrigaux à trois, quatre, cinq, six et huit voix, avec des textes de Pétrarque, Pietro Bembo, Ludovico Ariosto et d'autres. L'un des madrigaux est un chant de Noël espagnol qui a ensuite été transcrit pour quintette à cordes sous le titre Harmonia a 5 (un seul exemplaire manuscrit est conservé à la Gesellschaft der Musikfreunde de Vienne).

Sa deuxième publication avec des œuvres romanes fut la compilation des ensaladas de son oncle Flecha l'Ancien, à laquelle il ajouta deux ensaladas et un madrigal de son cru, une ensalada de Cárceres et une autre de Chacón. Les ensalaldas ont été imprimées en 1581 et seuls quatre cahiers sur les six qui composaient chaque exemplaire sont conservés (Biblioteca de Catalunya et Biblioteca del Orfeó Catalá de Barcelona).

La même année, sa seule anthologie d'œuvres sacrées est publiée, intitulée « Divinarum Completarum Psalmi, Lectio Brevis et Salve Regiona, cum Aliquibus Motetis » ; Il n'en reste que le cahier de la soprano du premier chœur et du ténor du second, conservé à la Bibliothèque de l'Université de Varsovie. Un recueil de poèmes de 1593 composé d'un « Bref Recueil de la vie et de la mort de la reine très chrétienne de France, Doña Ysabel d'Autriche », de quelques épithètes à la Vierge et de neuf sonnets sur des thèmes religieux constitue sa dernière publication (Bibliothèque Széchényi de Budapest). À l'exception du livre de madrigaux, ses autres œuvres furent imprimées à Prague par Jorge Negrino.

Mateo Flecha le Jeune fut l'un des rares compositeurs espagnols du XVIe siècle à adhérer au mouvement madrigalesque international. Contemporain de Philippe de Monte, Orlando di Lasso et Andrea Gabrieli, ses madrigaux montrent une maîtrise notable de la technique contrapuntique, malgré son langage conservateur, dépourvu de tension dramatique. Probablement écrit dans une prison italienne, alors qu'il purgeait une peine en 1564 pour dette monétaire, on remarque la sobriété des solides ressources utilisées.

De ses deux ensaladas, l'une, Las Cañas, est une réduction en quatre parties de l’ensalada du même titre de Mateo Flecha el Viejo. Mateo Flecha le Jeune maintient l'alternance typique de périodes contrastées de ce genre musical, bien que son langage soit madrigalesque.

Aucune de ses compositions sacrées ne semble avoir été conservée dans son intégralité. On sait qu'en 1576 il écrivit une messe dédiée à l'héritier de la couronne autrichienne, qui est aujourd'hui perdue.

Voyage nocturne dans la sensibilité vocale de la Renaissance

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Toutes les nuits. Œuvres de Philippe Verdelot (c1480-ap1530), Orlando di Lasso (1532-1594), Thomas Créquillon (c1505-c1557), Clément Janequin (c1485-1558), Josquin Desprez (c1450-1521), Pierre de Manchicourt (c1510-1564), Bartolomeo Tromboncino (1470-1535), Giovanni Pierluigi Palestrina (c1525-1594), Francisco Guerrero (1528-1599), Diego Pisador (c1509-ap1557), Juan Vásquez (c1510-c1560), Giovanni Paolo Paladino ( ?-av1565), John Lennon (1940-1980), Paul McCartney (*1942), Anonymes (Cancionero de Uppsala, Cancionero de Palacio…). Dulces Exuviae. Romain Bockler, baryton. Bor Zuljan, luth. Mai 2022. Livret en anglais, français ; paroles trouvables sur le website Outhere. TT 68’49. Ricercar RIC 446

Anders Eliasson, 10 ans

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Le compositeur suédois Anders Erik Birger Eliasson est né 3 avril 1947 et décédé le 20 mai 2013.

Il est né à Borlänge. Ses premières expériences musicales sont nées de l'intérieur : il s'agissait de mes propres chants et d'airs familiers que j'entendais à la radio. Pas de musique classique. En faisant marcher ses petits soldats de haut en bas, il imaginait des sons, qu'il n'a appris que plus tard à décrire comme un orchestre.
À 9 ans, il commence la trompette, monte un petit orchestre de jazz (deux clarinettes, trombone, section rythmique, guitare, trompette), et à 10 ans, il écrit des arrangements. Un bassiste de jazz, "un musicien incroyable", lui apprend les accords.
À 14 ans, il se rend chez un organiste, Uno Sandén, pour apprendre l'harmonie et le contrepoint.

À l'âge de 16 ans, il se rend à Stockholm pour des études privées chez le merveilleux Valdemar Söderholm, qui m'a confronté une fois de plus à la vraie musique -une musique qu'il avait entendue pour la première fois à l'âge de 12 ans environ. Le premier véritable morceau de musique qu'Eliasson a entendu sur un disque de gramophone était la Symphonie n° 104 de Haydn.

Sous la direction de Söderholm, il étudie le contrepoint : s'ensuivent cinq années de travail intensif sur Palestrina, Orlando di Lasso et surtout Jean-Sébastien Bach, la forme d'énergie la plus élevée avec laquelle il est possible d'entrer en contact.

À partir de 1966, il est l'élève d'Ingvar Lidholm à l'Académie royale de musique de Suède et, jusqu'en 1973, membre du comité artistique de l'Electronic Music Foundation, à Stockholm. Ses premiers grands succès sont une œuvre chorale, Canto del vagabondo (1979), et sa 1ère Symphonie (1989) pour laquelle il reçoit le Nordic Council Music Prize pour son originalité, son authenticité et sa clarté musicale.

En 1991, il a été compositeur en résidence au festival de Laponie à Arjeplog et professeur invité à l'Académie Sibelius d'Helsinki au cours de l'année académique 1993-94. 37 œuvres d'Eliasson ont été interprétées lors du Festival international des compositeurs de Stockholm 1996.

À partir de 2000, Eliasson a créé un monodrame pour soprano et 27 instrumentistes (Karolinas sömn / Karolina's Sleep, créé en 2012), un grand nombre d'œuvres de musique de chambre ainsi que cinq concertos de grande envergure : un Concerto pour trombone et orchestre (écrit pour Christian Lindberg), un Concerto pour saxophone alto et orchestre à cordes (pour John-Edward Kelly, le dédicataire de la 3e Symphonie d'Eliasson), un Double Concerto pour violon, piano et orchestre (pour Roland Pöntinen et Ulf Wallin), un Double Concerto pour violon, alto et orchestre de chambre ainsi qu'un Concerto pour violon et orchestre (Solitary Journey, titre original en allemand, Einsame Fahrt).

Avec les compositeurs Kalevi Aho, qui était président du jury, et Magnus Lindberg, Eliasson a été juré du 2e Concours international de compositeurs Uuno Klami 2008-09.

De 2005 à sa mort, Anders Eliasson a été compositeur en résidence de l'Arcos Chamber Ensemble, basé à New York. Il est décédé à Stockholm à l'âge de 66 ans.

Eliasson s'est familiarisé avec l'esthétique classique et moderniste alors qu'il était encore étudiant. J'ai d'abord été heureux d'être autorisé à être un étudiant dans les règles de l'art. Mais lorsque j'ai comparé ce qui était alors à la mode à la période classique, cette dernière m'a semblé tellement meilleure ! Lorsqu'il a été accepté dans la classe de composition d'Ingvar Lidholm, il a été, dit-il, choqué, car lorsque je suis entré en contact avec des sommités telles que Karl [sic !] Karkoschka (en fait Erhard Karkoschka) ou Roman Haubenstock-Ramati - qui étaient des gens charmants - j'ai soudain perdu tout contact avec la musique que j'avais en moi. À cette époque, Stockholm était une forteresse moderniste : dodécaphonie, sérialisme, musique aléatoire, musique concrète - il y avait toutes les techniques, toutes les tendances et toutes les modes. György Ligeti, John Cage et Terry Riley ont tous enseigné à Stockholm. Ce n'était pas une grosse affaire de maîtriser tout cela - c'était seulement une question de techniques, pas de musique, rien de tout cela n'était authentique. [....] C'était une époque d'insupportable abnégation. Les rythmes métriques, les mélodies et même les intervalles particuliers étaient tabous dans la musique contemporaine. C'était une catastrophe pour la voix et l'oreille humaines - c'était le cas à l'époque et ça l'est toujours. Toute personne qui sortait du rang était immédiatement bannie. Il cite un exemple suédois, Allan Pettersson.

Un récital autour du clavecin à Anvers entre la Renaissance et le premier Baroque

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Ruckers me fecit Antverpiae. Musique pour clavecins et virginals d’Anvers, 1560-1660. Claudin de Sermisy (1678-1741) : Dont vient cela. Antonio de Cabezón (1510-1566) : Duuiensela ; Un gai bergeir. Thomas Crecquillon (c1505-c1557) : Ung gay bergier. Peter Philips (c1560-1628) : Pavana Dolorosa ; Galiarda Dolorosa ; Bon jour mõ cueur di Orlando. Orlando di Lasso (1532-1594) : Susanna ung jour ; Bonjour mon cœur [arrgmts]. John Bull (c1562-1628) : The King’s Hunt ; Dutch Dance. Jan Pieterszoon Sweelinck (1562-1621) : Pavana Hispanica ; Paduana Lachrymae. John Dowland (c1563-1626) : Flow my tears. Johann Jakob Froberger (1616-1667) : Allemande, Courante, Sarabande [Partita V in C]. Michel Lambert (1610-1696) : Ma bergère est tendre et fidèle. Jacques Champion de Chambonnières (c1602-1672) : Chaconne en Fa. Manuscrit Susanne van Soldt : Brande champanje ; De frans galiard ; Almande de La nonette ; Wt de diepte o Heere ; Galiarde quÿ passe ; Pavane dan Vers. Manuscrit Camphuysen : Daphne. Mario Sarrechia, clavecin, virginal. Liselot De Wilde, soprano. Justin Glaie, luth. Août 2020. Livret en anglais, néerlandais. TT 68’09. Et’cetera KTC 1755

Jan Pieterszoon Sweelinck, 400 ans

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Avec Jan Pieterszoon Sweelinck s'achève l'ère de ce que l'on appelle "l'école hollandaise". Des compositeurs tels que Johannes Ockeghem, Josquin Desprez et Orlando di Lasso ont façonné de manière décisive la polyphonie vocale de la Renaissance entre 1450 et 1600 et l'ont menée à son apogée artistique. Avec ses plus de 250 œuvres vocales en français, italien et latin qui ont survécu, Sweelinck a marqué l'apogée de cette technique de composition vocale avant le passage à l'ère de la musique baroque. En revanche, en tant que compositeur et professeur d'orgue, il a influencé de manière décisive le développement de la musique d'orgue nord-allemande et a donc eu un effet formateur sur le plan stylistique pour l'avenir.
Sweelinck était le professeur d'orgue le plus célèbre et le plus important de son époque, qui entretenait même une sorte de pensionnat pour ses élèves. Certains de ses élèves devinrent plus tard eux-mêmes d'importants organistes, parmi lesquels Samuel Scheidt et Heinrich Scheidemann, qui contribuèrent tous deux à façonner le style d'orgue nord-allemand à Hambourg. En 1740 encore, Johann Matheson appelait Sweelinck le "facteur d'orgues nord-allemand".
Jan Pieterszoon Sweelinck était l'aîné des quatre enfants de l'organiste Pieter Swybbertszoon et de son épouse Elske Jansdochter Sweeling. Il est né à Deventer en avril 1562. La famille s'installe à Amsterdam lorsque son père est nommé organiste à la Oude Kerk en 1564. Jan Pieterszoon a probablement reçu sa formation musicale de base de son père. Son père est mort alors que Jan Pieterszoon n'avait que onze ans.
À l'âge de 14 ou 15 ans, Jan Pieterszoon a pris le poste d'organiste à la Oude Kerk, qu'il a occupé pendant 44 ans. Après sa mort, son fils aîné Dirck Janszoon a repris ce poste à la troisième génération. L'art de l'improvisation de Sweelinck était l'une des principales attractions de la ville d'Amsterdam, attirant d'innombrables visiteurs, même venus de loin, de sorte que la Oude Kerk était généralement bondée lorsqu'il jouait. À partir de 1590 environ, ses séances d'improvisation quotidiennes à 18 heures ont donné naissance aux premières "musiques du soir", lors desquelles des ensembles se produisaient également. Ces concerts nocturnes ont eu une influence décisive sur la vie quotidienne dans la ville, car ils ont également servi de moment pour le commerce et les affaires. Dietrich Buxtehude a repris ce modèle pour ses concerts du soir à Lübeck.
Les plus de 70 œuvres de Sweelinck pour instruments à clavier n'ont jamais été imprimées de son vivant. Ils n'ont survécu que sous forme de copies faites par ses élèves et ont probablement servi principalement de matériel pédagogique pour l'enseignement de la composition et de l'improvisation. Le 16 octobre 1621, Jan Pieterszoon Sweelinck meurt subitement à l'âge de 59 ans.