Résultats de la recherche pour : Othman Louati

Solaris d'Othman Louati : un oratorio vidéo-cosmique immersif

par

Compositeur, percussionniste, chef d’orchestre, Othman Louati, né en 1988, s’affirme comme l’un des compositeurs les plus créatifs du répertoire lyrique, explorant des voies originales pour l’opéra d’aujourd’hui. Après une adaptation lyrique du film de Wim Wenders « Les ailes du désir », créée en 2023 à Dunkerque, il vient de présenter à Roubaix, en première mondiale, « Solaris », un opéra-vidéo pour voix et ensemble sonorisé, réalisé en collaboration avec l’artiste visuel Jacques Perconte. Une production de « Miroirs étendus » avec l’Atelier lyrique de Tourcoing.

L’auditeur-spectateur est plongé d’emblée dans ce que l’on pourrait appeler un oratorio cosmique immersif.

Pour une meilleure compréhension, il convient de rappeler que « Solaris » est librement inspiré du roman de science-fiction de l’écrivain polonais Stanislas Lem (1961) et du film éponyme du cinéaste russe Andreï Tarkovski (1972), lesquels racontent l’histoire d'une mission scientifique vers une planète entourée de deux soleils, recouverte d'un océan, qui semble dotée d'une forme d'intelligence.

Le propos (livret de Jacques Perconte) est ici rapporté de bout en bout par la mezzo-soprano Victoire Bunel tout au long d’un stupéfiant chanté-parlé (qui, par instants, n’est pas sans rappeler la Mélisande de Debussy) avec une large palette de couleurs, d’intonations et de modulations de la voix, parfaitement et pleinement ajustées à la nature du propos. Du grand art. La performance est d’autant plus remarquable que le narratif n’est pas exempt de certaines longueurs.

La belle échappée belge de l'Atelier Lyrique de Tourcoing

par

L'équipe de l'Atelier Lyrique, jamais à court de bonnes idées ni de nouveaux lieux de rencontre, avait décidé ce jeudi d'avril de faire étape à Mouscron. Cette ville frontalière de 60 000 habitants, dont les origines remontent à l'an mil, a définitivement opté pour son appartenance belge en 1963, après avoir été tantôt française, tantôt belge. C'est dire si Français et Belges s'y côtoient et y commercent quotidiennement. Le rendez-vous était donné sur le coup de 20h en l'église Saint-Barthélemy, sise sur la Grand-Place, aujourd'hui piétonne et jalonnée de quelques belles terrasses de bistrots fort bienvenues, offrant l'occasion aux mélomanes arrivés tôt de déguster une bonne bière au soleil.

Une façon fort agréable, ma foi, de se préparer à découvrir la « Gran Partita » de Mozart, interprétée par l'ensemble anversois Terra Nova Collective. Œuvre très singulière du répertoire mozartien, la Gran Partita est une symphonie en sept parties pour treize instruments à vent et une contrebasse.

Composée peut-être en 1781 et créée, nous dit-on, le 23 mars 1784 au Burgtheater à Vienne, cette sérénade N°10 est l'une des plus longues (46 minutes) composées par Mozart, alors au sommet de son art. Elle est aussi, comme bien d'autres œuvres du génial compositeur viennois, fortement imprégnée de l'influence culturelle des Lumières. Toutes choses que n'a pas manqué de rappeler Vlad Weverbergh, clarinettiste, chef d'orchestre et directeur artistique de Terra Nova Collective. En préambule au concert, Vlad Weverbergh s'est également employé avec simplicité et humour à partager avec le public très nombreux sa passion pour sa ville d'Anvers, son riche patrimoine artistique et musical, à l'instar du compositeur Amand Vanderhagen dont les « pièces d'harmonie » figuraient également au programme.

Nouvelle saison, nouvelle identité visuelle pour l’Atelier Lyrique de Tourcoing

par

L’Atelier Lyrique de Tourcoing dévoile une nouvelle identité visuelle pour la saison 2025-2026, toujours aussi éclectique et riche en surprises. Vingt-six ensembles indépendants sont invités, entre le Festival “Ouvertures !” qui inaugure la saison et celui qui la clôture, “Chants Libres”.

Pour cette nouvelle identité visuelle, l’Atelier Lyrique de Tourcoing a choisi un symbole élégant et graphique, une esperluette, qui lie et relie. Ce symbole représente un trait d’union entre les époques, les styles, la voix et la musique, ainsi que le lien avec les ensembles indépendants et les artistes soutenus par l’Atelier. Il incarne également l’union avec la ville de Tourcoing, l’ancrage dans la métropole et la région Hauts-de-France, ainsi que l’amitié avec les voisins belges. Surtout, il symbolise la relation construite avec tous les publics et la connexion entretenue avec eux.

Le public peut découvrir une saison variée, fidèle à la tradition, avec des valeurs sûres, des incontournables, des découvertes, de nouveaux talents, quelques stars et des mélanges insolites.

Depuis cinq ans, le Festival Ouvertures ! lance la saison avec trois concerts gratuits à Tourcoing, permettant au plus grand nombre d’accéder aux chefs-d’œuvre du répertoire. Outre les vingt-six ensembles indépendants mis à l’honneur, cette saison met en lumière la  fine fleur de la génération montante du chant français.

Parmi les sept opéras programmés, la nouvelle production de la co[opéra]tive entraînera le public à la découverte de la compositrice Pauline Viardot avec Cendrillon. Bianca Chillemi à la direction et David Lescot à la mise en scène promettent un opéra accessible à tous, aux lectures multiples. Le Concert de la Loge propose sa version de Don Giovanni de Mozart, avec une mise en scène de Jean-Yves Ruf où Julien Chauvin et les musiciens se rapprochent des chanteurs sur scène. Pour Didon et Énée, l’ensemble Les Surprises rend hommage à Purcell avec une équipe vocale exclusivement féminine, en écho à la création de l’œuvre dans une école de jeunes filles. En collaboration avec la Condition Publique et l’Ensemble Miroirs Étendus, l’Atelier Lyrique a commandé un opéra-vidéo au compositeur Othman Louati et à l’artiste Jacques Perconte, inspiré de Solaris de Stanislaw Lem. À l’occasion du cinquantenaire de la mort de Benjamin Britten en 2026, l’Atelier programme l’opéra participatif L’Arche de Noé, écrit pour deux solistes, chœurs d’enfants et musiciens amateurs, illustrant comment l’art peut éduquer, divertir et toucher profondément le public. Un important travail territorial sera mené avec le Jeune chœur des Hauts-de-France, l’ESMD, les conservatoires de Tourcoing, Roubaix et Lille, ainsi que les enfants scolarisés à Tourcoing. En version concert, Les Boréades de Rameau réunira les amis belges Reinoud van Mechelen et son ensemble A Nocte Temporis, ainsi que le Chœur de chambre de Namur, que le public aura le plaisir de retrouver à plusieurs reprises au cours de la saison.

La musique sacrée occupe une place centrale avec neuf concerts en église ou au théâtre. L’Atelier poursuit son fil rouge autour de Bach, avec plusieurs cantates ainsi que les Passions selon Saint-Jean et Saint-Matthieu.

Le public est invité à ne pas manquer les rendez-vous “en famille”, dont trois proposés au tarif accessible de 6 € (À la dérive !, La Quête de Merlin, Hänsel et Gretel).

Lien vers la brochure de saison :

https://www.calameo.com/read/0071044820fb6b663183a?authid=xiTivoPjGefv

Tourcoing célèbre Le Carnaval de Venise dans une mise en scène éclatante

par

La nouvelle production de La Co[opéra]tive, avec l’Ensemble Il Caravaggio sous la direction de Camille Delaforge, Le Carnaval de Venise d’André Campra, fait escale à Tourcoing après Besançon, Compiègne, Grenoble et Sénart. Hasard du calendrier, ces deux représentations coïncident précisément avec le week-end du carnaval, dont les festivités restent particulièrement vivantes dans le Nord.

Créé en 1699 à l’Académie royale de Musique, cet opéra-ballet a été ressuscité en France en 1975 lors du Festival d’Aix-en-Provence, dans une mise en scène de Jorge Lavelli. Depuis, bien que certaines œuvres de Campra aient été reprises à l’occasion – notamment Les Fêtes vénitiennes en 2015 à l’Opéra Comique et Idoménée en 2021 à l’Opéra de Lille, toutes deux couronnées de succès – son nom demeure rare sur les scènes françaises. L’initiative de La Co[opéra]tive, qui a déjà mis en lumière des œuvres peu jouées comme Les Enfants terribles de Philip Glass ou la création comme Les Ailes du désir d’Othman Louati, mérite donc d’être saluée.

La mise en scène est confiée à Clédat & Petitpierre, « sculpteurs, performers, metteurs en scène et chorégraphes ». Pour leur première incursion dans l’opéra, ils proposent un univers poétique et coloré, peuplé de personnages de la commedia dell’arte. Tous les protagonistes sont vêtus de beaux costumes d’Arlequin et de Colombine, incarnant des figures symboliques des sentiments humains.

Dans un décor géométrique évoquant un jardin labyrinthique à la française, cinq Polichinelles occupent en permanence la scène, en étant tantôt acteurs, tantôt spectateurs. Présents dès avant le début du spectacle, ils observent le public s’installer, interagissant parfois avec lui. Ils interviennent également brièvement dans l’orchestre juste avant l’entracte, adressant des signaux aux musiciens tout en s’adressant à la salle. Ainsi, les Polichinelles jouent le rôle de passeurs entre la scène et le public, leurs regards se mêlant à ceux des spectateurs. Avant tout, « Ce qui nous touche particulièrement dans le Carnaval, ce n’est pas tant l’histoire […] mais plutôt tout ce qui est mis en place autour pour la raconter », affirme le duo comme l’idée conductrice de la mise en scène merveilleusement stylisé.

Elsa Dreisig à La Monnaie : l’art de la bonne chanson

par

Il est des jours où Cupidon ne manque jamais sa cible… En cette veille de Saint-Valentin, il fit aimer la musique même à ceux qui, peut-être, n’en voulaient rien savoir.

Il faut dire que le programme concocté ce 13 février par Elsa Dreisig et Romain Louveau était irrésistible. Fort bien construit, il prenait – qui l’eût cru ? – l’amour comme fil conducteur : Dichterliebe (Les Amours du poètes) de Robert Schumann et La Bonne Chanson de Gabriel Fauré, agrémentés de quelques extraits de Bilitis, poème en douze chants, de Rita Strohl et de deux pièces pour piano du compositeur contemporain Othman Louati.

Outre son charme naturel (qui ne la quitte jamais) et sa voix des grands jours (qui lui fait rarement défaut), la soprano franco-danoise s’était parée pour l’occasion d’une tenue de circonstance : une robe rouge-orangée aux grands cœurs. De quoi faire tomber en pâmoison le public de La Monnaie, que l’on sait pourtant exigeant.  

En première partie, les seize lieder du cycle schumannien défilèrent en l’espace d’un instant qui parut bien trop court. Les vers de Heinrich Heine, on le sait, content les amours déçues du poète avec sa cousine Amalie. Les quatre premiers poèmes relatent la naissance de l’amour, les cinquième et sixième l’éloignement de l’aimée, les trois suivants sa trahison, et les derniers le désespoir du poète. Le compositeur se les approprie pour clamer sa passion à celle qu’il convoite depuis toujours, Clara Wieck. “Je n’ai pas cessé d’être dans la crainte de ne pas arriver à temps auprès de toi”, soupire-t-il ; “une fois, j’ai cru que j’aillais trouver dans les journaux l’annonce de tes fiançailles. J’ai senti alors ma nuque comme tordue vers le sol, au point que j’ai crié tout haut.” Âgé de 30 ans, il peut enfin espérer l’épouser, au terme d’un procès engagé à l’encontre de son futur beau-père et qu’il vient de remporter. 1840 sera l’année la plus productive de sa carrière : outre Dichterliebe op. 48, qui constitue probablement le plus célèbre et le plus accompli des cycles romantiques, citons, parmi d’autres, Myrthen op. 25, les Liederkreise op. 24 et op. 39, et Frauenliebe und- leben (L’Amour et la vie d’une femme) op. 42. 

Marie-Laure Garnier, premier grand rôle sur les scènes françaises

par

Adapté du film de Wim Wenders, Les Ailes du désir le premier opéra d’Othman Louati offre à la soprano française Marie-Laure Garnier l’opportunité d’un premier grand rôle sur les scènes françaises. Elle interprétera Damielle, l’ange qui renonce à l’immortalité par amour.

Après ses débuts professionnels, dans rien de moins que La Walkyrie de Wagner (dans le rôle de Gerhilde, en janvier 2018), Marie-Laure Garnier chante ensuite Ygraine dans Ariane et Barbe-Bleue de Paul Dukas (avec Sophie Koch en 2019) et les deux productions toulousaines suivantes sont annulées pour cause de pandémie mondiale : Junon pour Platée de Rameau par Shirley et Dino (annulé en mars 2020) et le personnage du Chœur féminin pour Le Viol de Lucrèce de Britten par Anne Delbée (annulé en novembre 2020) et le Capitole l'engage également pour Elektra de Strauss par Michel Fau (rôle de servante, en juin-juillet 2021).
En 2019, Marie-Laure Garnier remporte la 1ère édition du Prix Voix des Outre-Mer et elle décroche en 2021 la récompense dans la catégorie Révélation Artiste lyrique aux Victoires de la Musique classique

 

La mezzosoprano Mathilde Ortscheidt 1er Prix du Concours Cesti

par

Au Concours Cesti d’Innsbruck, sans doute le plus important concours pour jeunes chanteurs baroques, c’est la mezzosoprano Mathilde Ortscheidt (France, °1990) qui a marqué le jury présidé par Sebastian Schwarz, intendant du Teatro Regio de Turin, et emporte le 1er Prix, après avoir été demi-finaliste au Concours Reine-Elisabeth cette année.

Depuis toujours portée par le désir d'explorer divers répertoires, la mezzo Mathilde Ortscheidt est régulièrement invitée en tant que soliste auprès d’ensembles baroques tels que les Arts Florissants, le Poème Harmonique, l'ensemble Correspondances ou encore avec Il Caravaggio, (notamment pour la production de La Morte di Lucrezia, de Montéclair).

On a également pu l'entendre en compagnie des Frivolités Parisiennes dans le rôle de la Troisième Elue (Là-Haut, de Maurice Yvain), dans la partie d'alto solo du Dixit Dominus de Vivaldi aux côtés de l’Orchestre de Chambre de Paris, sous la direction de Fabio Biondi, dans le rôle de La Mère (Celui qui dit oui de Kurt Weill) à la Maison de Radio France puis au Théâtre de Caen, et dans le rôle de Sesto pour une création de Frank Kawczyk autour de La Clémence de Titus à la Seine Musicale.

Par ailleurs très investie dans le champ de la musique contemporaine, elle crée le rôle de La Mère dans Celui qui dit non de Martin Matalon avec l’Orchestre Régional de Normandie sous la direction d’Olivier Opdebeeck (mise en scène de Dorian Rossel et Delphine Lanza) et, dans le cadre de l’Académie Ravel, deux mélodies du pianiste Jean-Baptiste Doulcet (cycle Glissements Progressifs du Désir).

C’est après des études de théâtre à l’ESCA (École Supérieure de Comédiens par l’Alternance) qu'elle a intégré la Maîtrise Notre-Dame de Paris et la classe de Rosa Dominguez, tout en participant aux classes de Margreet Honig, Regina Werner, Anne Le Bozec et Marcel Boone et Jennifer Larmore.

Outre sa participation au Concours Reine Elisabeth 2023, elle a reçu le Premier Prix Femme du Concours International de Chant Lyrique de Canari 2022, elle est lauréat du Concours Bellini (Prix de la Ville de Vendôme) et finaliste de l’audition annuelle de Génération Opéra. Elle est aussi lauréate, en 2022 et 2023, de la Fondation Royaumont, où elle a interprété le rôle de Pénélope dans Le retour d’Ulysse dans sa patrie.

Au cours de la saison 2023-24, elle se produit dans les rôles de La Mère et de la Directrice du Cirque dans la création Les Ailes du désir de Othman Louati (mise en scène de Johanny Bert), une création de la Co[opera]tive donnée à l'Opéra d'Angers-Nantes, aux opéras de Rennes, Dijon, Compiègne, ainsi qu'à Besançon, Tourcoing, Dunkerque et Quimper.
On l'entend également en tournée, de nouveau avec les Arts Florissants (Jephté et Motets de Carissimi) et avec l'ensemble Correspondances (programme Cupid and Death).