Résultats de la recherche pour : Pauline Oliveros

Pleins feux sur Pauline Oliveros

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Le Long Beach Opera a dévoilé son ambitieux programme 2025 entièrement consacré aux œuvres de la compositrice queer pionnière Pauline Oliveros.

James Darrah, directeur artistique du Long Beach Opera, a déclaré que le public aura la chance de découvrir le point de vue unique d'Oliveros sur l'opéra. « Nous avons vraiment commencé à penser que c'était une idée intéressante de montrer le travail audacieux et varié d'une femme, et qu'il n'y a pas deux pièces identiques », a déclaré Darrah.

Mme Darrah a décrit Mme Oliveros comme une artiste homosexuelle mexicaine-américaine de Houston (Texas), curieuse sur le plan musical, qui s'est finalement installée à San Francisco et a participé à la fondation du San Francisco Tape Music Center en 1962.

« Cette période est marquée par des pièces de théâtre passionnantes qui font appel à la danse, au son et à l'art visuel. Plus tard dans sa vie, certaines de ses pièces sont simples, dépouillées, avec une voix humaine ou un instrument, et des couches de son », a déclaré Mme Darrah.

Oliveros est également connue pour avoir créé une pratique appelée Deep Listening (écoute profonde) qui distingue l'écoute de l'audition. Cette pratique est enseignée dans les écoles, les ateliers et d'autres lieux de musique. Son travail s'étend sur plus de 50 ans. Elle est décédée en 2016.

Son partenaire de vie et de création, le dramaturge IONE, mettra en scène la dernière composition d'Oliveros, The Nubian Word For Flowers : A Phantom Opera....

Décès de Pauline Oliveros

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La musicienne américaine Pauline Oliveros est décédée à l’âge de 84 ans.
Compositrice férue de technologie et d'innovation, accordéoniste et figure de l’improvisation, elle a développé un concept artistique et spirituel d’écoute de la musique, le Deep listening, qui vise à s’intéresser aux conditions environnementales qui entourent le son.
Pauline Oliveros est née à Houston (Texas) en 1932. Très jeune, sa mère et sa grand-mère l’ont initiée à la musique et à la pratique du piano et du violon. Dans les années '60, elle a participé au développement de la musique minimaliste aux Etats-Unis et a fait partie du groupe fondateur du San Francisco Tape Music Center. Après avoir dirigé le Centre d'expérimentation musicale au sein de l’Université de Californie, elle a créé la Fondation Pauline Oliveros à New York, devenue le Deep Listening Institute en 2005. Son objectif était d’abolir les barrières qui entourent la création et l’innovation, une vision engagée de la musique qui allait de pair avec son fort engagement politique et féministe.

Donaueschinger Musiktage 2025 : un festival de création

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Mi-octobre à Donaueschingen, on frissonne sous le vent gris d’un automne où résonne, comme ailleurs, le repli sur soi d’un monde qui s’était voulu ouvert, qui maintenant cède au cri, à la colère, autojustifiée, déifiée et déconnectée de sa réalité biologique (l’émotion est un moteur d'action, un outil de communication et un moyen d'adaptation) : les tribuns des réseaux (ils n’ont plus rien de sociaux) abrutissent et outrancient, conspuent et excluent, bradent et liquident – la liberté, le climat, la solidarité, la science (au profit de l’eau de javel), le légitime, la culture. Emergeant de la grisaille que nos efforts clairsemés peinent à dégager, les moments consacrés à l’art viennent comme des îles : les Donaueschinger Musiktage sont une de ces oasis, à la fois institution ancrée dans l’histoire et ogive fureteuse et dénicheuse – un des rares festivals à accueillir de grands ensembles (le financement institutionnel) et à privilégier la création (l’ouverture). Plus que centenaire, c’est sa collaboration de 75 ans avec la radio SWR (Südwestrundfunk) qu’on fête cette année – une impulsion décisive en matière d’expérimentation musicale et de diffusion internationale.

L’ombre (simple) de Pierre Boulez

C’est Anthèmes I, pour violon seul, qui m’attire au premier événement du vendredi – dont je découvre, un peu distrait, l’essentiel du programme en prenant place à la Strawinsky Saal des Donauhallen : une cohorte de discours célébrant l’anniversaire – ma compréhension de la langue allemande étant ce qu’elle est, je me rabats sur le texte anglais contenu dans la bible du festival (un véritable livre de près de 300 pages) et vois ma patience récompensée par un bienvenu entracte entre causeries.

Pierre Boulez est coutumier des transformations et versions multiples de nombreuses de ses pièces – un retravail constant d’un matériel musical jamais définitivement figé, guidé notamment par l’évolution technologique ; ainsi, la partition du (court et réjouissant) Anthèmes I, qui date de 1991, se base sur un fragment de la partie de violon d’…explosante-fixe… et connaît une révision (et augmentation : la longueur de la pièce double) en 1994 à l’IRCAM, sous le titre d’Anthèmes II, version électroacoustique pour violon et électronique en temps réel (ordinateur et six haut-parleurs) – le titre se réfère à la fois au concept de « thème », à « anthem », composition de psaumes et d’hymnes des 16ème et 17ème siècles et au chrysanthème.

La fin des palabres est ponctuée par un avant-goût de la performance du soir (à laquelle je n’ai pas prévu d’assister) de la platiniste Mariam Rezaei, DJ anglaise férue de musiques nouvelles, d’expérimentation et d’improvisation, qui utilise un système digital de platines vinyles (deux ici, quatre à 23 heures) pour manipuler en temps réel un grand nombre de samples – pour l’occasion, des échantillons des archives SWR / Donaueschinger Musiktage : c’est la coloration hip-hop et musique de club qui me repousse.

Ruth Anderson, 5 ans

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Ruth Anderson (21 mars 1928 - 29 novembre 2019) était une compositrice, orchestratrice, enseignante et flûtiste américaine.

Evelyn Ruth Anderson, née à Kalispell, dans le Montana, est une compositrice de musique orchestrale et électronique. Sa formation s'est étendue sur deux décennies et s'est déroulée dans huit établissements différents. Tout au long de cette période, elle a reçu une multitude de prix et de bourses, notamment deux bourses Fulbright (1958-60) pour étudier la composition avec Darius Milhaud et Nadia Boulanger à Paris. Après avoir terminé ses études, Anderson a travaillé en tant que compositeur indépendant, orchestrateur et arrangeur de chorales pour NBC-TV, puis pour le Lincoln Center Theater.

Études post-secondaires
1949 - Bachelor of Arts, magna cum laude, Université de Washington
1951 - Maîtrise de lettres, Université de Washington
1958-60 - étudie avec Darius Milhaud et Nadia Boulanger à l'École américaine de Fontainebleau[3][4].
1962-63 - Graduate School de l'université de Princeton (l'une des quatre premières femmes admises)
1965, 1966, 1969 - Columbia-Princeton Electronic Music Center (aujourd'hui Computer Music Center)

Elle était une « compositrice électronique respectée » dont les œuvres ont été publiées sur le label Opus One, l'anthologie LP "pionnière " de Charles Amirkhanian New Music for Electronic and Recorded Media (1977), New World/CRI, Arch Records, et Experimental Intermedia (XI). D'autres travaux ont été publiés sur Arc Light en 2020.

Anderson a composé pour une multitude d'instruments et d'ensembles, y compris des orchestres et de la musique électronique. Son poème sonore I Come Out of Your Sleep (révisé et enregistré sur Sinopah 1997 XI) est construit à partir de phonèmes chuchotés extraits du poème « Little Lobelia » de Louise Bogan. Selon la compositrice, « un niveau dynamique très doux fait partie intégrante de cette pièce. Il est important de l'écouter telle qu'elle a été composée, près du seuil d'audition" Sa pièce de collage SUM (State of the Union Message) figure dans la collection Lesbian American Composers (1973 Opus One, rééditée en 1998 CRI : 780). SUM et DUMP (1970), également un collage sonore, sont ses pièces les plus connues. Elle a qualifié son étude du zen, commencée en 1990, de « prolongement naturel de ma musique », et a cité les compositrices Pauline Oliveros et Annea Lockwood comme ayant exercé une influence, notamment sur son intérêt pour la musique et la guérison.

Anderson a obtenu des diplômes de flûte et de composition à l'Université de Washington et a ensuite étudié avec Darius Milhaud et Nadia Boulanger dans les années 1950 et avec Vladimir Ussachevsky et Pril Smiley dans les années 1960 à l'Electronic Music Center de Columbia-Princeton. Elle a écrit qu'après avoir été confrontée à la manipulation de bandes magnétiques, elle s'est ouverte au potentiel de « tous les sons... en tant que matériau pour la musique ». En 1966, elle rejoint le personnel du Hunter College (CUNY), où elle crée l'Electronic Music Studio, et prend sa retraite en 1988.

Juste avant sa mort en novembre 2019, Anderson a approuvé les pressages d'essai d'un LP de ses œuvres, intitulé "Here" et publié par Arc Light Editions en février 2020. On y trouve : I Come Out Of Your Sleep ; SUM (qui utilise des échantillons de publicités télévisées pour imiter un discours du président Richard Nixon) ; Pregnant Dream (une collaboration avec la poétesse May Swenson) ; Points (construit entièrement à partir d'ondes sinusoïdales) ; et l'électroacoustique So What.

 

 

 

Donaueschinger Musiktage : musiques nouvelles ? 2022, année de transition

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Bien sûr, comparaison n’est pas raison (que vise au fond cet adage sot bien plus basé sur un jeu de sonorités -un bon point- que sur du sens ?) et 2021 est un anniversaire (séculaire) qui ne se répète pas chaque année, mais l’édition 2022 du Donaueschinger Musiktage, malgré, ou à cause de, sa bonne tenue, de ses habits de gendre du dimanche  -celui qui a son missel à lui à l’église (la blanche Christuskirche, éclairée de bleu pour une soirée Now Jazz d’improvisation si convenue qu’on y cherche encore la spontanéité, trop peu nourrie de la fraîcheur de la violoncelliste Tomeka Reid et de son instrument, gris marbre)-, de l’approfondissement du consensus par un public peut-être engourdi par la pandémie/la guerre/l’inflation, qui disperse son discernement au travers d’applaudissements amollis, cette édition donc, pourtant porteuse d’espoirs avec sa floppée de compositeurs à découvrir, sa dizaine de concerts, du plus petit (un inattendu duo de trombones) au plus grand effectif (l’Orchestre Symphonique de la SWR réparti en trois plateaux), son organisation soignée (un peu tatillonne, aux Donauhallen sous alerte policière, quant au type de sac interdit en salle mais parfois aussi banni du vestiaire -à caser alors dans le « blauer Bus » sur le parking (mais t’as vu la file ?), son environnement sympathique (la ville de Donaueschingen, qui vit, mange et dort ces jours-là au rythme des centaines de festivaliers), son public mi-cheveux blancs, mi-tignasses estudiantines (et quelques-uns entre les deux), ces Musiktage 2022 laissent un goût de trop peu : trop peu de cette folie qu’on décrie chez un Stephan Prins mais qui rafraîchirait n’importe quel mamelon du désert censé accueillir des jeux d’hiver, trop peu de ce courant d’air qu’on trouve dans les fulgurances d’un Jean-Luc Fafchamps quand il cherche où est la fin, trop peu de ces remises en cause plus que formelles auxquelles nous ont nourri (avec des bonheurs aléatoires) les Fausto Romitelli, John Cage ou Luigi Nono.

On sait que 2022, à Donaueschingen, est une année de changement de règne : exit Björn Gottstein, responsable d’une programmation qu’il n’est plus là pour mettre en œuvre et inxit Lydia Rilling, maman (en vrai et en congé parental) mais sans les rênes d’une édition où elle n’est pas, remplacée par Eva Maria Müller, souriante et sympathique mais difficilement accessible à ceux qui ne parlent pas l’allemand (le bilinguisme des annonces aide cette partie du public, qui se débrouille, parle des langues, mais pas toutes)- un air de flottement donc, à quoi on laisse l’année pour dissiper le brouillard et orienter la visée auditive vers ce que sont les musiques nouvelles aujourd’hui. A moins que… A moins que ces musiques nouvelles elles-mêmes… Que les compositeurs d’aujourd’hui… Un creux ? Une crise d’inspiration ? Une stagnation, un immobilisme, une posture figée, un garde-à-vous ? Mais non. Ils sont là, dans la salle peut-être, ceux qui rêvent d’innover, encore, qui débordent d’idées, dont certaines franchiront le stade de l’ébauche et s’épanouiront sur une scène (ou plusieurs), comme cette jeune espagnole, Ixta (du nom de ce volcan mexicain à la forme de femme endormie), qui étudie la composition à Linz, en Autriche, auprès de Carola Bauckholt, tient difficilement en place, note fébrilement ses pensées sur un petit carnet pendant le concert (« je compose à partir d’un narratif ») et assure, avec un large sourire, ironique et sérieux, qu’elle a « le prénom adéquat pour être célèbre ».

Superspectives, une histoire de musique et d’amitié

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Au 42 de la Montée Saint-Barthélemy, après une ascension qui rappelle l’intérêt des cinq fruits et légumes quotidiens (ajoutons-y quelques protéines pour muscler les mollets) -et qui culmine par une volée d’escalier qu’on devine dès qu’on atteint le perron de la Maison de Lorette), on débouche sur la Terrasse Nord, dont l’incomparable vue panoramique sur Lyon couronne tous les efforts -bon, le même bonheur est offert si on use du funiculaire et de l’ascenseur.

La Maison de Lorette, l’écrin d’un festival de musique, contemporaine et d’aujourd’hui

Pour un événement qui prend ses aises sur trois semaines et demie, le lieu a son importance et Superspectives a su choisir le sien -quoique… la petite histoire susurre au contraire que c’est l’édifice religieux (enfin, son propriétaire, les Œuvres Pontificales Missionnaires) qui, un jour, sollicite les Altercathos (allez prendre une limonade au café Le Simone, espace d’action et de coworking) pour brainstormer sur la façon de partager un peu plus ce lieu de prière, joliment lové dans le Jardin du Rosaire, au pied de la Basilique de Fourvière.

Un paquet d’idées, de l’enthousiasme et une montagne d’envies plus tard, démarre une première édition en 2019, suivie, eh bien d’une pandémie pendant laquelle on fait ce qu’on peut, d’un retour aux affaires en 2021 qui permet de repartir avec tous ses pieds et débouche sur une quatrième saison, prompte à affirmer le concept d’un événement qui, à l’heure où le mot effraie (et où on lui préfère le terme de musique de création), se sous-titre avec superbe « festival de musique contemporaine » --et dont la programmation se la joue d’autant plus vigoureusement éclectique qu’elle est à la fois ambitieuse et terriblement proximale.

On y repère les accointances des co-directeurs artistiques, leur goût pour les minimalistes (une « nuit blanche » en 2019, les Vexations contre le virus), les outsiders (Moondog, Frederic Rzewki, Dominique Lawalrée) ou les expérimentaux (Alvin Curran), les inspirations ethniques autant qu’électriques, en gros une ouverture qui laisse une place à l’académisme sans s’en s’empoussiérer -avec une proportion d’artistes venus de (ou passés par la) Belgique, moins curieuse quand on apprend qu’un des deux, lui-même pianiste, y a fait ses classes, et que ma sélection, de façon hasardeuse car elle se fait sur le programme autant qu’en fonction de l’opportunité, en met plusieurs en valeur.

Je ne vois donc pas les Glassworks qui ont popularisé le minimalisme américain, ni l’hommage à Erik Satie du Gavin Bryars de Jesus’ Blood Never Failed Me Yet, sans parler des Variations Goldberg de Jean Rondeau & Tancrède Kummer ou du flacon de cognac de Charlemagne Palestine (et son Bösendorfer Imperial), et fais connaissance avec l’atmosphère de Superspectives (tiens, le public de la contemporaine a pris un coup de jeune), installé sur la pelouse de la Maison de Lorette, à l’écoute du DJ set de Laura Lippie, zébré de Zazie qui parle dans le métro, un roman à la main, les yeux vaguant de la page à la ville jaune aux toits de tuiles rouges, à peine parsemée de trois ou quatre tours plus foncées dont le soleil se joue – et c’est le début de deux jours consacrés à l’ambient.

Éliane Radigue | Occam Océan à Luxembourg

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Un deuxième concert la même semaine, en cette période trouble, voilà de quoi être à la fête, d’autant plus que c’est l’occasion pour moi de découvrir ce « phare » du Kirchberg, fait de pierre de Bourgogne et de verre et né du crayon de Ieoh Ming Pei, l'architecte sino-américain de la pyramide du Louvre, spécialiste de la réconciliation du passé avec le futur.

C’est dans le cadre de l’exposition joints, voids and gaps, dédiée à l’artiste portugaise Leonor Antunes que prend place le concert (préférez le terme « sonic performance ») de ce dimanche, sous un soleil de printemps qui fait monter la température dans l’éclatante verrière du Henry J. and Erna D. Leir Pavilion, au Musée d’Art Moderne Grand-Duc Jean (préférez le terme « Mudam Luxembourg »). Le public est compté -prudence contaminante oblige-, disposé en cercles concentriques au sein même de l’installation (préférez le terme « expanded sculptural objects ») d’Antunes, faite de cordes de coton, d’acier, d’aluminium et de laiton -pas touche ! on évite d’emmêler les pinceaux - et s’évente, le regard circulaire et appréciateur, jusqu’à l’entrée sur scène (en fait, le devant de l’escalier) des Chevaliers d’Occam. Car c’est ainsi qu’Eliane Radigue (°1932) surnomme, avec une certaine affection, les instrumentistes qui, depuis dix ans maintenant, collaborent avec elle pour Occam Océan, vaste cycle d’œuvres instrumentales, inspiré initialement d’une imposante fresque murale accrochée au Los Angeles Museum of Natural History et qui figure, dans l’ordre décroissant, le spectre des ondes électromagnétiques connues.