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Le retour de "Cendrillon" de Pauline Viardot

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Les 27 et 28 décembre, le Teatro de la Maestranza de Séville présentera Cendrillon, l'opéra de chambre en trois actes sur une musique et un livret de Pauline Viardot, d'après le célèbre conte de Perrault. Cette production, qui s'inscrit dans le cycle Jeune Public du théâtre de Séville, sera proposée comme une approche de l'opéra pour tous les publics. L'œuvre, créée au Salon Viardot de Paris en 1904, reviendra à la Maestranza en coproduction avec le Teatro Real de Madrid, le Teatro Cervantes de Málaga et la Fundación Ópera de Oviedo.

Francisco Soriano sera chargé de la direction musicale, tandis que Guillermo Amaya assurera la mise en scène. La distribution, composée de jeunes talents, comprend Alejandra Acuña (Cendrillon), Javier Povedano (Baron de Pictordú), Francisco Gracia (Prince Charmant), Juan Ramos (Comte Barrigulo), Miriam Silva (Fée), Paola Leguizamón (Armelinda) et Vanessa Cera (Miguelona).

La production se distingue par son approche narrative, dans laquelle un groupe d'enfants, lors d'une visite au musée, trouve un livre magique qui les transporte dans la maison de Pauline Viardot. Cette production a été présentée pour la première fois à Séville en 2021, à l'occasion du bicentenaire de la naissance de Viardot, mezzo-soprano, pédagogue et compositrice d'origine espagnole, fille du ténor et compositeur Manuel García et sœur de la célèbre soprano María Malibrán.

Pauline Viardot et les compositrices de son temps

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L'Institut Français de Madrid annonce la venue la semaine prochaine de la pianiste Isabel Dobarro et du violoniste Miguel Borrego pour un programme à la compositrice franco-espagnole Pauline Viardot et la musique d'autres compositrices de son époque.

Le programme cherche à mettre en lumière la grande qualité compositionnelle de cette figure essentielle de l'histoire de la musique du XIXe siècle, une femme qui représentait un cosmopolitisme musical unique et servait de pont entre les cultures française et espagnole. Le tout accompagné d'œuvres d'autres compositrices, dont la compositrice française Lili Boulanger (1893-1918), première femme à remporter le Prix de Rome. Un programme d'une grande variété et d'une grande beauté pour donner raison à ces grandes femmes de la musique classique.

Pauline Viardot, 200 ans et tout un projet

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La mezzo et compositrice Pauline Garcia, connue sous le nom d'épouse Viardot, est née le  à Paris où elle est décédée le .

Fille du ténor, pédagogue et compositeur Manuel García, sœur de María Felicidad García, María Malibrán, et de Manuel Patricio García, elle se pose naturellement parmi  les figures féminines mythiques de son époque. Nous vous suggérons de retourner au portrait que lui a consacré en nos pages Anne-Marie Polomé.

Familière de Chopin, Sand, Turgenev, Liszt... Pauline Viardot était aussi professeur de chant et compositeur. Beaucoup moins connue, cette dernière activité est à l'origine du  "Projet Pauline Viardot" promu par le pianiste andalou Francisco Soriano dont l'ambition est de mettre en lumière les chansons et les œuvres lyriques de chambre -avec un accent particulier sur le moins connu, ses chansons en langue espagnole. Soriano, professeur de répertoire vocal au Conservatorio Superior "Manuel Castillo" de Séville, a découvert le travail de Pauline Viardot en Pologne -où elle a fréquenté l'Institut Fryderyk Chopin- dans le cadre d'une collaboration avec des artistes polonais qui est à l'origine de l'enregistrement chez DUX des 12 mazurkas de Chopin dans une version pour voix et piano avec un texte en français de Viardot. Cette découverte de l'œuvre de Viardot l'a fasciné et son lien avec l'Espagne et Séville ont fait le reste. Le projet est diversifiés.

"L'andalousie au cœur" vise à rassembler une partie du répertoire méconnu créé par Pauline Viardot, ses chansons en espagnol dont les manuscrits inédits se trouvent dans les archives de la Houghton Library de l'Université de Harvard. Si Francisco Soriano est le directeur artistique du projet, il s'est acquis la collaboration du critique musical Andrés Moreno Mengíbar, du musicologue Miguel López, de la soprano Natalia Labourdette et de la mezzo Helena Resurreçao avec pour résultats, déjà, les "Recitales líricos 2021" prévus à Séville, Madrid, Cádiz, puis en tournée.

Autre temps fort du Projet Viardot, la représentation de son opéra de chambre Le dernier sorcier, une histoire à forte composante surnaturelle -fées, elfes et sorciers- dont la musique est influencée par ses contemporains Offenbach, Meyerbeer et Gounod.
Soriano est co-éditeur avec José Manuel Martínez du manuscrit original inédit qui se trouve à Harvard, et il a dirigé la première reprise de celle-ci au Teatro Villamarta de Jerez (2018). Le dernier sorcier est présenté cette année, en co-production, aux Festivals del valle d'Itria, Little Opera de Zamora et Museg 2021 à Segovie. On l'attend à l'Opéra Royal Wallonie Liège en janvier 2022.

Quant à son opéra de chambre Cendrillon, il est intégré au projet aussi : présenté il y a plusieurs années au Teatro Villamarta de Jerez et au Gran Teatro Falla de Cádiz, il est prévu dans le projet de studio d'opéra du Teatro Real en coproduction avec la Maestranza de Séville, le Cervantes de Málaga et la Fundación Ópera de Oviedo.

 

 

Compositrices du XIXe siècle : Louise Héritte-Viardot, fille aînée de Pauline Viardot

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Suite des portraits de compositrices du XIXe siècle avec Louise Héritte-Viardot, fille aînée de Pauline Viardot.

A l’époque de Louise Héritte-Viardot, l’art, et en particulier la composition, sont des bastions masculins. La citation suivante est éclairante à ce sujet.

Dans un transport d’admiration, Camille Saint-Saëns se serait un jour exclamé, : Quelle bévue a commise le bon Dieu lorsqu’il a fait de Louise une femme ! Elle possède les dons naturels, l’intelligence éclairée, la largeur de vues, l’érudition et la force de caractère d’un homme vraiment supérieur. Et comme artiste ! Et comme compositeur ! (…) Quelle inspiration, quel talent, quelle puissance, quelle technique, quel profond savoir, quelle originalité (parfois subversive) se dégagent de chacune de ses œuvres ! Réellement, le bon Dieu s’est étrangement trompé, car si Louise était un homme, son génie produirait, dans la musique, une véritable révolution.

Comment a résisté cette femme portant aussi le poids d’un héritage familial hors normes ?

L’enfance

Louise Pauline Marie Viardot (Paris 14 décembre 1841 – Heidelberg 17 janvier 1918) est la fille aînée de Pauline et Louis Viardot. Son enfance l’a bouleversée et a marqué toute sa vie. Pauline, sa maman qui vient de se marier, doit se faire connaître aussi bien en France, où la concurrence est rude, qu’à l’étranger. Il est difficile pour une cantatrice de se faire un nom, surtout si elle doit se différencier d’une sœur décédée au sommet de son talent. Au début, la comparaison avec sa sœur Maria Malibran est oppressante. Elle a 20 ans quand naît Louise. Dans ses lettres, elle écrit qu’elle se désole de ne pas voir Louisette, de ne pas être présente pour lui faire des câlins ou l’embrasser le soir. Elle n’a pas le choix. A ce moment, pour elle et son mari, la vie est une perpétuelle course à travers l’Europe. La carrière prime et les parents ne renoncent à rien pour Louise. Elle le leur reprochera toute sa vie, persuadée, de plus, que si ses parents la délaissent, c’est parce qu’elle n’est qu’une fille  !

Compositrices du XIXe siècle : Pauline Viardot

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Après Maria Malibran, la série consacrée aux compositrices du XIXe siècle se poursuit avec un portrait de Pauline Viardot.

Michelle Ferdinande Pauline García, connue sous le nom de Pauline Viardot (Paris 18 juillet 1821 – Paris 18 mai 1910)

Bien après sa naissance, son professeur de piano, Franz Liszt, écrit : Elle naquit dans une famille où le génie semblait héréditaire . Pour que le génie fasse éclore ses talents, il doit être cultivé sur un terreau fertile et c’est le cas de Pauline Viardot-García. 

Elle est bien entourée pour sa première apparition publique, son baptême, lorsqu’elle a 6 semaines. Comme parrain, ses parents ont choisi le compositeur italien Ferdinando Paër, directeur du Théâtre-Italien de Paris et de la musique du roi et, comme marraine, la Princesse Praskovia Galitzina (ou Golitsyna), une aristocrate d’origine russe, figure majeure de la haute société parisienne, qui tient salon et encourage les artistes. Pauline, comme on l’appelle désormais, baigne déjà dans un monde cosmopolite.

Quand elle naît, son frère Manuel a 16 ans et sa sœur Maria 13. « Paulita » amuse la famille avec ses mots d’enfants, sa douceur et son caractère facile. Pour son père, elle est un petit miracle et il la traite avec bien plus de tendresse et de délicatesse que les deux aînés. Elle est de tous les déplacements et spectatrice des prouesses des membres de la famille. Toute petite, elle assiste aux débuts de sa sœur, d’abord en cercle fermé à Paris, puis sur scène, à Londres. 

A 4 ans, elle est témoin du premier opéra chanté en italien à New York, sur la plus grande scène du continent, le Park Theatre. Il s’agit de Il barbiere di Siviglia, ossia L’inutile precauzione de Gioachino Rossini avec, dans le rôle du comte Almaviva écrit pour lui, son père (le ténor Manuel García) et dans celui du barbier Figaro, son frère Manuel. Sa mère joue le rôle de Berta, une vieille gouvernante, et Maria, sa sœur de 17 ans, celui de Rosine, une jeune et riche élève. Les autres membres de la troupe sont des Italiens. Les opéras de l’époque se terminant très souvent par la mort violente d’un héros, la petite ne peut s’empêcher de pousser des cris de terreur. Toutes les représentations auxquelles j’ai assisté dans ma prime enfance se sont terminées de la même façon dramatique pour moi, écrit-elle.

Cecilia Bartoli en Pauline Viardot

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Directrice artistique du Festival de Pentecôte de Salzbourg depuis 2012, Cecilia Bartoli le restera jusqu'en 2026. L'annnonce est officielle.

Quant à l'édition 2020, elle sera dédiée à la mezzo-soprano et compositrice française Pauline Viardot (Pauline Garcia, 1821-1910).
Fille du ténor sévillan Manuel García et sœur de María Malibrán, Pauline Viardot fut une grande interprète de Meyerbeer, Rossini, Saint-Saëns, Massenet, Gounod, Fauré, etc.
Une partie de son répertoire de prédilection sera intégrée au programme de Salzbourg, tel  Don Pasquale (Donizetti) dont elle était Norina à Saint-Pétersbourg en 1845, introduisant pour l'occasion des cadences et des variantes que reprendra Bartoli. Il y aura aussi l'Orphée de Gluck dans la révision que Berlioz lui a préparée, la Rhapsodie pour Contralto de Brahms que Viardot a créée en 1870 et un gala dédié à la famille García où l'on trouvera avec Varduhi Abrahamyan (Pauline Viardot), Cecilia Bartoli (María Malibrán) et Javier Camarena (Manuel García).

Une Cendrillon de… Pauline Viardot

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Pauline Viardot, la fille du ténor Manuel Garcia et la sœur de Maria Malibran, doit sa renommée à sa voix somptueuse de mezzo-contralto qui l’amena à créer la Fidès du Prophète de Meyerbeer, la Sapho de Gounod, l’oratorio Marie-Magdeleine de Massenet et la Rhapsodie pour contralto de Brahms. Mais sait-on qu’elle consacra une partie de sa carrière à la composition de romances et d’opéras-comiques sur des livrets de son ami intime Ivan Tourgueniev ? A l’âge de quatre-vingt-trois ans, elle élabora elle-même le texte et la musique pour une Cendrillon en trois tableaux qui fut créée à Paris, dans les salons de Mme Mathilde de Nogueiras, le 23 avril 1904.

Pauline, ou l'intelligence artificielle au service de la découverte musicale

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Il y a deux manières d'envisager l'arrivée massive de l'intelligence artificielle dans nos vies culturelles. La première — la plus visible, la plus anxieuse — consiste à voir partout des menaces : la créativité humaine remplacée, les voix singulières dissoutes dans une moyenne algorithmique, les œuvres patrimoniales noyées dans un océan de contenu généré sans discernement. Cette inquiétude n'est pas illégitime. Quand les grandes plateformes de streaming proposent à un auditeur une playlist de « musique classique pour étudier » qui mélange Brahms, Einaudi et de la nappe d'ambiance électronique vendue comme "nouveau classique", elles ne servent ni la musique, ni l'auditeur, ni les compositeurs.

Mais il existe une seconde voie, moins commentée, plus exigeante. Elle consiste à se demander ce que l'on peut construire avec ces outils quand on les met au service d'une mission éditoriale claire — quand on refuse de leur abandonner le pilotage et qu'on en fait, à l'inverse, des amplificateurs de l'intention humaine. C'est cette seconde voie que Crescendo Magazine a choisi d'explorer avec Pauline.

Pauline est une application web gratuite, libre d'accès, sans publicité ni tracking. Elle propose à chaque visiteur de lui confier un, deux, trois noms qu'il aime déjà — Mozart, Sibelius, Cécile Chaminade — et lui suggère des compositeurs proches par l'époque et l'esthétique, en privilégiant systématiquement les voix féminines et les artistes méconnu·es. Plus de 600 compositrices et compositeurs habitent aujourd'hui sa base, couvrant neuf siècles de création et plus de quatre-vingt-dix nationalités. Une frise chronologique permet de remonter le temps, une carte de naviguer par géographies. Un dialogue avec Pauline, mené par une intelligence artificielle, répond aux questions sur le répertoire. Un programme de concert personnalisé peut être généré à partir de vos affinités. À partir de chaque compositeur découvert, il est possible d'écouter la musique en se rendant sur YouTube, de se documenter grâce aux articles de Crescendo et de rechercher des concerts programmant les œuvres que l'on vient de découvrir. Le nom de l'application rend hommage à Pauline Viardot (1821–1910), cantatrice et compositrice franco-espagnole oubliée des manuels et pourtant figure essentielle de la vie musicale européenne du XIXᵉ siècle.

La Villa Viardot enrichie d'un legs

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Une descendante du chanteur d’opéra Manuel Garcia lègue à l’institution un remarquable fonds d’archives du XIXe siècle, parsemé de documents sur Pauline Viardot et sa sœur Maria Malibran.

Jorge Chaminé l’avoue: Avec la Villa Viardot, qui fut un combat de vingt-trois ans, nous sommes allés de surprise en surprise. Pour le président fondateur du Centre européen de musique (CEM), la dernière fut le dépôt de la Memorabilia Garcia, afin que cette dernière puisse être présentée à la Villa nouvellement restaurée.
Lorsque Diana Garcia, arrière-arrière-arrière-petite-fille du chanteur d’opéra Manuel Garcia (le père de Pauline Viardot), vivant au Canada, a eu connaissance de notre action et de la renaissance de la villa, elle nous a contactés pour nous proposer la collection dont elle avait hérité. C’est une collection exceptionnelle d’items, dont certains sont dans la famille depuis plus de deux cents ans, et qui n’a jusqu’ici jamais été exposée.»

Parmi ces objets et documents inédits, plusieurs traités de chant et de musique (dont une édition originale de L’Art du chant, par Manuel Garcia), des albums de coupures de presse…

La Villa Viardot sauvée par le Loto Patrimoine

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Edifiée en 1830, cette demeure de style néo-classique doit à la présence de fresques néo-pompéiennes son inscription au titre des monuments historiques.
Elle fut acquise en 1874 aux deux-tiers par Ivan Tourgueniev qui en avait l’usufruit, l’autre tiers étant payé par les époux Viardot.
Désireux de vivre auprès de ses amis, l’écrivain russe se fit construire une datcha dans le parc avoisinant, transformée en musée en 1983.
Pauline résida dans sa villa jusqu’en 1883, année de la mort de Louis, son mari, et de Tourgueniev.

On se souvient que, abandonnée fut d'abord vouée à la démolition après avoir été dans les années 1950 habitée par l’actrice Gaby Morlay
La maison doit à l’obstination de l’Association des Amis d’Ivan Tourguéniev, Pauline Viardot et Maria Malibran (ATVM) puis à la volonté de Jorge Chaminé, baryton et président-fondateur du Centre européen de musique (CEM), d’avoir échappé à la destruction.

Sa réouverture est prévue les 16 et 17 septembre prochains à l’occasion des journées du Patrimoine. Sous l’impulsion de la nouvelle équipe des Amis de Georges Bizet (qui vécut à proximité de la villa Viardot la dernière année de sa vie, de 1874 à 1875), un festival ambitionne de revenir aux sources de la musique du XIXe siècle, « à l’instar de l’hôtesse de la Villa qui, en son temps, faisait renaître les maîtres anciens ».

A cette initiative, s’ajoute un projet d’enregistrement de l’intégrale des mélodies de Georges Bizet sur pianos d’époque. Elle devrait prochainement exposer  la « Mémorabilia García », la collection de Diana García, arrière-arrière-arrière-petite-fille de Manuel García, le ténor légendaire, créateur du Comte Almaviva dans Il barbiere di Siviglia de Rossini, père de Pauline Viardot et Maria Malibran acquise récemment par le CEM.

(d'après Forum Opera)