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Peter Jarůšek, Martinů avec le Quatuor Pavel Haas

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Le Pavel Haas quartet est le récipiendaire d’un ICMA 2026 dans la catégorie “musique de chambre” pour un enregistrement des Quatuors n°2, n°3, n°5 et n°7 de Martinů pour Supraphon. Le jury note à propos de cet album “les musiciens réussissent magistralement à révéler les caractères très différents des Quatuors n°2, 3, 5 et 7. Les enregistrements capturent toute la gamme des émotions contenues dans les pièces, de la tension énergique à la mélancolie lyrique”. Peter Jarůšek, violoncelliste du Quatuor Pavel Haas nous donne des précisions sur cet album et sur l’interprétation des quatuors de Martinů.  

Votre album comprend les quatuors n°2, n°3, n°5 et n°7  de Martinů. Je suppose que c'est la première étape vers un enregistrement complet ?

Ce n'est pas le cas ! L'idée initiale de jouer l'intégrale des quatuors de Martinů est venue du directeur du Wigmore Hall, John Gilhooly. Il nous a demandé de jouer les sept quatuors de Martinů au Wigmore Hall. Cette idée est née avant la Covid. Puis certains concerts ont été annulés, et nous avons donc commencé il y a près de huit ans. L'étude et l'interprétation des quatuors de Martinů ont été très intenses, mais nous avons ensuite réalisé que sept quatuors représentaient vraiment un travail colossal. Ce sont des pièces extrêmement difficiles, nous avons donc décidé de n'en enregistrer que quatre. Nous voulions présenter des quatuors très contrastés de Martinů, c'est pourquoi nous avons choisi d'enregistrer les numéros 2, 3, 5 et 7. Qui sait, peut-être compléterons-nous le cycle ou ses quatuors à l'avenir, mais ce n'est pas encore prévu, donc tout est possible. Ce fut une période très passionnante et très intense avec les œuvres de Martinů. Comme je l'ai déjà dit, ces pièces, et celles de Martinů en général, sont extrêmement difficiles, tant sur le plan technique que musical, en particulier pour le jeu d'ensemble, et pas seulement pour la structure individuelle.

Que représentent ces quatuors pour vous dans le corpus de la musique tchèque ? Quelles sont leurs qualités musicales ?

Martinů possède en général un langage musical extrêmement riche. Il combine le style néoclassique, la polyrythmie et la polyharmonie. Il expérimentait beaucoup, ce qui donne une structure très riche. Ses œuvres sont très souvent basées sur des formes pseudo-baroques. Il aimait le jazz, surtout dans les années 20, bien sûr, c'était très à la mode. Son rythme et son harmonie sont identifiables, je reconnaîtrai toujours Martinů quand j'entendrai l'une de ses pièces. Je ne peux pas dire qu'il soit très tchèque même si dans ses dernières œuvres, il revient à une esthétique tchèque très mélodique plus proche du style de Dvořák, mais toujours avec ses harmonies et surtout son rythme vif et presque déraisonné. Très souvent, le premier temps ne signifie rien. Le premier temps est très souvent le premier temps de la phrase. Mais dans sa musique, il faut juste reconnaître et vraiment analyser si la phrase peut commencer à partir du quatrième temps ou si elle peut commencer après le deuxième temps. Comme si le deuxième temps était la fin de la phrase. C'est donc un peu comme des mesures, comme ces lignes, qui ne signifient fondamentalement rien. Mais quoi qu'il en soit, Martinů, encore une fois, même pour les Tchèques est un artiste si singulier. Janáček est également très différent et on ne peut comparer Janáček à personne d'autre. Certains diront que Martinů a un peu de Prokofiev ou de Stravinsky, mais je ne dirais pas cela. Martinů est singulier et c'est pourquoi, toutes ces années, nous avons joué et nous continuerons à jouer ses quatuors, qui sont des pièces vraiment passionnantes.

Vous avez joué ces quatuors à de nombreuses reprises en concert avant de les enregistrer. Est-il important pour vous de vous familiariser avec les partitions avant de les enregistrer ?

C'est la chose la plus importante, maintenant, si on compare avec d'autres genres musicaux, comme la musique pop. Les gens se retrouvent en studio, le producteur mixe les sons, puis on part en tournée. C'est le processus inverse, vous voyez, nous devons vraiment, et nous avons toujours voulu préparer l'enregistrement  de nos albums. Nous avons besoin des concerts, nous avons besoin des périodes de répétition, puis, avant les sessions d'enregistrement, nous avons besoin d'au moins dix jours pour nous concentrer uniquement sur cette pièce. Donc, le processus avant l'enregistrement consiste à donner quelques concerts. Sans les concerts, vous ne pouvez pas gagner en intensité et en compréhension intime de la musique. 

Pavel Haas, 80 ans

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Pavel Haas, né le 21 juin 1899 à Brno, est le fils d'un cordonnier juif.

En 1913, il entre à l'école de musique de la « Beseda Brněnská » à Brno, où il suit des cours de piano et de théorie musicale jusqu'en 1916. C'est déjà à cette époque qu'il écrit ses premières compositions.
En 1917, il est enrôlé comme soldat dans l'armée royale et impériale.. Ce n'est qu'en 1919 qu'il put poursuivre sa formation au Conservatoire de Brno nouvellement fondé par Leoš Janáček.
De 1920 à 1922, il étudie la composition dans la classe de maître de Leoš Janáček. Il est considéré comme l'élève le plus important de ce dernier.
Haas travaille d'abord dans le magasin de chaussures de son père et, pendant une courte période, comme répétiteur d'opéra à Brno et à Sarrebruck. Par l'intermédiaire de son frère Hugo, un acteur à succès, il est entré au théâtre de Brno, pour lequel il a composé quelques musiques de scène dans les années 1920. Dans les années 1930, Haas créa ensuite de la musique pour des films dans lesquels son frère jouait.
À partir de 1935, il fut professeur privé à l'école supérieure de Brno et compositeur indépendant avec des commandes pour des ensembles renommés.
Après la mort de Janáček, Haas lui succède en 1929 à la tête de l'Association morave des compositeurs.

Le 15 mars 1939, les troupes allemandes envahissent la Tchécoslovaquie. Peu après, la musique de Haas est interdite en raison de ses origines juives et il est lui-même interdit d'exercer. Le 2 décembre 1941, il fut déporté au camp de concentration de Theresienstadt, où il rencontra d'autres compositeurs (Hans Krása, Victor Ullmann). Les conditions insupportables du camp ont complètement paralysé sa création artistique. Le pianiste Gideon Klein parvint finalement à le stimuler à nouveau pour la création musicale. Sur les au moins huit compositions qu'il a écrites à cette époque, seules trois ont été conservées : l'étude pour orchestre à cordes, les Quatre chants d'après des paroles de poésie chinoise et Al S'fod.
Après l'action de propagande de la visite du « camp modèle » par la Croix-Rouge internationale le 23 juin 1944, les nazis ont finalement interdit toute activité artistique et déporté le 16 octobre de nombreux artistes vers le camp d'extermination d'Auschwitz, parmi lesquels Pavel Haas, où il a été assassiné l'un des jours suivants.
Sa musique est d'abord tombée dans l'oubli et n'a été redécouverte que 50 ans plus tard, petit à petit.

 

 

 

 

Pavel Haas, 80 ans

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Pavel Haas (né le 21 juin 1899 à Brünn, mort le 17 octobre 1944 à Auschwitz) est un compositeur tchèque.

Pavel Haas a reçu sa première véritable éducation musicale à 14 ans à Brünn puis de 1919 à 1921, il a étudié la composition au Conservatoire de Brünn avec Jan Kunc et Vilém Petrželka et ensuite deux années à l'école de musique de Leoš Janáček.

Assez critique vis-à-vis de lui-même, Haas a accordé un opus à seulement 18 des 50 œuvres qu'il a composées en vingt ans, les considérant comme achevées. Alors qu'il travaillait encore dans le commerce de son père, il a écrit des œuvres de toutes sortes : des œuvres symphoniques, de la musique pour piano, des œuvres chorales, des Lieder, de la musique de chambre, de la musique de film et de scène ainsi qu'un opéra, Scharlatan. Sa musique, qui plonge ses racines en Bohême et en Moravie, est parfois colorée de mélodies hébraïques.

En décembre 1941, Haas est déporté au camp-ghetto de Theresienstadt. Il y a composé au moins huit œuvres, dont les Quatre Lieder d'après des poésies chinoises (Vier Lieder nach Worten chinesischer Poesie) et son Étude pour orchestre à cordes. Des extraits de cette Étude, dirigée par Karel Ančerl, figurent dans le film de propagande nazi Theresienstadt réalisé sur l'ordre des nazis par Kurt Gerron. Pavel Haas a été gazé un jour après son arrivée au camp d'Auschwitz en octobre 1944.

Sa grande Symphonie reste inachevée. Elle a été complétée en 1994 par Zdeněk Zouhar en respectant son style.

Il est le frère de l'acteur, producteur, réalisateur et scénariste Hugo Haas (1901-1968).

 

Pavel Haas, 125 ans

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Pavel Haas, né le 21 juin 1899 à Brno, est le fils d'un cordonnier juif.
En 1913, il entre à l'école de musique de la "Beseda Brněnská" à Brno, où il suit des cours de piano et de théorie musicale jusqu'en 1916. C'est déjà à cette époque qu'il écrit ses premières compositions.
En 1917, il est enrôlé comme soldat dans l'armée royale et impériale.
Ce n'est qu'en 1919 qu'il put poursuivre sa formation au Conservatoire de Brno nouvellement fondé par Leoš Janáček.
De 1920 à 1922, il étudie la composition dans la classe de maître de Leoš Janáček. Il est considéré comme l'élève le plus important de ce dernier.
Haas travaille d'abord dans le magasin de chaussures de son père et, pendant une courte période, comme répétiteur d'opéra à Brno et à Sarrebruck. Par l'intermédiaire de son frère Hugo, un acteur à succès, il est entré au théâtre de Brno, pour lequel il a composé quelques musiques de scène dans les années 1920. Dans les années 1930, Haas créa ensuite de la musique pour des films dans lesquels son frère jouait. À partir de 1935, il fut professeur privé à l'école supérieure de Brno et compositeur indépendant avec des commandes pour des ensembles renommés.
Après la mort de Janáček, Haas lui succède en 1929 à la tête de l'Association morave des compositeurs.
Le 15 mars 1939, les troupes allemandes envahissent la Tchécoslovaquie, peu après, la musique de Haas est interdite en raison de ses origines juives, lui-même est interdit d'exercer. Le 2 décembre 1941, il fut déporté au camp de concentration de Theresienstadt, où il rencontra d'autres compositeurs (Hans Krása, Victor Ullmann).

Les conditions insupportables du camp ont complètement paralysé sa création artistique. Le pianiste Gideon Klein parvint finalement à le stimuler à nouveau pour la création musicale. Sur les au moins huit compositions qu'il a écrites à cette époque, seules trois ont été conservées : l'étude pour orchestre à cordes, les Quatre chants d'après des paroles de poésie chinoise et Al S'fod.
Après l'action de propagande de la visite du "camp modèle" par la Croix-Rouge internationale le 23 juin 1944, les nazis ont finalement interdit toute activité artistique et déporté le 16 octobre de nombreux artistes vers le camp d'extermination d'Auschwitz, parmi lesquels Pavel Haas, où il a été assassiné l'un des jours suivants.
Sa musique est d'abord tombée dans l'oubli et n'a été redécouverte que 50 ans plus tard, petit à petit.

 

 

Remaniement au Pavel Haas Quartet

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Du fait de la grave maladie d'un de ses proches, l'altiste Pavel Nikl, membre fondateur de l'ensemble, a dû prendre la difficile décision de quitter le quatuor.
C'est Radim Sedmidubský, membre jusqu'ici du Skampa Quartet et ami de longue, qui rejoint dès maintenant le Pavel Haas Quartet.
L'altiste tchèque Radim Sedmidubský a co-fondé le Skampa Quartet en 1989. Il a joué avec des ensembles tels que le Keller, l'Endellion et le Borodine Quartets, donné des cours de musique de chambre partout dans le monde et, en 2001, il a été nommé professeur invité de musique de chambre à la Royal Academy of Music de Londres.
Un remplacement que Pavel Nikl applaudit: "C'est un grand interprète et un ami durable. Il a étudié comme moi avec le professeur Milan Skampa et il partage notre philosophie et nos valeurs musicales".

Hans Winterberg, le musicien oublié

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Hans Winterberg (1901 – 1991) : Trio pour clarinette, violoncelle et piano ; Suite pour violon et piano ; Suite pour trompette et piano n° 2 ; Dort und Hier, pour soprano et trio avec piano ; Suite pour clarinette en si bémol et piano ; Sudeten-Suite, pour violon, violoncelle et piano. Adele Bitter, violoncelle ; Holger Groschopp, piano ; Clemens Linder, violon ; Stephan Mörth, clarinette ; André Schoch, trompette ; Ania Vegry, soprano. 2023-2024. Livret en allemand et en anglais. 70'10. EDA Records EDA 053.

Des paysages intérieurs pour le premier album du Quintette Alinde

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Inscape. Pavel Haas (1899-1944) : Quintette à vent op. 10. Dmitri Chostakovitch (1906-1975) : Quatuor à cordes n° 8 en do mineur op. 110, arrangement pour quintette à vent par Mark A. Popkin. Pēteris Vasks (°1946) : Quintette à vent n° 2. Jan Novák (1921-1984) : Concertino pour quintette à vent. Quintette Alinde. 2025. Notice en anglais, en allemand et en tchèque. 58’ 52’’. Supraphon SU 4373-2

Gideon Klein, 105 ans

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Gideon Klein, né le  à Přerov et mort le  au camp de concentration de Fürstengrube, est un compositeur, pianiste et musicologue tchèque mort à l'âge de 25 ans.

Gideon Klein a commencé à apprendre le piano à onze ans avec Růžena Kurzová. Il a donné son premier concert à 14 ans. En 1938 il se rend à Prague et y fréquente la Masterclass de piano de Vilém Kurz. Une carrière de pianiste se dessine alors. Il poursuit parallèlement des études de théorie musicale et obtient son diplôme en 1939. Il est ensuite l'élève de Alois Hába pour la composition.

L'occupation nazie en 1940 met fin à ses études. En tant que juif, Klein est empêché de se rendre à la Royal Academy of Music à Londres pour étudier et ne peut se produire comme pianiste en public. En 1941, il se produit néanmoins sous le pseudonyme de Karel Vranek et aussi dans des cercles privés.

En , il est déporté au camp ghetto de Theresienstadt. Avec des musiciens comme les compositeurs Hans Krása, Viktor Ullmann et Pavel Haas, le chanteur Karel Berman, le pianiste et chef d'orchestre Rafael Schächter ou le futur chef d'orchestre de la Philharmonie tchèque Karel Ančerl, il est un acteur important de la vie culturelle du camp, instrumentalisée à des fins de propagande. Son œuvre désormais perdue Die Pest (La peste), un cycle de 4 Lieder sur des poèmes de son co-détenu Peter Kien, est créée à Theresienstadt à l'occasion d'une soirée organisée par Viktor Ullmann et consacrée à la musique contemporaine composée dans le camp1.

En octobre 1944, neuf jours après avoir achevé son trio à cordes, il est déporté à Auschwitz puis au camp de concentration de Fürstengrube, une installation extérieure d'Auschwitz. Il y travaille à la mine et meurt à l'âge de 25 ans peu de temps avant la libération dans des circonstances restées inconnues. La cause de son décès serait que des SS soient entrés dans le camp et aient tiré pour le plaisir sur la foule.

Quelque temps avant sa déportation, Gideon Klein avait confié à un de ses amis une valise contenant les partitions de toutes ses œuvres. Cette valise ne sera découverte qu'au début des années 1990.

Sa sœur Eliška Kleinová, qui a survécu à l'Holocauste, a préparé l'édition de ses œuvres. En 1994, elle a créé la Fondation Gideon Klein.

Son œuvre originale et pleine d'expression mêle les influences de Leoš Janáček, d'Alban Berg et d'Arnold Schönberg.

Hans Krása, 125 ans

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Né le 30 novembre 1899 à Prague, Hans Krása a appris le piano et le violon dès son enfance. Il étudia la composition avec Alexander von Zemlinsky à l'Académie allemande de musique et d'art dramatique de Prague et le suivit à Berlin après avoir obtenu son diplôme. C'est là qu'il a rencontré Albert Roussel, qu'il a rejoint plusieurs fois en France pour étudier.
Il retourna finalement à Prague où il travailla comme répétiteur au Nouveau Théâtre Allemand. En 1921, il connaît son premier succès en tant que compositeur avec les Orchesterlieder op. 1, d'après des textes de Christian Morgenstern. En 1933, son opéra Les fiançailles dans le rêve fut créé. En 1938, Hans Krása composa l'opéra pour enfants Brundibár pour un concours, mais la première n'eut lieu qu'en 1941, en privé, dans un orphelinat juif, suite au déclenchement de la Seconde Guerre mondiale.
Le 10 août 1942, Hans Krása a été déporté dans le ghetto de Theresienstadt. Brundibár y a été joué plus de 55 fois.
Dans la nuit du 16 octobre 1944, Hans Krása a été chargé avec Pavel Haas et Viktor Ullmann dans un wagon de chemin de fer à destination d'Auschwitz, où il a été assassiné dès son arrivée.