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Chez Ralph Vaughan Williams, le thème du voyage et du paysage est hautement poétique

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Landscapes. Ralph Vaughan Williams (1872-1958) : On Wenlock Edge, pour ténor, piano et quatuor à cordes ; Along the Field, pour ténor et violon ; A Little Piano Book ; Four Poems by Fredegond Shove, pour voix et piano ; Songs of Travel, pour voix et piano ; Ten Blake Songs, pour ténor et hautbois ; Two English Folk Songs, pour ténor et violon ; Hymn Tune Prelude on Song 13 by Orlando Gibbons, pour piano ; Four Hymns, pour ténor, alto et piano. Cyrille Dubois, ténor ; Anne Le Bozec, piano ; Julien Dieudegard et Emeline Concé, violons ; Louise Desjardins, alto ; Louis Rodde, violoncelle ; Baptiste Gibier, hautbois. 2025. Notice en français et en anglais. Textes chantés reproduits, avec traduction française. 121’ 30’’. 2 CD NoMadMusic NMM129.

"Phantasy Quintet" de Ralph Vaughan Williams, 110 ans

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Ralph Vaughan Williams était sans doute le compositeur britannique le plus influent de la première moitié du XXe siècle, écrivant neuf symphonies, plusieurs concertos et pièces orchestrales plus courtes, trois opéras et un trésor de chansons et d'œuvres chorales. De plus, il fut le fondateur du mouvement nationaliste dans la musique britannique, s'intéressant toute sa vie à la chanson folklorique anglaise et à la musique de la période Tudor, et incorporant leurs éléments dans ses propres œuvres.
Il a cependant écrit relativement peu de musique de chambre -deux quatuors à cordes, une sonate pour violon, une douzaine de courtes pièces instrumentales et le Quintette fantastique.

En fait, il ne l’aurait probablement pas écrit sans l’intervention d’un remarquable homme d’affaires anglais, W. W. Cobbett. En 1900, Cobbett se retire des affaires pour consacrer les 30 dernières années de sa vie à la promotion de la musique de chambre. Sa principale contribution fut la compilation du « Cyclopedic Survey of Chamber Music », publié en 1929 et qui reste toujours un outil de référence standard. Il a également créé la British Chamber Music Association et une bibliothèque publique gratuite de musique de chambre.

En 1905, Cobbett a parrainé un concours pour la composition de « fantasmes » de musique de chambre. Plus précisément, en gardant à l'esprit les fantaisies de viole des époques Tudor et Jacobéenne, il a demandé aux compositeurs d'écrire des pièces de courte durée sans interruption de mouvement mais permettant des sections continues variant en tempo ou en caractère. Un certain nombre de compositeurs britanniques ont soumis des candidatures. Vaughan Williams ne l'a pas fait, mais en 1912, Cobbett l'a quand même invité à écrire une fantaisie, et cette pièce en a été le résultat.

La Fantaisie de Vaughan Williams, utilisant deux violons, deux altos et un violoncelle, est une œuvre continue en quatre sections -Prélude, Scherzo, Alla Sarabande et Burlesca. Le but est apparemment de démontrer combien d’ambiances et de textures peuvent être générées à partir d’une simple phrase musicale dans un court laps de temps.

 

Ralph Vaughan Williams, 65 ans

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Le compositeur britannique Ralph Vaughan Williams est né le  à Down Ampney et mort le  à Londres.
Il s’est exprimé aussi bien dans la symphonie que dans la musique de chambre, l’opéra, la musique chorale et la musique de film.

Très influencé par la musique folklorique, il publie en 1906 le célèbre The English Hymnal qui regroupe, outre des compositions personnelles, un grand nombre d’arrangements de ces chansons traditionnelles dont il fait des airs à part entière.

Ralph Vaughan Williams est né dans un village situé dans le Comté du Gloucestershire où son père, le Révérend Arthur Vaughan Williams (Vaughan n’étant pas un deuxième prénom, mais la seconde partie d’un nom de famille composé détaché, Vaughan Williams), officie comme vicaire. À la suite de la mort de son père en 1875, il est élevé par sa mère, Margaret Susan (1843-1937), l’arrière-petite-fille de l’industriel Josiah Wedgwood, dans la maison familiale de la dynastie Wedgwood. Il est également le petit-neveu de Charles Darwin. Bien qu’ayant grandi parmi la classe moyenne supérieure cultivée, Ralph Vaughan Williams a milité toute sa vie en faveur d’un idéal démocratique et égalitaire, à l'encontre de la société établie.

Alors qu’il poursuit ses études, il apprend le piano "dont je n’ai jamais su jouer, et le violon qui était mon instrument salvateur". Après Charterhouse School, il fréquente le Royal College of Music où enseigne Charles Villiers Stanford. Il poursuit des études d’histoire et de musique au Trinity College à Cambridge où il se lie d’amitié notamment avec les futurs philosophes G. E. Moore et Bertrand Russell ; il finit par revenir au Royal College of Music où il étudie sous la houlette d’Hubert Parry, dont il devient un proche, de Walter Parratt qui lui enseigne ainsi qu'à Leopold Stokowski. Ce dernier, devenu chef d’orchestre, joue six des symphonies de son ancien camarade pour le public américain. Il conduit notamment l'Orchestre Philharmonique de New York en 1949 pour le premier enregistrement de sa Symphonie no 6, et dirige en 1958 la première représentation de sa 9e Symphonie sur le sol des États-Unis, à Carnegie Hall.

Parmi ses nombreuses amitiés nées durant ses années au Royal College of Music, celle avec son camarade de classe Gustav Holst a été la plus décisive pour son œuvre de compositeur ; s'étant rencontrés en 1895, les deux jeunes hommes ne tardent pas à confier à la critique l’un de l’autre leurs compositions de jeunesse. C’est ainsi que Vaughan Williams donne peu à peu forme à ses premières œuvres dont la première publiée, la chanson Linden Lea, ne l'est que dans les années trente. Durant ces premières années, il travaille à la fois à ses propres compositions, au développement de sa technique orchestrale et à la publication d'œuvres musicales variées, en particulier des œuvres d’Henry Purcell, ainsi qu'à l'English Hymnal pour la composition duquel il voyage dans de nombreux pays dont il recueille les chants populaires.

Il se marie en 1897 et, cette même année, visite l'Allemagne où il suit l'enseignement de Max Bruch avant que de passer son doctorat en musique à Cambridge en 1901.
Pendant un séjour en France en 1909, il rencontre Maurice Ravel, ce qui contribue fortement à faire gagner en maturité son style orchestral.
En parallèle, Vaughan Williams découvre la musique traditionnelle anglaise, condamnée à disparaître rapidement en raison du déclin de la tradition orale au profit de la conservation écrite. Cette rencontre n’a cessé d’influencer son œuvre musicale dans laquelle il a incorporé des éléments de ces mélodies et de ces airs du folklore dont la beauté, ainsi que le mystère qui entoure l’anonymat de ces traditions nées et perpétuées dans la multitude du commun des gens, le fascinent toujours. Ses efforts pour faire reconnaître cet héritage ont largement contribué à la ré-appréciation de la culture musicale folklorique anglaise, notamment en tant que président de l'English Folk Dance and Song Society qui, en hommage, a donné son nom depuis à sa bibliothèque.

S’il ne cesse de s’intéresser à la musique traditionnelle dont il côtoie les grands noms, tel le révérend George B. Chambers, sa carrière musicale s’enrichit à partir de 1905 de l’expérience de chef d’orchestre qu’il fait lors du tout jeune Leith Hill Musical Festival qu’il dirige jusqu’en 1953, date à laquelle il cède la main à William Cole.
Quatre ans plus tard, il compose la musique d’accompagnement pour la représentation des Guêpes d’Aristophane par les étudiants de Cambridge lors de la triennale Cambridge Greek Play.
En 1910, il connaît ses premiers succès auprès du grand public en conduisant les premières de la Fantaisie sur un thème de Tallis dans la Cathédrale de Gloucester, mais plus encore grâce à sa symphonie (chorale) no 1 dite A Sea Symphony.
En 1914, sa symphonie no 2 dite A London Symphony, conduite par Geoffrey Toye (qui par la suite l’aide à reconstruire la partition, perdue pendant la guerre), rencontre un succès encore plus marqué.

Vaughan Williams est âgé de quarante et un ans quand débute la Grande Guerre ; bien qu’il ait la possibilité d’échapper à tout service militaire ou de servir comme gradé, il choisit de s’enrôler comme simple soldat dans le Royal Army Medical Corps. Éreinté par son rôle de brancardier en France et à Salonique, il est finalement élevé au grade de sous-lieutenant dans la Royal Garrison Artillery (en) le . Une anecdote rapporte qu’à une occasion, bien que trop malade pour ne serait-ce que rester debout, il a continué à diriger sa batterie d’artillerie allongé à même le sol. Son exposition prolongée aux tirs nourris a probablement été à l’origine de sa progressive perte d’audition qui explique sa surdité tardive. Après l'Armistice de 1918, il est directeur de musique de la Première armée (First Army) britannique jusqu'à sa démobilisation en , ce qui l’aide beaucoup à reprendre contact avec le monde de la musique.

Au moment de sortir de la guerre, il adopte un temps un style musical aux accents mystiques dans sa symphonie no 3 dite « A Pastoral Symphony », symphonie qui doit notamment à son vécu d’ambulancier volontaire pendant la guerre ; il compose également Flos campi, une œuvre pour alto accompagné d’un petit orchestre et d’un chœur sans parole. À partir de 1924, il entame une nouvelle phase musicale, caractérisée avant tout par des accords dissonants et un rôle important de la polyrythmie. Les œuvres clef de cette période restent la toccata marziale, le ballet Old King Cole, le concerto pour piano, l'oratorio Sancta Civitas (son œuvre pour chœur préférée) et le ballet Job : A Masque for Dancing, qui n’est pas directement inspiré de la Bible mais d’Illustrations du Livre de Job de William Blake. Il compose également un Te Deum en sol pour la consécration de Cosmo Gordon Lang comme archevêque de Cantorbéry. Cette phase créative culmine avec sa symphonie no 4 en fa mineur, jouée pour la première fois en 1935 par l'orchestre symphonique de la BBC.

Cette symphonie marque une très nette rupture avec les compositions orchestrales et « pastorales » auxquelles son œuvre est souvent identifiée ; en effet, sa dimension dramatique soutenue par une tension permanente et de nombreuses dissonances ne cesse de surprendre ceux qui l’écoutent depuis sa toute première interprétation. Lui-même conscient de son originalité, Ralph Vaughan Williams en dit : « Je ne sais pas si je l’apprécie, mais elle est telle que je l’ai voulue ». Deux ans plus tard, le compositeur réalise un enregistrement mémorable de son œuvre avec le même orchestre pour HMV, resté son seul enregistrement à caractère commercial. À la même époque, il prodigue son enseignement en Amérique et en Angleterre tout en dirigeant le Bach Choir (en) ; il est également président de la City of Bath Bach Choir de 1946 à 1959. Il est décoré de l’ordre du Mérite en 1935 lors des cérémonies de l’anniversaire du roi, ayant décliné antérieurement le titre de chevalier.

Il conserve également une activité de direction d'orchestre et il dirige à de nombreuses reprises les Passions de Jean-Sébastien Bach. Il meurt en 1958, universellement reconnu. Ses funérailles ont lieu à l'abbaye de Westminster où ses cendres reposent près de celles d'Henry Purcell.

Ralph Vaughan Williams par lui-même

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Ralph Vaughan Williams (1872-1958) Live, Volume 3 : CD 1 - Symphonie n° 2 « A London Symphony » (live 1946, extraits) ; Symphonie n° 5 en ré majeur (première mondiale 1943, extraits). CD 2 - Symphonie n° 5 en ré majeur (live 1952) ; Dona nobis pacem, cantate (live 1936). Renée Flynn, soprano ; Roy Henderson, baryton. London Symphony Orchestra, London Philharmonic Orchestra, BBC Symphony Orchestra & Chorus, Ralph Vaughan Williams. Édition 2022. Livret en anglais. 73’47’’ ; 71’51’’. SOMM. Ariadne 5019-2.

Ralph Vaughan Williams, 150 ans

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Le compositeur britannique Ralph Vaughan Williams est né le  à Down Ampney et mort le  à Londres.Il s’est exprimé aussi bien dans la symphonie que dans la musique de chambre, l’opéra, la musique chorale et la musique de film.
Très influencé par la musique folklorique, il publie en 1906 le célèbre The English Hymnal qui regroupe, outre des compositions personnelles, un grand nombre d’arrangements de ces chansons traditionnelles dont il fait des airs à part entière.

Rappel pour les plus jeunes

Ralph Vaughan Williams est né en 1872 dans un village situé dans le comté du Gloucestershire, dans lequel son père, le révérend Arthur Vaughan Williams (Vaughan n’étant pas un deuxième prénom, mais la seconde partie d’un nom de famille composé détaché, Vaughan Williams), officie comme vicaire. À la suite de la mort de son père en 1875, il est élevé par sa mère, Margaret Susan (1843-1937), l’arrière-petite-fille de l’industriel Josiah Wedgwood, dans la maison familiale de la dynastie Wedgwood. Il est également le petit-neveu de Charles Darwin. Bien qu’ayant grandi parmi la classe moyenne supérieure cultivée, Ralph Vaughan Williams a milité toute sa vie en faveur d’un idéal démocratique et égalitaire, à l'encontre de la société établie.

Alors qu’il poursuit ses études, il apprend le piano « dont je n’ai jamais su jouer, et le violon qui était mon instrument salvateur ». Après Charterhouse School, il fréquente le Royal College of Music où enseigne Charles Villiers Stanford. Il poursuit des études d’histoire et de musique au Trinity College à Cambridge où il se lie d’amitié notamment avec les futurs philosophes G. E. Moore et Bertrand Russell ; il finit par revenir au Royal College of Music où il étudie sous la houlette d’Hubert Parry, dont il devient un proche, de Walter Parratt qui lui enseigne ainsi qu'à Leopold Stokowski. Ce dernier, devenu chef d’orchestre, joue six des symphonies de son ancien camarade pour le public américain. Il conduit notamment l'Orchestre philharmonique de New York en 1949 pour le premier enregistrement de sa symphonie no 6, et dirige en 1958 la première représentation de sa neuvième symphonie sur le sol des États-Unis, dans le célèbre Carnegie Hall.

Parmi ses nombreuses amitiés nées durant ses années au Royal College of Music, celle avec son camarade de classe Gustav Holst a été la plus décisive pour son œuvre de compositeur ; s'étant rencontrés en 1895, les deux jeunes hommes ne tardent pas à confier à la critique l’un de l’autre leurs compositions de jeunesse. C’est ainsi que Vaughan Williams donne peu à peu forme à ses premières œuvres dont la première publiée, la chanson Linden Lea, n’est publiée que dans les années trente. Durant ces premières années, il travaille à la fois à ses propres compositions, au développement de sa technique orchestrale et à la publication d'œuvres musicales variées, en particulier des œuvres d’Henry Purcell, ainsi qu'à l'English Hymnal pour la composition duquel il voyage dans de nombreux pays dont il recueille les chants populaires.

Il se marie en 1897 et, cette même année, visite l'Allemagne où il suit l'enseignement de Max Bruch avant que de passer son doctorat en musique à Cambridge en 1901. Pendant un séjour en France en 1909, il rencontre Maurice Ravel, ce qui contribue fortement à faire gagner en maturité son style orchestral. En parallèle, Vaughan Williams découvre la musique traditionnelle anglaise, condamnée à disparaître rapidement en raison du déclin de la tradition orale au profit de la conservation écrite. Cette rencontre n’a cessé d’influencer son œuvre musicale dans laquelle il a incorporé des éléments de ces mélodies et de ces chansons du folklore dont la beauté, ainsi que le mystère qui entoure l’anonymat de ces traditions nées et perpétuées dans la multitude du commun des gens, le fascinent toujours. Ses efforts pour faire reconnaître cet héritage ont largement contribué à la ré-appréciation de la culture musicale folklorique anglaise, notamment en tant que président de l'English Folk Dance and Song Society (en) (qui, en hommage, a donné son nom depuis à sa bibliothèque).

S’il ne cesse de s’intéresser à la musique traditionnelle dont il côtoie les grands noms, tel le révérend George B. Chambers, sa carrière musicale s’enrichit à partir de 1905 de l’expérience de chef d’orchestre qu’il fait lors du tout jeune Leith Hill Musical Festival qu’il dirige jusqu’en 1953, date à laquelle il cède la main à William Cole (musician). Quatre ans plus tard, il compose la musique d’accompagnement utilisée pour la représentation des Guêpes d’Aristophane par les étudiants de Cambridge lors de la triennale Cambridge Greek Play. En 1910, il connaît ses premiers succès auprès du grand public en conduisant les premières de la fantaisie sur un thème de Tallis dans la Cathédrale de Gloucester, mais plus encore grâce à sa symphonie (chorale) no 1 dite « A Sea Symphony ». En 1914, sa symphonie no 2 dite « A London Symphony », conduite par Geoffrey Toye (qui par la suite l’aide à reconstruire la partition, perdue pendant la guerre), rencontre un succès encore plus marqué.

Vaughan Williams est âgé de quarante et un ans quand débute la Grande Guerre ; bien qu’il ait la possibilité d’échapper à tout service militaire ou de servir comme gradé, il choisit de s’enrôler comme simple soldat dans le Royal Army Medical Corps. Éreinté par son rôle de brancardier en France et à Salonique, il est finalement élevé au grade de sous-lieutenant dans la Royal Garrison Artillery le . Une anecdote rapporte qu’à une occasion, bien que trop malade pour ne serait-ce que rester debout, il a continué à diriger sa batterie d’artillerie allongé à même le sol. Son exposition prolongée aux tirs nourris a probablement été à l’origine de sa progressive perte d’audition qui explique sa surdité tardive. Après l'Armistice de 1918, il est directeur de musique de la Première armée (First Army) britannique jusqu'à sa démobilisation en , ce qui l’aide beaucoup à reprendre contact avec le monde de la musique.

Au moment de sortir de la guerre, il adopte un temps un style musical aux accents mystiques dans sa symphonie no 3 dite « A Pastoral Symphony », symphonie qui doit notamment à son vécu d’ambulancier volontaire pendant la guerre ; il compose également Flos campi, une œuvre pour alto accompagné d’un petit orchestre et d’un chœur sans parole. À partir de 1924, il entame une nouvelle phase musicale, caractérisée avant tout par des accords dissonants et un rôle important de la polyrythmie. Les œuvres clef de cette période restent la toccata marziale, le ballet Old King Cole, le concerto pour piano, l'oratorio Sancta Civitas (son œuvre pour chœur préférée) et le ballet Job : A Masque for Dancing, qui n’est pas directement inspiré de la Bible mais d’Illustrations du Livre de Job de William Blake. Il compose également un Te Deum en sol pour la consécration de Cosmo Gordon Lang comme Archevêque de Cantorbéry. Cette phase créative culmine avec sa symphonie no 4 en fa mineur, jouée pour la première fois en 1935 par l'orchestre symphonique de la BBC.

Cette symphonie marque une très nette rupture avec les compositions orchestrales et « pastorales » auxquelles son œuvre est souvent identifiée ; en effet, sa dimension dramatique soutenue par une tension permanente et de nombreuses dissonances ne cesse de surprendre ceux qui l’écoutent depuis sa toute première interprétation. Lui-même conscient de son originalité, Ralph Vaughan Williams en dit : « Je ne sais pas si je l’apprécie, mais elle est telle que je l’ai voulue ». Deux ans plus tard, le compositeur réalise un enregistrement mémorable de son œuvre avec le même orchestre pour HMV, resté son seul enregistrement à caractère commercial. À la même époque, il prodigue son enseignement en Amérique et en Angleterre tout en dirigeant le Bach Choir ; il est également président de la City of Bath Bach Choir de 1946 à 1959. Il est décoré de l’Ordre du Mérite en 1935 lors des cérémonies de l’anniversaire du roi, ayant décliné antérieurement le titre de Chevalier.

Il conserve également une activité de direction d'orchestre et il dirige à de nombreuses reprises les Passions de Jean-Sébastien Bach. Il meurt en 1958, universellement reconnu. Ses funérailles ont lieu à l'Abbaye de Westminster où ses cendres reposent près de celles d'Henry Purcell.

Ralph Vaughan Williams (IV) : musique vocale et opéras

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Dernière partie du dossier Ralph Vaughan Williams par Harry Halbreich avec un gros plan sur sa musique vocale et ses opéras.

Musique vocale

Mais c'est la musique vocale qui occupe de loin l'espace le plus important dans le catalogue de Vaughan Williams, avec notamment plus de deux cents ans arrangements de chants populaires et autant de cantiques originaux pour le culte anglican, ce qui ne laisse pas d'étonner de la part d'un agnostique déclaré, mais s'explique par l'importance de son engagement dans la vie citoyenne. Aussi sa production a-t-elle été largement marquée par une tradition de la pratique chorale sans doute sans égale en Europe, et dont les prestigieuses Maîtrise de Cathédrales ne constituent que l'élément le plus célèbre. Il nous laisse ainsi une cinquantaine d'œuvres alliant solistes, chœur et orchestre, et déjà sa première partition de dimensions monumentales, la Sea Symphony, se situe à l'intersection de la Symphonie et de l'Oratorio. Il ne saurait être question ici de recenser ce corpus au sein duquel on trouve pas mal d'œuvres de circonstance, sacrées ou profanes, mais je me limiterai à une dizaine de pages maîtresses comptant au nombre de ses chefs-d'œuvre.

Dans le domaine religieux, il y a d'abord le cycle des Five Mystical Songs de 1911, sur des poèmes de George Herbert, dont le succès, dans le sillage de ceux de la Sea Symphony et de la Fantaisie sur un Thème de Tallis, étaya la jeune réputation du compositeur. Mais le bref Oratorio (une demi-heure) Sancta Civitas (1923-25), sur les paroles de l'Apocalypse de Saint-Jean est un des sommets absolus de son catalogue en son mysticisme visionnaire et son langage harmonique d'une rare audace. D'envergure plus restreinte, le Magnificat pour contralto, chœur de femmes, flûte solo et orchestre (1932), sur texte anglais et, le compositeur insiste, non destiné à l'usage liturgique, est une merveille de poésie dans un climat assez proche de ce Flos Campi que nous avons classé parmi les pages concertantes, mais qui pourrait tout aussi bien figurer ici. Hodie (This Day) est une grande Cantate de Noël d'une heure, d'un éclat et d'un élan jubilatoire étonnants de la part d'un compositeur largement octogénaire (1954). Parmi les pages profanes, la brève Cantate Toward  the Unknown Region (1907) annonce la Sea Symphony en faisant appel également aux vers visionnaires de Walt Whitman. De la part du jeune compositeur, son titre à lui seul ("Vers la région inconnue") avait valeur de manifeste. Tout à l'opposé se situent les truculents Five Tudor Portraits (1935) sur les poèmes pleins de verve picaresque de John Skelton, poète lauréat du Roi Henry VIII, dont les rythmes énergiques faits de vers très brefs et de savoureuses allitérations se prêtent particulièrement bien à la musique. Cette grande Cantate de trois quarts d'heure constitue un intermède détendu et coloré entre la dramatique Quatrième Symphonie et l'ardent et grave plaidoyer pour la paix du Dona Nobis Pacem de 1936, en pleine montée des périls. A Song of Thanksgiving (Un Chant d'actions de grâces) fut composé dès 1944 et enregistré par la BBC pour être diffusé le jour de la victoire sur le nazisme, exactement comme ç'avait été le cas pour l'In Terra Pax du Suisse Frank Martin. En marge de toutes ses œuvres, le joyau exquis de la Serenade to Music sur des paroles du Marchand de Venise de Shakespeare, pour seize voix solistes et orchestre (1938) n'a peut-être d'équivalent que la merveilleuse Ode à la musique d'Emmanuel Chabrier.

Ralph Vaughan Williams (III) : Orchestre et musique de chambre

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Troisième partie du dossier Ralph Vaughan Williams par Harry Halbreich (publié en 1998). Nous explorons cette semaine son oeuvre pour orchestre (en dehors des symphonies précédement abordées) et sa musique de chambre.

Après les Symphonies, on regarde logiquement vers les Concertos, mais ceux-ci sont peu nombreux et de dimensions le plus souvent modestes. Plusieurs sont des "satellites" des Symphonies voisines. The Lark ascending (L'Ascension de l'Alouette), une Romance pour violon et orchestre, date de 1914 mais fut sérieusement révisée en 1920. Elle est proche par son inspiration de la Pastoral Symphony et le très beau lyrisme de sa partie soliste a assuré sa popularité. Tout à l'opposé se situe l'autre œuvre pour violon, le Concerto en ré mineur avec orchestre à cordes de 1924-25, dont le compositeur annula ensuite l'épithète accademico qui en soulignait peut-être trop le caractère néo-classique (nous dirions aujourd'hui néo-baroque) si typique des années 1920, bien que le matériau thématique soit plutôt d'inspiration populaire. Violent et percussif, le Concerto pour piano et orchestre, composé en deux stades (1926 pour les deux premiers mouvements, 1930-31 pour le Finale) est une étape importante en direction de la Quatrième Symphonie, et la sauvagerie de sa Toccata initiale suscita à l'époque l'admiration de Béla Bartók. La Fuga cromatica du Finale se transforme en une véritable valse alla tedesca avant de se détendre lors de l'habituel épilogue pianissimo. Détail fatal pour la popularité d'une œuvre pourtant importante et bourrée de musique, mais dont l'écriture pianistique massive (Vaughan Williams n’était qu'un médiocre pianiste) a pu justifier en 1946 une réécriture pour deux pianos. Le charmant et bucolique Concerto en la mineur pour hautbois et cordes (1944), avec son exquis Menuet et Musette si ravélien, est un "satellite" de la Cinquième Symphonie, comme le truculent Concerto pour tuba en fa mineur (1954), aubaine pour les praticiens d'un instrument guère gâté quant à son répertoire, l'est de la Huitième. Mais si la Suite pour alto et orchestre de 1934 et la singulière Romance pour harmonica de 1957 (avec cordes et piano) sont plutôt des pages en demi-caractère, avec Flos-Campi (1925), suite de six courts mouvements pour alto solo, chœur mixte vocalisé et petit orchestre, inspiré par le Cantique des Cantiques, nous avons affaire à l'un des chefs-d'œuvre les plus personnels et les plus envoûtants du compositeur, dont la présence insolite du chœur raréfie hélas les possibilités d'exécution. D'une rare intensité poétique, à la fois austère et sensuelle, l'œuvre est l'un des points culminants, avec le bref Oratorio Sancta Civitas terminé la même année, de ce radicalisme modal et polymodal, triomphe de la dissonance diatonique, qui fit de Vaughan Williams le pionnier solitaire et guère suivi d'une radicalité alternative. Pour clore ce chapitre "concertant", citons une page également "hybride", mais de moindre importance, de 1949, la Fantaisie (Quazi variazione) sur le vieux Psaume 104 pour piano, chœur mixte et orchestre, qu'on rapprochera plutôt de l'opus 80 de Beethoven.

Ralph Vaughan Williams (II) : les symphonies

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Seconde partie de notre dossier consacré à Ralph Vaughan Williams par Harry Halbreich  et publié en 1998 dans les éditions papiers de Crescendo Magazine.  Cette deuxième partie nous mène à travers les symphonies.

Un examen même superficiel de cette œuvre immense doit nécessairement commencer par la chaîne des neufs Symphonies (neuf lui aussi !) qui jalonnent cette longue existence durant un demi-siècle. Elles ne furent nullement conçues comme une série au départ, et le compositeur ne numérota que les deux dernières. Quatre portent des titres, les cinq autres sont désignées par une tonalité que leur langage essentiellement modal ne confirme que de manière assez lâche et fort peu contraignante.

La Première, A Sea Symphony, sur des poèmes de Walt Whitman -dont le panthéisme mystique avait déjà inspiré la première grande cantate symphonique, Toward the Unknown Region (Vers la Région inconnue) en 1907-, fut la grande entreprise de la jeunesse du compositeur, dont la gestation s'étendit de 1903 à 1909, et dont la création au Festival de Leeds le 12 octobre 1910, jour de son 38e anniversaire, le propulsa immédiatement au premier rang des successeurs d'Elgar. Avec sa durée d'une heure dix, c'est la plus vaste et la plus ambitieuse des neuf, pour soprano, baryton, chœurs et grand orchestre, une symphonie purement chorale comme on en écrivait à l'époque (Huitième de Mahler, Kullervo de Sibelius), en quatre mouvements traditionnels, mais avec un immense Finale méditatif d'une demi-heure, occupant dans l'équilibre d'ensemble une place comparable à l'Abschied dans Le Chant de la Terre mahlérien. Tout au début, l'opposition des fulgurantes fanfares des cuivres en si bémol mineur et de l'exclamation des chœurs sur le mot Sea en Ré majeur est un geste de génie. Bien que très libre dans un langage tonal, l'œuvre demeure encore largement tributaire de l'esthétique post-romantique de son temps, mais elle a fière allure.

Ralph Vaughan Williams (I)

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Crescendo Magazine publie en épisodes un dossier qu’Harry Halbreich avait consacré à Ralph Vaughan Williams en 2008, à l’occasion des 50 ans de la disparition du compositeur 

La musique anglaise, on le sait, a toujours du mal à franchir le Channel. Pour le Français (ou le Belge francophone) moyen, elle se résume peu ou prou à Purcell et Britten. Pratiquement jamais entendue chez nous, la musique de Vaughan Williams l'est beaucoup plus fréquemment en Flandre où joue la séculaire alliance anglo-flamande face à la France. Elle est bien sûr très répandue et même populaire dans le monde anglophone, aux Etats-Unis en particulier, mais guère dans le reste du monde. Il s'agit pourtant d'un des créateurs les plus féconds, originaux et puissants de sa génération, qui est celle de Sibelius, de Schönberg, de Scriabine, de Reger, de Falla, de Rachmaninov ou de Ravel. Ravel, son cadet de trois ans, auprès duquel il alla étudier une année (1908), âgé de trente-six ans déjà, après qu'une formation académique auprès de Max Bruch à Berlin (1897) ne lui eût rien apporté de ce qu'il cherchait. Et c'est là une première et précieuse indication quant à sa personnalité et son art.

Né le 12 octobre 1872 à Down Ampney (Gloucestershire) dans l'Ouest rural de l'Angleterre, non loin de Broadheath, patrie d'Edward Elgar, son aîné de quinze ans seulement, il provenait d'un milieu bourgeois aisé, en partie d'ascendance galloise, mais allié aux Darwin et aux Wedgwood du côté maternel. Ses racines sont aussi déterminantes que pour Elgar, mais ce dernier était le fils d'un modeste accordeur de pianos, catholique romain de surcroît. Le jeune Ralph s'oriente de bonne heure vers la musique, se formant au Royal College of Music (Londres) et au célèbre Trinity College de l'Université de Cambridge, mais il ne fut nullement un génie précoce et ne composa que fort peu avant le début de ce siècle. Mais un tournant décisif se produisit en 1903, lorsque, à la suite de sa rencontre avec Cecil Sharp, pionnier de la collecte des chants populaires des Iles Britanniques, il se mit lui-même à arpenter les campagnes, recueillant quelque 800 témoignages d'une tradition de plus en plus menacée par l'industrialisation : 331 lors d'une première campagne du 4 décembre 1903 au 14 janvier 1905, 266 du 14 novembre 1905 au 8 septembre 1906, 172 encore de juillet 1909 au 16 septembre 1910, après son retour de chez Ravel à Paris. Cependant, dès 1895 il s'était lié avec Gustav Holst, son cadet de deux ans, d'une amitié qui devait durer jusqu'à la mort de ce dernier en 1934. Avec Holst, il découvrit les trésors de la polyphonie des Tudor et de l'âge élisabéthain.