Résultats de la recherche pour : Tristan Murail

Le Prix Wihuri Sibelius à Tristan Murail

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Le prix finlandais Wihuri Sibelius, d'une valeur de 150 000 euros, a choisi cette année au compositeur français Tristan Murail, 76 ans, comme lauréat.

Élève de Messiaen, il a travaillé avec Boulez à l'Ircam et il a été professeur de composition à Columbia jusqu'à sa retraite en 2011.

Présences et Tristan Murail

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Tristan Murail sera la tête d’affiche de la 32e édition du festival Présences qui se tiendra ce mois à la Maison de la radio et de la musique (Paris), à l'occasion de son 75e anniversaire.

Tristan Murail ou le voyage au centre du son

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Tristan Murail © Elisabeth Schneider

Ce samedi 18 janvier 2014, l'espace Senghor à Etterbeek a accueilli l'ensemble OI\I pour un programme consacré à Tristan Murail, figure de proue de la musique spectrale. Ce concert s'inscrit dans une collaboration avec l'académie d'Etterbeek. Le concert a donc été introduit par Thierry Levaux, professeur d'histoire de la musique lors d'un cours-conférence ce jeudi 16 janvier ouvert à tous.

Images sonores mérite une meilleure visibilité

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Puisque, cette fois, je sais où je vais, plus exactement où se situe le Mom, son sous-sol à l’acoustique finalement surprenante, son bar d’après concert où l’on sert la Badjawe, une bière blonde dont le nom (« pipelette » en wallon) prédestine au partage et à la papote, je prends le temps de manger mon sandwich au square en haut de la rue, où je capte, sur un banc incliné comme un siège baquet, les derniers rayons de soleil de la journée.

A l’initiative de Centre Henri Pousseur, le Festival Images Sonores allie, chaque année depuis 1999 à Liège, instruments acoustiques et électronique – avec un soin particulier apporté à la diffusion dans l’espace.

Entre Steve Reich et Pierre Boulez : Patrick Lenfant

Le programme du premier des quatre jours met Patrick Lenfant en sandwich entre deux monstres sacrés de la musique du 20ème siècle (lui-même en a fréquenté quelques-uns, de John Cage à Iannis Xenakis, en passant par Tristan Murail ou Luigi Nono) – pour deux pièces aux esthétiques divergentes mais au procédé semblable (l’instrumentiste simultanément en direct et en différé) –, avec une pièce, fondatrice d’une démarche à laquelle (le terrible) Lenfant restera fidèle – une « autopsie » sonore éloquente de l’instrument. Duocto, écrit en 1981, m’initie à la musique du compositeur, né à Paris en 1945, ancien directeur artistique du Centre de Recherches Musicales de Wallonie (qui renforce alors l’orientation de ce qui devient bientôt le Centre Henri Pousseur vers la musique mixte), avec Rudy Mathey à la manœuvre (membre notamment de l’Ensemble Hopper), se jouant de la clarinette basse (pour surligner, attendrir, expanser, surpasser la proposition, serein dans le chaos organisé d’un monde sonore aussi complexe, fortuit et adapté que le vivant – intensément densifié par ses parties enregistrées de clarinette (sans effets électroniques) : sons fendus (obtenus en jouant entre deux harmoniques naturelles, qui roulent et granulent), bruits de clés, sons voisés (le musicien chante dans l’instrument) et sons crépusculaires (le second degré de l’écho) sont diffusés à travers un réseau de huit haut-parleurs qui cernent le public. Impressionnant.

Présences 2025 : ode à Olga Neuwirth

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Même si la nuit a été courte (de plaisantes rencontres à la médiathèque de Mâcon se sont prolongées malgré l’heure matinale du train, le lendemain vers Paris), je profite de la proximité de la Gare de Lyon avec la Maison Européenne de la Photographie pour y voir l’exposition de Dennis Brown, qui, dès les années 1970, fait de Bob Marley ou John Lydon des icônes argentiques – au The Cure du soir précédent, j’accole ainsi reggae et punk (même capsule temporelle, autres revendications musicales) – avant de rejoindre, en soirée, la salle Pierre Boulez (je vous reparlerai bientôt du centenaire de sa naissance) pour une esthétique à des années-lumière des précédentes – la plaisir de l’éclectisme, l’incessante porosité des frontières ; même les murs Trump-peurs échouent à contenir la diversité (créative) humaine.

Luciano le jeune, Berio le restaurateur

Luciano Berio, compositeur italien pionnier de l’électroacoustique (il fut responsable du département dédié à l’Ircam), est deux fois au programme du concert du vendredi à la Grande Salle Pierre Boulez de la Philharmonie de Paris : son beau Magnificat de 1949 témoigne à la fois de l’influence de son professeur au Conservatoire de Milan, Giorgio Federico Ghedini, et du choc ressenti à la fin de la seconde guerre mondiale, quand vient la libération, que saute le verrou culturel du fascisme et, avec lui, le mur derrière lequel les nouvelles musiques restaient jusqu’alors cachées. Si, pour Sinfonia, Luciano Berio donnait aux voix (amplifiées) des textes de James Joyce, Samuel Beckett ou Claude Levi-Strauss et aux interprètes un matériau musical emprunté au passé, sous forme de citations d’Alban Berg, Igor Stravinsky, Hector Berlioz, Paul Hindemith ou Karlheinz Stockhausen, amalgamées sur la deuxième symphonie de Gustav Mahler, pour Rendering, ce sont les esquisses écrites par Franz Schubert au crépuscule de sa vie (à 31 ans) et destinées à une dixième symphonie, que Berio entreprend de restaurer, partant de son propre point de vue musical pour sauvegarder, parfois et parfois pas, la couleur schubertienne, complétant les vides d’un « tissu connectif » changeant et réservé, annoncé par le célesta.

Olga Neuwirth naît en Styrie en 1968 de parents entourés d’artistes influencés par la contre-culture, baignés de cinéma, de littérature, de musique, deux sauvageonnes (avec sa sœur) dans un pays « gris, conservateur […], pétri de conventions » ; elle prend de son père, destiné à la magistrature et détourné vers le piano (de jazz), le goût qui la conduit vers la trompette (celle de Miles Davis), qu’elle doit pourtant abandonner après un grave accident de voiture – occasion, après la rencontre avec Hans Werner Henze, de s’ouvrir à la composition, en même temps qu’au lien entre musique et politique. Elle est la compositrice à l’honneur de cette édition 2025 du festival de Radio France, même si, retenue à Vienne pour des raisons familiales, elle n’assiste pas à cette consécration française qui lui offre au moins une pièce dans chaque programme. On la connaît pour ses inspirations larges, sa musique sauvage aux babines retroussées, son penchant pour la métamorphose : Locus ... doublure ... solus (au titre pris à celui du roman fantasmagorique de Raymond Roussel, avec qui elle partage l’obsession des chiffres), pour piano et orchestre (Tamara Stefanovich et le Philharmonique de Radio France), pervertit la personnalité sonore de cet instrument bourgeois par excellence en jouant sur l’interaction avec ceux qui l’entourent : altos, célesta, piano électrique (échantillonneur) fabriquent à l’instrument soliste une ombre, une doublure…

"Saturne" d’Hugues Dufourt, 45 ans

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Hugues Dufourt, né à Lyon le 28 septembre 1943, est un compositeur, musicologue et philosophe français, petit fils de l'écrivain Jean Dufourt (1887-1953).

Il étudie le piano à Genève auprès de Louis Hiltbrand, puis la composition auprès de Jacques Guyonnet, avec lequel il collabore au Studio de musique contemporaine de Genève (SMC), et qui crée ses premières œuvres : Brisants, Mura della Città di Dite, Down to a sunless sea, Dusk light...

Agrégé de philosophie en 1967, Hugues Dufourt fut, à l'Université Lyon, l'élève de François Dagognet et de Gilles Deleuze. Il participe à Paris aux séminaires de Georges Canguilhem et Suzanne Bachelard. Il prend part aux concerts du groupe Musique du temps à Lyon, et devient, en 1968, responsable de la programmation musicale au Théâtre de la Cité à Villeurbanne, sous la direction de Roger Planchon, tout en enseignant la philosophie à l’Université Lyon (1968-1971), puis à l’Université Lyon-III (1971-1979), en qualité d’assistant, puis de maître-assistant. Il participe aux activités de l'ensemble l'Itinéraire (1975-1981), et fonde en 1977 le Collectif de recherche instrumentale et de synthèse sonore (Criss), avec Alain Bancquart et Tristan Murail.

En 1977, Erewhon est créé par les Percussions de Strasbourg, sous la direction de Giuseppe Sinopoli, suivi, en 1979, à l’Ircam, de Saturne, pour 24 instrumentistes, sous la direction de Péter Eötvös. En 1985, la création, par l’Orchestre de Paris, de Surgir provoque un certain scandale. Pierre Boulez dirige en 1986, à La Scala de Milan, L’Heure des traces. Hommage à Charles Nègre accompagne, la même année, le film « Quai Bourbon » de Luc Riolon, sur une chorégraphie et dans une mise en scène de Daniel Larrieu.

Chargé de recherche (1973-1985), puis directeur de recherche au CNRS (depuis 1985), Hugues Dufourt crée en 1982 le Centre d’Information et de Documentation / Recherche Musicale (CID-RM), qu'il dirige jusqu'en 1995. Il préside l’Ensemble Forum (1985-1989), et fonde le Séminaire d’histoire sociale de la musique (1984) et la formation doctorale « Musique et musicologie du XXe siècle », à l’École des hautes études en sciences sociales, avec le concours de l’École normale supérieure, du CNRS et de l’Ircam (1989).
Christian Bourgois publie en 1991 Musique, pouvoir, écriture. Dédale, opéra en trois parties, sur un livret de Myriam Tanant, est créé en 1995 à l’Opéra de Lyon, dans une mise en scène de Jean-Claude Fall. Le cycle des Hivers succède à La Maison du Sourd, pour flûte et orchestre, d’après Goya, créé à Venise en octobre 1999, et au Lucifer selon Pollock, pour orchestre, créé à Paris en février 2001.

Il est l’auteur d’importants articles : « Le déluge : philosophie de la musique moderne », « Musique, mathesis et crises, de l’Antiquité à l’âge classique », « Musique et principes de la pensée moderne : des espaces plastique et théorique à l’espace sonore », « Les fonctions paradigmatiques de la musique chez Leibniz », « La musique sur ordinateur : une sémantique sans sujet ? », « Les principes de la musique ». Plusieurs d'entre eux ont été réunis dans un ouvrage paru en 1991 sous le titre : Musique, pouvoir, écriture, éditions Christian Bourgois.