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Unsuk Chin, une création transculturelle visionnaire

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Unsuk Chin (°1961) : Gougalōn, scènes de théâtre de rue, pour ensemble ; Double Concerto pour piano, percussion et ensemble ; Graffiti pour orchestre de chambre. Emmanuel Favre, percussion ; Dimitri Vassilakis, piano ; Ensemble Intercontemporain, direction Pierre Bleuse. 2025. Notice en français, en anglais et en allemand. 60’21’’. Alpha 1200.

Unsuk Chin & Delyana Lazarova, une explosive alchimie de couleurs musicales avec l'ONL

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C’était une des premières soirées d’avril, ; une foule disparate se pressait à l’entrée du Casino Barrière, inhabituelle du lieu et délaissant, pour l’heure tout du moins, les rutilantes et aguichantes machines à sous du rez-de- chaussée afin de gagner au plus vite la salle de spectacle du premier étage. L’Orchestre National de Lille y donnait son premier concert nomade. (L’auditorium Jean Claude Casadesus et les salles du Nouveau Siècle étant indisponibles pour 15 mois)

Les deux noms mystérieusement associés dans le titre du présent article ne figurent donc en rien une secrète martingale pour accros du tapis vert mais une explosive alchimie musicale entre la compositrice coréenne Unsuk Chin el la cheffe d’orchestre Bulgare Delyana Lazarova ; deux noms à retenir.

La pièce  Subito conForza  d’Unsuk Chin, dédiée à Beethoven, ne dure que cinq minutes mais c’est un somptueux feu d’artifice de timbres et couleurs sonores que l’on n’est pas près d’oublier.

Figuraient également au programme de cette soirée la Symphonie concertante pour violon et alto de Mozart plus connue et familière laquelle aura permis de mettre en valeur la qualité des solistes de l’orchestre national de Lille, Sébastien Greliak au violon et Pablo Munoz Salido à l’alto.

Unsuk Chin prolongée à la direction artistique du Festival de Tongyeong

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La compositrice coréenne Unsuk Chin est prolongée à son poste de directrice artistique du Festival international de musique de Tongyeong, dans la province du Gyeongsang du Sud, selon le Korean Herald. Elle est en poste depuis quatre ans, et son contrat sera prolongé de cinq ans.

Le Festival international de musique de Tongyeong a été lancé en 2002 en hommage au compositeur de renommée internationale I-sang Yun  (1917-1995), qui, né dans la ville, a mené une carrière essentiellement en Allemagne.

 

Unsuk Chin, compositrice

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La compositrice sud-coréenne Unsuk Chin, dont la musique a été éditée dans le cadre d’un beau coffret des Berliner Philharmoniker,  est lauréate dans la catégorie Musique contemporaine des International Classical Music Awards 2025. Dans cette interview, elle parle de son art et de ses sources d'inspiration. L'interview a été réalisée par Maggie S. Lorelli pour la revue Musica, le membre italien du jury des ICMA.

Votre écriture se fait sur papier, renonçant à la possibilité offerte par l'ordinateur d'éditer vos partitions, qui sont à la fois épurées et créatives, des œuvres d'art en soi. Votre écriture est-elle toujours linéaire, sans arrière-pensée ?

Je compose toujours à mon bureau, sans ordinateur ni clavier. Je ne joue jamais les notes que j'écris sur la portée. J'ai été élevé de cette façon : c'est mon habitude et c'est la seule façon dont je peux composer. Créer une pièce est un travail où je dois prendre de nombreuses décisions à différents niveaux, y compris le contexte dans son ensemble, en me concentrant moins sur le son de chaque note individuelle. Ce processus prend beaucoup de temps, aussi parce que je fais d'abord des croquis. Et, bien sûr, il est toujours possible que j'aie des rechutes ou des doutes, ou que je jette certains éléments et recommence.

Ainsi, même si votre rêve d'enfant était de devenir pianiste de concert, vous ne développez pas vos idées musicales au piano. En jouez-vous encore de temps en temps ?

Bien sûr, j'adore pratiquer différents répertoires, de Bach à Messiaen et au-delà. C'est une expérience formidable pour moi, et un contraste excellent et fructueux avec le difficile processus de composition. Mais pour moi, la composition est un processus qui se déroule entièrement dans mon esprit.

L'une des caractéristiques de votre écriture est de pousser les possibilités expressives des instruments à leurs limites. Lors des phases d'étude et de répétition de vos œuvres, quelle est l'importance de l'interaction directe avec les musiciens ? Ou bien vos partitions disent-elles déjà tout pour vous ?

Pendant le processus de composition, je travaille rarement avec des interprètes ; je leur fais confiance et ils me font confiance. J'ai beaucoup de respect pour les interprètes brillants : c'est merveilleux, et c'est aussi fascinant d'écouter les différentes interprétations qui peuvent naître d'une même partition. De plus, les interprètes, avec leur art de l'interprétation, parviennent à trouver quelque chose auquel je n'avais pas pensé en phase de composition.

L'interprétation de votre musique est une expérience globale, qui nécessite souvent une implication physique...

Je suis obsédé par la virtuosité et l'énergie performative qui se créent lorsqu'un musicien pousse ses possibilités techniques et expressives à leur paroxysme.

Andrés Orozco-Estrada dirige une nouvelle œuvre d'Unsuk Chin

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Andrés Orozco-Estrada, Gürzenich Kapellmeister et directeur musical général de la ville de Cologne pour la saison 2025-26, dirigera le 4 avril une nouvelle œuvre d'Unsuk Chin.  Le soliste est François Leleux.
La compositrice sud-coréenne Unsuk Chin célèbre l’opéra comme une « puissance d’émotions » dans sa nouvelle œuvre orchestrale Operascope.
La pièce de grande envergure fait référence au théâtre musical, cite avec subtilité, puise dans les fondements de l'opéra musical et déploie une magie des couleurs merveilleusement chatoyante.
Cette année, Unsuk Chin a reçu le prix de musique Ernst von Siemens, considéré comme le « prix Nobel » de la musique.

Prix Ernst von Siemens à Unsuk Chin

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Le prix international de musique Ernst von Siemens est décerné cette année à Unsuk Chin. Avec cette Sud-Coréenne, le conseil d'administration distingue une compositrice de renommée internationale dont les œuvres sont jouées dans le monde entier, a annoncé jeudi la fondation Ernst von Siemens Musikstiftung.
Le prix est doté de 250.000 euros et compte parmi les prix musicaux les plus importants au monde.

Chin a ouvert de nouvelles voies à la nouvelle musique et a enthousiasmé un large public, a-t-on indiqué dans la motivation. Elle n'invalide pas les concepts traditionnels tels que la mélodie et l'harmonie, mais les réinterprète sans cesse. "Ses œuvres se distinguent par des sonorités lucides et oniriques et par une légèreté humoristique. Il en résulte une musique à laquelle le public accède facilement, mais qui reste en même temps complexe et stimulante".

Les trois prix d'encouragement pour compositeurs de la fondation seront attribués en 2024 à l'Islandaise Bára Gisladottir, à l'Italien Daniele Ghisi et au Chinois Yiqing Zhu. Outre le prix de 35.000 euros chacun, les productions musicales font également partie de la récompense.

L'éloge d'Unsuk Chin sera prononcé par Louwrens Langevoort, directeur de la Philharmonie de Cologne. L'Ensemble intercontemporain, sous la direction de son nouveau directeur musical Pierre Bleuse, jouera des œuvres de la lauréate.

Unsuk Chin, portrait à la berlinoise 

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Unsuk Chin (née en 1961) : Concerto pour violon n°1, Concerto pour violoncelle, Le Silence des sirènes,  Rocaná, Chorós Chordón, Concerto pour piano. Christian Tetzlaff, violon ; Alban Gerhardt, violoncelle ; Sunwook Kim, piano ; Barbara Hannigan, soprano ; Berliner Philharmoniker, direction : Myung-Whun Chung, Daniel Harding, Sakari Oramo, Sir Simon Rattle. 2005-2022. Livret en anglais et allemand. 1 coffret BPHR 230411 

Unsuk Chin reçoit le Prix Marie-Josée Kravis

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La compositrice coréenne Unsuk Chin vient d'être désignée lauréate du Prix Marie-Josée Kravis, doté de 200 000 $ et de la commande d'une œuvre pour le New York Philharmonic.
Henri Dutilleux, Per Nørgård et Louis Andriessen ont été lauréats avant elle.

Unsuk Chin est née à Séoul en a étudié la composition à l'Université nationale de Séoul avec Sukhi Kang, puis à Hambourg (1985-88) à la Hochschule für Musik und Theater avec György Ligeti ; l'enseignement de celui-ci a fortement contribué à la définition de son propre style, beaucoup plus que l'influence coréenne qu'elle réfute d'ailleurs.
Alors qu'elle était encore étudiante auprès de Ligeti, elle remportait en 1985 le Prix International Gaudeamus des compositeurs.
Elle utilise instruments traditionnels et électroniques dans ses œuvres, telle Xi (1998). Elle reconnaît que la virtuosité [la] fascine, ce qui explique sans doute la difficulté démoniaque de son concerto pour violon avec lequel elle a emporté un Grawemeyer Award en 2004, et de son double concerto pour piano, percussion, et ensemble (2002).
Sa pièce la plus connue, Akrostichon-Wortspiel, pour soprano et ensemble (1991-93) est une illustration idéale de son style fait d'un raffinement instrumental et vocal très poussé mais aussi ludique et accessible. La pièce évoque le monde de l'enfance à partir d'un texte fait d'onomatopées. La pièce a été enregistrée par la soprano finlandaise Piia Komsi avec l'Ensemble Intercontemporain et Kazushi Ōno.

Son premier opéra, Alice in Wonderland, a été créé le 30 juin 2007 à l'Opéra d'État de Bavière sous la direction de Kent Nagano. Il témoigne de la fascination de Unsuk Chin pour la voix et elle entretient d'ailleurs une collaboration suivie avec Piia Komsi.

Elle a composé aussi un Concerto pour piano (1997), un concerto pour violon (2001) (Grawemeyer Award),  un concerto pour violoncelle et Šu pour sheng et orchestre (2009).

 

Le Briefing Classique de la Semaine — Semaine du 17 au 23 mai 2026

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Cette semaine, la planète classique a vibré au rythme d'une actualité riche et contrastée, entre défis institutionnels, hommages émouvants et émergence d'une nouvelle génération de talents. Plongeons ensemble dans les faits marquants qui ont animé nos scènes et nos studios.

Disparitions marquantes

Le monde de la musique classique pleure plusieurs de ses figures. La soprano britannique Dame Felicity Lott, célèbre pour ses interprétations de Mozart et de Strauss, mais aussi grande ambassadrice de la mélodie française, nous a quittés dans la nuit du 15 au 16 mai à l'âge de 79 ans, des suites d'un cancer dont elle avait révélé le caractère terminal quelques jours plus tôt au micro de la BBC. Sa disparition suscite des hommages unanimes pour une carrière exceptionnelle. L'altiste polonais Stefan Kamasa s'est éteint à 96 ans, et le chef d'orchestre luxembourgeois Pierre Cao à 88 ans. Une tragédie a également frappé la violoncelliste et compositrice canadienne Cris Derksen, décédée dans un accident de voiture, laissant sa compagne grièvement blessée.

Mouvements et nominations

Plusieurs annonces importantes ont marqué la semaine. Le chef français Ludovic Morlot a été nommé Chief Conductor Designate de l'Orquestra Sinfónica do Porto Casa da Música, et prendra ses fonctions lors de la saison 2027-2028, tout en conservant son poste à l'Orchestre symphonique de Barcelone. L'Estonien Olari Elts prendra la direction artistique du Sinfonietta Rīga à partir de la saison 2026-2027, succédant à son fondateur Normunds Šnē.

Concours et récompenses

L'actualité des concours est particulièrement riche. Le pianiste coréen Sehyeok Son a remporté le premier prix de la 77ᵉ édition du Concours du Printemps de Prague. La compositrice coréenne Unsuk Chin a reçu le Grand Prix Daewon Music. Les finalistes de l'édition 2026 du Concours Reine Elisabeth, consacré cette année au violoncelle, ont été annoncés ; les épreuves se tiendront du 25 au 30 mai au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles. Les sélections pour le Concours Piccolo Violino Magico 2026, le Concours Tibor Junior 2026 et les présélections de la 17ᵉ édition du Concours Henryk Wieniawski ont également été dévoilées.

Polémiques et controverses

Une vive controverse agite le monde culturel bruxellois à la suite de la programmation du chef d'orchestre israélien Lahav Shani à Bozar. Plusieurs membres du conseil d'administration de l'institution ont démissionné en signe de protestation. Les critiques reprochent à Lahav Shani de ne pas avoir suffisamment pris ses distances avec le gouvernement israélien et avec les actions de son armée à Gaza. Le parti écologiste flamand Groen a même appelé au boycott, estimant que Shani, en tant que chef principal de l'Orchestre philharmonique d'Israël, représente son pays. Cette situation n'est pas sans rappeler l'annulation d'un concert similaire l'été dernier. Lahav Shani a réagi publiquement à cette nouvelle annulation.

Pauline, ou l'intelligence artificielle au service de la découverte musicale

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Il y a deux manières d'envisager l'arrivée massive de l'intelligence artificielle dans nos vies culturelles. La première — la plus visible, la plus anxieuse — consiste à voir partout des menaces : la créativité humaine remplacée, les voix singulières dissoutes dans une moyenne algorithmique, les œuvres patrimoniales noyées dans un océan de contenu généré sans discernement. Cette inquiétude n'est pas illégitime. Quand les grandes plateformes de streaming proposent à un auditeur une playlist de « musique classique pour étudier » qui mélange Brahms, Einaudi et de la nappe d'ambiance électronique vendue comme "nouveau classique", elles ne servent ni la musique, ni l'auditeur, ni les compositeurs.

Mais il existe une seconde voie, moins commentée, plus exigeante. Elle consiste à se demander ce que l'on peut construire avec ces outils quand on les met au service d'une mission éditoriale claire — quand on refuse de leur abandonner le pilotage et qu'on en fait, à l'inverse, des amplificateurs de l'intention humaine. C'est cette seconde voie que Crescendo Magazine a choisi d'explorer avec Pauline.

Pauline est une application web gratuite, libre d'accès, sans publicité ni tracking. Elle propose à chaque visiteur de lui confier un, deux, trois noms qu'il aime déjà — Mozart, Sibelius, Cécile Chaminade — et lui suggère des compositeurs proches par l'époque et l'esthétique, en privilégiant systématiquement les voix féminines et les artistes méconnu·es. Plus de 600 compositrices et compositeurs habitent aujourd'hui sa base, couvrant neuf siècles de création et plus de quatre-vingt-dix nationalités. Une frise chronologique permet de remonter le temps, une carte de naviguer par géographies. Un dialogue avec Pauline, mené par une intelligence artificielle, répond aux questions sur le répertoire. Un programme de concert personnalisé peut être généré à partir de vos affinités. À partir de chaque compositeur découvert, il est possible d'écouter la musique en se rendant sur YouTube, de se documenter grâce aux articles de Crescendo et de rechercher des concerts programmant les œuvres que l'on vient de découvrir. Le nom de l'application rend hommage à Pauline Viardot (1821–1910), cantatrice et compositrice franco-espagnole oubliée des manuels et pourtant figure essentielle de la vie musicale européenne du XIXᵉ siècle.