Le compositeur italien Vincenzo Tommasini est né le à Rome et mort le (à 72 ans) dans la même ville.
Vincenzo Tommasini étudie la philologie et le grec à l'Université de Rome « La Sapienza », en même temps qu'il poursuit également d'intensives études de musique à l'Académie nationale Sainte-Cécile (le violon avec Ettore Pinelli et la composition avec Stanislao Falchi).
En 1902 il voyagea à travers l'Europe. Durant cette période, il étudia avec Max Bruch à Berlin.
Sa première œuvre achevée est un opéra en un acte, Uguale fortuna, qui gagna un concours national. Son plus gros succès international est l'arrangement en 1916 de sonates pour clavier de Domenico Scarlatti pour Serge Diaghilev pour un ballet nommé Le donne de buon umore (en anglais: The Good-Humoured Ladies, en français : Les femmes de bonne humeur). Arturo Toscanini et lui terminèrent l'opéra incomplet Nerone d'Arrigo Boito.
Tommasini a été une figure importante de la renaissance de la musique orchestrale en Italie au xxe siècle. Son catalogue comporte notamment : Paesaggi toscani (Paysages toscans) pour orchestre et un ensemble de variations pour orchestre sur le Carnaval de Venise.
Arrigo Boito (1842-1918) : Nerone, tragédie en quatre actes. Mikheil Sheshaberidze (Nerone), Franco Vassallo (Simon Mago), Roberto Frontali (Fanuel), Valentina Boi (Asteria), Deniz Uzun (Rubria), Dongho Kim (Tigellino), Vassily Solodkyv (Gobrias), etc. ; Chœurs et Orchestre du Théâtre lyrique de Cagliari, direction Francesco Cilluffo. 2024. Notice et synopsis en italien et en anglais. Sous-titres en italien, en anglais, en français, en allemand, en japonais et en coréen. 154 minutes. DVD Dynamic 38047. Disponible en Blu Ray.
Nerone est un opéra en quatre actes sur un livret en italien. L'œuvre représente une série de scènes de la Rome impériale à l'époque de l'Empereur Néron, illustrant les tensions entre la religion impériale et le christianisme. L'opéra se termine par le Grand incendie de Rome. Boito est mort en 1918 avant d'avoir terminé son travail.
Arrigo Boito est connu comme compositeur de l'opéra Mefistofele, le seul opéra de Faust, en dehors de la version de Gounod, à avoir réussi à s'imposer sur les scènes d'opéra. Il est également connu comme librettiste et traducteur. Il a écrit des livrets pour plusieurs compositeurs italiens, en premier lieu Verdi (Otello, Falstaff), mais aussi Ponchielli (La Gioconda) et Faccio (Amleto). Il a traduit Der Freischütz de Weber et Rienzi de Wagner. Boito a travaillé sur le sujet à partir de 1862, avant même d'avoir terminé Mefistofele.
L'artiste et son frère faisaient partie du groupe Scapigliatura dont le nom fait allusion à des cheveux froncés ou ébouriffés. Ce groupe d'artistes lombards, qui a existé entre 1860 et 1880, se caractérisait par une protestation anti-bourgeoise, une résistance à la rhétorique du Risorgimento et une critique de l'Église et de la religion. En revanche, l'amour sensuel et le "mal" étaient glorifiés. C'est donc logiquement que l'opéra de Faust de Boito porte le nom du diable, que le personnage central de l'Otello de Verdi est le méchant Iago et que l'empereur romain, célèbre pour sa cruauté, s'est proposé comme sujet d'opéra de la Scapigliatura.
Nerone n'était certes pas le premier ni le dernier opéra consacré à la vie et à l'œuvre de l'Empereur romain. On peut citer au moins trois œuvres, le Nero de Georg Friedrich Haendel (Hambourg, 1705), le Néron d'Anton Rubinstein (Hambourg, 1879) et le Nerone de Pietro Mascagni (Milan, 1935).
Aucune de ces œuvres n'a pu s'établir durablement à l'affiche des opéras.
Depuis que Boito a commencé à composer en 1875, peu de temps après la première représentation de la deuxième version à succès de Mefistofele, le livret de Nerone devait être terminé à ce moment-là. On sait que Verdi s'est intéressé au sujet et a encouragé et rassuré Boito. Boito était près de Verdi dans les dernières heures de sa vie. L'année de sa mort, 1901, le livret de Nerone a été publié et il a été largement salué. Outre Verdi, l'éditeur Giulio Ricordi a également tenté de convaincre le compositeur de la qualité de son travail. Par exemple, l'éditeur lui a écrit que Nerone était prêt à être joué même sans l'acte V. En juillet 1911, Boito joua les quatre premiers actes au piano pour Ricordi et ce dernier convainquit le compositeur d'autoriser à présenter l'œuvre pour la première mondiale à La Scala. Cela était prévu pour l'hiver 1911-1912, mais Ricordi est décédé et la première a été reportée. En 1913, le compositeur a parlé à Enrico Caruso de la reprise du rôle titre et le chanteur de renommée mondiale a accepté, mais pour une représentation à New York. Encore une fois, le doute de Boito l'a emporté. Boito a repris une nouvelle fois des parties entières, a rejeté des passages déjà terminés et les a retravaillés. En 1916, il a retiré à nouveau le Nerone -maintenant pour une révision de l'ensemble du premier acte2. Mais la mort l'a surpris en 1918.
Au moment de la mort de Boito, qui avait travaillé sur le sujet pendant soixante ans, l'orchestration des trois premiers actes était achevée, mais certaines parties de l'acte IV étaient encore à l'état d'écriture.
Toscanini a proposé à Antonio Smareglia de terminer l'opéra laissé inachevé par le grand écrivain et artiste d'opéra de Padoue. Ayant accepté cette mission, le compositeur, après avoir achevé l'œuvre, en a été inexplicablement privé et chassé, sans explications, par Toscanini lui-même. Une explication plausible serait que Smareglia aurait exposé des doutes sur la validité effective de l'œuvre au chef d'orchestre au caractère coléreux et dictatorial. Toscanini a fait ensuite terminer l'œuvre par Vincenzo Tommasini. La première mondiale a eu lieu à La Scala le , obtenant un grand succès pour l'époque. Par la suite l'opéra a été très rarement joué.
La réduction pour piano a été faite par Ferrucio Calusio (1889-1983). Les parties vocales ont été publiées en 1924, la partition complète en 1925.
Boito avait également écrit une version en prose, en cinq actes, qui représentait son premier objectif, avec un acte final qui est absent dans l'opéra. Dans cet acte, Néron souffre d'une dépression psychologique en récitant l'Oreste, après l'apparition du fantôme d'Agrippina. On retrouve les idées de la scène d'ouverture du drame dans laquelle Néron essaie d'apaiser les mânes et la colère de sa mère. Cet acte, initialement présent dans le livret, a été abandonné sur les conseils de Ricordi.
En 1948, Toscanini dirigea à nouveau l'œuvre à la Scala. Il existe un enregistrement de cette mise en scène. L'opéra a également été représenté à plusieurs reprises par l'Opéra de Rome, d'abord pour l'inauguration de l'opéra en mars 1928, puis en décembre 1945 sous la direction de Gabriele Santini, juste après la chute des régimes totalitaires d'Hitler et de Mussolini, et enfin une nouvelle fois en été 1950, en plein air, dans les thermes de Caracalla.
La première aux États-Unis a eu lieu le , interprétée en version de concert par l'Opera Orchestra of New York au Carnegie Hall.
Il existe une traduction allemande d'Ernst Lert, Stuttgart (1928), qui suggère que l'œuvre y a été jouée à l'époque8. L'opéra était à l'affiche du Festival de Brégence 2021, mis en scène par Olivier Tambosi et dirigé par Dirk Kaftan. Le rôle-titre était interprété par le ténor mexicain Rafael Rojas.
Arrigo (ou Enrico) Boito, né le à Padoue (Lombardie-Vénétie dans l'empire d'Autriche) et mort le à Milan, est compositeur, romancier et poète, connu surtout pour ses livrets d'opéra et pour son drame lyrique, Mefistofele.
Arrigo Boito qui, sur le modèle de Stendhal (Henri Beyle), transforme son prénom d'Enrico en Arrigo, est issu d'une famille intellectuelle de Padoue passionnée d'art et de culture. Son père est miniaturiste. Sa mère, née Comtesse Josefa Radolinska, est d'origine polonaise. Il évolue dans le cercle de la scapigliatura milanaise, mouvement littéraire et artistique très éclectique, né en Lombardie à la fin du xixe siècle, qui rejette tout dogme esthétique. Il étudie le violon, le piano et la composition au Conservatoire de Milan entre 1855 et 1860. En 1860, alors que l'Italie vit les heures cruciales de son unification, il compose avec son ami Franco Faccio une cantate patriotique Il quattro Giugno ainsi qu'un drame musical Le Sorelle d'Italia et s'engage sous la bannière de Garibaldi.
En récompense, les deux jeunes auteurs compositeurs obtiennent du Roi Victor-Emmanuel II une bourse pour voyager durant deux ans à l'étranger. Boito choisit de séjourner à Paris. Il y découvre la nouvelle musique française, notamment Berlioz et Meyerbeer, et il est présenté à Rossini.
C'est aussi l'époque où Wagner triomphe dans les milieux littéraires parisiens.
À noter que Boito est parfaitement francophone.
De retour à Milan, Boito s'attelle à son premier opéra, Mefistofele, dont il écrit à la fois la musique et le livret qui suit de façon très fidèle le texte du Faust de Goethe. Créée à la Scala de Milan sous sa direction orchestrale le , cette œuvre rompt avec la tradition italienne du bel canto. Familier des œuvres de Shakespeare -qu'il traduit en italien- et du théâtre élizabéthain, il se passionne aussi pour les philosophes allemands, particulièrement Nietzsche et Schopenhauer. Pour Boito, qui se voit autant comme écrivain que comme musicien, la musique doit épouser fidèlement le livret et non les demandes des interprètes : l'œuvre littéraire doit être au centre du théâtre lyrique. La première est un échec et l'opéra aussitôt retiré de l'affiche. Boito remanie l'œuvre qu'on rejoue à Bologne en 1875, cette fois avec succès, puis à Hambourg, à Londres (en italien) et à Boston (en anglais) en 1880, à Bruxelles (en français) en 1883 et enfin à Paris en 1919.
Ses amis compositeurs lui commandent des livrets. Il a écrit, sous l'anagramme de Tobia Gorrio, La Gioconda pour Ponchielli d'après Victor Hugo, Amleto (Hamlet) pour Franco Faccio. Il publie aussi des recueils de poèmes : Il Re Orso (1864), Il libro dei versi (Turin, 1877), écrit des nouvelles, Le Fou noir et Le Poing fermé notamment, et traduit les livrets d'opéras de Wagner (Rienzi, Tristan und Isolde). En 1875, l'éditeur milanais Ricordi le met en rapport avec Giuseppe Verdi, pour qui il va remanier le livret de Simon Boccanegra (1881), puis composer les livrets de ses deux derniers opéras Otello et Falstaff d'après Shakespeare.
Nommé inspecteur général des conservatoires de musique italiens, il est fait sénateur par le roi d'Italie et Docteur Honoris causa des Universités anglaises de Cambridge et Oxford. Partout régulièrement à l'affiche, le Mefistofele fait désormais partie du répertoire lyrique de nombreuses maisons d'opéra. Le Prologue était l'œuvre que Toscanini mettait le plus volontiers à son programme.
Un second opéra, Nerone, auquel il travaille depuis 1870, demeure inachevé à sa mort en 1918. L'orchestration en est complétée par Antonio Smareglia et Vincenzo Tommasini sous la supervision de Toscanini, qui le crée à la Scala le .
Son frère, Camillo Boito (1836-1914) s'est distingué comme architecte spécialisé comme Viollet-le-Duc dans la restauration du patrimoine et comme écrivain, auteur de nouvelles, dont l'une, Senso, fit l'objet d'une adaptation cinématographique signée de Luchino Visconti.
Igor Stravinsky (1882-1971) : Le Sacre du printemps, Petrouchka, Pulcinella, Feu d’Artifice, Le Chant du Rossignol, L’Oiseau de feu, Apollon musagète ; Claude Debussy (1862-1918) : Jeux, Prélude à l'après midi d’un faune ; Paul Dukas (1865-1935) : La Péri ; Maurice Ravel (1875-1937) : Daphnis et Chloé, La Valse ; Florent Schmitt (1870-1958) : La Tragédie de Salomé ; Françis Poulenc (1899-1963) : Les Biches ; Piotr Ilyich Tchaikovsky (1840-1893) : Suites du Lac des Cygnes et de la Belle au bois dormant ; Manuel de Falla (1876-1946) : El Sombrero de tres picos ; Serge Prokofiev (1891-1953) : Chout, Ala et Lolly ; Richard Strauss (1864-1949) : Till Eulenspiegels lustige Streiche ; George Auric (1899-1983) : Les Fâcheux, La Pastorale ; Nikolai Rimsky-Korsakov (1844-1908) : Shéhérazade ; Darius Milhaud (1892-1974) : Le Train Bleu ; Vincenzo Tommasini (1878-1950) : La donne di buon umore ; Henri Sauguet (1892-1974) : La Chatte. SWR Sinfonieorchester Baden-Baden und Freiburg, Sylvain Cambreling, Michael Gielen, Marcello Viotti, Yuri Ahronovitch, Hiroshi Wakasugi, Ernest Bour, Fabrice Bollon, Kirill Karabits, Christopher Hogwood, Alejo Pérez, Zoltán Peskó , Gérard Korsten ; Deutsche Radio Philharmonie Saarbrücken Kaiserslautern, Christoph Poppen, Robert Reimer. 1972-2012. Livret en allemand et anglais. 1 coffret de 10 SWR Musik. SWR19431CD.
Diaghilev. Ballets russes. Oeuvres de : Nikolai Tcherepnin (1873-195), Alexander Borodine (1833-1887), Nikolai Rimsky-Korsakov (1844-1908), Adolphe Adam (1803-1856), Robert SChumann (1810-1856), Igor Stravinsky (1882-1971), Carl Maria von Weber (1786-1826), Piotr Ilyich Tchaikovsky (1840-1893), Paul Dukas (1862-1918), Mily Balakirev (1836-1010), Maurice Ravel (1875-1937), Florent Schmitt (1870-1958), Richard Strauss (1864-1949), Gabriel Fauré (1845-1924), Vincenzo Tommasini (1878-1950), Anatoly Liadov (1855-1914), Erik SAtie (1886-1925), Ottorino Respighi (1879-1936), Manuel de Falla (1876-1946), SErge Prokofiev (1891-1953), Françis Poulenc (1899-1963), Modest Moussorgsky (1839-1881), Georges Auric (1899-1983), Georg Frideric Haendel (1685-1759), Darius Milhaud (1892-1974), Henri Sauguet (1901-1989). Livret en anglais, allemand et français. 1 coffret de 22 CD Warner. 0190296477157.