Dossiers

Un sujet musical abordé selon différents points de vus et, souvent, différents auteurs.

Renaud Capuçon, cinéma

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L’album Cinéma de Renaud Capuçon est l’un des grands succès de la saison. Alors qu’un DVD d’un concert à l'Olympia sort cette semaine chez Warner, le programme Cinéma fera l’ouverture du Festival de Pâques d’Aix-en-Provence dont Renaud Capuçon est fondateur et directeur artistique. Rencontre avec un violoniste également cinéphile.

Pouvez-vous nous expliquer la genèse de ce projet ?  

J’avais envie de réaliser ce projet depuis de nombreuses années. J’avais été fasciné par les deux disques Cinema Serenade d’Itzhak Perlman et John Williams parus il y a une vingtaine d’années chez Sony Classical. Je suis certainement la personne qui les a le plus écoutés ! Faire un album autour du thème du cinéma m’apparaissait comme un rêve que je réaliserais un jour. À cette époque, j’ai également découvert la musique d’Erich Wolfgang Korngold, tellement liée au cinéma et dont j’ai joué de la musique de chambre et surtout le concerto que j’ai enregistré. Il y a une dizaine d’années, j’ai parlé du projet à Alain Lanceron, directeur de Warner, et il m’a dit : “Quand tu veux !”. Mais la concrétisation du projet a pris un peu de temps : je n’étais pas prêt, je ne sentais pas le projet. Il y a 3 ou 4 ans, mon épouse me relançait régulièrement sur ce thème, m’encourageant à le concrétiser car elle trouvait le concept fantastique. Il y a 2 ans, je me suis réveillé un matin, en lui disant : “Je le fais !”. Je suis sensible à une forme d’instinct personnel qui me caractérise et que j’écoute : il en va ainsi pour mon répertoire où il y a des oeuvres que je sens à certains moments de ma vie et pas à d’autres, à l’image des Concertos de Bartók par exemple. Je les ai enregistrés il y a 2 ans, mais je ne les avais pas joués depuis une dizaine d’année. Il en va de même des sonates et partitas de Bach que je n’aborde pas actuellement.  

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Édith Canat de Chizy est au centre de l’actualité. Alors que sort un disque monographique chez Solstice, son oratorio Le Front de l’Aube vient d’être repris au Capitole de Toulouse. Une nouvelle pièce pour orgue, Sun Dance, vient d’être créée à la Philharmonie de Paris, et une pièce pour chœur et duo d’accordéons, Paradiso , le sera très prochainement à Genève dans le cadre du Festival Archipel .

Ce disque Solstice reprend différentes de vos partitions et porte le nom de “Visio”. Pouvez-vous nous expliquer le concept du disque et le lien entre ces partitions ?

 Ce sont très majoritairement des oeuvres récentes, composées entre 2015 et 2017. Seule La Ligne d’ombre est une partition plus ancienne. Nous avions la chance d’avoir un enregistrement de cette oeuvre par l’Orchestre Français des Jeunes sous la direction du chef d’orchestre David Zinman. Quand on a une expérience de travail avec un tel musicien, cela vaut la peine de la mettre en évidence.

Nous avons donné à ce disque le titre générique de Visio car le projet s’est construit autour de cette pièce qui a été créée et enregistrée en 2016 dans le cadre du Festival Présences de Radio France. C’est une pièce qui m’est chère et je la considère comme un jalon dans mon oeuvre du fait du travail avec l’électronique et des recherches que j’ai réalisées sur le traitement des voix. Ce travail sur les voix se poursuit car je finalise actuellement une oeuvre pour choeur et orchestre, commande de l’Arsenal de Metz. Visio est composé sur un texte d’Hildegarde von Bingen tiré de son livre des Visions, la prochaine création, Paradiso, sur le texte du Paradis de Dante. Les deux auteurs sont contemporains et il y a de nombreuses similitudes dans leurs univers , en particulier dans leur conception du mouvement circulaire des planètes.

Agnès Clément, harpiste

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Lauréate du prestigieux concours ARD, la harpiste Agnès Clément occupe le poste de harpe solo auprès de l’Orchestre symphonique de La Monnaie. Avec ses collègues, et sous la direction d’Alain Altinoglu, elle vient de donner la création mondiale du Concertino de notre compatriote Wim Henderickx. Alors que sort un CD intitulé “Le Rossignol en Amour”, Agnès Clément répond aux questions de Crescendo Magazine.

Vous avez remporté le très prestigieux concours de l’ARD en Allemagne. Qu’est ce que cette victoire vous a apporté ?

Ce concours de l’ARD a été une expérience très enrichissante dans beaucoup de domaines. Lors de sa préparation, j’ai expérimenté une manière totalement nouvelle pour moi d’appréhender le répertoire. J’ai choisi une approche intériorisée, presque méditative, des oeuvres. Détachée de l’instrument et libérée de ses contraintes techniques, la musique prend forme mentalement, elle se construit peu à peu dans un travail de visualisation où l’imaginaire se joue des limites musicales.

C’était passionnant de découvrir ce champ des possibles, et le concours a été pour moi l’occasion d’aboutir dans ce travail. Mon jeu en a été métamorphosé, et les innombrables propositions de concerts qui ont découlé du concours m’ont permis d’aller toujours plus loin dans ces découvertes musicales. C’était donc un moment pivot, qui m’a énormément apporté !

Patrick Davin dirige Dupont avec l’OPRL

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Le chef d’orchestre Patrick Davin, au pupitre de l’Orchestre philharmonique royal de Liège publie un disque consacré au compositeur français Gabriel Dupont (Fuga Libera). À cette occasion, le chef nous parle de ce compositeur et de sa place dans l’histoire de la musique.

 Comment est né le projet d’enregistrer des oeuvres de Gabriel Dupont ? Comment avez-vous découvert ce compositeur ?

 Le projet initial vient de Jérôme Lejeune qui est souvent partie prenante dans les premiers enregistrements de compositeurs. Il est toujours habité par cette soif de découvrir autre chose. C’est lui qui a proposé ce projet dédié à Gabriel Dupont. Il se fait que, tout à fait par hasard, j’ai une tradition d’enregistrement avec l’Orchestre philharmonique royal de Liège. J’avais déjà entendu le nom de Gabriel Dupont et plus particulièrement les Heures dolentes dont je connaissais la version pour piano. Je ne savais pas qu’il y avait aussi ces orchestrations et encore moins qu’il y avait une pièce orchestrée par quelqu’un d’autre. Je connaissais Gabriel Dupont de nom depuis 30 ans, grâce au pianiste Daniel Blumenthal qui m’en avait parlé au moment de l’enregistrement de ses œuvres pour piano. Maintenant, les Heures Dolentes ont été plusieurs fois reprises au disque. Je pense qu’à l’époque où Daniel Blumenthal l’a enregistré pour Cybelia, c’était une rareté. Cela m’avait intéressé mais plutôt « d’une manière désincarnée » car je n’en connaissais que la version pour piano.

Kent Nagano et l’Orchestre symphonique Montréal

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C’est l’un des grands événements de la saison bruxelloise : la venue, dans le cadre du Klara Festival, de l’Orchestre symphonique de Montréal sous la direction de son directeur musical Kent Nagano. En prélude à ce concert, Crescendo Magazine s’entretient avec l’un des maestros les plus engagés dans son époque, un musicien qui refuse les facilités et qui s’investit comme rarement dans son art et dans sa dimension sociale, portant la musique partout où elle doit avoir sa place.

Vous allez jouer dans la salle Henry Leboeuf du Palais des Beaux-Arts dans laquelle vous êtes déjà venu à de nombreuses reprises, mais jamais avec l’OSM. Qu’est-ce que cela représente pour vous ?

Je connais bien cette salle et je la considère comme l’une des meilleures au monde. Le répertoire que nous proposerons pour ce concert sera parfaitement adapté à cette merveilleuse acoustique. Nous sommes impatients de pouvoir jouer pour le public belge.

Vous allez vous produire avec la contralto Marie-Nicole Lemieux que l’on connaît bien en Belgique depuis son triomphe au concours Reine Elisabeth 2000. Est-ce que présenter l’OSM avec une artiste canadienne est une priorité pour vous ?  

La première priorité c’est la qualité, autant quand on joue à domicile qu’en tournée. Il se trouve que l’on connaît très bien Marie-Nicole. Dans un certain sens, elle a grandi avec l’OSM car elle chante avec nous depuis ses débuts et elle continue de se produire régulièrement à nos côtés. Nous avons eu le grand plaisir d’observer son affirmation comme l’une des grandes contraltos de notre époque.

Mark Grey, Frankenstein d’hier à aujourd’hui

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Le compositeur Mark Grey est à l’affiche de La Monnaie avec la première mondiale de son Frankenstein, une production des plus attendues. Il revient, pour Crescendo Magazine, sur ce projet. Rencontre avec l’un des compositeurs majeurs de notre époque.  

Votre opéra Frankenstein est donné en création mondiale sur la scène de la Monnaie ; pouvez-vous nous parler de la genèse de ce projet?

J'avais lu le roman quand j'étais au lycée, probablement vers l'âge de 16 ans. Comme pour la plupart d'entre nous, la découverture du personnage de Frankenstein et de l’auteure Mary Shelley a commencé beaucoup plus tôt dans la vie. Nous étions exposés à tous les stéréotypes de la créature dans des dessins animés ou à l’utilisation du mot «Frankenstein» dans la vie quotidienne. Il y a également eu ma découverture des images du film de 1931 avec Boris Karloff dans le rôle de la “créature”. Je me souviens avoir vu le film de 1931 au milieu des années 1970 (probablement vers l’âge de huit ans) lors de la série télévisée Creature Feature diffusée aux États-Unis.

La Monnaie m'a contacté car ils étaient déjà en discussion avec Àlex Ollé (de La Fura dels Baus), notre metteur en scène. Alex désirait présenter cette œuvre depuis plus de dix ans, mais il est très difficile d’adapter des romans pour le théâtre lyrique. La Monnaie (et Àlex) ont estimé que la musique devrait être écrite par un compositeur anglophone, car le langage de Shelley est très subtil et nuancé, de même que de nombreuses références historiques et littéraires comme les Métamorphoses d’Ovide, le Paradis perdu de John Milton, la Complainte du Vieux marin de Samuel Coleridge-Taylor, et la liste est encore longue. Júlia Canosa i Serra, notre librettiste, a rejoint l'équipe alors que la production s’est ainsi étoffée.

Camille Pépin, compositrice

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À l’occasion de la sortie dans les bacs de son très bel album Chamber Music dont nous nous sommes fait l’écho par ailleurs, Camille Pépin nous a fait l’honneur de répondre à quelques questions. La jeune Française de 28 ans aux nombreuses récompenses n’est pas seulement une compositrice talentueuse ; c’est également une personnalité attachante, d’une spontanéité, d’une fraîcheur et d’une humilité désarmantes. Aussi rythmés et dansants que certaines de ses œuvres, ses propos sont ponctués de points d’exclamation qui trahissent un tempérament et un enthousiasme fulgurants. C’est peu dire que nous sommes tombés sous le charme de cette artiste dont nous serons sans aucun doute amenés à reparler…

Ce premier disque consacré à vos œuvres répond-t-il à l’idée que vous vous en faisiez? Comble-t-il toutes vos attentes?

Absolument ! Mais il faut dire qu’en tant que compositrice et productrice de l’album, j’étais à l’abri des mauvaises surprises. J'ai été présente à chaque étape : j'ai imaginé ce projet il y a maintenant deux ans, j'ai travaillé avec les musiciens qui me suivent depuis le début et qui ont créé les pièces, j'ai assuré la direction artistique de l'enregistrement et j’ai produit le disque. J'avais également choisi dès le départ mon ingénieur du son, Clément Gariel ; nous avions déjà travaillé ensemble et j'avais beaucoup aimé son travail. J'ai donc pu enregistrer en toute confiance avec mes interprètes et ingénieur du son de prédilection ! Le fait d'enregistrer à l'Ondif (Orchestre national d'Île-de-France) a été tout aussi important pour moi, car leur concours de composition Îles de Création a été un véritable tremplin dans ma carrière. Bref, j'ai été très heureuse de réaliser cet enregistrement "en famille" et n'ai aucun regret concernant ce disque. J'en suis même fière…! 

Pierre-Yves Pruvot, baryton et éditeur

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Le baryton Pierre-Yves Pruvot est bien connu du public belge. Finaliste du Concours Musical Reine-Elisabeth, il est un invité régulier de l’Opéra de Liège et d’autres scènes belges. On le retrouve en Golaud dans Impressions de Pelléas de Marius Constant (Fuga Libera), sujet de départ de cet entretien. Mais Pierre-Yves Pruvot est également le co-fondateur des éditions Symétrie de Lyon, l’une des plus belles réussites éditoriales dans le milieu de la musique.    

Vous avez participé à l’enregistrement  d’Impressions de Pelléas (rôle de Golaud), réinterprétation du Pelléas et Mélisande de Debussy  par le compositeur et chef d’orchestre français Marius Constant. Comment avez-vous découvert cette “version” si particulière ?

Constant a réussi le tour de force de « concentrer » le chef d’œuvre de Debussy en le réduisant environ d’un tiers de sa longueur. Non pas que l’opéra soit trop long, mais il s’agit plutôt ici de présenter l’ouvrage dans une forme plus intime : les personnages secondaires et le chœur disparaissent ainsi que certaines scènes, d’autres passages sont raccourcis, et la version de Constant débute avec la lecture de la lettre par Geneviève, comme une sorte de flashback. D’autre part, Constant utilise ici deux pianos seulement, qui ne cherchent bien sûr pas à se substituer à la richesse de l’orchestre debussyste, mais qui contribuent cependant à donner une dimension à la fois intime et riche de la partition de Debussy. Je connaissais l’existence de cette version réduite mais je n’avais pas eu l’occasion de m’y plonger avant la proposition que m’ont faite Inge Spinette et Jan Michiels, les deux merveilleux pianistes belges instigateurs de ce projet.

Le droit d'auteur européen nouveau est (presque) arrivé !

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La veille de la Saint-Valentin, une délégation de la Commission, du Conseil et du Parlement européens est enfin parvenue à un accord sur la révision du droit d’auteur de l’Union européenne. Les accents triomphalistes du communiqué de presse portant le nouveau texte sur les fonts baptismaux parviennent difficilement à faire oublier les âpres discussions auxquelles la réforme a donné lieu. Le 14 février 2019, c’est par un « Je t’aime, moi non plus » que la plupart des parties intéressées ont accueilli le nouveau régime juridique, fruit d’un fragile compromis.

Il faut dire que les intérêts en présence étaient particulièrement difficiles (pour ne pas dire impossibles) à concilier. Une véritable quadrature du cercle qui aura coûté au triumvirat européen deux ans et demi d’efforts. Manœuvrant dans les eaux tumultueuses d’un triangle des Bermudes dessiné par trois lobbies aux positions antagonistes et parfois virulentes – représentants des auteurs, interprètes et exécutants et de leurs ayants-droit; plateformes en ligne; et utilisateurs –, le législateur a lui-même dû composer avec ses diverses composantes: une Commission soucieuse d’harmoniser le droit des Etats membres de l’Union, jusqu’ici relativement fragmenté dans le domaine du droit d’auteur; un Conseil donnant de la voix aux intérêts des Etats; et un Parlement attentif aux opinions de la société civile, divisée sur la question.

Berlioz, le coffret Warner événement

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Tout comme cela fut fait pour Debussy, Warner publie un gros coffret avec les oeuvres d’Hector Berlioz, magnifique entrée en matière pour les célébrations des 150 ans de la mort du génial compositeur. A cette occasion, Crescendo Magazine vous propose une rencontre avec Philippe Pauly, la cheville ouvrière de ce coffret et l’un des plus grands connaisseurs de la discographie de la musique classique.  

Dans le cadre de cette intégrale, vous avez dû planifier des enregistrements pour compléter le coffret par des œuvres inédites. N’est-il pas surprenant, en 2018, d’avoir encore des inédits de Berlioz comme cette Nonne Sanglante ?

Je dirais oui et non : plusieurs raisons peuvent expliquer de tels phénomènes. Parfois, une partition que l’on croyait perdue est miraculeusement retrouvée : ce fut le cas de la Messe solennelle de Berlioz. D’autres fois, le manuscrit est connu mais appartient à des collections privées et reste longtemps inaccessible : c’est encore le cas de certaines pages de Debussy. La résurrection de fragments plus ou moins achevés nécessite souvent un long travail d’édition et de reconstruction afin de rendre ces œuvres exécutables. Concernant Berlioz, son œuvre ne fit l’objet de recherches approfondies que relativement récemment : dois-je rappeler qu’il fallut attendre 1969 pour que la partition complète des Troyens soit enfin éditée ?