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Boris Christoff, 30 ans

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Boris Christoff (en bulgare : Борис Христов), est un chanteur d'opéra (bassebulgare, né à Plovdiv le  et mort à Rome le .

Son timbre unique, doté d'une palette vocale remarquable, allié à un tempérament dramatique naturel, ont fait de lui une des plus grandes basses du xxe siècle. Il est devenu mondialement célèbre en tant qu'interprète d'œuvres comme Faust de Gounod dans le rôle de Méphistophélès, Boris Godounov de Modeste Moussorgski et des opéras de Giuseppe Verdi, notamment dans le rôle de Philippe II du Don Carlos, immortalisé dans la mise en scène de Luchino Visconti.

Né à Plovdiv, la plus ancienne ville d'Europe, de parents bulgares, le jeune Boris fut très tôt baigné dans le monde musical. Jeune homme, il chantait dans le chœur de la Cathédrale Alexandre-Nevski de Sofia. Il ne concevait le chant que comme une pratique d'amateur et se consacrait à ses études de droit tout en tenant les parties de basse solo des offices.

Sa voix particulièrement ample et mélodieuse lui valut cependant une telle admiration qu'en 1942, l'État bulgare lui proposa une bourse d'études afin d'étudier le chant et perfectionner son art en Italie. Le Roi Boris III de Bulgarie, impressionné par sa voix, lui confia non sans humour : « Nous avons trop de juristes dans ce pays et pas assez de chanteurs ! ». Boris Christoff, sur les conseils d'un autre grand Boris, alla donc étudier à Rome.

Le baryton Giuseppe De Luca le présente à un autre baryton, non moins célèbre, Riccardo Stracciari, qui lui prodigue son enseignement pendant deux ans.

Au début de leur collaboration, Stracciari est persuadé d'en faire un baryton comme lui, tant sa facilité à monter dans l'aigu est déconcertante. Mais sa voix imposante de basse est bel et bien là.

Il débuta, après quelques apparitions officieuses, en 1946, à Reggio de Calabre, dans le rôle de Colline dans La Bohème. Le succès fut immédiat. Il dut d'ailleurs répéter trois fois son air Vecchia zimmara.

Dans les années 1950 et 1960, il atteignit, sur la scène internationale, le zénith de sa carrière. Dès lors, il fut entouré des meilleurs artistes de son époque : Maria Callas, Renata Tebaldi, Franco Corelli, Tito Gobbi. Les grands chefs d'orchestre étaient tous très désireux de pouvoir travailler et, bien sûr, d'enregistrer avec lui comme Vittorio Gui et Issay Dobrowen.

Il devient alors artiste officiel de la firme EMI, qui participa à sa légende en lui faisant graver ses plus beaux rôles.

André Cluytens, un de ses grands admirateurs, lui fit enregistrer le rôle de Boris Godounov (un premier enregistrement était pourtant déjà sur le marché, avec bien sûr Christoff et Dobrowen à la baguette), et dans les deux cas la basse bulgare chanta les trois rôles de basses (Pimen, Varlaam et Boris).

C'est encore Cluytens qui lui fit immortaliser (toujours deux fois !) son Méphistophélès de Faust de Gounod, avec deux autres très grands chanteurs, Victoria de Los Angeles et Nicolai Gedda. La scène de l'église où le diable interpelle Marguerite est d'anthologie.

Boris Christoff avait cette capacité à ne pas décharger toute son énergie devant un micro (comme beaucoup de chanteurs-acteurs d'après-guerre), sachant doser savamment son art du chant, capable d'alterner clairs obscurs, piani, forte, avec une précision chirurgicale comme très peu de chanteurs ont su le faire.

Sur scène, sa présence était électrique, se concentrant uniquement sur son chant, économe en gestes, mais d'un port naturellement royal, il captivait l'attention.

Un critique italien qui le vit chanter le rôle d'Ivan Soussanine à la Scala dit de lui: « Quand Boris Christoff chanta le grand air de Soussanine, ce n'était plus lui que l'on écoutait, mais le chant même transformé en poésie ».

L'artiste grava d'ailleurs ce rôle avec Igor Markevitch, peut-être un de ses plus beaux enregistrements (il y retrouve une nouvelle fois Nicolaï Gedda). Son enregistrement des mélodies russes (et pas uniquement de Moussorgsky), effectué sur plusieurs années, demeure l'un des trésors de l'histoire du disque.

Boris Christoff passa le plus gros de sa carrière en Europe, surtout en Italie, mais aussi au Covent Garden de Londres, où il venait chanter régulièrement, notamment le rôle de Boris Godounov, et à Paris.

En 1950, victime comme tant d'autres artistes de la politique anticommuniste de l'Amérique d'après-guerre, il se vit refuser l'accès sur le territoire nord-américain alors qu'il devait inaugurer la saison du Metropolitan Opera en chantant Philippe II de Don Carlo. Il ne vint aux États-Unis qu'à partir de 1956 pour interpréter Boris Godounov au San Francisco Opera. Les Américains l'adoptèrent et de nombreux engagements s'ensuivirent : Washington, Miami, Philadelphie, Boston, et bien sûr New York.
Son répertoire comptait 120 rôles, parmi lesquels Boris Godounov qu'il chanta environ

Il donne son dernier concert le , à l'âge de 72 ans, à l'Académie Bulgare de Rome. Retiré dans sa villa de Buggiano en Toscane, il décède d'une longue maladie le  à Rome. Son corps, rapatrié à Sofia, reçut des obsèques nationales dans la Cathédrale Saint-Alexandre-Nevsky.

A Lausanne, une Norma surprenante  

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Pour achever sa saison 2022-2023, l’Opéra de Lausanne affiche Norma, le chef-d’œuvre de Vincenzo Bellini. Son directeur, Eric Vigié, en confie la production à Stefano Poda qui assume à la fois mise en scène, décors, costumes, lumières et chorégraphie en collaborant avec Paolo Giani Cei. Pour une Note d’intention figurant dans le programme, il écrit : « Norma est le monde du rêve et du cauchemar, de l’inconscient, de l’esprit. C’est l’occasion parfaite pour épurer ma mise en scène, pour offrir aux spectateurs un véritable instrument optique qui ne montre pas forcément la vie des Gaules et des Romains, mais aussi le monde interne de chacun de nous ».

A l’instar de ses précédentes relectures des Contes d’Hoffmann et d’Alcina, Stefano Poda délimite l’espace scénique par de vastes parois vitrées permettant les jeux subtils d’éclairage, alors que descend des cintres un gigantesque peuplier porteur du gui sacré dont les racines énormes semblent vouloir écraser le peuple gaulois engoncé dans de blanches houppelandes et les quelques uniformes noirs portés par le proconsul romain Pollione et ses hommes de main. Tandis qu’apparaît un immense disque lunaire élevé par de mystérieuses mains, Norma, vêtue de rouge vif, officie en déroulant le sublime « Casta diva » puis s’immerge dans le souvenir des jours heureux au moment où, dans un « Ah bello, a me ritorna » suggéré par le rêve, lui apparaît Pollione auquel elle s’unit avec une dévorante passion. Le second tableau présente une Adalgisa drapée de noir, considérant une maquette du Panthéon qui s’agrandira en arrière-plan quand la rejoindra le consul imposant la toute-puissance romaine. Des entrailles de la terre surgiront, en un cube exigu, les deux enfants nés de l’union de la grande-prêtresse et du parjure, vivant dans un monde clos et jouant au lego avec les lettres de toutes tailles composant le nom NORMA. Mais que leur constante agitation devient dérangeante durant le magnifique « Mira, o Norma » où ils édifient les mots AMOR et ROMA ! Un gong lumineux déclenchera l’incitation à exterminer l’envahisseur, tandis que le sang inondera les vitres. Le dénouement laissera en coulisse le bûcher sacrificiel mais fera émerger la sphère bleue de la rédemption vers laquelle s’achemineront les deux amants purifiés, tenant par la main leurs deux fils.

 

Concertos pour violoncelle dans le préclassicisme nord-allemand, dont deux raretés

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Cello Concertos from Northern Germany. Ignác František Mára (1709–1783) : Concerto en ut majeur. Markus Heinrich Grauel (c1720-1799) : Concerto en la majeur. Johann Wilhelm Hertel (1727-1789) : Concerto en la mineur. Carl Friedrich Abel (1723-1787) : Concerto en si bémol majeur. Gulrim Choï, violoncelle. Ensemble Diderot. Johannes Pramsohler, Roldán Bernabé, violon. Alexandre Baldo, alto. François Leyrit, contrebasse. Jadran Duncumb, théorbe, luth. Philippe Grisvard, clavecin. Livret en anglais, français, allemand, japonais, coréen. Juin 2021. TT 64’05. Audax ADX 11200

L’Opéra d’Atlanta annonce les finalistes du "96-Hour Opera Project"

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Le "96-Hour Opera Project" de l’Opéra d’Atlanta offre un prix en espèces de 10 000 $ ainsi que la commande d’un nouvel opéra de chambre qui sera produit et interprété par la compagnie au cours d’une prochaine saison.
Chaque paire de compositeurs et de librettistes écrira un opéra de 10 minutes, les gagnants recevant 10 000 $ et une occasion de commande.

Le concours associe des compositeurs à des librettistes, les mettant au défi de créer un opéra de 10 minutes. Ensuite, les cinq équipes finales se rendront à Atlanta (Géorgie) du 9 au 12 juin pour entendre leurs opéras répétés et joués au Ray Charles Performing Arts Center du Morehouse College.

Les compositeurs sélectionnés sont les suivants :
Nathan Felix
Omar Najmi
Dave Ragland
Edward Shilts
Jorge Sosa

Les librettistes qui travailleront avec eux sont les suivants :
Laura Barati
Anita Gonzalez
Alejandra Martinez
Selda Sahin
Catherine Yu

Le jury du concours est composé de Mark Campbell, Doug Hooker, Andrea Davis Pinkney, Tazewell Thompson, Priti Gandhi et Tinashe Kajese-Bolden.

Montréal, le palmarès

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DMYTRO UDOVYCHENKO, UKRAINE
Premier Prix d'une valeur de 95 000 $ 

  • Grand prix en argent (30 000 $) offert par la Ville de Montréal
  • Bourse de développement de carrière Joseph-Rouleau  (50 000 $) offerte par la Fondation Azrieli
  • Tournée du vainqueur dans trois villes nord-américaines
  • Engagement pour un concert ou un récital dans une programmation subséquente de l'Orchestre symphonique de Montréal (OSM) offert par l'OSM

SONGHA CHOI, CORÉE DU SUD
Deuxième Prix Pierre-Péladeau et Raymonde-Chopin

  • 15 000$ offert par Québecor

SOOBEEN LEE, CORÉE DU SUD
Troisième Prix

  • 10 000 $ offert par Stingray Classica

Prix spéciaux

Dmytro Udovychenko, Ukraine

Prix pour la meilleure interprétation d’une œuvre de J.S. Bach offert par Andrew Wan, violon solo de l’Orchestre symphonique de Montréal (2 500 $)

Yesong Sophie Lee, États-Unis
Prix pour la meilleure interprétation d’une œuvre de virtuosité offerte par la Famille Rouleau et la Fondation de la Famille Morris et Rosalind Goodman (2 500 $)

SongHa Choi, Corée du Sud
Prix André-Bachand pour la meilleure interprétation de l’œuvre canadienne imposée
Offert par Claudette Hould (2 500 $)

SongHa Choi, Corée du Sud
Prix pour la meilleure interprétation d’une sonate en demi-finale
Offert par Louise Roy (5 000 $)

Aaron Chan, Canada\Hong Kong
Prix de l'engagement philanthropique Bita-Cattelan
Offert par Bita et Paolo Cattelan (5 000 $)

SongHa Choi, Corée du Sud
Prix du public offert par ICI Musique (5 000 $)

Umi Garrett, États-Unis
Prix John-Newmark pour la ou le meilleur pianiste collaborateur
Offert par la Fondation Famille Lupien (5 000 $)

Michael Shaham (Israël),
Nathan Meltzer (États-Unis),
Ruslan Talas (Kazakhstan)

Bourses du CMIM aux finalistes non-classés (3 000 $ par participant)
Offertes par la Fondation Huguette et Jean-Louis Fontaine et par John Farrell et François Leclair

 

 

 

 

 

 

 

 

Işıl Bengi joue avec le feu

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Agni Kunda. Oeuvres de Mily Balakirev (1837-1910), Enrique Granados (1867-1916), Clara Schumann (1819-1896), Marko Tajčević ((1900-1984), Nikolai Medtner (1880-1951), Claude Debussy (1862-1918), Alexandre Scriabine (1872-1915). Işıl Bengi, piano. 2022. Textes de présentation en français, anglais et allemand. 43’43. Insolite Records INS02

La version originale de Bolero à Zagreb avec Pascal Rophé

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La version originale (version ballet 1928) de Bolero est au programme de 2 concerts de l’Orchestre de radio croate de Zagreb (Simfonijski Orkestar HRT), sous la direction de Pascal Rophé.  Il s'agira de la première de la version ballet de Bolero à Zagreb.

La Sacre du printemps de Stravinsky sera donné en complément de programme avec la venue du Croatian National Theatre ballet Ivan PL.Zajc de Rijeka. Cette version dansée sera donnée dans une chorégraphie de Maša Kolar.

Ces concerts se dérouleront  les 10 et 11 mai au Koncertna dvorana Vatroslav Lisinski de Zagreb et ils seront diffusés par la radio et la chaîne de télévision nationale HRT.

Pascal Rophé est bien connu en Belgique où il a été Directeur musical de l'Orchestre philharmonique Royal de Liège et invité régulier du Belgian National Orchestra. Il a également été Directeur musical de l'Orchestre national des Pays de la Loire avec lequel il a réalisé des enregistrements régulièrement acclamés dans nos colonnes. Pascal Rophé a été désigné Directeur musical du Simfonijski Orkestar HRT en 2021. 

Fondée en 1929, cette phalange croate est l’une des plus anciennes formations radio-symphoniques du monde. Elle a accueilli des chefs et des solistes comme Igor Markevitch, Franz Konwitschny, Claudio Abbado, Lorin Maazel, Zubin Mehta, Krzysztof Penderecki, André Navarra, Leonid Kogan, Henryk Szeryng, Aldo Ciccolini, Mstislav Rostropovich….

A l’OSR, Daniel Harding so british… 

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Pour son dernier concert en tant que chef en résidence de l’Orchestre de la Suisse Romande pour la saison 2022-2023, Daniel Harding a choisi un programme anglais qu’il a présenté à Genève le 5 avril, à Lausanne le lendemain. 

Y figurait l’un des récents ouvrages de Mark Anthony Turnage, Hakan, son troisième concerto pour trompette écrit en 2014 pour le soliste de la soirée, Håkan Hardenberger et incluant des instruments rares tels que différents gongs, cloches de temple et cordes de harpe. Dans la première partie intitulée Falak, le chef tisse un canevas mystérieux qui puise son inspiration dans la région montagneuse du Pamir, au nord du Pakistan, utilisant un ostinato des timbales et des cuivres sur lequel le solo développe une longue incantation amenant à un premier tutti. Les cordes imprègnent le discours d’une dimension mélancolique qui s’effilochera avec un animato percussif dont la trompette exacerbera la véhémence. L’Arietta se confine en une mélopée en demi-teintes qu’amplifie le violoncelle en dynamisant le support orchestral. Pour le Final, le trompettiste est confronté à une série de variations sollicitant sa virtuosité jusqu’à une épineuse cadenza qui provoque un ultime éclat avant de conclure sur une note déchirante. Et le public l’applaudit à tout rompre, en percevant la performance technique qu’exige une telle œuvre.