Résultats de la recherche pour : Nadia Boulanger

Un siècle de poème symphonique au féminin, dans une interprétation de référence

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Poétesses symphoniques. Augusta Holmès (1847-1903) : Andromède. Lili Boulanger (1893-1918) : D’un matin de printemps ; D’un Soir triste. Mel Bonis (1858-1937) : Le Songe de Cléopâtre ; Ophélie ; Salomé. Betsy Jolas (*1926) : A Little Summer Suite. David Reiland, Orchestre national de Metz. Octobre 2021. Livret en français, anglais. TT 61’17. La Dolce Volta LDV 103

Jean Roger Ducasse, 150 ans

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Le compositeur français Jean Jules Aimable Roger Ducasse est né le  à Bordeaux et décédé le  au Taillan-Médoc (Gironde).

Son père est assureur maritime. Il grandit au Taillan, près de Bordeaux, dans la propriété de Pichebouc. Il va à l'école de musique de la Société Sainte-Cécile, fondée en 1843 par Costard de Mézeray, qui deviendra le Conservatoire de Bordeaux.

En 1889, son père meurt et il est obligé de prendre un emploi pour subvenir aux besoins de sa famille. En 1891, il réussit le Concours du Conservatoire de Paris et s'installe dans le XVIIe arrondissement.

Au Conservatoire de Paris, il devient l’élève de Charles-Auguste de Bériot, d'Émile Pessard, André Gedalge et Gabriel Fauré, Maurice Ravel, Charles Koechlin, Florent Schmitt, Raoul Laparra et Georges Enesco dont il demeurera en quelque sorte l’héritier spirituel et l’ami très cher. Il se lie aussi à Marie Fauré-Frémiet ainsi qu'aux enfants du couple, Emmanuel Fauré-Frémiet et Philippe Fauré-Frémiet.

Il fait jouer à la Société Nationale de Musique sa Petite suite pour piano en 1898 et Deux Rondels en 1899. En 1901, il tente le Concours du Prix de Rome mais il ne le remporte qu'en 1902 où il obtient le Premier Second Prix de Rome. Il le retente en 1903 mais ne le remporte pas. Son premier Quatuor à cordes, sa Romance pour violoncelle et piano, son Allegro appasionato et ses œuvres symphoniques traduisent sa personnalité.

En parallèle, Gabriel Fauré lui confie la réduction pour piano et chant de son Requiem op. 48, de son Pelléas et Mélisande op. 80, et la révision du poème symphonique Prométhée.
Il écrit de 1901 à 1905 Au Jardin de Marguerite où il fait passer l’essentiel de la poésie de Goethe, et un poème symphonique pour chœur mixte et orchestre : la Sarabande. En 1909, la Suite française triomphe aux Concerts Colonne. La même année, il commence à mettre en musique La Ville morte de Gabriele d'Annunzio, sans savoir que ce dernier a demandé la partition à Raoul Pugno et Nadia Boulanger.

En 1910, il crée la Pastorale pour orgue lors du concert inaugural de la Société Musicale Indépendante. Seule pièce pour orgue, elle est rarement jouée en France de nos jours, à cause, entre autres, de sa difficulté : écrite en 1909, elle est une des pièces de virtuosité du début du xxe siècle. D'autre part, elle a été éclipsée par d'autres styles d'écriture plus récents. Cette œuvre jouit néanmoins d'une grande popularité aux États-Unis et elle est éditée chez Durand. La même année, il dirige Sur quelques vers de Virgile au Trocadéro

En 1911, son Prélude pour un ballet est créé et attire l'attention de Sergei Diaghilev et Michel Fokine.
L'année 1911 voit aussi la mort de sa mère, lui laissant ses sœurs Marguerite et Yvonne à charge -sa sœur Jeanne est alors mariée et son frère Daniel est mort prématurément en 1908.

Gabriele d'Annunzio lui demande alors d'écrire une partition pour son drame Le Martyre de saint Sébastien, mais Roger-Ducasse refuse et le projet échoit à Claude Debussy.

Roger Ducasse reçoit la demande d'Alexandre Ziloti, chef d'orchestre à Saint-Pétersbourg, qui lui commande une pièce sur le mythe d'Orphée. Il commence donc à écrire Orphée, sur un livret écrit par lui-même et qui suit fort bien le mythe. Mais la pièce sera mise de côté durant la Première Guerre mondiale. Des fragments symphoniques seront cependant joués aux Concerts Lamoureux le 9 janvier 1914. Ce mimodrame est monté par Léo Staats et interprété par Ida Rubinstein en . L’œuvre sera jouée à Hanovre en 1929 où elle aura un grand succès.

Il se lie aussi d'amitié avec Marguerite Long qui crée en 1917 les Variations sur un choral. Il l'accueillera  Taillan dès son veuvage.

L'année 1918 voit aussi la mort de Lili Boulanger et de Claude Debussy. Il terminera la Rapsodie pour saxophone en hommage posthume et comme engagement auprès d'Emma Debussy, mais aussi le ballet La Boite à joujoux et les Proses lyriques dont il termine l'orchestration esquissée par Claude Debussy.

À partir de cette année là, la vie musicale reprend autour du Groupe des Six. Entre 1918 et 1920, il compose son Nocturne de printemps, dédié à « ma chère maison des champs » au Taillan-Médoc et qui est créé aux Concerts Pasdeloup le 13 janvier sous la direction de Rhené-Baton. En 1919, il compose une Marche française où l’on peut entendre un chant funéraire d’une rare émotion. Il travaille aussi à une Symphonie sur la cathédrale de Reims qui s'inspire de la cathédrale que les bombardements ont très largement abimée. Cette symphonie sera écrite pendant plusieurs années et on en trouve des traces dans sa correspondance avec André Lambinet. Il écrit aussi les Barcarolles, une Romance et un Impromptu pendant ces années-là.

En 1922 est créé, aux Concerts Colonne et sous la direction de Gabriel Pierné, Epithalame, commande de Walter Damrosch, chef d'orchestre américain, proche de Nadia Boulanger et fondateur de l'École de musique de Fontainebleau. La même année, il compose, d'après commande de Henry Prunières, un Poème symphonique sur le nom de Gabriel Fauré. L’œuvre sera créée en 1923 aux Concerts Pasdeloup.

Cantegril (personnage représentatif du Midi, entouré d’un monde extrêmement vivant) fut une œuvre moins heureuse car elle demandait beaucoup d’interprètes (32) dont les rôles sont écrits avec beaucoup d’exigences. Il en fait son véritable chef-d’œuvre, qui est représenté le  à l’Opéra-Comique.

En 1928, il devient Inspecteur principal de l'enseignement du chant dans les écoles de la Ville de Paris, succédant à Auguste Chapuis. L'année suivante, il entre comme professeur de la classe d'accompagnement où Nadia Boulanger lui succédera. L'année suivante, il reçoit le Prix Lasserre, récompensant l'ouvrage le plus brillant de l'année, pour son opéra-comique Cantegril. Il compose alors Deux Choeurs pour voix mixtes et Madrigals créés en 1925 aux Concerts Pasdeloup sous la direction de Rhené-Baton.

Il écrit le poème symphonique avec chœurs Ulysse et les Sirènes en 1937, dirigé aux Concerts Lamoureux en 1938 par Eugène Bigot. L’œuvre tout entière est d’une poésie pénétrante avec, au fond, les voix du chœur dans l’orchestre. Un deuxième Quatuor à cordes -son testament musical- est créé à Bordeaux le , au Château de la Brède.

Il succède en 1935 à Paul Dukas comme professeur de composition au Conservatoire de Paris (Tony Aubin lui succédera en 1946). Il a eu pour élèves Jehan Alain, André Lavagne.

Il aura exercé son art simplement avec franchise. Pour certains, il pratiquait le « culte de l’impopularité ». En effet, il ne cherchait pas à plaire mais il était très scrupuleux, n’hésitant pas à détruire des œuvres qui ne lui convenaient pas.

 

Hommage à Stanislaw Skrowaczewski 

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Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Ouvertes et musique de scènes. Ouvertures de Leonore n°1 en Ut Majeur, Op;138 ; Leonore n°2 en Ut Majeur, Op.72a ; Leonore n°3 en Ut Majeur, Op.72 b ; de Fidelio en mi majeur, Op.72c. Extraits des Ruines d’Athènes, Op.133 : ouverture, marche turque, marche et chœur “Schmückt die Altare”. Bach Society of Minnesota, Minnesota Orchestra, direction Stanislaw Skrowaczewski. 1080. Livret en anglais. 59’06’. VOX NX 3017CD

Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Concerto pour piano n°17 en sol majeur, K.453 ; Concerto pour piano n°27 en si bémol majeur, K.595. Walter Klein, piano ; Minnesota Orchestra,  direction : Stanislaw Skrowaczewski. 1978.  Livret en anglais. VOX NX 3012CD

La Symphonie n° 6 de Krzysztof Meyer sur fond de loi martiale

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Krzysztof Meyer (°1943) : Concerto pour piano et orchestre op. 46 ; Symphonie n° 6 « Polonaise » op. 57. Pavel Gililov, piano ; Grand Orchestre Symphonique de la Radio et de la Télévision polonaise de Katowice (concerto) et Orchestre de la Radio et de la Télévision de Cracovie (symphonie), direction Antoni Wit. 1984 (symphonie)/1992 (concerto). Notice en polonais et en anglais. 78.46. Dux 1898. 

Claire Bodin et Jérôme Gay, à propos du Festival et du label  Présence Compositrices

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Alors que le Festival “Présences Compositrices” prend ses quartiers à Toulon, jusqu’au 22 novembre, Présence Compositrices se décline désormais en label dont la première parution est dédiée à des œuvres de Marie Jaëll par Célia Oneto Bensaid. Cette série d’évènements et cette sortie discographique sont une occasion d’échanger avec  Claire Bodin, directrice Centre Présence Compositrices et Jérôme Gay, directeur label Présence Compositrices.

Qu’est-ce qui vous a poussé à initier ce label Présences compositrices ? 

Claire Bodin :  la création de ce label, dont j’ai souhaité confier la direction à Jérôme Gay, est une suite logique aux actions que je mène en faveur des compositrices depuis 2006 et particulièrement depuis la création de notre festival en 2011.  Il a fallu tout ce temps pour y arriver, mais en réalité il faisait partie du projet global dont je rêvais depuis bien longtemps ! 

Depuis 2011 j’ai eu de très nombreuses demandes d’artistes qui se désespéraient de découvrir et monter spécialement pour le festival de très belles œuvres qu’il ne leur était quasiment jamais donné de rejouer, faute d’intérêt des programmateurs et programmatrices pour ce pan de l’histoire de la musique. Très souvent, elles me demandaient si nous ne pourrions pas les aider à enregistrer. Pendant des années, la mort dans l’âme, j’ai dû leur répondre que nous n’en avions pas les moyens…mais que peut-être un jour…

Les choses ont (un peu) changé du côté de celles et ceux qui programment et l’existence du label va contribuer à les faire avancer car les œuvres pourront être écoutées, ce qui est rassurant quand on doute de leur intérêt et qualité. 

Enregistrer va aussi créer une « histoire » des belles œuvres des compositrices qui, pour certaines, ont été parfois déjà enregistrées, mais quelquefois pas dans de bonnes conditions. Comme pour les compositeurs, avoir plusieurs versions d’une même œuvre est toujours intéressant. Jusqu’à aujourd’hui d’ailleurs, beaucoup des enregistrements existants émanaient de maisons de disques étrangères ; nous sommes heureux de promouvoir un label français sur ce sujet qui a été si longtemps ignoré par le secteur de la musique classique dans notre pays. 

Pour ce qui est des œuvres inédites, comme ce sera le cas par exemple pour notre deuxième disque, cela va élargir encore plus les horizons ; il y a une matière très riche à découvrir, ce n’est que le début !  

Jérôme Gay  : Ce label est lié à la grande expertise du Centre Présence Compositrices. Certaines œuvres que nous souhaitons enregistrer ont été jouées en concert lors du festival. D’autres n’ont pas encore été jouées. Et c’est toujours la qualité des œuvres qui nous donne envie de les enregistrer. 

Nous avons des centaines d’œuvres devant nous à enregistrer. Le retard est encore énorme, et il reste beaucoup de travail, car on a défriché un tout petit pourcentage de ce qui existe. 

Galaxie Pierre Henry : l’autre coffret, pour l’éternité

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Pierre Henry (1927-2017) : Galaxie. Le Voyage (1962) ; Prisme (1973) ; Variations pour une porte et un soupir (1963) ; Gouttes d’eau 2 (2008)* ; Messe de Liverpool (1967) ; La noire à 60 + Granulométrie (1967) ; Apocalypse de Jean (1968) ; Jérusalem (1968)* ; Mouvement-Rythme-Étude (1970) ; Futuristie (1975/1999) ; Pierres réfléchies (1982) ; Envol (2010) ; Coexistence (1958) ; Intérieur / Extérieur (1996) ; Dracula ou la Musique troue le Ciel (2002) ; Ma grande Pâque russe (1993)* ; Professeur Robot (2010)* ; L'Art de la fugue odyssée (2011) ; Entité (1959) ; Miroirs du temps (2008) ; Strette Symphonie collector (2010)* ; Messe pour le temps présent (1967) (Henry/Colombier) ; Grand remix (2015)* ; Tokyo 2002 (1998) ; Fragments rituels - Métamorphose (2013)* ; Machine danse (1970)* ; Utopia Hip-Hop Final (2009)* ; Astrodanse (1971)* ; Construction tournante (2007)* ; Phrases de quatuor (2000) ; La note seule (2017)* ; Grand tremblement (2017)* ; Une minute éternelle (2013)*. Avec les voix de Jacques Spacagna, Jacques Alric, François Dufrêne, Jean Negroni et du groupe Violent Femmes, et des sons du groupe Propellerheads. 1960-2021 (*inédits). 14h19’03. Livret en français et en anglais. 13 CD Decca 4855652.

Jean Françaix, 30 ans

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Le compositeurr français Jean René Désiré Françaix estné le  au Mans et décédé le  à Paris. Pianiste confirmé, il est l'auteur de plus de deux-cents œuvres, il aborde de manière éclectique un certain nombre de types d'ouvrage, allant de la musique pour soliste à l'opéra, passant par la musique de chambre.

Rappel pour les plus jeunes

Né dans une famille de musiciens, Jean Françaix reçoit des cours de musique de son père Alfred Françaix, compositeur et pianiste. Il commence ses études au conservatoire du Mans que dirige son père ; sa mère y est également professeur de chant.

Il commence à étudier à l'âge de dix ans la composition en privé avec la musicienne française Nadia Boulanger à partir de l'année 1922 jusqu'en 1934. Celle-ci remarque chez lui une grand facilité en musique, notamment au niveau de l'harmonie. La même année, il compose sa première étude, une pièce pour piano intitulée Pour Jacqueline. Dédicacée à sa petite-cousine, la partition est éditée en 1924 aux éditions Sénart.

À 11 ans, il rencontre Maurice Ravel, qui, voyant son don, l'encourage à poursuivre et à développer sa curiosité. En 1926, à quatorze ans, il entre au Conservatoire de Paris avec comme professeur Isidor Philipp et remporte en 1930, à 18 ans, son premier prix de piano et entame ainsi sa carrière de pianiste.

En 1932, Jean Françaix représente la France et la jeune école musicale française avec le compositeur Claude Delvincourt au Festival International de l’ISCM de Vienne, où est jouée une de ses pièces pour piano et quatuor à cordes : Huits Bagatelles. Son autre composition de jeunesse, le Concertino pour piano et orchestre, de 1932, connaît un succès immédiat. Son ballet de 1933 Scuola di ballo, qui s'inspire de thèmes du compositeur italien Luigi Boccherini, est créé par les Ballets russes de Monte-Carlo, chorégraphié par Léonide Massine.

Jean Françaix fait partie de la société de concerts Triton et a pour objectif de faire connaître la musique contemporaine en France et en particulier la musique de chambre. Fondé par P.-O. Ferroud en 1932 et dirigée par Henri Tomasi et Henry Barraud, Jean Françaix l'intègre dès 1935. En 1936, le compositeur engrange ses premiers succès internationaux avec sa pièce Concertino au Festival de la Musique de Chambre de Baden-Baden.

À partir des années 1930, aidé par ses capacités naturelles pour la musique, il commence à fréquenter l'élite intellectuelle parisienne ; il est notamment invité fréquemment chez Winnaretta Singer, la « Princesse Blanche de Polignac ». C'est dans ce salon qu'il créé son opéra-comique Le Diable boiteux, en 1938, qui est retransmis à la BBC la même année. Dans ces cercles, il rencontre notamment des compositeurs en vogue tels qu'Igor Stravinksy ou Francis Poulenc, avec qui il lie une grande amitié, ainsi que des écrivains comme Paul Valéry. Par ailleurs, c'est également à ce moment-là que le Comte de Beauvau-Craon va faire rencontre Jean Françaix au réalisateur Sacha Guitry avec lequel il travaillera tout au long de sa carrière. Leur première collaboration est en 1937, quand le compositeur écrit la musique de son film Les Perles de la couronne ; il est âgé alors de vingt-quatre ans. En parallèle, sa carrière de pianiste international s'accélère et Jean Françaix entreprend de nombreuses tournées à l'international, où il joue aussi des œuvres du répertoire et les siennes.

En 1937, Jean Françaix épouse Blanche Yvon, violoniste et chanteuse et, en 1939, il compose une œuvre qu'il considère majeure dans sa carrière, l'oratorio fantastique L'Apocalypse selon Saint Jean, créé en 1942 sous la direction du chef d'orchestre français Charles Münch. Cet ouvrage n'a cependant que peu de succès et n'est que peu repris par la suite. En revanche, si le public français ne l'apprécie guère, il trouve en Allemagne un public davantage accueillant ; il s'associe notamment avec l'éditeur de musique Schott, qui va promouvoir sa musique dans le monde entier. Nombre de ses partitions sont éditées aux Éditions Musicales Transatlantiques, Max Eschig et Schott.

À partir des années 1950, le compositeur travaille fréquemment avec Sacha Guitry pour la réalisation de plusieurs bandes originales de ses films.

En tant que pianiste, il forma un duo avec Maurice Gendron, dont l'une des plus grandes réussites est la sonate pour arpeggione de Franz Schubert, enregistrée une première fois le . En 1954, Jean Françaix remporte le Prix du Disque pour son interprétation du Sextuor pour piano et instruments à vent de Francis Poulenc4. Entre 1958 et 1961, le compositeur est membre du Conseil Supérieur au Conservatoire National de Musique de Paris et entre les années 1959 et 1962, Jean Françaix enseigne à l'École Normale de Musique de Paris. En 1959, le compositeur reçoit la croix de la Légion d'honneur par son professeur Nadia Boulanger. En 1962, le compositeur orchestre une partition de Francis Poulenc, L'Histoire de Babar, qui a un certain succès par la suite, puis s'occupera des Préludes de Frédéric Chopin en 1967.

Au tournant des années 1980, le constat est fait que la musique de Jean Françaix ne plaît pas beaucoup : ayant l'impression d'être rejeté, le compositeur estime sa musique « trop facile à comprendre », ce qui l'empêche d'être jouée. Sa musique légère, qu'il qualifie également de « sérieuse sans gravité », ne lui ouvre donc pas les portes des différentes fonctions officielles qui aurait pu s'offrir à lui, mais il reçoit tout de même un certain nombre de distinctions pour ses travaux : en 1992, il obtient le Prix Arthur Honegger pour l'ensemble de son œuvre.

Jean Français meurt le  dans le 3e arrondissement de Paris à l'âge de quatre-vingt cinq ans, après avoir laissé un œuvre d'environ deux-cent quinze pièces.

Jean Françaix est un des rares musiciens à être rester fidèle à l'écriture de la musique pour le seul plaisir, s'inscrivant ainsi dans la lignée des compositeurs tels qu'Emmanuel Chabrier ou Francis Poulenc, préférant persévérer dans la musique tonale plutôt qu'explorer le sérialisme. De plus, malgré sa proximité et ses contactes avec le Groupe des Six, le compositeur ne se plie pas à un mouvement en particulier et reste toujours à l'écart musicalement2.

Jean Françaix compose plus de deux-cents ouvrages au cours de sa vie. Il ne s'arrête pas à un genre particulier mais explore une grande étendue de la musique instrumentale et des différents types d'instruments. Il compose aussi bien des courts ouvrages pour solistes que de la musique de chambre et des concertos. Il explore également le genre vocal avec notamment un oratorio et cinq opéras. Toujours pour la scène, il compose aussi des ballets ainsi que de la musique de film.

Outre des pièces diverses pour instruments seuls, il compose plusieurs concertos, dont un Concerto pour piano, un Concerto pour deux pianos, deux Concertos pour violon, un Concerto pour clarinette et un Concerto pour flûte. Ses œuvres vocales comprennent un oratorio, L'Apocalypse selon Saint-Jean et une cantate pour mezzo-soprano et cordes, la Déploration de Tonton (chien fidèle) (d'après un texte de Georges Ravon).

Il est particulièrement prolifique dans l'écriture de musique de chambre pour les vents. On retrouve notamment deux Quatuors pour saxophonesPrélude, Sarabande et Gigue pour trompette et piano ou ses Neuf pièces caractéristiques pour dix instruments à vent.

La musique pour clavier inclut L'Insectarium, pour clavecin ; Huit danses exotiques, pour deux pianos ; une Messe de mariage et la Suite carmélite, pour l'orgue, ainsi qu'une Sonate pour piano.

Jean Françaix a composé la musique d'une dizaine de films, dont le Si Versailles m'était conté... de 1954 de Sacha Guitry. Celui-ci avait déjà fait appel au compositeur en 1937, alors âgé de vingt-cinq ans, pour son autre film Les Perles de la couronne. Dès lors, la collaboration entre les deux artistes est renouvelée à plusieurs reprises sur d'autres projets cinématographiques. Il compose également la bande originale du film Lady L (1965) de Peter Ustinov.

Ses œuvres combinent l'élégance et l'inventivité, comme le montre La Princesse de Clèves, son cinquième et ultime opéra. Actuellement, ce compositeur rencontre plus de succès à l'étranger qu'en France, surtout en Allemagne, au Japon et aux États-Unis.

Voyage musical panaméricain avec Naxos : USA, Mexique et Brésil

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Différentes parutions récentes du label Naxos mettent à l’honneur des compositeurs du Nouveau monde. Certes, toutes ces parutions ne sont pas foncièrement des indispensables, mais elles contribuent avec talent et compétence à élargir nos horizons musicaux avec des propos éditoriaux et artistiques particulièrement pertinents.   

William Grant Still (1895-1878) : Cant’you Line ‘Enm, 3 Visions n°2 Summerland, Quit Dat Fool’nish, Pastorela, American Suite, Fanfare for the 99th Fighter Squadron, Serenade, Violon Suite, Threnody: In Memory of Jean Sibelius. Zina Schiff, violon. Royal Scottish National Orchestra, Avlana Eisenberg. 2018. Naxos. 8.559867.