Aldo Ciccolini, l’indispensable

Aldo Ciccolini. The Complete Erato Recordings. 1956-2010. Livret en français, anglais et allemand. 1 coffret de 60 Cd. Warner. 5021732612069

Aldo Ciccolini. The Complete Erato Recordings. 1956-2010. Livret en français, anglais et allemand. 1 coffret de 60 Cd. Warner. 5021732612069
Edvard Grieg (1843-1907) : Concerto pour piano, en la mineur Op. 16. En Automne, Op. 11. Variations sur un vieil air norvégien Op. 51. Soirée dans les montagnes ; Auprès du berceau [Pièces lyriques, Op. 68 no 4-5]. Maurice Abravanel, Orchestre symphonique de l’Utah. Grant Johannesen, piano. Février, mars, mai 1975, rééd. 2024. Livret en anglais. 67’32’’. VOX-NX-3040.
Edvard Grieg (1843-1907) : Peer Gynt, Suites no 1 Op. 46, no 2 Op. 55. Au Temps de Holberg, suite pour cordes Op. 40. Danses norvégiennes Op. 35. Jour de noces à Troldhaugen [Pièces lyriques, Op. 65 no 6]. Maurice Abravanel, Orchestre symphonique de l’Utah. Février, mars, mai 1975, rééd. 2024. Livret en anglais. 68’23’’. VOX-NX-3039.
Programme varié, comme souvent avec l’OFJ, pour le deuxième des trois concerts de leur session d’hiver (après Dijon, et avant Ludwigsburg), leur quatrième et dernière session avec le très expérimenté chef d'orchestre danois Michael Schønwandt : une courte pièce dodécaphonique (Dallapiccola), un grand concerto pour piano entre classicisme et romantisme (Beethoven), et en deuxième partie une immense œuvre pour orchestre de l’époque moderne (Bartók).
La Piccola musica notturna (1954) de Luigi Dallapiccola (1904-1975), au titre (« Petite musique nocturne ») qui évoque Mozart, n’a pourtant rien à voir avec cette célébrissime sérénade au ton léger. Elle est basée sur un poème d’Antonio Machado, Nuit d’été, dans lequel le poète se voit « déambulant tout seul, comme un fantôme ». Dès leur entrée, les cordes impressionnent par leur chaleur et leur équilibre. La partition indique Molto tranquillo, ma senza trascinare (« Très calme, mais sans traîner »), mais beaucoup d’interprètes oublient ce qui suit la virgule. Ce n’est pas le cas de Michael Schønwandt, qui prend donc un tempo assez allant. Il obtient de cet orchestre une formidable palettes de couleurs. Leurs sonorités se mêlent presque mystérieusement : nous ne savons pas toujours quels sont les instruments (pourtant tous habituels dans l’orchestre symphonique -à l’exception, éventuellement, du célesta) que nous entendons. Dès lors, nous en sommes convaincus : avec une moyenne d’âge autour de la vingtaine, cet orchestre sonne avec une belle maturité.
Suivait le Concerto pour piano N° 5 (et dernier) de Ludwig van Beethoven, avec l’immense Elisabeth Leonskaja. Dans ses cadences introductives, elle est saisissante de puissance et de simplicité, sans rien d’apprêté. Malgré leur nombre, les cordes ont une texture aérée, remarquablement homogène. Ce concerto est surnommé « L’Empereur », sans aucune raison historique. Et à entendre ce début, on le trouve bien peu solennel, mais plutôt dans l’état d’esprit tout de sensibilité du merveilleux Quatrième Concerto. Elisabeth Leonskaja varie les hiérarchies de ses interventions avec une maîtrise supérieure, capable de percer avec autorité comme de se fondre avec abandon. Elle passe des sonorités les plus cristallines aux plus acérées avec une aisance confondante. L’orchestre, parfaitement discipliné, et le geste sûr de Michael Schønwandt, sont à la hauteur.
Le chef d’orchestre Benjamin Levy fait paraître (5 juillet) un album “Paris est une fête” au pupitre de l’Orchestre de chambre Pelléas et en compagnie de l’excellente violoniste Alexandra Soumm (Fuga Libera), un album qui célèbre les 20 ans de cet orchestre de chambre qui s’est affirmé dans le paysage musical. Dans le même temps, le maestro est directeur musical de l’Orchestre national de Cannes, phalange qu'il a revigorée et déployée avec brio. Rencontre avec un musicien fédérateur et passionné qui va toujours de l’avant.
Le disque s’intitule “Paris est une fête”. Pourquoi avoir envisagé et enregistré un disque autour de cette thématique parisienne ?
Depuis pas mal de temps, la musique française, surtout la musique française du début du XXe siècle, occupe beaucoup de place dans mon parcours musical. J’ai un grand intérêt pour des pièces moins connues du répertoire et les partitions légères qui tentent de définir en pointillés, une certaine idée de la France et de style musical français. De plus, la violoniste Alexandra Soumm est une partenaire de longue date de l’Orchestre de chambre Pelléas et l’idée de caractériser notre belle collaboration avec un enregistrement était devenue un souhait commun. Lors de nos concerts en France et à l’International comme au festival Enescu de Bucarest en 2020, il y avait au programme de la musique française. Dès lors, enregistrer Tzigane de Ravel et le Boeuf sur le toit de Milhaud dans sa version violon / orchestre s’est peu à peu affirmée comme une évidence. En ajoutant la Symphonie en ut de Bizet et la Bourrée fantasque de Chabrier, l’ensemble composait un beau panorama de musique française, illustrant des moments festifs et joyeux de l’histoire de France, des débuts de la IIIe république à l’Entre-deux-guerres, période iconique de la fête à la française. L’ensemble se trouvant réuni sous ce titre “Paris est une fête” qui rend hommage au livre d’Hemingway.
Et donc, pourquoi avoir choisi spécifiquement ces quatre œuvres-là et pas d'autres ? Parce qu’il y a des dizaines, voire même des centaines de partitions qui illustrent cette idée ?
Tout d’abord, il me faut préciser que l’on n'a pas choisi des œuvres pour illustrer cette thématique. C'est l'inverse qui s’est produit. C'est-à-dire que le titre est venu pour essayer de définir les œuvres que l’on avait choisies. Je trouve que la symphonie en ut de Bizet est une pièce magistrale d’un jeune compositeur qui rend hommage à la musique d’avant, tout en se projetant dans l’avenir. Quant à la Bourrée Fantasque de Chabrier, j'étais tombé sur un article disant qu’il y avait à la Bibliothèque nationale de France des esquisses inachevées d'une orchestration de la main de Chabrier, puisque l’orchestration usuellement jouée et enregistrée est celle du compositeur et chef d’orchestre autrichien Felix Mottl qui est fort éloignée de la légèreté et de l'esprit de Chabrier ! Du coup, avec le compositeur Thibault Perrine, avec qui nous collaborons régulièrement, nous avons pu consulter la source originale, et il a pu terminer cette orchestration, en se mettant dans les pas de Chabrier. En ce qui concerne Milhaud, avec Alexandra Soumm nous cherchions à inscrire notre lecture dans une dynamique qui rende vie à cet esprit de fête, d’un Paris alors capitale de la bamboche internationale, loin d’une stricte recherche sur la polytonalité comme on l’entend souvent. Enfin, pour Tzigane de Ravel, il y avait l’opportunité de graver en première mondiale l’édition révisée RAVEL EDITION.
L’art de Sylvie Carbonel. Piano solo et musique de chambre. Œuvres de Modeste Moussorgsky (1839-1881), Emmanuel Chabrier (1841-1894), Franz Liszt (1811-1886), Ludwig van Beethoven (1770-1827), Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791), Frédéric Chopin (1810-1849), Johannes Brahms (1833-1897), Robert Schumann (1810-1856) et une quinzaine d’autres compositeurs. Sylvie Carbonel, piano ; Nouvel Orchestre Philharmonique de Radio France, direction Mark Starr. 1963-2008. Notice en français, en anglais et en allemand. 571’. Un coffret de dix CD Skarbo/INA DSK12223.
Le compositeur français Georges Auric est né le 15 février 1899 à Lodève (Hérault) et mort le 23 juillet 1983 à Paris (8e).
Compositeur de musiques de films, il est notamment à l'origine de la bande-son de films célèbres tels que « La Belle et la Bête » de Jean Cocteau, « Notre-Dame de Paris » de Jean Delannoy et « La Grande Vadrouille » de Gérard Oury. Il fut également compagnon de route du Parti communiste français.
Il fait ses premières études de piano au Conservatoire de Montpellier puis entre en 1913 au Conservatoire de Paris où il est l'élève jusqu'en 1914 de Georges Caussade (1873-1936) en contrepoint et fugue. À partir de 1914, il étudie la composition avec Vincent d'Indy à la Schola Cantorum de Paris. À partir de 1915, il fréquente Igor Stravinsky et Erik Satie avant de se joindre au groupe des Six avec Arthur Honegger, Darius Milhaud, Francis Poulenc, Louis Durey et Germaine Tailleferre. Ami de Jean Cocteau, du peintre Jean Hugo, de Valentine Hugo et de Raymond Radiguet, il passe avec eux plusieurs vacances au Piquey (bassin d'Arcachon) et dactylographie le texte du « Bal du comte d'Orgel ».
Ses premières mélodies s'inspirent d'Erik Satie, d'Igor Stravinsky, d'Emmanuel Chabrier.
Il a écrit des critiques musicales dès 1913 (il avait quatorze ans) dans la Revue française de musique. Le 10 décembre 1913, celle-ci publie son article intitulé « Erik Satie, musicien humoriste » qui ravira le compositeur. Satie demandera à le rencontrer et sera tout surpris de l'âge du rédacteur.
Il est notamment l'auteur avec Diaghilev des ballets Les Fâcheux et Les Matelots ainsi que de la tragédie chorégraphique Phèdre. Parallèlement, il signe des musiques de films aussi célèbres que « Le Sang d'un poète » (1930), « La Belle et la Bête » (1946) et « Orphée » (1950) de Jean Cocteau, « Moulin Rouge » (1952), réalisé par John Huston, « Lola Montès » (1955) de Max Ophüls, « Du rififi chez les hommes », réalisé par Jules Dassin (1955), "Le Mystère Picasso" réalisé par Henri-Georges Clouzot (1955), « Notre-Dame de Paris » de Jean Delannoy et « La Grande Vadrouille » de Gérard Oury.
Il reçut le prix Ondas en 1959 à Barcelone pour l'ensemble de son œuvre musicale à l'Ortf.
Il fut président de la Société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique (SACEM) de 1954 à 1978, administrateur de la Réunion des théâtres lyriques nationaux du 1er juin 1962 au 31 juillet 1968 et membre du conseil culturel du Cercle Culturel de Royaumont.
Il était marié depuis le 30 octobre 1930 à Eleonore Vilter (1902, Autriche - 1982, Paris), plus connue sous son nom d'artiste peintre et décoratrice Nora Auric.
Pierick Houdy, de son vrai prénom Pierre-Marie, est un compositeur, organiste, pianiste, maître de chapelle et pédagogue franco-canadien, né à Rennes le et mort le au Palais (Morbihan).
Pierick Houdy commence ses études musicales en 1935 au Conservatoire de Rennes. Ses premières compositions datent de la même année. En 1937, il les joue en public à l'Opéra de Rennes et quatre d'entre elles sont publiées chez Henry Lemoine sous le titre À mes petits amis. Il travaille le piano avec Marguerite Long puis est admis au Conservatoire de Paris en 1939 où il est l'élève de Noël Gallon, Nadia Boulanger, Simone Plé-Caussade, Maurice Duruflé, Olivier Messiaen et surtout de Darius Milhaud.
En dehors du Conservatoire, il étudie le piano avec Lazare-Lévy.
Après avoir obtenu un deuxième second Grand Prix de Rome en 1953, il décroche en 1954 un premier prix de composition du Conservatoire, le Grand Prix de la Ville de Paris ainsi que le Prix Emmanuel Chabrier.
Il a été directeur du Conservatoire de Tours (1955-1960), professeur à la Schola cantorum (1963-1964), maître de chapelle de l'église Saint-Séverin de Paris (1965-1969) et chef de chœur de la Maîtrise d'enfants de Radio France (1966-1969).
À partir de 1970, il enseigne la composition au Québec, à l'Université Laval d'abord (1970-1971) puis au Conservatoire de musique de Québec (1971-1992), où il est nommé professeur de composition et d'écriture.
Rentré en France en 1992, il a enfin enseigné l'écriture musicale à Brest et à Quimper.
L'œuvre de Pierick Houdy est abondant. Parmi ses œuvres les plus connues, on peut citer la Sonate pour harpe (1954) et la Messe québécoise pour voix mixtes, violon, contrebasse et cuillers (1973). L'enregistrement de cette messe (London LOS-26604) lui vaut en 1979 le Grand Prix de la musique-Canada, catégorie chorale, décerné par le Conseil canadien de la musique. Houdy a écrit beaucoup de musique liturgique, souvent sur des textes de Maurice Cocagnac, et il est également l'auteur de musiques de scène, dont L'impromptu du Palais-Royal pour Jean Cocteau, ainsi que de musiques de films, dont Nick Carter va tout casser (1964).
Il a épousé en 1954 (Marie Geneviève) Ghislaine de Winter (Paris, 9 mai 1934−Le Palais, 7 décembre 2016), alors élève de harpe au Conservatoire de Paris dans la classe de Pierre Jamet (premier prix en 1955). C'est pour elle qu'il écrit la Sonate pour harpe, qui est depuis « jouée dans le monde entier et imposée dans de nombreux concours internationaux ». Tous deux ont obtenu la naturalisation canadienne en 1976.
Compositeur, organiste et pianiste, Olivier Messiaen est né le à Avignon et mort le à Clichy (Hauts-de-Seine).
Son œuvre trouve ses sources dans une profonde ferveur catholique, un goût prononcé pour le plain-chant médiéval, la science du chant des oiseaux, les rythmes indiens (Taal) ainsi que grecs. L'Ascension de 1933, le Quatuor pour la fin du Temps de 1940, les Vingt Regards sur l'Enfant-Jésus de 1944, la Turangalîla-Symphonie de 1946-48, l'opéra Saint François d'Assise et la Messe de la Pentecôte, entre autres œuvres majeures, ont contribué à faire d'Olivier Messiaen l'un des compositeurs les plus influents de la musique contemporaine de la seconde moitié du xxe siècle.
Son enseignement au Conservatoire national supérieur de musique de Paris a également contribué à sa notoriété internationale, notamment par le nombre des élèves qu'il forme et influence.
Olivier Eugène Prosper Charles Messiaen est le premier enfant de Pierre Messiaen (1883-1957), professeur d'anglais et intellectuel catholique, et de la poétesse Cécile Sauvage (1883-1927).
Un second enfant naît de cette union, Alain (1913-1990), qui deviendra poète, à l'instar de sa mère. Olivier Messiaen est profondément influencé par les poèmes de sa mère, notamment un recueil intitulé L'Âme en bourgeon ainsi que par les œuvres de William Shakespeare que traduit son père et dont les histoires fantastiques, merveilleuses et sombres le fascinent.
Plus tard, le compositeur affirme que, des pièces du grand dramaturge anglais, « J'aimais plus que toute autre Macbeth (pour les sorcières et le spectre de Banquo), aussi bien que Puck et Ariel. »
En 1914 son père est mobilisé et sa mère emmène les deux jeunes garçons à Grenoble pour vivre avec leur oncle. Le jeune Olivier Messiaen met en scène Shakespeare devant son petit frère, dans des décors faits maison à partir de cellophane peinte à l’aquarelle et collée sur des vitres. À cette époque, il acquiert une foi catholique qui ne le quittera plus. Il composera la plupart de sa musique dans cette région de Grenoble.
Il commence ses leçons de piano, après avoir fait l'apprentissage de l'instrument en autodidacte. Il est d’abord intéressé par les compositeurs français récents comme Claude Debussy et Maurice Ravel, dont il découvre très vite les Estampes et Gaspard de la nuit. Il demande comme cadeau de Noël des partitions d’opéras de Mozart, Gluck, Berlioz et Wagner. C'est à cette époque qu’il commence à composer.
En 1918, son père revient de la guerre, et la famille déménage pour Nantes. Le jeune Olivier, âgé de dix ans, continue néanmoins à suivre des cours de musique. Son professeur d’harmonie, Jean de Gibon, lui fournit la partition de l’opéra Pelléas et Mélisande de Debussy, qui est pour Messiaen une révélation parmi les plus décisives.
L’année suivante, son père obtient un poste de professeur au lycée Charlemagne à Paris, et la famille déménage à nouveau. C’est ainsi qu’en 1919, Olivier Messiaen, âgé de onze ans, entre au Conservatoire national de musique et de déclamation à Paris pour étudier le piano et les percussions. Il a notamment comme professeurs Maurice Emmanuel et Marcel Dupré pour l’improvisation et l’orgue, Paul Dukas pour la composition et l’orchestration.
Il y effectue de brillantes études. En 1924, à l’âge de 15 ans, il obtient un second prix d'harmonie dans la classe de Jean Gallon ; en 1926, la même année que Jean Rivier, il obtient un premier prix de fugue et contrepoint dans la classe de Georges Caussade ; puis en 1927, celui d'accompagnement au piano.
En 1928, après avoir suivi les cours de Maurice Emmanuel, il est lauréat d'un premier prix en histoire de la musique. Maurice Emmanuel lui inculque l'intérêt pour les rythmes grecs anciens, et les modes exotiques.
Il y étudie en outre l’orgue avec Marcel Dupré, qui lui transmet l’héritage de la tradition des grands organistes français (Dupré avait étudié l'orgue au Conservatoire avec Alexandre Guilmant qui en 1896 avait succédé à Charles-Marie Widor, ce dernier ayant repris la classe d'orgue en 1890 à la mort de César Franck). Messiaen décroche un premier prix en orgue et improvisation à l’orgue en 1929. Après un an de cours de composition avec Charles-Marie Widor, il suit l'enseignement à l’automne 1927 de Paul Dukas, nouvellement chargé de la classe de composition, avec qui il apprend notamment la maîtrise de l’orchestration. Les études de Messiaen au Conservatoire trouvent leur couronnement avec son obtention, en 1930, du premier prix en composition dans la classe de Paul Dukas.
Il devient organiste à l’église de la Trinité à Paris à l’âge de 22 ans, succédant ainsi à Charles Quef. L'orgue Cavaillé-Coll sera profondément modifié par la suite, sur sa demande, avec notamment une électrification des notes et des jeux et l'ajout de plusieurs jeux de détail. Il compose de très nombreuses œuvres pour cet instrument sur lequel il improvise pour expérimenter ses idées musicales de composition.
Olivier Messiaen se passionne également pour le plain-chant, les rythmes de l'Inde, les chants des oiseaux dont il entreprend la notation et le classement méthodique, l'interaction entre valeurs chromatiques et valeurs sonores.
Dès 1928, à l'âge de 20 ans, il fait plusieurs séjours dans la maison de ses tantes paternelles, Marthe et Agnès Messiaen, à Fuligny dans le département de l'Aube. C'est là qu'il compose sept de ses premières œuvres au piano. Il écoute les chants d’oiseaux des bois de Fuligny, qu'il mémorise et transcrit dans sa musique. Passionné par les oiseaux, qui ont inspiré toute sa vie et un grand nombre de ses compositions, il deviendra aussi ornithologue.
Il se marie une première fois en 1932 avec Claire Delbos, née Louise-Justine, une violoniste, dont il a un fils, Pascal-Emmanuel Messiaen (mort le 31 janvier 2020 à Pézenas) qui devient professeur de russe. Claire Delbos terminera ses jours dans un hôpital psychiatrique.
De 1936 à 1939 il enseigne à l'École normale de musique de Paris et à la Schola Cantorum de Paris et à la même époque participe à la fondation du groupe Jeune France avec André Jolivet, Daniel-Lesur et Yves Baudrier.
Au début de la Seconde Guerre mondiale, Olivier Messiaen est mobilisé comme simple soldat. Yves Balmer et Christopher Brent Murray précisent cependant au début de l'article qu'ils lui consacrent que les dates fournies par le compositeur au sujet de cette période ne sont pas conformes à la réalité et établissent qu’en avril- il est « musicien au centre musical et théâtral de la 2e armée » formé par Charles Huntziger, Henri Massis et Xavier de Courville où il rencontre Étienne Pasquier et Henri Akoka.
Fait prisonnier, il est envoyé au Stalag VIII-A à Görlitz. Il compose durant sa réclusion son Quatuor pour la fin du Temps. La première est donnée dans le camp le par un groupe de musiciens prisonniers, la partie du piano étant jouée par le compositeur.
Il est libéré en d’après Balmer et Brent Murray qui ajoutent qu’en mars 1941, Olivier Messiaen sort de quarantaine et « retrouve rapidement du travail à Vichy » au sein de l’association vichyste Jeune France. C’est dans ce cadre qu’il participe à un spectacle à la gloire de Jeanne d'Arc pour lequel il écrit Chœurs pour une Jeanne d'Arc.
Les mêmes historiens ajoutent que le compositeur obtient le poste de professeur d’harmonie au Conservatoire de Paris (encore dirigé par Henri Rabaud), à la suite de l’élection du . Les lois antisémites ont écarté de son poste André Bloch, car juif, laissant ainsi une place dès 1940 à Olivier Messiaen.
Au Conservatoire, il rencontre une jeune élève, Yvonne Loriod, qui devient la première et la principale interprète de ses œuvres pour piano. Après le décès de sa première épouse en 1959, il épouse la jeune fille en 1961.
Au Conservatoire de Paris, devant l'hostilité d'un corps enseignant passéiste, Messiaen est d'abord professeur de philosophie de la musique, puis, avec l'évolution des années, sa classe d'analyse musicale de renommée mondiale devient officiellement classe de composition en 1966.
Il compte parmi ses élèves Pierre Boulez, Pierre Henry, Daniel Charles, Michel Merlet, Marius Constant, Antoine Duhamel, Jean Prodromidès, Gilbert Amy, François-Bernard Mâche, Paul Méfano, Karlheinz Stockhausen, Míkis Theodorákis, Iannis Xenakis, Michaël Levinas, Tristan Murail, Adrienne Clostre, Gérard Grisey, Philippe Fénelon, Michèle Foison, Kent Nagano, George Benjamin, Alain Louvier, Alain Abbott, Erzsébet Szőnyi, Alain Mabit, Jean-Pierre Leguay, Lalo Schifrin, Betsy Jolas, Serge Garant, Gilles Tremblay, Michel Fano, Claude Vivier, Michèle Reverdy et Qigang Chen.
Durant sa carrière, Olivier Messiaen voyage, se produit comme pianiste avec Yvonne Loriod, et enseigne dans divers pays : Argentine, Bulgarie, Canada, États-Unis, Finlande, Hongrie, Italie, Japon.
Il meurt le à l'hôpital Beaujon de Clichy. Il est enterré au cimetière de Saint-Théoffrey, à 35 km de Grenoble, village dans lequel il possédait une propriété. Sa stèle, facilement reconnaissable, a été sculptée en forme d'oiseau.
Le langage musical d'Olivier Messiaen ne peut vraiment être rattaché à une école particulière -même si Messiaen a fait partie du groupe Jeune France avec André Jolivet, Jean Yves Daniel-Lesur et Yves Baudrier. Parmi les éléments caractéristiques de sa musique, on trouve :
Les travaux d'Yves Balmer, Thomas Lacôte et Christopher B. Murray, fondé sur des études génétiques et une analyse des partitions, ont montré comment Olivier Messiaen composait à l'aide d'éléments mélodiques, harmoniques et rythmiques empruntés à d'autres traditions musicales ou à d'autres compositeurs, tels que Jules Massenet, Emmanuel Chabrier, Igor Stravinsky, Claude Debussy, Maurice Ravel et André Jolivet.
Le compositeur français Georges Auric est né le à Lodève (Hérault) et mort le à Paris.
Compositeur de musiques de films, il est notamment à l'origine de la bande-son de films célèbres tels que La Belle et la Bête de Jean Cocteau, Notre-Dame de Paris de Jean Delannoy et La Grande Vadrouille de Gérard Oury. Il fut également compagnon de route du Parti communiste français.
Il fait ses premières études de piano au Conservatoire de Montpellier puis entre en 1913 au Conservatoire de Paris où il est l'élève jusqu'en 1914 de Georges Caussade (1873-1936) en contrepoint et fugue. À partir de 1914, il étudie la composition avec Vincent d'Indy à la Schola Cantorum de Paris. À partir de 1915, il fréquente Igor Stravinsky et Erik Satie avant de se joindre au groupe des Six avec Arthur Honegger, Darius Milhaud, Francis Poulenc, Louis Durey et Germaine Tailleferre. Ami de Jean Cocteau, du peintre Jean Hugo, de Valentine Hugo et de Raymond Radiguet, il passe avec eux plusieurs vacances au Piquey (bassin d'Arcachon) et dactylographie le texte du Bal du comte d'Orgel.
Ses premières mélodies s'inspirent d'Erik Satie, d'Igor Stravinsky, d'Emmanuel Chabrier.
Il a écrit des critiques musicales dès 1913 (il avait quatorze ans) dans la Revue française de musique. Le , celle-ci publie son article intitulé « Erik Satie, musicien humoriste » qui ravira le compositeur. Satie lui demandera à le rencontrer et sera tout surpris de l'âge du rédacteur.
Il est notamment l'auteur avec Diaghilev des ballets Les Fâcheux et Les Matelots ainsi que de la tragédie chorégraphique Phèdre. Parallèlement, il signe des musiques de films aussi célèbres que Le Sang d'un poète (1930), La Belle et la Bête (1946) et Orphée (1950) de Jean Cocteau, Moulin Rouge (1952), réalisé par John Huston, Lola Montès (1955) de Max Ophüls, Du rififi chez les hommes, réalisé par Jules Dassin (1955), "Le Mystère Picasso" réalisé par Henri-Georges Clouzot (1955), Notre-Dame de Paris de Jean Delannoy et La Grande Vadrouille de Gérard Oury.
Il reçut le Prix Ondas en 1959 à Barcelone pour l'ensemble de son œuvre musicale à l'Ortf.
Il fut président de la Société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique (SACEM) de 1954 à 1978, administrateur de la Réunion des théâtres lyriques nationaux du au et membre du conseil culturel du Cercle Culturel de Royaumont.
Il était marié depuis le à Eleonore Vilter (1902, Autriche - 1982, Paris), plus connue sous son nom d'artiste peintre et décoratrice Nora Auric.
Georges Auric est inhumé à Paris, au cimetière du Montparnasse.
Le compositeurr français Jean René Désiré Françaix estné le au Mans et décédé le à Paris. Pianiste confirmé, il est l'auteur de plus de deux-cents œuvres, il aborde de manière éclectique un certain nombre de types d'ouvrage, allant de la musique pour soliste à l'opéra, passant par la musique de chambre.
Né dans une famille de musiciens, Jean Françaix reçoit des cours de musique de son père Alfred Françaix, compositeur et pianiste. Il commence ses études au conservatoire du Mans que dirige son père ; sa mère y est également professeur de chant.
Il commence à étudier à l'âge de dix ans la composition en privé avec la musicienne française Nadia Boulanger à partir de l'année 1922 jusqu'en 1934. Celle-ci remarque chez lui une grand facilité en musique, notamment au niveau de l'harmonie. La même année, il compose sa première étude, une pièce pour piano intitulée Pour Jacqueline. Dédicacée à sa petite-cousine, la partition est éditée en 1924 aux éditions Sénart.
À 11 ans, il rencontre Maurice Ravel, qui, voyant son don, l'encourage à poursuivre et à développer sa curiosité. En 1926, à quatorze ans, il entre au Conservatoire de Paris avec comme professeur Isidor Philipp et remporte en 1930, à 18 ans, son premier prix de piano et entame ainsi sa carrière de pianiste.
En 1932, Jean Françaix représente la France et la jeune école musicale française avec le compositeur Claude Delvincourt au Festival International de l’ISCM de Vienne, où est jouée une de ses pièces pour piano et quatuor à cordes : Huits Bagatelles. Son autre composition de jeunesse, le Concertino pour piano et orchestre, de 1932, connaît un succès immédiat. Son ballet de 1933 Scuola di ballo, qui s'inspire de thèmes du compositeur italien Luigi Boccherini, est créé par les Ballets russes de Monte-Carlo, chorégraphié par Léonide Massine.
Jean Françaix fait partie de la société de concerts Triton et a pour objectif de faire connaître la musique contemporaine en France et en particulier la musique de chambre. Fondé par P.-O. Ferroud en 1932 et dirigée par Henri Tomasi et Henry Barraud, Jean Françaix l'intègre dès 1935. En 1936, le compositeur engrange ses premiers succès internationaux avec sa pièce Concertino au Festival de la Musique de Chambre de Baden-Baden.
À partir des années 1930, aidé par ses capacités naturelles pour la musique, il commence à fréquenter l'élite intellectuelle parisienne ; il est notamment invité fréquemment chez Winnaretta Singer, la « Princesse Blanche de Polignac ». C'est dans ce salon qu'il créé son opéra-comique Le Diable boiteux, en 1938, qui est retransmis à la BBC la même année. Dans ces cercles, il rencontre notamment des compositeurs en vogue tels qu'Igor Stravinksy ou Francis Poulenc, avec qui il lie une grande amitié, ainsi que des écrivains comme Paul Valéry. Par ailleurs, c'est également à ce moment-là que le Comte de Beauvau-Craon va faire rencontre Jean Françaix au réalisateur Sacha Guitry avec lequel il travaillera tout au long de sa carrière. Leur première collaboration est en 1937, quand le compositeur écrit la musique de son film Les Perles de la couronne ; il est âgé alors de vingt-quatre ans. En parallèle, sa carrière de pianiste international s'accélère et Jean Françaix entreprend de nombreuses tournées à l'international, où il joue aussi des œuvres du répertoire et les siennes.
En 1937, Jean Françaix épouse Blanche Yvon, violoniste et chanteuse et, en 1939, il compose une œuvre qu'il considère majeure dans sa carrière, l'oratorio fantastique L'Apocalypse selon Saint Jean, créé en 1942 sous la direction du chef d'orchestre français Charles Münch. Cet ouvrage n'a cependant que peu de succès et n'est que peu repris par la suite. En revanche, si le public français ne l'apprécie guère, il trouve en Allemagne un public davantage accueillant ; il s'associe notamment avec l'éditeur de musique Schott, qui va promouvoir sa musique dans le monde entier. Nombre de ses partitions sont éditées aux Éditions Musicales Transatlantiques, Max Eschig et Schott.
À partir des années 1950, le compositeur travaille fréquemment avec Sacha Guitry pour la réalisation de plusieurs bandes originales de ses films.
En tant que pianiste, il forma un duo avec Maurice Gendron, dont l'une des plus grandes réussites est la sonate pour arpeggione de Franz Schubert, enregistrée une première fois le . En 1954, Jean Françaix remporte le Prix du Disque pour son interprétation du Sextuor pour piano et instruments à vent de Francis Poulenc4. Entre 1958 et 1961, le compositeur est membre du Conseil Supérieur au Conservatoire National de Musique de Paris et entre les années 1959 et 1962, Jean Françaix enseigne à l'École Normale de Musique de Paris. En 1959, le compositeur reçoit la croix de la Légion d'honneur par son professeur Nadia Boulanger. En 1962, le compositeur orchestre une partition de Francis Poulenc, L'Histoire de Babar, qui a un certain succès par la suite, puis s'occupera des Préludes de Frédéric Chopin en 1967.
Au tournant des années 1980, le constat est fait que la musique de Jean Françaix ne plaît pas beaucoup : ayant l'impression d'être rejeté, le compositeur estime sa musique « trop facile à comprendre », ce qui l'empêche d'être jouée. Sa musique légère, qu'il qualifie également de « sérieuse sans gravité », ne lui ouvre donc pas les portes des différentes fonctions officielles qui aurait pu s'offrir à lui, mais il reçoit tout de même un certain nombre de distinctions pour ses travaux : en 1992, il obtient le Prix Arthur Honegger pour l'ensemble de son œuvre.
Jean Français meurt le dans le 3e arrondissement de Paris à l'âge de quatre-vingt cinq ans, après avoir laissé un œuvre d'environ deux-cent quinze pièces.
Jean Françaix est un des rares musiciens à être rester fidèle à l'écriture de la musique pour le seul plaisir, s'inscrivant ainsi dans la lignée des compositeurs tels qu'Emmanuel Chabrier ou Francis Poulenc, préférant persévérer dans la musique tonale plutôt qu'explorer le sérialisme. De plus, malgré sa proximité et ses contactes avec le Groupe des Six, le compositeur ne se plie pas à un mouvement en particulier et reste toujours à l'écart musicalement2.
Jean Françaix compose plus de deux-cents ouvrages au cours de sa vie. Il ne s'arrête pas à un genre particulier mais explore une grande étendue de la musique instrumentale et des différents types d'instruments. Il compose aussi bien des courts ouvrages pour solistes que de la musique de chambre et des concertos. Il explore également le genre vocal avec notamment un oratorio et cinq opéras. Toujours pour la scène, il compose aussi des ballets ainsi que de la musique de film.
Outre des pièces diverses pour instruments seuls, il compose plusieurs concertos, dont un Concerto pour piano, un Concerto pour deux pianos, deux Concertos pour violon, un Concerto pour clarinette et un Concerto pour flûte. Ses œuvres vocales comprennent un oratorio, L'Apocalypse selon Saint-Jean et une cantate pour mezzo-soprano et cordes, la Déploration de Tonton (chien fidèle) (d'après un texte de Georges Ravon).
Il est particulièrement prolifique dans l'écriture de musique de chambre pour les vents. On retrouve notamment deux Quatuors pour saxophones, Prélude, Sarabande et Gigue pour trompette et piano ou ses Neuf pièces caractéristiques pour dix instruments à vent.
La musique pour clavier inclut L'Insectarium, pour clavecin ; Huit danses exotiques, pour deux pianos ; une Messe de mariage et la Suite carmélite, pour l'orgue, ainsi qu'une Sonate pour piano.
Jean Françaix a composé la musique d'une dizaine de films, dont le Si Versailles m'était conté... de 1954 de Sacha Guitry. Celui-ci avait déjà fait appel au compositeur en 1937, alors âgé de vingt-cinq ans, pour son autre film Les Perles de la couronne. Dès lors, la collaboration entre les deux artistes est renouvelée à plusieurs reprises sur d'autres projets cinématographiques. Il compose également la bande originale du film Lady L (1965) de Peter Ustinov.
Ses œuvres combinent l'élégance et l'inventivité, comme le montre La Princesse de Clèves, son cinquième et ultime opéra. Actuellement, ce compositeur rencontre plus de succès à l'étranger qu'en France, surtout en Allemagne, au Japon et aux États-Unis.