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Festival musical à Cannes avec Lorenzo Gatto et Benjamin Levy

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L'Orchestre National de Cannes et son directeur musical Benjamin Levy invitent 28 étudiants-musiciens de l'Institut d'Enseignement Supérieur de la Musique d'Aix-en-Provence à les rejoindre pour le premier concert symphonique du mois de mars. C'est une merveilleuse initiative, qui donne la possibilité à ces jeunes musiciens enthousiastes de partager la scène avec les musiciens chevronnés de l'orchestre.

Le ton est directement donné, nous assistons à un concert dynamique où la connivence, l'émotion et la passion apportent joie et bonheur au public. La salle Claude Debussy du Palais des Festivals est presque comble et il y a cette fois-ci beaucoup de jeunes. Il faut dire que le programme sort des sentiers battus avec, en tête d’affiche, le Concerto pour violon de Philip Glass.  Si on se souvient de l’interprétation historique du violoniste Gidon Kremer (DGG), le public pouvait ici entendre le musicien belge  Lorenzo Gatto qui joue pour la première fois à Cannes. Il a enregistré il y a quelques années un album avec le concerto et les romances de Beethoven sous la direction de Benjamin Lévy ; ils se connaissent bien pour avoir également fait une tournée ensemble. L'interprétation de Gatto du Concerto de Philip Glass est poignante et envoûtante. Il est passionnant dès le premier mouvement, la passacaille du deuxième mouvement est somptueuse et le dernier mouvement est palpitant. Le public exalté vibre aux sons frissonnants et bouleversants du violon admirablement soutenus par l'orchestre.

Ars Musica 2022 : la revanche de l’antivirus masqué

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Il y a des jours où on aimerait pouvoir être au four, au moulin, au Planétarium, sur Mars et immergé dans cette Metropolis rétrofuturiste, mais voilà, Ubik reste une (science-)fiction et l’univers a beau se courber sous l’effort, le temps reste tout aussi incompressible. J’aborde donc l’édition 2022 d’Ars Musica à la Raffinerie de la rue de Manchester à Molenbeek – anciennement raffinerie de cassonnade, que je fréquente au tournant de la décennie 1970 pour d’autres raisons sonores, plus lugubres, alors que le lieu, lugubre de même, se présente au monde comme le Plan K et résonne d’échos trans Manche très Factory-iens, assommés de hargne et de désillusion affectée. Aujourd’hui, perché au bar du cinquième étage qui laisse voir sa cour intérieure, le bâtiment, dans la nuit et la légère pluie, semble avoir gagné en aplomb, outre le charme d’une architecture industrielle qui a retrouvé une fonction.

Une histoire de trou de lapin et de fantasmagorie

En coproduction avec Charleroi Danse, Down the Rabbit Hole (collectif multinational, basé à Bruxelles et investigateur en matière de dramaturgie) propose, sous le titre Screening, deux pièces de Frédéric Verrières, compositeur français lui aussi établi dans la capitale.

Evening Harmony métamorphose le Prélude n°4 de Claude Debussy – ou plutôt, l’anamorphose : Verrières inclut le prélude dans sa pièce, par morceaux, de façon subtile ou abrupte, maniant l’étrangeté et le changement de perspective. La voix de drone rauque (parfois moulinée au Vocoder) disperse des extraits du poème Harmonie du soir de Baudelaire (le sous-titre du prélude, « Les sons et les parfums tournent dans l’air du soir », est un de ses vers) et le piano augmenté joue (sans couvercle, crument éclairé par cinq spots blancs célestes, avec trois instrumentistes, habillés en prêtres, à son chevet, qui frappent, frottent et manipulent), tant sur le plan visuel que sonore, à perturber la réalité, entre les images projetées, l’électronique en embuscade, la gestuelle des musiciens, parfois raccord, parfois pas, autant de faux-semblants qui défient nos sens (le piano est silencieux – et donc muet – mais un système électronique lui octroie le rôle d’un clavier MIDI – et donc pas muet) et dévient le soliste, qui ne l’est plus : un jeu de miroir où le miroir ne joue pas le jeu – le public est pantois, j’aime assez.

Avec 78 Pieces of Film, création longtemps attendue, ici rehaussée d’une chorégraphie dont je ne perçois pas toujours l’apport, le compositeur pousse un pan plus loin son envie d’assemblage / désassemblage, autant de sons que d’images – et d’éclairage : il y convoque Hitchcock, son visage bonhomme attelé à expliquer l’importance cruciale du montage (cutting, cutting, cutting), mais aussi ses scènes de peur, la pureté des gros plans (œil effrayé, bonde et son tourbillon d’eau, bouche hurlante, mains aux doigts écartelés…) et l’effroi de la lumière cassante sur le geste de l’instrumentiste pour explorer, à la manière d’un boucher appliqué et avec une fureur qui ne se contient que difficilement, l’art de la découpe. Exercice extravagant, entre rêve et éveil, pour un compositeur qui évolue dans un monde à plus de trois dimensions.

L’une émerge, les autres parlent d’expansion et d’exil

Parmi les trois œuvres au programme de l’Ensemble Musiques Nouvelles sur la scène de la salle M de Bozar, celle de l’estonienne Helena Tulve (elle nourrit ses inspirations auprès de Ligeti, Scelsi ou Saariaho) se distingue par la finesse de traitement du son : les timbres à l’œuvre dans Emergence II. Boundless, Shoreless (ceux des instruments de l’ensemble, auxquels se joignent les sons retravaillés de l’installation sonore d’objets en verre imaginée par l’artiste visuelle Justine Emard lors de la création de la pièce) suggèrent une féérie en suspension – d’où l’on ne serait pas surpris qu’émerge, dans un flux d’air porteur, le Père Noël, ses rennes et sa hotte au fond infini.

Pour sa nouvelle pièce, The Primeval Atom, le belge Jean-Pierre Deleuze se réfère à l’hypothèse de l’atome primitif de son compatriote Georges Lemaître, professeur d’astrophysique à l’Université catholique de Louvain et dont les travaux, avec ceux de l'américain Edwin Hubble, initient la théorie du Big Bang : des souffles dans le corps des violons aux robustes scintillements qui s’éteignent en bruissant, le compositeur, qui aime jouer avec la perception (notamment par le biais de la technique de transmission de timbre, d’un instrument à l’autre), ose l’abondance sonore, sorte de grandeur téméraire, qui emporte.

Le firmament de cette soirée, c’est Exil, de Giya Kancheli (Géorgien venu à Berlin en 1991, il vit ensuite à Anvers), dont on devine la proximité musicale et philosophique avec Jean-Paul Dessy, pièce sensible, mystique et inspirée : la soprano Elise Gäbele porte les textes de Paul Celan et de Hans Sahl, en équilibre sur une pulsation délicate, faite d’ondelettes éphémères, en une progression faussement indolente qui chemine, au travers d’une aura translucide, inquiétante, vers une perfection idéalisée et évoque puissamment la nostalgie du pays, la mélancolie du chez soi, le spleen de la terre qu’on a quittée – une nostalgie collective plus qu’individuelle, la nostalgie d’un peuple exilé à la recherche du bien-être.

Un défenseur de la musique contemporaine s'en est allé

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C'est par un communiqué des Seattle Chamber Players que l'on a appris le décès de leur fondateur, le flûtiste Paul Taub, ardent grand défenseur des compositeurs vivants :
Nous sommes dévastés [...], Paul représentait tellement pour nous tous et pour de nombreuses autres personnes [...]  Paul est né à New York en 1952. Diplômé de l'université Rutgers et du California Institute of the Arts, il s'est installé à Seattle en 1979 pour travailler au Cornish College of the Arts où il a enseigné pendant une quarantaine d'années. Célèbre flûtiste, il était un membre actif de la Seattle Flute Society, dont il a été deux fois le président. Il a également siégé aux conseils d'administration de Chamber Music America et de la National Flute Association. En tant que membre fondateur des Seattle Chamber Players, Paul a participé à plus d'une centaine de premières mondiales, y compris des commandes qu'il a passées à des compositeurs tels que John Cage, George Crumb, Sofia Gubaidulina, Toru Takemitsu et Peteris Vasks. Il a travaillé sans relâche à la promotion de la musique contemporaine en faisant venir des compositeurs internationaux à Seattle et en interprétant leur musique sur quatre continents.
Parmi les pièces les plus magnifiques et les plus significatives qu'il a commandées au nom de la National Flute Association figure le Quintette pour flûte et quatuor à cordes de Giya Kancheli. Il l'a enregistré avec deux membres de SCP (Mikhail Shmidt et David Sabee), Natasha Bazhanov et Julie Whitton sur son CD "Edge - Flute Music from the Periphery of Europe" (Present Sounds). 

Portrait de Dmitri Kitajenko en jeune chef 

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Collection Dmitri Kitajenko. Sergei Rachmaninov (1873-1943) :  Aleko, symphonie en ré mineur "jeunesse", Printemps, op.20 ;  Nikolai Rimsky-Korsakov (1844-1908) : Le Coq d’Or ;   Leonard Bernstein (1918-1990) : Symphonie n ° 2 (L'âge de l'anxiété); Aram Khachaturian (1903-1978)  : Gayaneh ; Yuri Butsko (1938-2015) : Symphonie n° 2 ; Irakli Gabeli (1945-2009) : Symphonie n°1 (Dialogue dramatique); Alexander Flyarkovsky (1931-2014) : Urildaan, poème festif sur les thèmes bouriates ; Oleg Yanchenko (1939-2002): Symphonie "Andrei Rublev" ; Dmitri Kabalevsky (1904-1987) : Roméo et Juliette, Suite ; Mikis Theodorakis (né en 1925) : symphonie n°7 (Printemps); Richard Strauss (1864-1949) : Don Juan, op. 20; Valery Kamyshov, piano ; Svetlana Volkova, Elena Ustinova, sopranos ; Sergei Larin, Alexander Fedin, ténors ; Yuri Mazurok, baryton ; Evgeny Nesterenko, basse. The Latvian Academic Chorus, Kaunas State Chorus, The Grand Academic Choir of USSR Central Television and All Union Radio, Chœur académique d'État de Yurlov, Orchestre du théâtre musical académique de Moscou Stanislavski et Nemirovitch-Danchenko, Orchestre philharmonique de Moscou, Dmitri Kitajenko ; 1974-1989.  Melodiya MEL CD 1002645. 

Boosey et Sikorski, destins croisés

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Le groupe américain Concord Music Publishing a annoncé l’acquisition de l'éditeur  allemand Sikorski Music Publishing Group, l'un des principaux dépositaires des précieux droits d'auteur de la Russie et de l'ère soviétique dont les œuvres majeures de Dmitri Shostakovich, Sergei Prokofieff, Aram Khachaturian, Dmitri Kabalevsky ou Alfred Schnittke, et qui entretient des relations suivies avec d'importants compositeurs actifs : Sofia Gubaidulina, Giya Kancheli et Lera Auerbach.

Sikorski rejoint ainsi, dans le giron de Concord, l'éditeur Boosey & Hawkes dépositaire, lui, d'un catalogue de premier ordre de chefs-d'œuvre du XXe siècle et d'un liste des meilleurs compositeurs contemporains. Boosey & Hawkes et Sikorski partagent une tradition d'engagement actif dans la musique écrite des compositeurs de l'ère soviétique, dont ils ont assuré la promotion des œuvres pendant des décennies dans des territoires complémentaires en Occident.
Cette nouvelle phase de l'histoire de Sikorski lui permettra de devenir un élément-clé de la croissance active du commerce classique et de la présence européenne de Concord, tout en intégrant le réseau de synchronisation et de marketing de la société.

Pour John Minch, responsable de Boosey & Hawkes depuis de nombreuses années et président de Concord Music Publishing, l'union de Boosey & Hawkes et de Sikorski au sein du groupe est un signe réel de la valeur constante du répertoire classique. Concord est maintenant sur le point d’apporter un investissement et un engagement supplémentaires non seulement à ces catalogues "papier", mais aussi à la prochaine génération de compositeurs et au secteur plus général de la musique classique. 

Et Concord voit dans l'opération un grand pas en avant vers la réalisation d'objectifs stratégiques clés. Nous croyons beaucoup au marché de la musique classique et prévoyons d'étendre notre présence dans ce genre. Et nous recherchons des possibilités d’étendre notre présence en Europe et sur d’autres marchés internationaux. L'achat de Sikorski est un ajustement parfait.

Concord Music Publishing est une société privée financée par un capital institutionnel à long terme et des membres de l'équipe de direction de Concord. À l’avant-garde de l’évaluation, de l’acquisition et de l’utilisation de la propriété intellectuelle, l’investissement de Concord souligne la conviction des partenaires en la valeur globale et durable d’un contenu créatif original de qualité supérieure. Elle est le leader mondial indépendant dans le développement, la gestion et l'acquisition des enregistrements sonores, de l'édition musicale et des droits d'exécution théâtrale. Elle représente plus de 390 000 œuvres protégées par le droit d'auteur, couvrant tous les genres musicaux, dont de nombreusees oeuvres parmi les plus célèbres au monde.

 

…TOUCHING THE MEMORY … Musiques pour piano et cordes

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Valentin SILVESTROV (1937) : Four Postludes, Moments of Poetry and Music, Three Postludes, Epitaph, Three Waltzes, Two Elegies, Moments of Memory II et III, Hymn – 2001. Bonus : Three Waltzes. Ensemble Musiques Nouvelles, dir. Jean-Paul Dessy; Alexei Lubimov, piano; Elise Gäbele, soprano; Valentin Silvestrov, piano (Bonus). DDD-2018 78’01-Livret anglais CD-Brillant Classics 95765.

Rencontre avec un infatigable ‘Viatore’

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© Schott Promotion / Christopher Peter

Pēteris Vasks a 70 ans !

Pēteris Vasks composa Viatore (‘Voyageur’) en 2001. L’œuvre évoque le périple d’un être qui vient au monde, y grandit, aime, s’épanouit et, enfin, tire sa révérence. A 70 ans, le populaire maître letton a déjà franchi la plupart de ces étapes. Ce n’est pas une formule de style que de dire qu’à l’instar de ses compatriotes, il n’accéda au monde libre qu’avec l’indépendance de la Lettonie en 1990; avant cette date, cependant, son art avait déjà gagné en maturité, de même que s’était déjà épanoui l’amour qu’il nourrit pour sa partie, et, plus généralement, pour la Création divine – ainsi qu’il l’appellerait lui-même. Jusqu’ici, l’existence de Vasks ne fut pas vraiment un Voyage d’hiver; elle ne fut, à tout le moins, pas que cela.

Demi-saison minimaliste

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« A NEW SEASON »
Philip GLASS (*1937)
Concerto pour violon n° 2 « The American Four Seasons »
Arvo PÄRT (*1935)
« Berceuse estonienne »
Giya KANCHELI (*1935)
« Ex contrario »
Shigeru UMEBAYASHI
(*1951)
Thème de Yumeji
Gidon Kremer, violon, Kremerata Baltica, dir.: Gidon Kremer
2015-77'39''-Textes de présentation en allemand, anglais et français-DG 4794817

La soirée Kremer anti-Poutine en streaming ce soir

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kremer-anti-putin-550x217Le concert de protestation à Berlin de Kremer et ses amis pour la justice et les droits de l'homme en Russie (voir notre Journal du 30 août) sera diffusé ce soir à travers le monde sur la chaîne de télévision Arte. Le lien http://liveweb.arte.tv/de/video/To_Russia_With_Love
Y participent : Gidon Kremer, Daniel Barenboim, Martha Argerich, Emmanuel Pahud, Sergei Nakariakov, Katya Buniatishvili, Giya Kancheli, Nicolas Altstaedt et la Baltica Kremerata.

Programme
Mieczyslaw Weinberg
Sinfonietta Nr . 2 op . 74
3 . Satz : Adagio
Johann Sebastian Bach
Suite für Violoncello Nr. solo. 2 d -Moll BWV 1008
2 . Satz : Allemande
Sofia Gubaidulina
Sieben Worte letzte
3 . Satz : " Wahrlich ich sage Dir, heute wirst Du mit mir im Paradiese sein"
Arvo Pärt
Estnisches Wiegenlied
Giya Kancheli
Les anges de la douleur
Sergej Prokofiev
Sonate für Klavier Nr. . 7 B -Dur op. 83
3 . Satz : Precipitato
Peter Tschaikowsky
Lenskis Arie aus Eugen Onegin (arr. Guy Braunstein )
Dmitri Chostakovitch
Klavierkonzert Nr . 1 op.35
(mit obligater Trompette )
4 . Satz : Allegro con brio
Leonid Desyatnikov
Filmmusik aus cible