Alors que Marc Monnet présentait ce matin la programmation 2021 du Printemps des Arts de Monte-Carlo, un communiqué nous apprenait la nomination de Bruno Mantovani au poste de Directeur artistique de la manifestation monégasque.
Compositeur phare de la scène française, Bruno Mantovani est également directeur musical de l'Ensemble orchestral contemporain de Lyon et membre de l'Institut. Un compositeur succède à un autre compositeur, l'orientation toujours très contemporaine du festival sera certainement préservée.
Le Festival "Printemps des Arts de Monte-Carlo" est un des moments forts de la vie culturelle de Monte-Carlo. Le directeur artistique Marc Monnet est aux commandes depuis plus de trente ans : il est extrêmement créatif et hardi. Sa programmation décoiffe et contraste avec tous les autres concerts présentés à Monte-Carlo ; ainsi il n'a pas craint pas de mettre l'année passée des oeuvres de Mauricio Kagel à côté d'un Concerto de Beethoven.
La présentation du festival est bien plus qu'une conférence de presse ; c'est déjà un événement en soi ! L'année dernière on s'était retrouvé au dernier étage d'un parking. Cette fois-ci c'était à l'Opéra Garnier de Monte-Carlo, une miniature de l'Opéra Garnier de Paris, mais pour démarquer de l'ambiance feutrée bordeaux et or, sur scène des spots rouges et blancs et le bruit d'une sirène.
La salle était pleine à craquer, ils ont dû refuser du monde, ce qui prouve l'intérêt inconditionnel du public. Le festival aura lieu du 13 mars au 11 avril: 31 concerts et spectacles dans 16 lieux différents, parfois insolites. Plusieurs thèmes hors des sentiers battus : les musique françaises du XVIIIe au XXIe siècle, avec des oeuvres souvent inconnues ; trois jours autour du clavecin, mais aussi la découverte d'artistes et créateurs du Québec et de la musique et danse de Bali. Un éventail large qui comblera toutes les curiosités du public.
On sera heureux de retrouver dans ces programmes inédits, les clavecinistes Olivier Beaumont, Pierre Hantaï et Andreas Staier, les pianistes Nicholas Angelich, François-Frédéric Guy et Marc-André Hamelin, le Quatuor Modigliani et le Quatuor Mona, ainsi que les voix envoûtantes de Véronique Gens, Hélène Guilmette et Sophie Koch.
Peut-être un peu moins de vedettes que dans les précédentes éditions, mais les meilleurs interprètes pour nous faire découvrir un répertoire qui subjuguera certainement.
Pour plus de détails:
http://www.printempsdesarts.mc/programme
A mi-parcours du Printemps des Arts de Monte Carlo édition 2019, le festival prend le temps d’un week-end “cordes” avec des quatuors à cordes et du violon. En tête d’affiche Renaud Capuçon se présentait en soliste concertant mais aussi avec son quatuor.
Mais en introduction de ce week end, le Musée Océanographique accueillait le quatuor allemand Signum pour une soirée Beethoven avec deux des derniers quatuors. Mais comme c’est de tradition au Printemps des Arts, le concert s’ouvrait avec une pièce contemporaine : le court “Rage against the” du Sud-Africain Matthijs van Dijk, exploration rageuse des capacités des instruments mais aussi de l’expression des musiciens qui tapent plusieurs fois des pieds en accord avec cette musique. Changement de registre avec deux “gros” quatuors de Beethoven : Opus 132 et Opus 130 (renforcé par la grande fugue en si bémol majeur en mouvement ultime). La force magmatique el la haute densité du discours musical font de ces quatuors une expérience unique, presque hors du temps tant ils soumettent en concert la concentration du public à rude épreuve. Le défi pour les interprètes n’en reste pas moins immense et il est brillamment relevé par les musiciens du quatuor Signum qui trouvent encore l’énergie de se lancer dans un “bis” après plus de deux heures de musique : un lied de Schubert transcrit pour quatuor.
Igor STRAVINSKY
(1882 – 1971)
Suite italienne - Duo concertant - Divertimento
Vera Novakova, violon, Maki Belkin, piano
2018 DDD 56’25 Livret français, anglais CD Printemps des Arts de Monte-Carlo PR 1017
Monte Carlo, un quartier de Monaco, l'Etat-cité de tous les fantasmes.
Deuxième plus petit état indépendant du monde, après le Vatican, avec ses 2,02 kilomètres carrés, un tout petit peu plus de 200 hectares. Et 19.009 habitants au kilomètre carré, soit l'endroit le plus densément peuplé au monde. Aussi, les tours d'habitations poussent sans cesse dans la partie basse de la ville, le rocher mythique étant, lui, protégé.
Bien plus discrets que les Victoires de la musique, les Grands Prix de l'Académie Charles Cros sont un événement pour les professionnels de la musique.
Créée en 1947 par des critiques et spécialistes musicaux, l'Académie désormais septuagénaire vient de rendre public son palmarès 2017.
- Pour l'ensemble de son oeuvre de compositeur, Michaël Levinas reçoit le Prix du Président de la République.
- Dans la catégorie In Honorem Musique Contemporaine, l'Académie récompense le violoniste britannique Irvine Arditti, fondateur du Quatuor Arditti.
- Elle récompense aussi le clarinettiste Jérôme Comte et le pianiste Denis Pascal dans la catégorie Soliste instrumental pour leur disque consacré à Berg et Brahms.
- La soprano Gaëlle Arquez reçoit le Prix Soliste lyrique pour son album Ardente flamme avec l'Orchestre National Bordeaux Aquitaine dirigé par Paul Daniel.
- Le Prix du meilleur DVD d'opéra revient à Mozart : Mitridate enregistré au Théâtre des Champs-Elysées avec Michael Spyres, Sabine Devielhe, Patricia Petibon, Le concert d'Astrée et Emmanuelle Haïm dans la mise en scène de Clément Hervieu-Léger.
- Le Prix Musique Contemporaine, va à Marc Monnet pour son disque Oeuvres Orchestrales avec l'Orchestre Symphonique de la SWR de Baden-Baden et de Fribourg, le violoniste Tedi Papavrami sous la direction de François-Xavier Roth, et à l'Orchestre Philharmonique Royal de Liège avec Marc Coppey au violoncelle, sous la direction de Christian Arming.
- Et le Prix Filleul qui récompense un jeune artiste au talent exceptionnel est décerné à la soprano Anaïs Constant.
Concernant le jazz, les Prix vont à l'album Princess du trio Susanne Abbuelh/Stephan Oliva/Øyvind Hegg-Lunde et à Fred Hersch pour l'ensemble de sa carrière.
Le Prix du Blues revient à Dee Dee Bridgewater pour son disque Memphis... Yes, I'm Ready.
Jan Michiels
Le printemps des Arts de Monte-Carlo 2017 s’écoule, comme toujours, sur quatre week-ends de mars-avril. Marc Monnet, son infatigable et toujours créatif directeur, concocte une édition riche de multiples thématiques, entre tubes et découvertes : Berlioz le révolutionnaire, musique de la Renaissance, « Concept piano » ou encore le voyage surprise, moment de découvertes dans des lieux inattendus devenu la marque du festival.
Concerts, enregistrements, inauguration d'atelier...
Les artistes belges serons bien représentés cet année dans la Principauté. Le pianiste Jan Michiels jouera Ligeti avec l'Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo dirigé par Jean Deroyer le 25 mars à l'Auditorium Rainier III. Egalement au programme de cette soirée : Jean-Efflam Bavouzet (Mozart), Bruno Leonardo Gelber (Beethoven), Ivo Kahanek (Martinu) et Gabor Takacs-Nagy, direction.
Le 7 avril, ce sera l'Huelgas Ensemble de Paul Van Nevel dans une soirée de musique renaissance à l'Eglise Saint Charles de Monaco. Le Festival sera aussi l'occasion de la sortie d'un des 4 CD de la nouvelle collection créée sous son propre label; il s'agit de l'enregistrement de l'oeuvre de Marc Monnet
"Sans mouvement, sans monde" pour violoncelle et orchestre" réalisé en live par Musiq 3 à la
Salle Philharmonique de Liège le 16 décembre 2011 avec l'Orchestre Philharmonique de Liège dirigé par Christian Arming et Marc Coppey au violoncelle.
A l'occasion de l'ouverture au public de l'Atelier Folon en Principauté de Monaco, le Festival Printemps des Arts présentera un concert au sein même de celui-ci le 6 mars.
Sir Paolo Tosti at the British Royal Court. Mélodies et pièces instrumentales de Francesco Paolo Tosti (1846-1916), Frank Bridge (1879-1941), Gaetano Braga (1829-1907) et Giuseppe Verdi (1813-1901). Stanisław Daniel Kotliński, baryton ; Simon Zhu, violon ; Maciej Kułakowski, violoncelle ; Marco Balderi, piano. 2022. 75'15. Notice en italien et en anglais. 1 CD Da Vinci Classics C01087.
Avant de conquérir Angers, Nantes et Rennes, émotion et ovation ont pimenté cette dernière représentation de l’opéra-comique Robinson Crusoé sur la scène de l’Avenue Montaigne. Julie Fuchs est, en effet, annoncée souffrante. Elle assurera néanmoins sa prestation scénique et sera remplacée - non par sa doublure, elle aussi malade - mais par la soprano Jennifer Coursier arrivée à la gare de Lyon une heure avant le lever de rideau. « Acrobatique » dira l’un des musiciens à la sortie, c’est le moins que l’on puisse dire. Pourtant, la magie opère. La mise en scène de Laurent Pelly parfaitement rodée démontre là son efficacité comme sa pertinence.
L’esthétique « bande dessinée », stylisée à grands traits, aux couleurs criardes (scène des anthropophages) ou grisâtres (tentes des SDF) est soutenue par des dialogues aimables et percutants. Les liens entre certains choix visuels et l’œuvre n’apparaissent pas toujours évidents : Que viennent faire Donald Trump et ses clones sur l’ île déserte ? Des tentes de sans-abris aux pieds des gratte-ciels ? Un certain sens de l’absurde - ingrédient que ne dédaignait pas le compositeur de Vert Vert – en résulte mais qui, ici, contredit la dimension biographique et poétique présente dans l’intrigue et surtout dans la musique.