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Les lauréats du Concours André Dumortier

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La 7e session du Concours International André Dumortier vient de se clôturer.
Le Premier Prix, Grand Prix International André Dumortier, Prix du Fonds Claire et Michel Lemay est attribué à Markivan Popil (1995, Ukraine).
Le Deuxième Prix, Prix Michel Hallynck, Prix du Ministère de la Communauté Française Wallonie-Bruxelles va à Yeon-min Park (1990, Corée du Sud) et le Troisième Prix à Ruben Kozin (Russie, 1997)

Le Prix spécial de la Communauté Française Wallonie-Bruxelles pour la meilleure exécution de l'oeuvre imposée en demi-finales (Haofu Zhang, "Lune solitaire et silencieuse") revient également à Markivan Popil.
Ce dimanche, vous pouvez les découvrir et mieux connaître le Concours en compagnie de Laurent Graulus dans l'émission "Puisque vous avez du talent" (Musiq'3 - 12h).

Donaueschinger Musiktage 2025 : un festival de création

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Mi-octobre à Donaueschingen, on frissonne sous le vent gris d’un automne où résonne, comme ailleurs, le repli sur soi d’un monde qui s’était voulu ouvert, qui maintenant cède au cri, à la colère, autojustifiée, déifiée et déconnectée de sa réalité biologique (l’émotion est un moteur d'action, un outil de communication et un moyen d'adaptation) : les tribuns des réseaux (ils n’ont plus rien de sociaux) abrutissent et outrancient, conspuent et excluent, bradent et liquident – la liberté, le climat, la solidarité, la science (au profit de l’eau de javel), le légitime, la culture. Emergeant de la grisaille que nos efforts clairsemés peinent à dégager, les moments consacrés à l’art viennent comme des îles : les Donaueschinger Musiktage sont une de ces oasis, à la fois institution ancrée dans l’histoire et ogive fureteuse et dénicheuse – un des rares festivals à accueillir de grands ensembles (le financement institutionnel) et à privilégier la création (l’ouverture). Plus que centenaire, c’est sa collaboration de 75 ans avec la radio SWR (Südwestrundfunk) qu’on fête cette année – une impulsion décisive en matière d’expérimentation musicale et de diffusion internationale.

L’ombre (simple) de Pierre Boulez

C’est Anthèmes I, pour violon seul, qui m’attire au premier événement du vendredi – dont je découvre, un peu distrait, l’essentiel du programme en prenant place à la Strawinsky Saal des Donauhallen : une cohorte de discours célébrant l’anniversaire – ma compréhension de la langue allemande étant ce qu’elle est, je me rabats sur le texte anglais contenu dans la bible du festival (un véritable livre de près de 300 pages) et vois ma patience récompensée par un bienvenu entracte entre causeries.

Pierre Boulez est coutumier des transformations et versions multiples de nombreuses de ses pièces – un retravail constant d’un matériel musical jamais définitivement figé, guidé notamment par l’évolution technologique ; ainsi, la partition du (court et réjouissant) Anthèmes I, qui date de 1991, se base sur un fragment de la partie de violon d’…explosante-fixe… et connaît une révision (et augmentation : la longueur de la pièce double) en 1994 à l’IRCAM, sous le titre d’Anthèmes II, version électroacoustique pour violon et électronique en temps réel (ordinateur et six haut-parleurs) – le titre se réfère à la fois au concept de « thème », à « anthem », composition de psaumes et d’hymnes des 16ème et 17ème siècles et au chrysanthème.

La fin des palabres est ponctuée par un avant-goût de la performance du soir (à laquelle je n’ai pas prévu d’assister) de la platiniste Mariam Rezaei, DJ anglaise férue de musiques nouvelles, d’expérimentation et d’improvisation, qui utilise un système digital de platines vinyles (deux ici, quatre à 23 heures) pour manipuler en temps réel un grand nombre de samples – pour l’occasion, des échantillons des archives SWR / Donaueschinger Musiktage : c’est la coloration hip-hop et musique de club qui me repousse.

Pfingstfestspiele Baden-Baden : Boulez 100

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Baden-Baden entretient une longue relation avec Pierre Boulez, né à Montbrison, dans la Loire, en 1925 : invité par Heinrich Strobel, critique musical engagé pour la promotion des musiques nouvelles, directeur du département de musique de la SWR, à la base de la renaissance du Festival de Donaueschingen au début des années 1950, le compositeur français s’établit en 1959 dans la petite ville thermale au sud-ouest de la Forêt Noire (aujourd’hui un peu plus de 57.000 résidents, dont le plus haut taux de millionnaires par habitants du pays) et y est inhumé à sa mort en 2016 – cent ans après sa naissance, Baden-Baden fête l’héritage musical de son citoyen d’honneur (il a aussi une place à son nom) en lui consacrant une série de concerts (et d’événements) lors de son Festival de Pentecôte.

Une œuvre, deux chaises : changement de perspective

Je prends le temps de déposer ma valise dans l’avenant petit studio perché sur les hauteurs de la cité (boîte à clé, code wifi et taxe de séjour), avant de descendre à pied, à travers le parc (dont les poubelles débordantes témoignent de la fréquentation en cette fin de week-end), vers le Kurhaus Baden-Baden (vestiaire, ticket contre pièce, prendre carnet et stylo) et de découvrir la Bénazetsaal, somptueuse salle de bal surmontée d’une voûte en berceau et au portail de scène doré : les vingt-quatre musiciens de l’Ensemble Intercontemporain (fondé en 1976 à Paris par Pierre Boulez – et dirigé aujourd’hui par Pierre Bleuse, chef pétillant aux doigts frétillants) prennent place sur un carré central surélevé, dont chaque côté accueille plusieurs rangées de chaises destinées au public, alors que, placés sur au-delà de l’audience (et également surhaussés), deux pianistes entourent un cymbaliste et, en face, une harpiste sépare deux percussionnistes – six haut-parleurs complètent le dispositif, qui diffusent le son des solistes modulés par l’électronique de l’IRCAM (fondé à Paris en 1977 par Pierre Boulez).

Répons, œuvre majeure du compositeur de la décade 1980, connaît des versions successives (22 minutes à Donaueschingen en 1981, 35 minutes à Londres l’année suivante et 45 minutes à Turin en 1984) et plusieurs spin-offs (Dérive 1, Anthèmes I et II), qui exploitent certaines idées surgies durant la gestation de cette pièce de grande dimension. « Répons », un refrain chanté par le chœur en alternance avec le chant d’un soliste, est entendu ici comme l’antiphonie entre l’ensemble, les solistes et l’électronique : le son du premier, « unplugged », s’oppose à celui des solistes, retravaillé en temps réel ; les six humains s’opposent à l’informatique, qui outrepasse les possibilités des instruments ; l’orchestre, immobile, s’oppose au son électronique qui, spatialisé par les haut-parleurs, bouge dans l’espace de concert.

Le procédé qui consiste à répéter la pièce peut étonner : j’en ai eu à plusieurs reprises l’expérience (valorisante) à la Philharmonie Luxembourg, où l’on écoutait une première fois l’œuvre, candide et (quasi) vierge d’information, avant une seconde découverte qui succédait à un commentaire par le compositeur ou l’interprète. Ce soir, le « changement de perspective » se traduit par le déplacement de l’auditeur, lors de l’entracte et avant la deuxième exécution de la partition, pour rejoindre un siège, en symétrie de l’autre côté de la salle (de cet enclos acoustique – de solistes et de haut-parleurs – qui entoure le public) : une façon de percevoir l’impact de la spatialisation (un axe essentiel dans le rêve de Boulez de réinventer la modularité des salles de concert), de proposer un point de vue différent sur l’agencement scénique et les musiciens… et de doubler le plaisir de recevoir les sons fantasmagoriques d’une pièce-pivot de la musique mixte, alliance affriolante entre l’instrumentarium acoustique et les possibilités de l’électronique.

Donaueschinger Musiktage : le chemin s’élargit encore

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La musique est partout

C’est une façon douce de s’insinuer dans le festival, au Museum Art.Plus, à la lisière de la ville, sous un soleil et une température qu’on aurait qualifiés d’indécents si l’on n’avait pas, depuis, saisi la portée des mots « réchauffement » et « climatique », dangereusement accolés l’un à l’autre : n’empêche, arrivé la veille à Trossingen, logé dans une des chambres aménagées dans l’ancienne usine de production d’instruments de musique de l’entreprise Hohner, reconnue à l’origine pour ses harmonicas (la belle Hohner Villa est aujourd’hui un restaurant), après avoir marché à la découverte d’une localité que je ne connais pas, je rejoins le bord de l’eau à Donaueschingen (c’est la confluence de la Breg – gauche – et la Brigach – droite – qui y donne naissance au Danube) et met le nez entre les murs du musée d’art contemporain, qui accueille une performance hybride, entre installation et concert, d’Elsa Biston, artiste sonore française (elle œuvre également à Radio France), qui se fait une spécialité de la résonance des objets.

Fragile, mais possible

Après s’être mis en chaussettes (l’expérience, titrée Aussi fragile que possible, nécessite certaines précautions, dont l’exclusion des vibrateurs perturbateurs – tous souliers relégués dans des boîtes à chaussures tiroirs), deux groupes de 25 personnes prennent place, debout, assis, mi-allongés dans les deux salles du dernier étage (à mi-parcours, les uns cèdent la place aux autres), les yeux, curieux, sur une série d’objets (cymbales, feuilles d’aluminium doré, feuilles mortes, feuilles de papier, feuilles de plastique, maxi boîtes en fer blanc évidées, cartons dépliés, peaux tendues) disposés, dans la première pièce, au ras du sol (dans la seconde, suspendus) et reliés par une toile d’araignée de fin câbles (capteurs…).

Les musiciens de l’ensemble luxembourgeois United Instruments of Lucilin s’immiscent lentement dans le monde de résonance des objets, leurs instruments (flûte, violon, saxophone, percussion – deux par lieu), amplifiés de très près, sursautant au moindre effleurement (Sophie Deshayes touche sa flûte plus qu’elle n’y souffle, Galdric Subirana cajole sa baguette plus qu’il n’en frappe), et guidant, selon un axe fluctuant, les entrées et sorties de résonance des objets qui les entourent – et leurs incessantes interactions vibratiles. L’idée, plutôt réussie, d’Elsa Biston, est, au fond, d’abaisser notre seuil de perception, souvent malmené par des niveaux sonores polluants, de dévoyer le concept de pleine conscience (efficace dans la prévention psychopathologique), en nous incitant à entendre, sans en être envahis mais en lâchant le contrôle, ces sons fragiles qu’elle isole pour nous, qu’elle fait chanter – comme Pierre Henry sa porte et son soupir.

En dehors du concert, plusieurs objets sont manipulables (avec précaution) par le public – le déploiement sonore est à la mesure du temps qu’on y consacre.

Edition Peters vendues à Wise Music Group

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La maison d'édition musicale Peters, dont l'origine remonte à Leipzig en 1800, a été vendue à Wise Music Group.
Peters est à l'origine d'œuvres de Beethoven, Weber et Mendelssohn. Basée à Leipzig, elle est devenue une autorité pour l'oeuvre de Jean-Sébastien Bach puis, en 1900, de Mahler et Richard Strauss.

C'est Wise Music Group qui, par communiqué de presse, a annoncé "l'acquisition d'une participation majoritaire dans Edition Peters Group, l'une des maisons d'édition musicale les plus anciennes et les plus réputées au monde. Wise Music Group a fait son acquisition auprès de la Fondation Hinrichsen et possèdera Edition Peters Group en partenariat avec Christian Hinrichsen, dont l'association familiale avec la société a commencé en 1863.
Aujourd'hui, le groupe Edition Peters a des bureaux à Londres et à New York, ainsi qu'à Leipzig, la ville où il a été fondé en 1800. Il reste l'une des maisons d'édition musicale les plus respectées au monde.
Son catalogue riche et varié de compositeurs contemporains comprend Mark Andre, Sally Beamish, Daníel Bjarnason, Gloria Coates, James Dillon, Jonathan Dove, Sebastian Fagerlund, Brian Ferneyhough, Bernd Franke, Ash Fure, Bernhard Gander, Emily Howard, Clara Iannotta, George Lewis, Elena Mendoza, Shawn Okpebholo, Roxanna Panufnik, Roger Reynolds, Rebecca Saunders, Tyshawn Sorey, Erkki-Sven Tüür et Errollyn Wallen.

Edition Peters Group conservera son identité propre au sein de Wise Music Group, aux côtés de Chester Music, G. Schirmer, Associated Music Publishers, Novello & Co, Éditions Alphonse Leduc, Première Music, Le Chant du Monde, Edition Wilhelm Hansen, Unión Musical Ediciones et Bosworth Music GmbH.

 

Concours Busoni, composition

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Le compositeur brésilien Igor Santos -qui vit aux États-Unis- remporte le prix de composition Busoni 2021 doté de 6 000 euros. Et le prix de 2 500 euros a été attribué au jeune compositeur allemand Elias Jurgschat.
Avec Igor Santos, l'Académie des Arts honore un compositeur dont la musique se caractérise par une vive richesse de timbre, qui se nourrit de l'expansion savamment rythmée et riche en contrastes du matériel instrumental par le biais de sons quotidiens, de l'électronique, d'inflexions ou de résonances microtonales et de la formation de ce que l'on appelle des méta-instruments. Sa musique a été décrite comme "d'un autre monde et mystérieusement familière" (Chicago Classical Review), et comme "passionnante et claire [...] avec une audace frappante" (Prix du concours Luigi Nono). La musique du boursier Elias Jurgschat se caractérise par un langage musical particulier qui s'étend au performatif et à l'intermédial et se concentre sur les détails.

Igor Santos vit actuellement à Chicago. Il est également le directeur technique de l'Ensemble Dal Niente et compose pour des productions théâtrales aux États-Unis et en Europe. Il est diplômé en composition musicale de l'université de Chicago, de l'Eastman School of Music et de l'université de Floride du Sud.

Elias Jurgschat, né à Solingen en 1995, a étudié la composition avec Manfred Trojahn à la Robert Schumann Musikhochschule de Düsseldorf de 2015 à 2017. Depuis 2017-18, il poursuit ses études à l'Université de musique Carl Maria von Weber de Dresde avec Mark Andre et Manos Tsangaris. Il est lauréat du Concours de musique allemand et boursier de la Fondation académique nationale allemande depuis 2017. En 2018, il a sélectionné aux Master Classes de Dresde dans la section de composition. En 2019, il a reçu l'un des deux prix de composition de la Fondation Alban Berg de Vienne, avec une représentation au Wien Modern à la clé. La même année, le Conseil musical de Saxe lui a décerné un prix de promotion pour les jeunes compositeurs.

Le prix de composition Busoni, créé par Aribert Reimann en 1988, est décerné tous les deux ou trois ans à de jeunes compositeurs encore inconnus du public.

Prix Busoni 2019

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Le Prix Busoni de composition 2019 va à Hanna Eimermacher.
Pour le jury, Hanna Eimermacher crée dans sa musique une "réalité vivante que l'on ne peut pas vivre autrement" à travers "des moments d'asynchronie de l'œil et de l'oreille, des sons plastiques corporels et une mobilité spatiale.

Hanna Eimermacher est née à Duisburg en 1981. Elle a étudié la composition à Brême avec Younghi Pagh-Paan et Charlotte Seither, à Graz avec Pierluigi Billone et Beat Furrer et à Francfort avec Mark Andre. Invitée comme chercheur à l'Université de Buffalo (New York), elle a enseigné au Buffalo Festival en 2016. Ses œuvres sont jouées un peu partout, défendues par les Ensembles Ictus, Modern, Contrechamps,... Elle a été en résidence à la Villa Massimo à Rome, la Villa Concordia à Bamberg et elle a reçu le Prix Berlin-Rheinsberg de composition.

Le Prix de composition Busoni, offert par Aribert Reimann en 1988, est décerné tous les deux ou trois ans à de jeunes compositeurs peu connus du public. Parmi les derniers lauréats figurent Benjamin Scheuer et Óscar Escudero (2017), Sarah Nemtsov (2013) et Michael Pelzel (2011). Le jury était composé de Hanspeter Kyburz, Cornelius Schwehr et Helmut Zapf. La cérémonie de remise des prix aura lieu à la mi-novembre à Berlin.

Aux Donaueschinger Musiktage

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La Südwestrundfunk (SWR) a prolongé le contrat avec Björn Gottstein au poste de directeur artistique des Donaueschinger Musiktage pour une période de cinq ans menant en 2025.

Fondés en 1921, les Donaueschinger Musiktage sont concentrés sur nouvelles formes expérimentales dans le domaine de la musique contemporaine et de l'art sonore. Chaque année, quelque 10 000 visiteurs y partent à la rencontre de premières mondiales et d'installations sonores. Au fil du temps, ils ont ainsi pu y découvrir Pierre Boulez, Karlheinz Stockhausen, Luigi Nono, György Ligeti, Helmut Lachenmann, Wolfgang Rihm, Mark Andre, Georg Friedrich Haas...
C'est la SWR qui est responsable de la planification artistique et des commandes.
Avec Björn Gottstein, le festival s'est ouvert et le nombre de pays dont sont issus les compositeurs a considérablement augmenté comme celui des femmes compositrices représentées. Discussions et conférences mettent en perspective, et le projet de recherche/concert Donaueschingen Global 2021 traite  des questions du postcolonialisme dans la musique nouvelle.

Björn Gottstein (Aix-la-Chapelle, 1967) est le rédacteur en chef de New Music chez SWR à Stuttgart. Son expérience est riche et variée : directeur artistique de l'Eclat Festival Stuttgart et de la série de concerts Attacca de SWR, En 2009, commissaire de "Audio Poverty - A Conference on Music and Poverty" à la Maison des Cultures du Monde à Berlin, Lux Aeterna à Berghain, critique dans la Neue Zeitschrift für Musik, le MusikTexten, le Spex et des publications internationales telles que Frieze (Londres), Dissonanz (Bâle), Parergon (Oslo) et Nutida Musik (Stockholm), membre du comité de rédaction de la revue Positionen, auteur de l'ouvrage Musik als Ars scientia aux éditions Pfau-Verlag, professeur à la TU Berlin, à Darmstadt, à la Hochschule für Musik Basel et à l'Universität der Künste Berlin et président du conseil d'administration de l'Initiative Neue Musik Berlin.

Dudamel Leaves Los Angeles: Anatomy of a Global Brand

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On June 7, 2026, at Walt Disney Concert Hall, Gustavo Dudamel brought seventeen seasons at the helm of the Los Angeles Philharmonic to a close. The scene is a familiar one: a standing ovation, a sold-out house, "Gracias Gustavo" banners along Grand Avenue, Antonio Estévez's Cantata Criolla to close — the very work he had made a point of programming on his first vocal-music program back in 2010, the ritual closing of a founding narrative. But that Sunday, Mark Swed of the Los Angeles Times noted a detail that ran against the staging: on several occasions, when the conductor asked the orchestra to rise and share in the bows, the musicians declined. Dudamel insisted, took the concertmaster by the arm; the latter sat back down the moment the pressure eased. The conductor, Swed wrote, looked taken aback. The episode lasted several minutes.

One can read it as a silent tribute — this moment is yours, not ours — or as the quiet self-assertion of a collective reminding everyone, beneath the glow of the banners, that it exists apart from its conductor. Both readings coexist, and it is precisely that ambiguity that makes any assessment of Dudamel less seamless than the official messaging would suggest. We will come back to it at the end. It takes on its full meaning only once one has understood what Dudamel was, for seventeen years, to this house.

The "Added Value" Mandate

To begin, we need to set out a framework that criticism tends to lack. The role of music director of a major orchestra, as it has been practiced since Simon Rattle in Berlin (2002–2018), is no longer the same as it was under Karajan or Bernstein. Yet we continue to evaluate conductors by criteria inherited from the previous era — discography, tours, mastery of the canon — even though the position has redefined itself around a different equation, one we might call added value: what the mandate produces beyond the purely musical, measured in territorial rootedness, structural educational programs, digital reach, global visibility, expanded media circulation, and innovative contractual arrangements.

Rattle did not invent the model — Salonen had sketched it out in Los Angeles as early as the 1990s, with Walt Disney Concert Hall delivered in 2003, the Green Umbrella series as a laboratory, and the repositioning of the orchestra as a player in contemporary Californian culture — but he consecrated it by planting it in Berlin, that is, in the institution that, more than any other, defines what a music director's mandate is in the collective imagination. The Digital Concert Hall (2008), the Zukunft@BPhil program, the overhaul of educational policy: without Berlin, the model would have remained "Californian," easily marginalized; with Berlin, it becomes the contemporary model, one against which every other orchestra can be measured.

Dudamel arrives in Los Angeles in 2009 on this prepared ground, and he carries the model to its maximum. It is through this lens that what follows should be read, before we return to the strictly musical assessment: because in this generation of conductors, he is perhaps the only one to have tipped the function itself into a category that neither the classical world nor criticism had anticipated — that of the global brand.

A Conductor, a Twenty-First-Century Brand

The word is loaded for a music-loving readership, and it needs to be defused straightaway. "Brand" here is not a term of derision, and it does not reduce Dudamel to a commercial operation. It designates a sociological category — in the sense in which Bourdieu might speak of circulating symbolic capital, or Boltanski of a reputational asset: something an institution builds, protects, transfers, monetizes. At that level, only three or four people per generation exist in the classical field. Karajan was one. Bernstein was one. Yuja Wang is one today, more or less alone in the instrumental world. And Dudamel is one, more or less alone among conductors.

The degree of cultural penetration is measurable. The broad, non-specialist public knows Dudamel the way its elders knew Karajan or Bernstein — by the hair, the smile, the gestural silhouette, the star on the Hollywood Walk of Fame awarded in 2019, the cameo in Trolls World Tour in 2020, the Hollywood Bowl collaborations with Billie Eilish, Christina Aguilera, and Ricky Martin. The character of Rodrigo de Souza in the series Mozart in the Jungle (Amazon, 2014–2018, four seasons, Golden Globes 2016) is explicitly modeled on him — the hair, the gestures, the Latin American accent, the El Sistema background. To inspire a character in a scripted drama across four seasons is a degree of cultural penetration no living conductor has achieved since Bernstein — the fact deserves to be weighed for what it is: a sociological fact without equivalent.