Résultats de la recherche pour : Carl Reinecke

Sir Charles Villiers , 100 ans

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Sir Charles Villiers Stanford est un compositeur britannique irlandais, né le 30 septembre 1852 à Dublin et mort le 29 mars 1924 à Londres.

Fils d'un éminent juriste à la chancellerie de Dublin, Stanford est élevé dans un milieu musical où ses deux parents sont des musiciens chevronnés ; son père s'intéresse plus particulièrement au chant tandis que sa mère est pianiste. Il étudie l'orgue et la composition auprès de Robert Stewart.
Ses talents précoces sont relatés dans un article du Musical Times de décembre 1898.

Il se rend à Londres en 1862 pour étudier avec Arthur O'Leary et Ernst Pauer, avant de parvenir en 1870 au prestigieux Queens' College de Cambridge puis, en 1873, au Trinity College où il est notamment organiste jusqu'en 1892. Sa nomination au poste de directeur de la société musicale de l'Université de Cambridge lui offre une notoriété certaine.

Entre 1874 et 1877, il passe quelques semaines d'études en Allemagne afin de parfaire sa technique de composition avec Carl Reinecke et Friedrich Kiel, avant d'obtenir ses diplômes universitaires à Cambridge. Il rencontre le violoniste Joseph Joachim et le chef d'orchestre Hans von Bülow qui, par la suite, le soutiennent avec constance.

Engagé comme professeur de composition au Royal College of Music en 1883, il devient également chef du Chœur Bach de Londres (The Bach Choir) de 1886 à 1902 et professeur de musique à Cambridge à partir de 1887. Il est aussi chef de l'Orchestre Philharmonique de Leeds de 1897 à 1909, ainsi que du festival de Leeds de 1901 à 1910.

Parmi ses élèves, on trouve les compositeurs Arthur Bliss, Herbert Howells, John Ireland, Gustav Holst, Ralph Vaughan Williams, George Dyson, Ernest John Moeran, Rebecca Clarke et le chef d'orchestre Eugène Goossens.

Avec Hubert Parry, Ethel Smyth et Edward Elgar, il est l'un des compositeurs du Royaume-Uni emblématiques de la période victorienne.

Il est fait chevalier le 24 octobre 1902.

Charles Villiers Stanford laisse environ 300 œuvres.

"Ein deutsches Requiem" de Johannes Brahms, 155 ans

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 Un Requiem allemand, sur des textes de l'Écriture sainte, pour solistes, chœur et orchestre (avec orgue ad libitum) est une œuvre sacrée (mais pas liturgique) en sept parties (ou mouvements) achevée en 1868. Elle dure de 70 à 80 minutes, ce qui en fait la plus longue composition de Brahms.

Les deux solistes n'interviennent qu'exceptionnellement, le baryton pour faire entendre l'appel angoissé de l'homme face à son destin, la soprano pour annoncer le caractère maternel des consolations futures. L'orchestre reste toujours d'une clarté exemplaire, même lorsqu'il passe au second plan. La conclusion résume la promesse du sermon sur la montagne. Les épisodes centraux du sixième morceau pourraient être considérés comme une version protestante du Dies iræ. L'œuvre, de conception humaniste, que l'auteur aurait désiré rendre œcuménique, lui assura la célébrité.

Dans son propre catalogue thématique, Brahms n'indique qu'une seule étape de la composition de son Requiem : « Été 1866, Zurich et Baden-Baden ». La genèse de l'œuvre fut pourtant longue, de 1857 à 1868.

Brahms met longtemps à aborder le genre symphonique et les œuvres avec orchestre en général. Pourtant, son ami Robert Schumann l'y encourage dès 1854. Il ébauche alors une symphonie qui ne voit jamais le jour mais se transforme en une sonate pour deux pianos qu'il ne publie pas mais joue souvent pour ses amis. Le matériau musical étant suffisamment riche, il récupérera les deux premiers mouvements pour son Concerto pour piano et orchestre no 1 et le troisième deviendra la marche Denn alles Fleisch du Requiem.

Schumann meurt en 1856 et Brahms songe alors à rendre hommage4 à son mentor qui lui-même projetait la composition d'un requiem allemand. Brahms est très ému lorsqu'il découvre des années plus tard que Robert Schumann avait pensé lui aussi à une œuvre similaire. Ce projet de "Trauerkantate" (cantate funèbre) prend forme le troisième automne passé à Detmold (1859) où Brahms compose le Begräbnisgesang opus 13 et la Deuxième sérénade opus 16, qui renonce aux violons tout comme le premier mouvement du Requiem.

Lors d'une autre disparition douloureusement ressentie, Brahms revient à ce projet élégiaque : après la mort de sa mère, en , il mentionne dans une lettre à Clara Schumann à la fin du mois d' un « chœur… sorte de Requiem allemand ». Il s'agissait sans doute des numéros 1, 2 et 4. En fait Brahms ne précisa jamais formellement que le Requiem lui fut inspiré par la mort de sa mère. Ce n'est que par ses amis qu'on le saura ; notamment Clara Schumann qui dit : « Nous sommes tous d'avis qu'il l'écrivit en souvenir d'elle, bien qu'il ne nous l'ait jamais dit expressément

À la fin de l'hiver 1865-1866, Brahms termine le troisième mouvement (Karlsruhe février-). La fugue l’embarrassant, il demande conseil à Eduard Marxsen, son ancien professeur de Hambourg. La composition terminée au printemps 1866 entre Winterthour et Zurich, est revue durant l'été à Lichtenthal. En décembre, Brahms offre à Clara Schumann l'arrangement pour piano.

Les trois premiers morceaux de l'œuvre sont alors joués le  dans la Grosse Redoutensaal (grande salle de la Redoute) à Vienne, lors d'un concert de la Gesellschaft der Musikfreunde (Société des Amis de la Musique) en hommage à Schubert sous la direction de Johann von Herbeck; les chœurs étaient ceux du Wiener Singverein et le baryton solo, Rudolf Pänzer, un chanteur de la chapelle impériale. Les deux premiers morceaux sont accueillis sans enthousiasme excessif, mais avec une sympathie certaine. C'est le troisième qui déclenche le désastre : par une erreur inexplicable, le timbalier joue fortissimo toute la grande pédale de  sur laquelle se déroule la fugue finale. Le chœur et l'orchestre sont complètement couverts par cette intrusion intempestive et bruyante. Le public croit à un effet voulu et, lorsque Brahms vient saluer, il est accueilli par une bordée de sifflets et de huées. La presse fait un compte rendu mitigé de la soirée.

La première version de l'œuvre (morceaux 1-4, 6-7) est ensuite créée en la cathédrale de Brême, deux ans après sa composition, le  pour le Vendredi Saint sous la direction de Brahms et avec Jules Stockhausen comme baryton solo, devant deux mille personnes. L'organisateur du concert, Carl Martin Reinthaler, organiste et directeur de la musique de Brême, avait voulu que Brahms insérât un nouveau morceau afin de préciser la signification liturgique. Brahms ne céda pas mais le Requiem fut joué en deux parties avec, entre les deux, un morceau du Messie de Haendel pour satisfaire aux desiderata de Reinthaler. Le concert est un succès et marque un tournant dans la carrière du compositeur.

Après cette création, Brahms annonce en  à son éditeur Rieter-Biedermann l'ajout d'un morceau solo (le no 5) qu'il termine à Bonn en . Ce cinquième mouvement fut joué en exécution privée le  à Zurich, par l'orchestre de la Tonhalle de Zurich sous la direction de Friedrich Hegar et avec Ida Suter-Weber2.

La version intégrale est finalement créée au Gewandhaus de Leipzig le  par Carl Reinecke et l'Orchestre du Gewandhaus de Leipzig avec pour solistes Émilie Bellingrath-Wagner et Franz Krükl.

La partition avait été publiée par Rieter-Biedermann à Leipzig en .

Johan Gottfried Hendrik Mann, 120 ans

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Johann Gottfried Hendrik Mann (La Haye , 15 juillet 1858 – Rosmalen , 10 février 1904 ) était un compositeur , chef d'orchestre et pianiste néerlandais. Il a été largement oublié après sa mort.

Enfant, Mann montrait déjà un talent pour la musique. Après avoir reçu les rudiments du piano de sa mère Geertruida Hieronima van Convent ten Oever (1827-1899), ses parents engagent Emile Wagner (1825-1889) pour lui enseigner le piano et le solfège.
Wagner, lui-même compositeur non sans mérite, a également enseigné la composition au jeune Gottfried. Le fier père du négociant en vin Johann Herman Mann (1827-1911) envoya secrètement plusieurs compositions de son fils unique de 13 ans à son cousin, le poète allemand Friedrich Emil Rittershaus (1834-1897), qui les lui transmit.
En 1872, Bruch écrivait dans une lettre à Mme Rittershaus : Es hat mich sehr gefreut, die Sonata Ihres, les jeunes amis hollandais apprendront à connaître. Nach my Ansicht spricht sich ein entschiedenes Talent darin, und man darf hoffen, dass der noch so jugendliche Author bei fortgesetztem Fleiß and unter verständiger Leitung später ni manches Gute leisten wird. Même s'il a été question à plusieurs reprises que Gottfried Mann ferait son apprentissage chez Max Bruch à Bonn, cela n'a pas eu lieu. La même année, le compositeur et chef d'orchestre de l' Orchestre du Gewandhaus de Leipzig , Carl Reinecke, vient rendre visite à la famille Mann. Il voulait connaître le talent qu'il voyait chez le jeune compositeur.
En 1874, ses parents l'inscrivent à la Royal Music School, plus tard le Royal Conservatory , de La Haye. Le directeur Willem Nicolaï assure les cours de théorie et de composition, tandis que Gottfried suit l'enseignement de Wagner pendant une année supplémentaire. Après la première année, il passe chez Carel Wirtz pour des cours de piano.
En 1878, il dirigea sa propre œuvre Ouverture Jan Woutersz pour conclure ses études. Bien que Mann n’ait pas étudié la direction d’orchestre, il n’était pas rare au XIXe siècle que des compositeurs dirigent leurs propres œuvres. Il a acquis une expérience orchestrale en tant qu'altiste dans l'orchestre du Théâtre Royal Français de La Haye.
Lorsque Mann quitta la Royal Music School en 1878, le directeur Nicolaï lui conseilla de ne pas aller dans un autre Conservatoire, mais de voyager à l'étranger. Son voyage commence en Allemagne et à l'automne 1879, Mann part pour Paris.
Même si sa musique reste fortement influencée par les grands compositeurs allemands, il se passionne pour l’école française moderne. A Paris, il a enseigné, entre autres, Camille Saint-Saëns, Léo Delibes.

Theodor Fürchtegott Kirchner, 200 ans

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Le compositeur danois Theodor Fürchtegott Kirchner est né le 10 décembre 1823 à  Neukirchen près de Chemnitz  et décédé le 18 septembre 1903 à Hambourg.

Theodor Fürchtegott Kirchner était de son vivant un compositeur, chef d'orchestre, organiste et pianiste très apprécié et très bien connecté dans les milieux musicaux. Il connaissait Robert et Clara Schumann, Felix Mendelssohn Bartholdy et Johannes Brahms avec qui il entretenait une amitié étroite tout au long de sa vie.
Mais même si Kirchner, alors âgé de 30 ans, fut un jour loué par Schumann comme "un artiste en pleine ascension des temps les plus récents" et que Johannes Brahms qualifia ses miniatures pour piano de "plus tendres des plus tendres", Kirchner ne parvint pas à obtenir une reconnaissance publique suffisamment importante pour lui permettre de bien vivre de son art. Toute sa vie, il a dû faire face à des soucis et des difficultés financières, si bien que des amis et des mécènes, parmi lesquels Edvard Grieg, Hans von Bülow et Carl Reinecke, ont même initié en 1884 une collecte de fonds dont les recettes bien placées ont permis à Kirchner de subvenir à ses besoins. De plus, son ami Johannes Brahms le soutint financièrement à plusieurs reprises.
Kirchner est né le 10 décembre 1823 à Neukirchen dans les Monts Métallifères. Il fréquenta l'école publique de Chemnitz et reçut dès son enfance des cours de piano et d'orgue. Son talent exceptionnel se révéla rapidement, si bien qu'à l'âge de 15 ans, il fut présenté à Schumann et Mendelssohn, qui furent également très impressionnés par ses capacités. Sur la recommandation de Mendelssohn, Kirchner se rendit à Leipzig pour y étudier la musique, où il fut inscrit en 1843 comme premier élève au tout nouveau Conservatoire de Leipzig, sous le numéro d'inscription 1.
La même année, toujours sur la recommandation de Mendelssohn, il prit le poste d'organiste à l'église de la ville de Winterthur, en Suisse.
En 1862, il se rendit à Zurich, où il dirigea les concerts d'abonnement de la Société générale de musique. Pour Kirchner, cela représentait une étape fatidique, car c'est là qu'il fit la connaissance de Johannes Brahms, qui allait devenir l'ami de toute une vie.
En 1868, Kirchner épousa la chanteuse Maria Schmidt.
En 1872, il retourna en Allemagne pour enseigner la musique à la Princesse Maria à Meiningen. Mais dès l'année suivante, il se rendit à Würzburg pour prendre le poste de directeur de l'école de musique.
Quatre ans plus tard, Kirchner s'installe à Leipzig et gagne sa vie pendant quelques années comme professeur de musique.
En 1883, il s'installe à Dresde, où il enseigne au conservatoire.
En 1890, Kirchner s'installe à Hambourg sans emploi fixe. Lorsqu'appauvri et malade, il commença à perdre la vue, son élève Mathilde Schlüter, veuve d'un propriétaire d'entreprise de construction, s'occupa de lui jusqu'à ce que Kirchner décède finalement le 18 septembre 1903, paralysé par plusieurs attaques cérébrales.

Kirchner a laissé derrière lui une œuvre musicale riche et variée. Outre de nombreuses œuvres de musique de chambre, des lieder et des œuvres chorales, son œuvre se concentre toutefois principalement sur le piano. Son œuvre pour piano comprend à elle seule plus d'un millier de compositions.
En outre, il a arrangé un grand nombre d'œuvres symphoniques et autres de Schumann, Brahms, Beethoven, Grieg, Haydn, Schubert et d'autres pour un usage domestique au piano et est considéré à cet égard comme le principal représentant de la miniaturisation du piano de l'époque romantique.
Son œuvre est toutefois rapidement tombée dans l'oubli après sa mort. Cela est certainement dû en grande partie au fait qu'il a renoncé aux grands types de formes. Ses pièces pour piano sont presque toutes des pièces de caractère romantiques expressives qui, en raison de leur brièveté, trouvaient au mieux le chemin des salles de concert en tant que bis et ne pouvaient donc pas développer une notoriété suffisante.

Leoš Janáček, 95 ans

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Le compositeur tchèque Leoš Janáček est né le  à Hukvaldy et mort le  à Ostrava.
C'est l'un des plus grands compositeurs tchèques modernes avec Bohuslav Martinů et Jan Václav Hugo Voříšek, en incluant bien sûr les représentants de l'école tchèque du xixe siècle, Bedřich Smetana et Antonín Dvořák.

Son père Jiří, instituteur du village, l'envoie à onze ans dans l'Abbaye Saint-Thomas de Brno, où il étudie la musique sous la direction de Pavel Křížkovský. Il est remarqué grâce à ses prestations dans le chœur du monastère. Ses études le mènent alors pour deux ans à l'école d'orgue Skuherský à Prague, puis aux Conservatoires de Leipzig, où il reçoit notamment l'enseignement de Carl Reinecke. En 1873, il prend la direction du chœur Svatopluk pour lequel il compose ses premières œuvres.

Il rencontre en 1874 Antonín Dvořák à Prague. C'est le début d'une longue amitié. Antonín Dvořák critiquera à titre amical ses premières compositions et influencera durablement Leoš Janáček par sa manière de composer en épousant les intonations de la langue parlée.

En 1881, année de son mariage avec Zdenka Schulzová, il retourne à Brno pour se consacrer à l'enseignement de la musique. Il y fonde une école d'orgue qu'il dirigera jusqu'en 1920 ; cette école va d'ailleurs devenir plus tard le Conservatoire de Brno.
Il aura deux enfants : le premier meurt en bas âge en 1890, la seconde, Olga, à l'âge de 17 ans. La mort de cette dernière est contemporaine de l'achèvement de son opéra Jenůfa et lui inspire ses plus belles pages, marquant ainsi une rupture stylistique, ce qui permet de ranger le compositeur aux côtés des découvreurs de la musique du xxe siècle tels Kodaly, Bartók, Szymanowski ou Enesco, et même Stravinsky, bien loin des romantiques ou post-romantiques comme son ami Dvořák.
Sa réputation reste jusque-là cantonnée à sa province, mais la création en 1916 d'une version remaniée de Jenůfa lui ouvre les portes de la capitale et une certaine reconnaissance. Il tombe alors amoureux d'une femme mariée, Kamila Stösslová, amour platonique car Kamila, qui a 38 ans de moins que le compositeur, est totalement indifférente. Déçu et obsédé par sa passion, il fera un portrait à charge de Kamila dans L'Affaire Makropoulos sous les traits de l'héroïne Emilia Marty soulignant sa froideur et sa dureté1.

Comme beaucoup de musiciens d'Europe centrale, il va recueillir un certain nombre de musiques folkloriques de sa province (Moravie) pour s'en inspirer. Il se laisse influencer également par des sources slaves, notamment dans les thématiques de certains de ses opéras (dont Katya Kabanova) ou pour sa Messe glagolitique.
La littérature russe constitue aussi une profonde source d'inspiration : son poème symphonique Taras Bulba s'inspire de la nouvelle de Nicolas Gogol, et son opéra De la Maison des Morts est inspiré de l'ouvrage de Dostoïevski. Quant à son premier quatuor à cordes (1923), il porte le sous-titre de Sonate à Kreutzer en référence à la nouvelle homonyme de Tolstoï, elle-même écrite en référence à la 9e Sonate de Beethoven.

Il meurt le  des suites d'une pneumonie contractée lors d'une promenade en forêt près de Hukvaldy. Selon sa volonté, le final de La Petite Renarde rusée sera joué à ses funérailles.

Ce n'est qu'à 61 ans, à l'occasion de la reprise à Prague de l'opéra Jenufa que Janáček atteint une reconnaissance internationale. Sa musique est singulière, portée par une écriture étrange et reconnaissable entre mille. Sa complexité rythmique et son orchestration éclatée ont pu passer pour de la gaucherie. Le chef Charles Mackerras est à l'origine de la redécouverte du compositeur dans les années 1950 en revenant à la verdeur et la causticité des partitions originales et en propageant ses opéras dans la langue du compositeur.

Leoš Janáček laisse environ 150 œuvres musicales.

Juliette Hurel et Hélène Couvert, trente ans d’amitié musicale

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Nature romantique. Carl Maria von Weber (1786-1826) : Trio en sol mineur pour flûte, violoncelle et piano, op. 63. Franz Schubert (1797-1828) : Schäfers Klagelied, D. 121, transcription pour flûte et piano ; Introduction, thème et variations sur ‘Trockne Blumen’ tiré de Die schöne Müllerin, D. 802 ; ‘Trockne Blumen’ tiré de Die schöne Müllerin D. 795, transcription pour flûte et piano. Carl Reinecke (1824-1910) : Sonate ‘Undine’ pour flûte et piano, op. 167. Juliette Hurel, flûte ; , piano ; Emmanuelle Bertrand, violoncelle. 2022. Notice en français, en anglais et en allemand. Texte des lieder en langue en allemand, avec traduction française et anglaise. 69.31. Alpha 982.

Johan Gottfried Hendrik Mann, 165 ans

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Johann Gottfried Hendrik Mann ( La Haye15 juillet 1858 – Rosmalen10 février 1904 ) était un compositeur , chef d'orchestre et pianiste néerlandais largement oublié après sa mort.

Enfant, Mann a déjà montré une aptitude pour la musique. Après avoir reçu les rudiments du piano de sa mère Geertruida Hieronima van Convent ten Oever (1827-1899), ses parents ont engagé Emile Wagner (1825-1889) pour lui enseigner le piano et le solfège.  Wagner, lui-même compositeur accompli, enseigne également la composition au jeune Gottfried. L'heureux père, marchand de vin, Johann Herman Mann (1827-1911), envoya secrètement plusieurs compositions de son fils unique de 13 ans à son cousin, le poète allemand Friedrich Emil Rittershaus (1834-1897) qui les transmit ensuite aux compositeurs allemands Max Bruch , Carl Reinecke et Ferdinand von Hiller.
En 1872, Bruch écrit dans une lettre à Mme Rittershaus : 
Es hat mich sehr gefreut, die Sonata Ihres jungen holländischen Freundes ken zu lernen. Nach meiner Ansicht spricht sich ein entschiedenes Talent darin aus, und man darf hoffen, dass der noch so jugendliche Autor bei fortgesetztem Fleiß und unter verständiger Leitung später noch manches Gute leisten wird.
Malgré le fait qu'il y ait eu quelques discussions sur Gottfried Mann prenant un apprentissage avec Max Bruch à Bonn, cela ne s'est jamais produit. La même année, le compositeur et chef d'orchestre du Gewandhausorchester arrive à Leipzig Carl Reinecke et visite la famille Mann pour mieux mesurer le talent qu'il voyait chez le jeune compositeur.

En 1874, il est inscrit par ses parents à la Royal Music School, plus tard le Royal Conservatory de La Haye. Le metteur en scène Willem Nicolaï a assuré les cours de théorie et de composition, avant que Wagner prenne le relais pendant une autre année.
Après la première année , il est passé chez
Carel Wirtz pour des cours de piano.
En 1878, il dirige sa propre œuvre 
Ouverture Jan Woutersz pour conclure ses études.
Bien que Mann n'ait pas étudié la direction d'orchestre, il n'était pas rare au XIXe siècle que des compositeurs dirigent leurs propres œuvres. Il a acquis une expérience orchestrale en tant 
qu'altiste dans l'Orchestre du Théâtre Royal Français de La Haye.

Lorsque Mann quitte l'École royale de musique en 1878, le directeur lui conseille de ne pas aller dans un autre conservatoire mais de voyager à l'étranger. Son voyage commence en Allemagne et, à l'automne 1879, il part pour Paris. Si sa musique reste fortement influencée par les grands compositeurs allemands, il est néanmoins fasciné par l'école française moderne. A Paris, il fait la connaissance de Camille Saint-Saëns , Léo Delibes et Jules Massenet, entre autres . Les trois collègues avaient à peu près le même âge et une génération de plus que Mann.

En 1882, Mann est nommé chef d'orchestre du nouvel orchestre d'Amsterdam, le Vereenigde Toonkunstenaren. Après la dissolution de cet orchestre en 1883, Mann a été transféré au Parkschouwburg nouvellement construit . Ce théâtre a été doté d'un nouvel orchestre, le New Park Orchestra, dirigé par Willem Kes en plus de Gottfried Mann.
En 1884, après le départ de Kes avec une querelle avec la direction, Mann composa sa suite de ballet 
Le Rêve des cloches qui fut jouée plus de 70 fois devant des salles combles. En seulement quatre semaines, il avait écrit la musique de ce ballet.

En décembre 1884 est créée , il vient sa Symphonie en ré mineur opus 87 qu'il vient d'achever et qui est dédiée à Jules Massenet. La Société pour la promotion de Toonkunst a décerné à la symphonie une prime honorifique de cinq ducats.
Au cours de l'été 1885, Mann composa son C
oncerto pour clarinette qu'il dédia au célèbre clarinettiste néerlandais Christiaan Pieter Willem Kriens . Le concerto a probablement déjà été créé en novembre à Leipzig car le Leidsch Dagblad en fait état. On ne sait pas si le concert a également été publié en version imprimée à cette époque. Sa symphonie est jouée lors du même concert.
Le Parkschouwburg ayant fait faillite au printemps, Mann est retourné dans sa ville natale, La Haye. A la surprise générale, il postule au poste de Kapellmeister du Staff Music Corps du 4th Infantry Regiment et, après un concours, il est choisi parmi une vingtaine de candidats. Cependant, ses proches craignaient qu'avec cette nomination, il ne gaspille ses talents. Parmi eux se trouvait le chef d'orchestre 
Willem Stumpffqui avait créé ses premières compositions à Amsterdam. Stumpff lui écrivit que, comme il était intéressé par son talent, il devrait lui déconseiller de rejoindre un corps militaire, à moins que ce ne soit les Grenadiers ou le Schutterijcorps à Rotterdam. En règle générale, ces cadavres sont si peu nombreux que je déplorerais vos dons si vous étiez perdu sous eux.

En 1887, le conseil d'administration de Semper Crescendo , l'orchestre étudiant de l'Université de Leiden, approche Gottfried Mann pour sortir l'orchestre du marasme. Mann accepte le défi et, en très peu de temps, il a conquis le cœur des musiciens. L'orchestre connaît alors un épanouissement sans précédent. Il connaissait de nombreux bons musiciens et a amené des collègues célèbres à Leiden pour jouer comme solistes avec l'orchestre. L'un des moments forts a été 1897 lorsque l'orchestre a interprété le Cinquième concerto pour piano de Beethoven avec Willem Mengelberg.

Gottfried Mann a écrit des dizaines d'œuvres pour la fanfare du 4e régiment. Outre les marches et arrangements habituels, il compose de nombreuses fantaisies d'opéra. Il s'était d'ailleurs fait un grand nom avec elles, car les encyclopédies dans lesquelles son nom apparaît encore le louent justement pour ce genre. Un certain nombre d'entre elles ont été conservés mais malheureusement, en raison du changement de l'air du temps, ils ne sont plus joués. Il s'est également fait un nom en tant que chef d'orchestre à cordes.

À l'été 1893, il démissionna de son poste de maître de chapelle du 4e régiment après avoir fondé sa propre école de musique, son «Muziek Instituut», à Leiden. Les étudiants pouvaient recevoir des cours de violon, de violoncelle, de piano et de théorie. Peu de temps après son ouverture, son institut comptait déjà 50 étudiants. Au cours de cette période, Mann a également commencé à se concentrer de plus en plus sur l'accompagnement de musiciens bien connus. De Catharina van Rennes , Christiaan Timmner le violon solo de l'Orchestre du Concertgebouw et Josef Orelio.
Au printemps 1894, Gottfried Mann fut engagé par le conseil d'administration du Concertgebouw pour diriger les concerts en plein air et les «concerts populaires» à Amsterdam pendant les mois de mai à septembre. De plus, il dirigeait tous les concerts pendant le congé annuel de Willem Kes , en juillet et août. Le 24 juin, il dirigera son propre Concerto pour clarinette avec Anton Blitz en soliste.

Au printemps 1896, Mann succède à Simon JH de la Fuente comme second chef du Nederlandsche Opera d'Amsterdam. Il est frappant que Mann n'ait dirigé que des opéras de compositeurs français. Au cours de la saison 1896/1897, Mann est également chef d'orchestre de la Koninklijke Vereeniging Het Nederlandsch Toneel qui a interprété la pièce de Sophocle, King Oedipus, avec l'accompagnement d'un grand orchestre dirigé par Mann.
Après une saison avec 
Cornelis van der Linden, Mann devient nouveau Sociétaire Noord- en Zuid-Nederlandsche Opera-Vereeniging de Johannes George de Groot., probablement en raison d'une amélioration de la position du deuxième au premier conducteur. La question de savoir s'il y avait d'autres raisons à cela reste quelque peu vague, car au printemps 1897, il était également question que Mann soit transféré à Groningen pour succéder à JH Bekker à la Groningen Harmonie. Après de longues délibérations, il a décidé de ne pas travailler à Groningen et est resté à Amsterdam. Il a déménagé du Stadsschouwburg d'Amsterdam au Parkschouwburg qu'il avait déjà dirigé en 1883-84.  Iciu aussi, Mann dirige uniquement des opéras français avec De Groot, à quelques exceptions près. Il est frappant de constater qu'un certain nombre de ces opéras qu'il avait dirigés au Nederlandsche Opera sont maintenant revenus au programme. Cependant, l'entreprise a été de courte durée, le rideau est tombé après seulement quelques mois.

Au printemps 1897, Mann fit une tournée dans le pays avec Josef M. Orelio, interprétant exclusivement des oeuvres néerlandaises. Pendant ce temps, son étoile de compositeur a également commencé à monter. A l'occasion de l'investiture de la ReineWilhelmina der Nederlanden , il composa une Marche du couronnement qui fut sélectionnée comme la meilleure des nombreuses entrées. Non seulement toutes les sociétés musicales et fanfares militaires ont inscrit cette marche à leur répertoire, mais elle a également été interprétée lors du concert festif national du 31 août 1898 par l' Orchestre du Concertgebouw sous la direction de Willem Mengelberg. L' Orchestre Philharmonique de Berlin dirigé par Josef Řebicĕk l' a également jouée à Scheveningen le même soir . Outre son Concerto pour clarinette de 1885, Mann a également composé une pièce de concert pour clarinette avec orchestre (op. 109) à la demande du professeur néerlandais et virtuose du violon qui travaille du conservatoire de Gand, Johan Smit: son Concerto pour violon et orchestre. Cependant, ce concerto, son opus 101, n'est pas dédié à Smit, mais au premier violoniste du Böhmische Streichquartett, Karel Hoffmann(1872-1936).
En novembre 1900, Mann et Hoffmann donnèrent plusieurs récitals à Amsterdam et à La Haye. Hoffmann accepta la commande et son avis sur le Concerto pour violon fut simple : « herrliche Musik ». Cependant, il est peu probable que Hoffmann ait jamais interprété le concerto avec orchestre. La partition a été instrumentée en février 1901 et, pour autant que l'on sache, aucun matériel d'exécution de ce concerto n'a survécu.  


Durant les dernières années de sa vie, il ne dirigea pas grand-chose. Ici et là, il dirige occasionnellement des orchestres invités, mais sans poste permanent. Reste à savoir s'il y était encore activement impliqué. Il dirigeait toujours les concerts de Semper Crescendo et participait à Maatschappij de Toekomst, mais accompagner des musiciens au piano et composer prenait de plus en plus de temps : il a travaillé de longues années sur son opéra
Malaenis, on a annoncé régulièrement que l'œuvre est presque terminée, mais à part les préliminaires et le chœur de femmes, aucune autre partie n'a été jouée. Mann était surmené.

À l'été 1901, son épouse et lui ont dû reporter leurs voyages habituel dans plusieurs pays européens. Mme Mann a vu son mari si doux devenir de plus en plus irritable et nerveux. Ils décidèrent d'aller à Scheveningen. Mais après quelques semaines, la situation ne s'est pas améliorée et elle est son frère, l'acteur Louis Bouwmeester de surveiller son mari. Celui-ci mesura la gravité de la situation et, avec un neurologue, les trois hommes partirent le 2 juillet 1901 pour le Gesticht Coudewater à Rosmalen. Son premier séjour durera trois mois.

Lors du concert à l'occasion du 70e anniversaire de Semper Crescendo le 3 décembre 1901, Mann voulut programmer son Ouverture Freia et le Concerto pour violon. En tant que soliste, c'est Bram Eldering qui était prévu. Mais l'orchestre interpréta une nouvelle composition de son chef, la Canzone op. 118 pour violon et orchestre, une composition de 1900.
Les 10, 11 et 12 janvier 1902, se tenait au Concertgebouw le Festival des trois jours de musique néerlandaise, organisé par le département Toonkunst d'Amsterdam. Seules des œuvres de compositeurs néerlandais ont été interprétées lors de ce festival de musique. Lors du troisième concert, dernière œuvre avant l'entracte, le 
Voorspel en Chœur de Jeunes Filles de l'opéra Melaenis de Mann a été programmé, sous la direction de Willem Mengelberg. 

Un an et demi plus tard, les choses vont tellement mal pour lui qu'il doit être de nouveau hospitalisé. Le 10 février 1904, il meurt au Gesticht Coudewater.

Robert Kajanus, 90 ans

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Robert Kajanus est un compositeur et chef d'orchestre finlandais né le  à Helsinki et décédé le  dans la même ville.

En 1868, il prend des cours de théorie musicale puis de composition avec Richard Faltin (1835-1918). En 1874, il fait la connaissance d'Elias Lönnrot qui a compilé le Kalevala, l'épopée nationale finlandaise. Il rencontre également Jean Sibelius, alors élève à l'Institut de musique d'Helsinki de Richard Faltin. De 1877 à 1880, il rejoint Leipzig afin d'étudier auprès de Carl Reinecke puis auprès de Johan Svendsen à Paris.

Il fait ses débuts de chef d'orchestre à Helsinki en 1878 où il défend l'œuvre de Sibélius puis de Leevi Madetoja notamment. En 1882, il fonde la Société orchestrale d'Helsinki, qui deviendra plus tard l'Orchestre Philharmonique d'Helsinki. Il dirige cet orchestre jusqu'à la fin de sa vie.
En 1889, il entreprend des études de direction auprès d'Hans von Bülow, avant de diriger pour la première fois l'Orchestre Philharmonique de Berlin l'année suivante.

Walter Niemann, 70 ans

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Le compositeur allemandbWalter Rudolph Niemann (10 octobre 1876 - 17 juin 1953) était aussi un arrangeur et critique musical allemand.

Né à Hambourg, Niemann est le fils du compositeur et pianiste virtuose Rudolph Niemann (1838-1898). Son oncle, Gustav Adolph Niemann (1843-1881), était un violoniste et une figure musicale importante à Helsinki. Walter Niemann a étudié avec Engelbert Humperdinck dans sa jeunesse à Leipzig. Il entra ensuite au Conservatoire de Leipzig où il fut l'élève de Carl Reinecke. Il a poursuivi des études doctorales en musicologie à l'Université de Leipzig sous la direction de Hugo Riemann et Hermann Kretzschmar, et a obtenu son doctorat en 1901. Sa thèse portait sur les ligatures anciennes et la musique mensurale.

Niemann a d'abord travaillé comme professeur à Hambourg, puis il a été rédacteur en chef de la "Neue Zeitschrift für Musik" à Leipzig de 1904 à 1906.
De 1907 à 1917, il est rédacteur et critique pour les "Neueste Nachrichten" de Leipzig. Au cours de ces années, il a également enseigné au Conservatoire de Hambourg.
En 1927, H. Abert, dans l'Illustriertes Musiklexikon, a qualifié Niemann de "plus important compositeur pour piano d'aujourd'hui, qui sait faire de la musique à la fois fine et colorée, bien qu'il s'égare souvent dans le salon".

Les compositions de Niemann comprennent 189 numéros d'opus, dont plus de 150 sont des œuvres pour piano seul, principalement des pièces de caractère. Il a également composé des sonates pour violon, plusieurs œuvres orchestrales et de la musique de chambre. Niemann est l'un des rares compositeurs allemands à avoir exploré la musique impressionniste. Ses œuvres sont caractérisées par la couleur et l'exotisme, et les titres reflètent des intérêts pour le passé ("Du temps de Watteau", "Sanssouci", "Porcelaine de Meissen"), et des sujets exotiques sur des titres poétiques ("Vieille Chine, op. 62", "Le jardin d'orchidées, op. 67", "Le pavillon exotique").

Son livre Masters of the Piano : past and present, publié en 1919, est considéré comme un classique. Il a également écrit des biographies populaires de compositeurs ; sa biographie de Brahms mettait l'accent sur les racines nord-allemandes du compositeur au détriment de sa retraite viennoise et de son libéralisme. En tant que critique, il critiquait ouvertement les compositeurs "pathologiques" et "sensuels" comme Richard Strauss, Mahler et Arnold Schoenberg, et fut menacé en 1910 d'un procès en diffamation par le compositeur Max Reger. Il a fait l'éloge des nationalistes et des compositeurs influencés par le folklore comme Hans Pfitzner, Sibelius et Edward MacDowell, et a contribué à populariser les compositeurs scandinaves en Allemagne.
Après la Seconde Guerre mondiale, le point de vue artistique de Niemann et, par conséquent, son œuvre sont tombés en disgrâce.

Edvard Grieg, 180 ans

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Né le  à Bergen et mort le  dans la même ville, le compositeur et pianiste norvégien de la période romantique découvre en 1863 le folklore norvégien et de ses danses paysannes qui feront de lui, toute sa vie, un militant inépuisable d'un art musical national. Grand harmoniste (auquel ne seront pas indifférents Claude Debussy, Maurice Ravel et Olivier Messiaen), maître de la petite forme (pièces pour piano), il composa ses œuvres les plus célèbres dans le domaine orchestral comme le Concerto pour piano en la mineur, et Peer Gynt, musique de scène composée pour le drame d'Henrik Ibsen.

Fils d'Alexander Grieg, négociant norvégien et vice-consul honoraire britannique à Bergen (dont la famille - au nom orthographié originellement Greig - est d'ascendance écossaise), et de Gesine Judithe Grieg (née Hagerup). Il est élevé dans une famille de musiciens ; sa mère, pianiste, son premier professeur de piano, lui donne ses premières leçons quand il a cinq ans et l'initie aux classiques et aux romantiques, Carl Maria von Weber, Frédéric Chopin et Felix Mendelssohn principalement. Il commence à composer vers l'âge de neuf ans.

Durant l'été 1858, Grieg rencontre le légendaire violoniste norvégien Ole Bull, qui est un ami de la famille et accessoirement le beau-frère de sa mère. Bull remarque les bonnes dispositions pour la musique du jeune homme de quinze ans, et persuade ses parents de l'envoyer au Conservatoire de Leipzig pour développer ses talents. Ole Bull secoue l'adolescent et lui dit : « Tu vas à Leipzig pour devenir un artiste ! ». À partir de l'automne 1858, Grieg suit donc l'enseignement des plus grands maîtres au conservatoire tel Carl Reinecke, Ernst Ferdinand Wenzel et Ignaz Moscheles, son ami de longue date. Il y entend beaucoup de grandes œuvres, comme le Concerto pour piano de Schumann, interprété par Clara Schumann.

Ses années de conservatoire ne lui laissent pas de très bons souvenirs car il y trouve l'enseignement dépourvu d'intérêt. En outre, il est atteint de pleurésie et souffre toute sa vie de troubles respiratoires. Malgré cela, quatre ans plus tard, il quitte l'institution avec de solides connaissances d'instrumentiste et de compositeur. Il donne son premier concert en 1862, dans sa ville natale de Bergen.

En 1863, Grieg part pour Copenhague, où il reste trois années. Les préceptes du conservatoire de Leipzig lui semblent encombrants et c’est à Copenhague qu’il développe sa vraie nature. Il y rencontre les compositeurs danois Johann Peter Emilius Hartmann et Niels Gade, ainsi que le compositeur de l'hymne national norvégien (Ja, vi elsker dette landet), Rikard Nordraak, qui devient pour Grieg un ami proche et une grande source d'inspiration. « Il me tomba des écailles des yeux », écrivit-il plus tard, « C'est par Nordraak que j'appris à connaître les chants populaires du Nord et même ma propre nature. Nous nous conjurâmes contre le scandinavisme efféminé de Gade, mâtiné de Mendelssohn, et nous nous engageâmes avec enthousiasme dans la voie nouvelle sur laquelle marche à présent l'école du Nord … ». Il lui donne en effet le goût de la musique traditionnelle norvégienne, étant lui-même passionné par l'histoire, les légendes et les mélodies folkloriques de son pays. Nordraak meurt peu de temps après, Grieg compose alors une marche funèbre en son honneur.

Durant son séjour au Danemark, Grieg se fiance avec la cantatrice Nina Hagerup, qui n'est autre que sa cousine. Il l'épouse en 1867. L'année suivante, ils donnent naissance à leur unique fille, Alexandra. Durant l'été 1869, l'enfant tombe malade et meurt à l'âge de dix-huit mois. Après la mort de sa fille, il n'aura pas d'autre enfant. Il rencontre divers compositeurs, notamment Franz Liszt, Richard Wagner, Piotr Ilitch Tchaïkovski et Johannes Brahms.

Il s'installe à Christiana (Oslo), où il fonde l'Académie norvégienne de musique en 1867. Dès lors, Grieg n'a de cesse qu'il ne connaisse les innombrables mélodies authentiques que l'organiste Ludvig Mathias Lindeman avait patiemment collectées et soigneusement publiées de 1853 à 1867 sous le titre Aeldre og nyere norske Fjeldmelodier. Dans le même temps, il s'applique à retrouver les rythmes enjoués de ces gangerhalling et autres springar dansés par les paysans au son de cette curieuse et primitive viole d'amour appelée « hardangfidle ». Aussi n'est-il pas surprenant que les premières œuvres vocales et pianistiques de Grieg portent la marque indélébile de ces découvertes.

Tout en assurant la direction de l'Orchestre Philharmonique d'Oslo dont son ami, le compositeur norvégien Johan Svendsen, va devenir un éminent chef, Grieg compose abondamment : après les Humoresques et les premières Pièces lyriques éditées en 1867, suivent le fameux Concerto pour piano et orchestre en la mineur, les Mélodies norvégiennes et les Scènes de la Vie populaire.

Pendant l'hiver 1869-1870, Grieg séjourne à Rome auprès de Franz Liszt qui l'encourage dans la voie qu'il s'est tracée et donne à sa technique du piano une dimension nouvelle. En 1870, il commence une collaboration avec Bjørnstjerne Bjørnson qui rédige plusieurs livrets. Dès 1872, il peut se consacrer définitivement à la composition : en lui servant une solide rente viagère, l'État norvégien le dégage de toute obligation, l'honore et en fait implicitement un ambassadeur artistique.

De sa collaboration avec Henrik Ibsen naît la musique de scène de Peer Gynt, en 1876, qui connaît un extraordinaire succès, qu'il ne parvient pas à renouveler lors d'une tentative similaire avec le Sigurd Jorsalfar de Bjørnstjerne Bjørnson. Grieg abandonne alors tout espoir de réaliser cet opéra national dont il rêvait.

De 1876 à 1885, il traverse une période de crise. Il préfère alors se pencher sur le folklore et pour se tenir plus près de sa région d'origine, il se fixe en 1885 à Hop, au sud de Bergen, où il fait construire sa villa baptisée Troldhaugen. Là, il écrit une célèbre Suite pour cordes, destinée à la célébration du bicentenaire de la naissance du poète Ludwig Holberg.

Paris l'accueille entre 1889 et 1890, en 1894 puis en 1903. Son Concerto pour piano, que joue Raoul Pugno, et les suites de Peer Gynt qu'il dirige lui-même obtiennent un très bon accueil. Partout où il passe, en Angleterre, en Italie, aux Pays-Bas, en Hongrie, en Pologne ou en Allemagne, ses tournées sont triomphales.

Miné par une tuberculose pulmonaire, Grieg meurt le , couvert d'honneurs et salué comme l'un des grands bienfaiteurs de cette Norvège désormais libre.

Son génie mélodique, la qualité de son écriture pianistique, l'audace de ses harmonies, qui parfois annoncent Claude Debussy, et enfin son inspiration nationale font de Grieg, une sorte de Frédéric Chopin scandinave.