Résultats de la recherche pour : George Benjamin

Olivier Messiaen, 115 ans

par

Compositeur, organiste et pianiste, Olivier Messiaen est né le  à Avignon et mort le à Clichy (Hauts-de-Seine).

Son œuvre trouve ses sources dans une profonde ferveur catholique, un goût prononcé pour le plain-chant médiéval, la science du chant des oiseaux, les rythmes indiens (Taal) ainsi que grecs. L'Ascension de 1933, le Quatuor pour la fin du Temps de 1940, les Vingt Regards sur l'Enfant-Jésus de 1944, la Turangalîla-Symphonie de 1946-48, l'opéra Saint François d'Assise et la Messe de la Pentecôte, entre autres œuvres majeures, ont contribué à faire d'Olivier Messiaen l'un des compositeurs les plus influents de la musique contemporaine de la seconde moitié du xxe siècle.

Son enseignement au Conservatoire national supérieur de musique de Paris a également contribué à sa notoriété internationale, notamment par le nombre des élèves qu'il forme et influence.

Olivier Eugène Prosper Charles Messiaen est le premier enfant de Pierre Messiaen (1883-1957), professeur d'anglais et intellectuel catholique, et de la poétesse Cécile Sauvage (1883-1927).
Un second enfant naît de cette union, Alain (1913-1990), qui deviendra poète, à l'instar de sa mère. Olivier Messiaen est profondément influencé par les poèmes de sa mère, notamment un recueil intitulé L'Âme en bourgeon ainsi que par les œuvres de William Shakespeare que traduit son père et dont les histoires fantastiques, merveilleuses et sombres le fascinent.
Plus tard, le compositeur affirme que, des pièces du grand dramaturge anglais, « J'aimais plus que toute autre Macbeth (pour les sorcières et le spectre de Banquo), aussi bien que Puck et Ariel. »

En 1914 son père est mobilisé et sa mère emmène les deux jeunes garçons à Grenoble pour vivre avec leur oncle. Le jeune Olivier Messiaen met en scène Shakespeare devant son petit frère, dans des décors faits maison à partir de cellophane peinte à l’aquarelle et collée sur des vitres. À cette époque, il acquiert une foi catholique qui ne le quittera plus. Il composera la plupart de sa musique dans cette région de Grenoble.

Il commence ses leçons de piano, après avoir fait l'apprentissage de l'instrument en autodidacte. Il est d’abord intéressé par les compositeurs français récents comme Claude Debussy et Maurice Ravel, dont il découvre très vite les Estampes et Gaspard de la nuit. Il demande comme cadeau de Noël des partitions d’opéras de Mozart, Gluck, Berlioz et Wagner. C'est à cette époque qu’il commence à composer.

En 1918, son père revient de la guerre, et la famille déménage pour Nantes. Le jeune Olivier, âgé de dix ans, continue néanmoins à suivre des cours de musique. Son professeur d’harmonie, Jean de Gibon, lui fournit la partition de l’opéra Pelléas et Mélisande de Debussy, qui est pour Messiaen une révélation parmi les plus décisives.

L’année suivante, son père obtient un poste de professeur au lycée Charlemagne à Paris, et la famille déménage à nouveau. C’est ainsi qu’en 1919, Olivier Messiaen, âgé de onze ans, entre au Conservatoire national de musique et de déclamation à Paris pour étudier le piano et les percussions. Il a notamment comme professeurs Maurice Emmanuel et Marcel Dupré pour l’improvisation et l’orgue, Paul Dukas pour la composition et l’orchestration.

Il y effectue de brillantes études. En 1924, à l’âge de 15 ans, il obtient un second prix d'harmonie dans la classe de Jean Gallon ; en 1926, la même année que Jean Rivier, il obtient un premier prix de fugue et contrepoint dans la classe de Georges Caussade ; puis en 1927, celui d'accompagnement au piano.
En 1928, après avoir suivi les cours de Maurice Emmanuel, il est lauréat d'un premier prix en histoire de la musique. Maurice Emmanuel lui inculque l'intérêt pour les rythmes grecs anciens, et les modes exotiques.
Il y étudie en outre l’orgue avec Marcel Dupré, qui lui transmet l’héritage de la tradition des grands organistes français (Dupré avait étudié l'orgue au Conservatoire avec Alexandre Guilmant qui en 1896 avait succédé à Charles-Marie Widor, ce dernier ayant repris la classe d'orgue en 1890 à la mort de César Franck). Messiaen décroche un premier prix en orgue et improvisation à l’orgue en 1929. Après un an de cours de composition avec Charles-Marie Widor, il suit l'enseignement à l’automne 1927 de Paul Dukas, nouvellement chargé de la classe de composition, avec qui il apprend notamment la maîtrise de l’orchestration. Les études de Messiaen au Conservatoire trouvent leur couronnement avec son obtention, en 1930, du premier prix en composition dans la classe de Paul Dukas.

Il devient organiste à l’église de la Trinité à Paris à l’âge de 22 ans, succédant ainsi à Charles Quef. L'orgue Cavaillé-Coll sera profondément modifié par la suite, sur sa demande, avec notamment une électrification des notes et des jeux et l'ajout de plusieurs jeux de détail. Il compose de très nombreuses œuvres pour cet instrument sur lequel il improvise pour expérimenter ses idées musicales de composition.
Olivier Messiaen se passionne également pour le plain-chant, les rythmes de l'Inde, les chants des oiseaux dont il entreprend la notation et le classement méthodique, l'interaction entre valeurs chromatiques et valeurs sonores.
Dès 1928, à l'âge de 20 ans, il fait plusieurs séjours dans la maison de ses tantes paternelles, Marthe et Agnès Messiaen, à Fuligny dans le département de l'Aube. C'est là qu'il compose sept de ses premières œuvres au piano. Il écoute les chants d’oiseaux des bois de Fuligny, qu'il mémorise et transcrit dans sa musique. Passionné par les oiseaux, qui ont inspiré toute sa vie et un grand nombre de ses compositions, il deviendra aussi ornithologue.

Il se marie une première fois en 1932 avec Claire Delbos, née Louise-Justine, une violoniste, dont il a un fils, Pascal-Emmanuel Messiaen (mort le 31 janvier 2020 à Pézenas) qui devient professeur de russe. Claire Delbos terminera ses jours dans un hôpital psychiatrique.
De 1936 à 1939 il enseigne à l'École normale de musique de Paris et à la Schola Cantorum de Paris et à la même époque participe à la fondation du groupe Jeune France avec André Jolivet, Daniel-Lesur et Yves Baudrier.

Au début de la Seconde Guerre mondiale, Olivier Messiaen est mobilisé comme simple soldat. Yves Balmer et Christopher Brent Murray précisent cependant au début de l'article qu'ils lui consacrent que les dates fournies par le compositeur au sujet de cette période ne sont pas conformes à la réalité et établissent qu’en avril- il est « musicien au centre musical et théâtral de la 2e armée » formé par Charles Huntziger, Henri Massis et Xavier de Courville où il rencontre Étienne Pasquier et Henri Akoka.
Fait prisonnier, il est envoyé au Stalag VIII-A à Görlitz. Il compose durant sa réclusion son Quatuor pour la fin du Temps. La première est donnée dans le camp le  par un groupe de musiciens prisonniers, la partie du piano étant jouée par le compositeur.
Il est libéré en  d’après Balmer et Brent Murray qui ajoutent qu’en mars 1941, Olivier Messiaen sort de quarantaine et « retrouve rapidement du travail à Vichy » au sein de l’association vichyste Jeune France. C’est dans ce cadre qu’il participe à un spectacle à la gloire de Jeanne d'Arc pour lequel il écrit Chœurs pour une Jeanne d'Arc.
Les mêmes historiens ajoutent que le compositeur obtient le poste de professeur d’harmonie au Conservatoire de Paris (encore dirigé par Henri Rabaud), à la suite de l’élection du . Les lois antisémites ont écarté de son poste André Bloch, car juif, laissant ainsi une place dès 1940 à Olivier Messiaen.

Au Conservatoire, il rencontre une jeune élève, Yvonne Loriod, qui devient la première et la principale interprète de ses œuvres pour piano. Après le décès de sa première épouse en 1959, il épouse la jeune fille en 1961.
Au Conservatoire de Paris, devant l'hostilité d'un corps enseignant passéiste, Messiaen est d'abord professeur de philosophie de la musique, puis, avec l'évolution des années, sa classe d'analyse musicale de renommée mondiale devient officiellement classe de composition en 1966.
Il compte parmi ses élèves Pierre Boulez, Pierre Henry, Daniel Charles, Michel Merlet, Marius Constant, Antoine Duhamel, Jean Prodromidès, Gilbert Amy, François-Bernard Mâche, Paul Méfano, Karlheinz Stockhausen, Míkis Theodorákis, Iannis Xenakis, Michaël Levinas, Tristan Murail, Adrienne Clostre, Gérard Grisey, Philippe Fénelon, Michèle Foison, Kent Nagano, George Benjamin, Alain Louvier, Alain Abbott, Erzsébet Szőnyi, Alain Mabit, Jean-Pierre Leguay, Lalo Schifrin, Betsy Jolas, Serge Garant, Gilles Tremblay, Michel Fano, Claude Vivier, Michèle Reverdy et Qigang Chen.

Durant sa carrière, Olivier Messiaen voyage, se produit comme pianiste avec Yvonne Loriod, et enseigne dans divers pays : Argentine, Bulgarie, Canada, États-Unis, Finlande, Hongrie, Italie, Japon.

Il meurt le  à l'hôpital Beaujon de Clichy. Il est enterré au cimetière de Saint-Théoffrey, à 35 km de Grenoble, village dans lequel il possédait une propriété. Sa stèle, facilement reconnaissable, a été sculptée en forme d'oiseau.

Le langage musical d'Olivier Messiaen ne peut vraiment être rattaché à une école particulière -même si Messiaen a fait partie du groupe Jeune France avec André Jolivet, Jean Yves Daniel-Lesur et Yves Baudrier. Parmi les éléments caractéristiques de sa musique, on trouve :

  • la couleur : Olivier Messiaen disait être, intellectuellement, et non véritablement, synesthète ;
  • les chants d’oiseaux qu'il enregistrait et transcrivait lui-même, en faisant des recueils complets (Catalogue d'oiseaux pour piano) mais aussi en y faisant référence dans ses autres œuvres ;
  • les rythmes, dont les rythmes hindous, en particulier les Deçî-Tâlas, rythmes provinciaux de l'Inde antique, auxquels il fait subir des transformations qui rappellent celles que les contrapuntistes appliquent aux hauteurs : augmentation, rétrogradation, miroir, etc. ;
  • les modes à transposition limitée, gammes de notes dont la composition n’est pas changée par une transposition à la tierce mineure (3 transpositions) ou à la tierce majeure (4 transpositions) ou à la quarte augmentée (6 transpositions), alors qu’une gamme habituelle possède douze transpositions possibles toutes différentes ;
  • l'inspiration chrétienne d'un très grand nombre de ses œuvres, selon lui sa source d'inspiration la plus essentielle ;
  • la métrique grecque, le plain-chant.

Les travaux d'Yves Balmer, Thomas Lacôte et Christopher B. Murray, fondé sur des études génétiques et une analyse des partitions, ont montré comment Olivier Messiaen composait à l'aide d'éléments mélodiques, harmoniques et rythmiques empruntés à d'autres traditions musicales ou à d'autres compositeurs, tels que Jules Massenet, Emmanuel Chabrier, Igor Stravinsky, Claude Debussy, Maurice Ravel et André Jolivet.

Deux chefs en résidence au Klangforum

par

Le groupe contemporain Klangforum Wien a nommé deux chefs d'orchestre en résidence à partir de janvier 2024.  Il s'agit de l'Australo-Suisse Elena Schwarz et de l'Américano- Zimbabwéen Vimbayi Kaziboni.

D’origine suisse et australienne, Elena Schwarz s’est établie sur le plan international pour sa vision musicale inventive et son ouverture à la diversité des répertoires. Elle a étudié à la Haute Ecole de Musique de Genève dans la classe de Laurent Gay, et au Conservatorio della Svizzera Italiana auprès d’Arturo Tamayo. Elle complète sa formation par des master-classes avec Peter Eötvös, Bernard Haitink, Matthias Pintscher et Neeme Järvi. Elle a été assistante de Mikko Franck à l’Orchestre Philharmonique de Radio France, de Asher Fisch au West Australian Symphony Orchestra et de Marko Letonja au Tasmanian Symphony Orchestra, où elle a été cheffe associée de 2019 à 2021.
Elle est invitée régulièrement par des formations telles que le WDR Sinfonieorchester et l’Orchestre philharmonique de la BBC. Cette saison, elle dirige, entre autres, le Royal Liverpool Philharmonic, le National Symphony Orchestra of Ireland, le South Netherlands Philharmonic, le Philharmonia Orchestra, le City of Birmingham Symphony Orchestra, l’Orchestre philharmonique royal de Liège, l’Orchestre National de Lille. Elle a aussi travaillé avec des orchestres tels que le Deutsches Symphonie-Orchester Berlin, l’Orchestre de Chambre de Paris, l’Orchestre de chambre de Lausanne, l’Orchestre de la Fondation Gulbenkian, pour ne citer qu’eux.
Elle a remporté le premier prix au concours de direction d’orchestre Princess Astrid (Trondheim, 2014) et le deuxième prix au concours Jorma Panula (Vaasa, 2015).
Elle a été “Dudamel Fellow” au Los Angeles Philharmonic dans la saison 2018-19.
Engagée dans la musique contemporaine, elle dirige des créations de Peter Eötvös et George Aperghis, et travaille régulièrement avec les meilleurs ensembles spécialisés : Ensemble Modern, MusikFabrik, Klangforum Wien, Ensemble Intercontemporain, Luzern Festival Contemporary Orchestra, dirigeant des œuvres de George Benjamin, Thomas Adès, Olga Neuwirth, Francesco Filidei, entre autres. Dans le domaine lyrique, elle a dirigé Hansel et Gretel (Humperdinck) à l’Opéra d’Oslo, The Sleeping Thousand (Adam Maor) au festival d’Aix-en-Provence, Peer Gynt (Grieg) à l’Opera de Lyon.

Reconnu pour son expressivité et la profondeur de son travail d’interprétation, le chef d’orchestre d’origine zimbabwéenne, Vimbayi Kaziboni est régulièrement salué par la critique. Il se produit avec des orchestres du monde entier dans des salles comme le Carnegie Hall, le Walt Disney Hall, le Royal Concertgebouw, la Berlin Philharmonie, l’Elbphilharmonie, la Tonhalle, la Philharmonie de Paris, le Southbank Centre et le Lincoln Center.
Il dirige tour à tour le Bavarian Radio Symphony Orchestra, le Los Angeles Philharmonic, le San Francisco Symphony, le BBC Philharmonic, le BBC National Orchestra of Wales, le Junge Deutsche Philharmonie, le Warsaw Philharmonic Orchestra, l’Orchestre de chambre de Genève, l’Omaha Symphony, le London Sinfonietta, l’Ensemble Contrechamps (Genève), l’International Contemporary Ensemble (New York), et il collabore avec la Martha Graham Dance Company.
Kaziboni a une longue histoire avec l’Ensemble Modern et l’Ensemble Intercontemporain dont il a été chef assistant au début de sa carrière et avec qui il collabore maintenant de manière prolifique en tant que chef invité. Il a dirigé des centaines de créations à travers le monde et a travaillé avec de nombreux compositeurs contemporains, dont Helmut Lachenmann, Georg Friedrich Haas, Steve Reich, George Benjamin, Augusta Read Thomas, George Lewis, Liza Lim, Heiner Goebbels, Dai Fujikura, Rebecca Saunders, Matthias Pintscher, Olga Neuwirth, et Jacob TV.

Pour rappel :
Le Klangforum Wien est un orchestre de chambre autrichien, basé à Vienne au Konzerthaus, spécialisé dans le répertoire de la musique classique contemporaine.
Fondé en 1985 par le compositeur et chef d'orchestre Beat Furrer, il fonctionne sur des principes de décisions collectives et n'a pas de chef d'orchestre principal attitré. Sylvain Cambreling en est le chef principal invité. L'ensemble est souvent cité en tant que premier ensemble de musique contemporaine d'Autriche et il est particulièrement connu pour ses interprétations de la musique des compositeurs de langue allemande, notamment Helmut Lachenmann, Wolfgang Rihm, et Hans Zender.
Klangforum Wien a été en résidence dans de multiples festivals de musique, incluant le Donaueschingen musiktage, le festival de Vienne et les journées de Witten pour nouvelle musique de chambre. L'ensemble tient la chaire dans la pratique de l'exécution de la musique contemporaine à l'Université de Musique et des Arts de Graz.
Klangforum Wien enregistre actuellement pour le label Kairos.

Le chef français Maxime Pascal en Suède

par

L'Orchestre Symphonique d'Helsingborg, dans le sud de la Suède, a nommé Maxime Pascal chef d'orchestre pour trois ans.
Né le  à Nantes, Maxime Passcal est le cofondateur de l'orchestre Le Balcon.

Né de parents musiciens, Maxime Pascal débute tôt l’apprentissage du piano puis du violon à Carcassonne. Il est admis en 2005 au Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris dans les classes d'écriture, d'analyse musicale et d'orchestration. Ressentant rapidement la nécessité de diriger, il s'inscrit dans la classe de direction d'orchestre de François-Xavier Roth.

Encore étudiant, il fonde en 2008 l’orchestre Le Balcon (nommé d’après la pièce de Jean Genet), conjointement avec les compositeurs Pedro Garcia-Velasquez, Juan-Pablo Carreño et Mathieu Costecalde, le pianiste Alphonse Cemin et l’ingénieur du son Florent Derex. La particularité de cet orchestre à géométrie variable, jouant tous les répertoires, est de faire appel aux techniques de sonorisation.
Maxime Pascal y développe sa vision du spectacle musical : ce doit être une expérience saisissante et radicale pour les spectateurs. Il est ainsi amené  à travailler avec des personnalités comme Pierre Boulez, George Benjamin, Michaël Levinas ou Arthur Lavandier.
L'Athénée Théâtre Louis-Jouvet  devient en 2013 lieu de résidence pour Maxime Pascal. Il y donne avec Le Balcon  l'opéra Ariadne auf Naxos de Richard Strauss mis en scène par Benjamin Lazar, un spectacle  vidéo  sur le Pierrot Lunaire créé par l'artiste colombien Nieto, Le Viol de Lucrèce de Benjamin Britten ou encore tout récemment l'opéra Le Balcon de Peter Eötvös mis en scène par Damien Bigourdan.
Par ailleurs, la grande fascination qu'exercent sur lui les opéras de Stockhausen l'a conduit à travailler à Cologne avec Suzanne Stephens et Kathinka Pasvee et à jouer à Paris plusieurs scènes de ces opéras.

Maxime Pascal a également dirigé l'Orchestre National de Lille, la Camerata Salzburg, le SWR Sinfonieorchester de Baden-Baden und Freiburg, le Kammerorchester de Munich et le Gustav Mahler Jugendorchester. Il a été invité au Festival Musica de Strasbourg, à la Folle Journée de Nantes, au Festival Ars Musica de Bruxelles, au Festival de Pâques de Deauville, à la Villa Médicis de Rome, au festival Paris Quartier d'été, au Festival Messiaen de la Meije, au Festival Berlioz de la Côte Saint-André, au BIFEM de Bendigo en Australie, au Festival de Salzbourg, au Théâtre Impérial de Compiègne, à l'Opéra d'Avignon et au Festival de Saint-Denis.
Très attaché au rayonnement de la pratique symphonique amateur, il est depuis 2008 le directeur musical de l'Orchestre Impromptu, un orchestre amateur parisien.
En 2015, il fait ses débuts à l'Opéra Garnier sous la direction de Benjamin Millepied.

Maxime Pascal est soutenu depuis 2012 par la Fondation Orange. Il est également en résidence à la Fondation Singer-Polignac depuis .
L’Académie des Beaux-Arts lui décerne en  à l’Institut de France le Prix de Musique de la Fondation Simone et Cino del Duca pour le début de sa carrière.
En , il fut le premier Français à remporter le Nestlé and Salzburg Festival Young Conductors Award.

 

Au Covent Garden, une contestable Theodora de Handel

par

George Frideric Handel (1685-1759) : Theodora, oratorio en trois actes. Julia Bullock (Theodora), Joyce DiDonato (Irene), Jakub Józef Orliński (Didymus), Ed Lyon (Septimius), Gyula Orendt (Valens), Thando Mjandana (Marcus) ; Chœurs et Orchestre du Royal Opera House, direction Harry Bicket. 2022. Pas de notice ; bref synopsis en anglais. Sous-titres en anglais, en français, en allemand, en japonais et en coréen. 189’00’’. Un DVD Opus Arte OA1368D. Aussi disponible en Blu Ray.

Guillem Palomar et Jakob Raab remportent le Prix "Roche Young Commissions 2025" au Festival de Lucerne

par

"Roche Young Commissions" est un prix que le Festival de Lucerne décerne tous les deux ans depuis 2013 à deux jeunes compositeurs.
Le Prix comprend la commande d'une œuvre orchestrale que les jeunes musiciens écriront pendant deux ans sous la direction de Wolfgang Rihm, directeur artistique de la Lucerne Festival Academy, et qui sera finalement créée dans le cadre du festival suisse.

Les « Commandes Roche Young 2025 » viennent d'être attribuées au compositeur catalan Guillem Palomar  et à l'Allemand Jakob Raab. Ce prix leur permettra donc à tous deux d'écrire une œuvre orchestrale qui sera créée par le Lucerne Festival Contemporary Orchestra (LFCO) lors de l'édition 2025 du Lucerne Summer Festival.
Au cours de l'été 2024, Palomar et Raab discuteront des travaux en cours à l'Académie de Lucerne avec l'orchestre et les compositeurs Wolfgang Rihm et Dieter Ammann.

C'est la troisième fois que le prix « Roche Young Commissions » récompense l'œuvre d'un compositeur espagnol. Le nom de Guillem Palomar rejoint celui de Josep Planells Schiaffino de Valence et de David Moliner de Castellón, dont l'œuvre Estructura IV. Dämonischer Iris a été créée par le Lucerne Festival Contemporary Orchestra le 26 août dans le cadre du Lucerne Summer Festival.

Né à Barcelone en 1997, Guillem Palomar réside actuellement à Berlin. Il étudie la composition avec Jörg Widmann, l'électroacoustique avec Gilbert Nouno et la direction d'orchestre avec Michael Wendeberg. Palomar a également dirigé de nombreuses master classes avec Péter Eötvös, George Benjamin, Hans Abrahamsen, Georg Friedrich Haas et Rebecca Saunders, entre autres. En 2021, il a participé au séminaire des compositeurs de Lucerne. Ses œuvres ont été interprétées par des ensembles tels que l'Ensemble Modern, le West Eastern Divan Orchestra et le Boulez Ensemble, et ont été interprétées par des chefs d'orchestre tels que Daniel Barenboim, Michael Volle et Ben Goldscheider. Palomar enseigne également à l'Académie Barenboim-Said de Berlin depuis 2021 et au Ra'anana Music Center en Israël.

Jakob Raab (°1997) est originaire de Sarrebruck. Il a étudié la composition avec Theo Brandmüller et Arnulf Herrmann ainsi qu'avec Wolfgang Rihm à la Musikhochschule Karlsruhe ; de plus, il a obtenu son baccalauréat en solfège et piano. Il étudie le solfège avec Felix Diergarten à Fribourg depuis 2020, ainsi que les mathématiques à l'Institut polytechnique de Karlsruhe depuis 2019. En 2022, il a reçu une bourse de résidence de la Maison Beethoven à Bonn. Des œuvres de Jakob Raab ont été créées dans le cadre de l'International Ensemble Modern Academy (IEMA)

La nouvelle saison Auditori de Barcelone avec Ludovic Morlot 

par

L'Auditori, salle de concert de Barcelone et résidence de l’Orquestra Simfònica de Barcelona i Nacional de Catalunya (OBC) dont le chef d’orchestre Ludovic Morlot est Directeur musical vient de présenter  un diptyque de deux saisons autour du dilemme "Pouvoir ou révolte" (saison 2023-2024) et "Contre nature" (saison 2024-2025). Des concepts qui  amèneront le public  à réfléchir sur les grands défis de la société du XXIe siècle, articulés à travers un programme de plus de 500 concerts allant du grand répertoire symphonique à la nouvelle création musicale.

Cette nouvelle saison nous offre un programme qui explore les relations humaines, la lutte, la différenciation hiérarchique, la concurrence ou le monopole de la violence ; mais aussi l'organisation de l'État moderne, le nationalisme, l'identité, la mémoire et le dialogue, l'exil et la migration, la tradition et la modernité, la contre-culture et le code dominant, la cour, l'église et la laïcité, ou encore l'ordre et la liberté.

Au cours de la saison 23-24, l'OBC, sous la direction de son chef principal, Ludovic Morlot, et avec Marta Gardolińska comme principal chef invité, mettra l'accent sur le grand répertoire symphonique de tous les temps avec, entre autre : la Symphonie n°3 "Héroïque" de Beethoven, Le Sacre du printemps de Stravinsky, Roméo et Juliette de Prokofiev, la Symphonie n°6 "Pathétique" de Tchaïkovski, la Symphonie n°3 "Écossaise" de Mendelssohn, La Création de Haydn, le Requiem de Verdi et la  Symphonie n°4 de Brahms, entre autres titres.

Du côté discographique, l’OBC annonce la création d’un nouveau label L'Auditori qui se déclinera en 3 axes : la musique catalane,  les compositrices et une l'intégrale d'œuvres orchestrales de Ravel.

Au cours de la saison 23-24, l'OBC et Ludovic Morlot entament le projet d'enregistrer l'intégrale des œuvres orchestrales de Maurice Ravel à l'occasion du 150e anniversaire de sa naissance. Le nouveau label L'Auditori publiera jusqu'à la fin de 2025 6 CD d'œuvres orchestrales de Maurice Ravel, enregistrées à L'Auditori avec le producteur musical anglais Mike George. Ces enregistrements sont le fruit du projet Ravel Edition, initié par un collectif international de musicologues et d'artistes de renom, tous experts reconnus de ce répertoire, qui forment un comité de lecture apportant son expérience et ses connaissances. Ludovic Morlot est membre de ce comité aux côtés d'artistes tels que François-Xavier Roth, George Benjamin, Pascal Rophé, Bertrand Chamayou, John Wilson et Cristian Măcelaru...

Du côté des compositrices, des œuvres de  Cassandra Miller et  Raquel García-Tomás seront enregistrées au cours de la saison 23-24. 

Tous les détails de cette programmation sont sur le site de L'Auditori.

 

PRIX PISAR : Alex Nante

par

Alex Nante (argentin né en 1992) devient le premier lauréat du prix Pisar,
cofondé par la Villa Albertine, la Juilliard School et le Théâtre des Champs-Elysées.

C’est un grand honneur d’être le lauréat du premier Prix Pisar.
Je me réjouis de travailler avec la Juilliard School, de bénéficier
de l’appui de la Villa Albertine et de proposer une œuvre dont la
création mondiale au Théâtre des Champs-Elysées sera donnée
par l’orchestre Les Siècles et François-Xavier Roth, musicien que
j’admire tout particulièrement.
Mon projet s’inscrit dans la vision franco-américaine du Prix
Pisar puisque je souhaite m’inspirer de l’œuvre poétique de
Ralph Waldo Emerson pour ma composition. Il se trouve que
mon intérêt pour ses textes s’est révélé pendant mes études
au Conservatoire de Paris, alors que j’y rédigeais une thèse
analysant la relation entre l’œuvre d’Emerson et le compositeur
Charles Ives qui a cherché à traduire en musique les idées du
philosophe américain : la relation de l’homme avec la nature et
l’idée de « conscience cosmique ».
Outre le travail au sein de la Juilliard School, l’immersion à New
York sera une source d’inspiration et l’occasion de visiter le
studio de Charles Ives, l’exposition Ives à l’Académie américaine
des arts et des lettres et, je l’espère, la possibilité d’accéder
à quelques manuscrits de compositeurs dont recèlent les
collections new-yorkaises. 

Diplômé du Conservatoire de Paris (Prix de composition et
d’analyse), de l’Université Nationale des Arts d’Argentine, Alex
Nante a participé au Mentoring Programme de la Fondation Peter
Eötvös et réalise actuellement un doctorat au King’s College de
Londres sous la direction de Sir George Benjamin.
Au cours de la saison 2021-2022, les œuvres d’Alex Nante ont été
créées par :
• Gustavo Dudamel et le Los Angeles Philharmonic,
• Alexandre Tharaud (piano), Emilia Hoving (direction) et
l’Orchestre National de Lille (dont il est compositeur en
résidence),
• Kent Nagano et l’Orchestra Haydn di Bolzano e Trento.
L’œuvre qui résultera de son séjour à la Juilliard School sera créée
au Théâtre des Champs-Elysées lors de la saison 2023-2024.

La résidence au cours de laquelle Alex Nante élaborera
son projet se déroulera à New York. D’une durée de
trois à cinq semaines, ce séjour organisé en partenariat
avec la Villa Albertine et accueilli par la Juilliard School
permettra au lauréat de développer une œuvre nouvelle
en lien avec l’ensemble Axiom dirigé par son directeur
musical Jeffrey Milarsky.

L’œuvre sera donnée en création mondiale au cours de la saison
2023-24 au Théâtre des Champs-Elysées, au sein d’un concert
de l’orchestre Les Siècles dirigé par François-Xavier Roth.
Alex Nante sera invité à assister à la création de son œuvre.

Dotation du prix Pisar
Créé à l’initiative de Judith Pisar, ce prix franco-américain au
rayonnement international a pour but de soutenir la musique
contemporaine et les jeunes compositeurs. En complément de
la résidence et de la création de son œuvre, le lauréat recevra
un prix de 10.000 euros.

Horizons contemporains à Amsterdam

par

Horizon 10. Oeuvres de Detlev Glanert, Martijn Padding, Christiaan Richter, Blai Soler, Theo Verbey, Rick van Veldhuizen, Bram Kortekaas, Celia Swart, Nick Woud, Wolfgang Rihm, JabobTV, Ryan Wigglesworth, Rob Dirksen. Royal Concertgebouw Orchestra, Semyon Bychkov, Jaap van Zweden, George Benjamin, Santtu-Matias Rouvali, Gustavo Gimeno, Fabio Luisi, Antony Hermus, Alain Altinoglu, François-Xavier Roth, Ryan Wigglesworth, Alexei Ogrintchouk.   2017-2021. Livret en anglais, allemand, français et nerlandais. 171’3’’.  RCO 20002. 

Bertrand Chamayou, le Festival Ravel et Messiaen 

par

Co-directeur artistique du Festival Ravel, le pianiste Bertrand Chamayou fait l’évènement avec un nouvel et très attendu enregistrement des Vingt Regards sur l'Enfant-Jésus d’Olivier Messiaen (Warner). Cette actualité est l’occasion d’échanger sur son ambition pour le Festival Ravel et d’évoquer cette œuvre de Messiaen qui lui est si chère.  

Cette année, sera votre seconde édition au titre de codirecteur artistique du Festival Ravel. Quelle en sera la thématique ? 

Il n’y pas pas de thématique générale annuelle mais plutôt un état d’esprit. Une thématique principale, c’est un danger d'être réducteur dans notre approche et nous ne le souhaitons pas. Le thème principal du festival est : Ravel au Pays basque. Comme je vous le disais,  c’est un état d’esprit que l’on essaye de mettre en avant et il se décline en plusieurs axes qui, d’un point de vue musicologique, nous ramènent à Ravel. Il y a en premier lieu les compositeurs de son temps, que ce soient ses contemporains (Debussy, Satie, de Falla…) ou ses aînés (Saint-Saëns, Fauré, Chabrier,...), mais également ses larges goûts musicaux du baroque au romantisme sans perdre de vue ses suiveurs. La passion de Ravel pour la nouveauté et la création est également un fil rouge, tout comme ses influences du jazz ou des musiques extra-européennes. De l’addition de ses ambitions, on tente de transposer, un siècle plus tard, l’idée d’un Ravel directeur artistique et comment il aurait pu programmer une telle manifestation. Notre souhait le plus cher est de faire du festival un lieu d’échanges et de rencontres et pas une simple somme de concerts sur temps limité. 

Ravel au Pays basque, je présume que c’est également une addition d’histoires vécues sur place par le musicien ? 

En effet ! Nous travaillons beaucoup sur la question de l’ancrage local et des traditions basques dont Ravel était fier et auxquelles il tenait beaucoup. Celà peut être directement rattaché à la tradition basque, mais il faut nous rappeler qu’une importante et méconnue histoire musicale est liée à cette région. Ravel et Debussy ont passé des étés au Pays basque, Stravinsky a même vécu un temps à Biarritz, Albéniz est mort à Cambo-les-Bains, à quelques encablures de Saint-Jean-de-Luz. Le violoniste Jacques Thibaud et le chanteur Fedor Chaliapine avaient des résidences à Biarritz et ces demeures ont accueilli des rencontres musicales exceptionnelles des grands compositeurs et interprètes. Daphnis et Chloé a été composée à quelques dizaines de mètres de l’église Saint-Jean-Baptiste de Saint-Jean-de-Luz où l'œuvre sera donnée cet été. Il y a parfois des traces de ce passé musical comme les pianos de Stravinsky et Massenet à Biarritz et Cambo-les-Bains ou la présence d’une plaque sur la maison natale de Ravel, mais cette histoire musicale reste très peu connue et nous souhaitons nous appuyer dessus pour construire une narration vers les publics.  

Jordi Savall honoré à Londres

par

Le 1er février, lors du concert qu'il a donné au Wigmore Hall de Londres, la Royal Philharmonic Society a fait de Jordi Savall un membre honoraire de la société pour sa précieuse contribution à la récupération de trésors musicaux qui auraient pu être perdus sans sa maîtrise.

La Royal Philharmonic Society, fondée en 1813, est l'un des organismes musicaux les plus anciens et les plus prestigieux du Royaume-Uni et d'Europe. En 1826, elle a créé ce Prix pour récompenser les "services rendus à la musique" par des musiciens exceptionnels à travers l'histoire. Ont ainsi été faits des membres honoraires Felix Mendelssohn, Franz Liszt, Richard Wagner, Giuseppe Verdi, Antonin Dvorák, Clara Schumann, Maurice Ravel, Igor Stravinski, György Ligeti, Pierre Boulez, George Benjamin, Stephen Sondheim, Pablo de Sarasate et Pau Casals.
Savall a rejoint ce groupe restreint dans l'histoire de la Royal Philharmonic Society pour avoir préservé l'héritage de la viole de gambe jusqu'à aujourd'hui, car entre ses mains, la musique historique ne sonne jamais académique.