Résultats de la recherche pour : Gaetano Donizetti

Linda di Chamounix au Mai florentin : de l’intérêt, mais pas d’emballement

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Gaetano Donizetti (1797-1848) : Linda di Chamounix, opéra semiseria en trois actes. Jessica Pratt (Linda), Teresa Iervolino (Pierotto), Francesco Demuro (Carlo, vicomte de Sirval), Vittorio Prato (Antonio), Marina De Liso (Maddalena), Fabio Capitanucci (Le marquis de Boisfleury), Michele Pertusi (Le préfet), etc. ; Chœurs et Orchestre du Mai musical florentin, direction Michele Gamba. 2021. Notice et synopsis en italien et en anglais. Sous-titres en italien, en anglais, en français, en allemand, en japonais et en coréen. 171.00. Deux DVD Dynamic 37911. Aussi disponible en Blu Ray.

Un air merveilleux, un instrument rare : une harmonie céleste ! Lucia di Lammermoor à Liège

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Lucia di Lammermoor de Gaetano Donizetti est célèbre pour un air de Lucia au 3e acte, le fameux « air de la folie ». Pendant de longues minutes, la pauvre et tragique héroïne, qui vient d’assassiner le mari qu’on lui a imposé, évoque son union impossible avec l’élu de son cœur, Edgardo de Ravenswood, l’ennemi maudit de sa lignée. Un air qui, par la magie de ses notes, mélodie, cris, vocalises, reprises, multiplie le propos : l’amour interdit, la soumission épouvantée, l’acte meurtrier irrésistible, la douleur incommensurable, la folie. Ce que l’interprète nous propose alors, c’est à la fois une incarnation : elle est devenue Lucia, et une démonstration : la preuve d’un talent remarquable apte à toutes les virtuosités vocales et expressives. A Liège, l’autre soir, c’est ce qu’a merveilleusement réussi Zuzana Marková. 

Mais Gaetano Donizetti se révèle alors un extraordinaire magicien. Pour accompagner cette voix dans ce chant, il a prévu un instrument rare, un harmonica de verre, le plus souvent remplacé par une flûte. Un choix instrumental absolument bienvenu. Si vous n’étiez pas dans la salle, allez écouter sur internet les sonorités si particulières de cet instrument ou faites-en chez vous l’expérience ludique avec quelques verres plus ou moins remplis d’eau sur le bord desquels vous faites glisser un doigt mouillé. L’harmonica de verre, joué par Sascha Reckert, dialogue avec la malheureuse, en accord, en écho, en prolongement à son délire. Nous sommes emportés dans un autre univers, où les sensations sont la meilleure perception de ce que la réalité détruit. 

A Bergame, une bien pauvre Medea in Corinto

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Au cours de chaque automne, la ville de Bergame organise un festival, ‘Donizetti Opera’, qui rend hommage à son concitoyen le plus célèbre, Gaetano Donizetti. Après une interruption d’un an due aux ravages de la pandémie, la direction opte pour deux ouvrages importants, L’Elisir d’amore et La Fille du Régiment, qui sont représentés au Teatro Donizetti situé in Città bassa (dans la ville basse). Mais bénéficiant de la rénovation du Teatro Sociale, salle en bois impressionnante par les poutres apparentes de sa toiture, sise in Città alta (dans la ville haute), les hautes instances de la manifestation ont la judicieuse idée de remonter une œuvre de Johann Simon (Giovanni Simone) Mayr, Bavarois de naissance, qui s’était établi à Bergame en 1802 en tant que maître de chapelle et y avait fondé un conservatoire pour les pauvres (Lezioni caritatevoli di musica) dont bénéficia Donizetti adolescent. Néanmoins, il continua à produire des ouvrages lyriques pour les premières scènes de la péninsule, sans parler d’occasionnels contrats pour Paris, Londres, Vienne et Saint-Pétersbourg.

Sa Medea in Corinto, sur un livret de Felice Romani à l’orée de sa carrière, a été écrite pour le San Carlo Naples et a été créée le 28 novembre 1813 avec les chanteurs qui feront la gloire de Rossini, la soprano Isabella Colbran (Medea) et les baryténors Andrea Nozzari (Giasone) et Manuel Garcia (Egeo). En 1821, l’ouvrage est présenté au Teatro Sociale de Bergame avec de substantielles modifications, puisque sept des quatorze numéros sont développés en donnant une dimension plus importante aux personnages de Creusa et Egeo.

Ferruccio Busoni est vivant, grâce au procédé Welte-Mignon

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Jean-Sébastien Bach (1685-1750) : Choral-Prélude BWV 734, arrangement Ferruccio Busoni. Frédéric Chopin (1810-1849) : Polonaise op. 53 n° 6 ; Nocturne op. 15 n° 2 ; Prélude op. 28 n° 15. Franz Liszt (1811-1886) : Valse capriccio sur deux motifs de « Lucia » et « Parisiana » de Gaetano Donizetti ; « Adelaïde », transcription de l’opus 46 de Beethoven ; Etudes d’exécution transcendante n° 3 « La Campanella » ; Paraphrase de concert sur « Rigoletto » de Verdi ; Mélodies hongroises d’après Schubert op. 54 D 818 ; Polonaise n° 2 en mi majeur ; Réminiscences de « Norma » de Bellini, Grande Fantaisie ; Fantaisie sur des motifs des « Ruines d’Athènes » de Beethoven ; Réminiscences de « Don Juan » de Mozart. Ferruccio Busoni. 1905-1907. Notice en anglais et en allemand. 106.00. Un album de deux CD Tacet 244.

A Genève, Anna Bolena selon Mariame Clément  

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En trois saisons successives, le Grand-Théâtre de Genève prend le parti de présenter les trois grands ouvrages que Gaetano Donizetti a consacrés à la dynastie des Tudor en commençant par Anna Bolena. Aviel Cahn, son directeur, fait appel à Mariame Clément pour la mise en scène, à Julia Hansen pour les décors et costumes et à Stefano Montanari pour la direction d’orchestre.

L’intérêt du spectacle réside dans l’aspect visuel. Durant l’ouverture, les dames de la Cour, vêtues de noir comme des béguines du XVIe siècle, et les hommes en tenues de chasseurs proches de notre époque, se regroupent en rangs serrés autour d’un objet qui est en fait le billot sur lequel la reine sera décapitée. La vision se dissipe pour laisser place à une serre entourée de feuillages verdoyants, tandis qu’un peintre s’affaire à portraiturer la souveraine blonde portant robe verte jalonnée d’or. Mais que sont donc ces deux énormes serins jaunâtres se juchant sur les fenêtres sans attirer l’attention d’Elizabeth enfant qu’amène sa gouvernante Giovanna/Jane Seymour arborant un rouge orgueilleux ? Comment croire que, sous les draps du lit de la souveraine, le pauvre Smeton se donne du plaisir en fixant le tableau rejeté lors de la scène initiale ? Alors que le plateau tournant permet à un gigantesque quadrilatère de bois de pivoter en faisant se succéder les intérieurs du palais, les courtisans déambulent en observant tout sans relâche. La petite princesse fait de même en conservant indélébilement dans sa mémoire le cours des événements qui la marqueront à jamais, ce que semble manifester Elizabeth Ière, la reine vierge apparaissant comme un spectre lors des scènes charnières. Le pont reliant ce premier volet aux deux suivants est donc échafaudé…

Pourquoi évoquer en premier lieu la mise en scène d’une œuvre dont le belcanto est l’essence ? Le bât blesse au niveau de la musique. Sous la baguette de Stefano Montanari à la tête de l’Orchestre de la Suisse Romande, la Sinfonia d’ouverture paraît bien mollassonne, ce que l’on dira aussi d’une direction qui manque du véritable souffle tragique qui devrait innerver cette longue opera seria. Et l’on se passerait volontiers de ce forte-piano que semble suggérer la musicologie d’aujourd’hui, mais qui paraît totalement incongru quant au traitement du recitativo

Le Met au cinéma

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Les mélomanes seront ravis d'apprendre que les retransmissions en direct au cinéma du Metropolitan Opera de New-York reprendront 9 octobre 2021.
La saison à venir annonce Boris Godounov (Modeste Moussorgski), Fire shut up in my bones (Terence Blanchard), Eurydice (Matthew Aucouin), Cendrillon (Jules Massenet), Rigoletto (Giuseppe Verdi), Ariadne auf Naxos (Richard Strauss), Don Carlos (Giuseppe Verdi), Turandot (Giacomo Puccini), Lucia di Lammermoor (Gaetano Donizetti) et Hamlet (Ambroise Thomas).

Le Quatuor Casal dans un "monde de Beethoven" plein d’attrait, mais inégal

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 « Le monde de Beethoven 1799-1851. Le révolutionnaire et ses rivaux. » Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Quatuor N° 1, Op. 18 N° 1 ; Quatuor N° 9, Op. 59 N° 1 ; Quatuor N° 16, Op. 135 – Adalbert Gyrowetz (1763-1850) : Quatuor Op. 47 N° 3 – Joseph Haydn (1732-1809) : Quatuor Op. 77 N° 1 – Luigi Boccherini (1743-1805) : Quatuor Op. 64 N° 1 – Peter Hänsel (1770-1831) : Quatuor Op. 20 N° 4 – Gaetano Donizetti (1797-1848) : Quatuor N° 17 – Franz Schubert (1797-1828) : Quatuor N° 14, D. 810, « La jeune fille et la mort » – Felix Mendelssohn Bartholdy (1809-1847) : Quatuor N° 2, Op. 13 – Robert Schumann (1810-1856) : Quatuor N° 3, Op. 41 N° 3 – Carl Czerny (1791-1857) : Quatuor N° 28. Quatuor Casal. 2017-2019. 73’08 + 75’15 + 80’20 + 58’19 + 24’50. Livret en anglais et en allemand. 5 CD Solo Musica. SM 283.

Réédition d’un superbe récital franco-italien de la mezzo-soprano Viorica Cortez

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Une vie d’opéra. Airs de Georges Bizet (Carmen), Charles Gounod (Sapho), Camille Saint-Saëns (Samson et Dalila), Edouard Lalo (Le Roi d’Ys), Emmanuel Bondeville (Antoine et Cléopâtre), Gioacchino Rossini (Semiramide), Gaetano Donizetti (La Favorite) et Giuseppe Verdi (Le Trouvère, Don Carlos et Oberto, conte di San Bonifacio). Viorica Cortez, mezzo-soprano ; Grand orchestre de radio-Télé-Luxembourg, direction Louis de Froment. 1977. Notice en français, en italien et en anglais. 52.57. Calliope CAL2075.

Atelier Lyrique de Tourcoing : ouverture de saison 2020-2021, la folle journée

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Ce 19 septembre, non moins de cinq temps forts rythmaient l’ouverture de la saison 2020-2021 de l’Atelier Lyrique de Tourcoing, dans trois établissements patrimoniaux de la ville. Nous n’avons pu assister aux sollicitations de la mi-journée : « le Voyageur, Petite histoire du Lied germanique » avec le Quatuor Manfred et Salomé Haller (14h), précédé le matin par un parcours de violoncelle solo (J.S. Bach, Ahmet Saygun, Zoltán Kodály) dont un auditeur nous a confié que Jean-Guihen Queyras y touchait au sublime.

En ces derniers instants d’été, c’est un mercure à 30° qui échauffait la file d’attente à l’angle de la rue du Conservatoire. Entrées gratuites pour cette journée du patrimoine, mais jauge limitée. Les derniers arrivés pour 16h ont pu être placés sur les strapontins. François-Xavier Roth, en maître de cérémonie, insista sur les amitiés musicales très fortes envers les deux invités, Bertrand Chamayou et Jean-François Heisser, « peut-être les deux plus grands pianistes français vivants ». Le rapport du maître à l’élève est devenu complicité, ce que confirma ce programme à deux claviers consacré à la musique française. L’un comme l’autre connaissent leur Ravel de près, encore faut-il que s’engrène la mécanique à quatre mains. Et tant en rouages qu’en dynamique, la machine fonctionna à merveille, l’aîné plutôt sculpteur, le cadet plutôt chanteur, et notre duo investi dans une volontariste lecture de la Rhapsodie espagnole. Non un paravent laqué, mais un retable aux images prégnantes, parfois rudes, qu’accusait la matité de la petite salle. Pour autant, on appréciait la palette ciselée de Bertrand Chamayou : la dédicace baudelairienne de la Habanera (« au pays parfumé que le soleil caresse ») lui inspirait des nuances peaufinées par une pédale sans chômage. L’arsenal de la Malagueña, de la Feria, faisait feu de tout bois. La main gauche de Jean-François Heisser assurait les fondations, tantôt grommelant tantôt percutant (les poinçons emboutis au pouce !). Le Mouvement modéré de Valse, ses appels aux deux mains s’entendaient registrés comme par un accouplement de registres d’orgue.  Nous étions passés aux Trois Valses romantiques d’Emmanuel Chabrier, un « prédécesseur de Gérald Darmanin puisqu’il travailla au Ministère de l’Intérieur » s’était amusé Monsieur Roth dans son exergue, en clin d’œil à l’édile tourquennois. Un Très vite et impétueusement comme à la kermesse, un Animé en liqueur trouble, comme infusé d’une amertume en soluté. On détectait même quelques ombres saturniennes, trous de rame dans l’onde remuée par Charon, au sein du Lent-sombre de l’opus debussyste En blanc et noir… en l’honneur duquel les deux pianistes avaient peut-être sciemment accordé leur couleur de chemise. Avec emportement serré au cordeau mériterait-il plus d’air qu’on impliquerait l’exiguïté du lieu qui nous la servit trop asphyxiée. Conclu avec poigne ! Le Scherzando cerné avec toute sa subtilité nous offrait vingt doigts qui ne faisaient qu’une seule tête : un des moments magiques de cette séance.

Carlo Rizzi, chef d’orchestre de convictions

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C’est l’un des chefs d’orchestre les plus demandés des scènes lyriques mondiales, mais il fréquente également avec assiduité les concerts symphoniques. Alors qu’il dirige l’Antwerp Symphony Orchestra dans Wagner et Berlioz, le maestro Carlo Rizzi répond aux questions de Crescendo Magazine. 

Vous êtes un chef d'orchestre très actif depuis vos débuts, tant à l'opéra qu’au concert. Par cette alternance, il semble que vous menez votre carrière comme les grands chefs d'orchestre du passé. Il s'agit d'un équilibre devenu maintenant plutôt rare et les chefs préfèrent soit le symphonique, soit l'opéra. Revendiquez-vous ce concept à l’ancienne dans votre carrière ?

Je pense que chaque chef d'orchestre devrait faire ce qu'il fait le mieux. Pour moi personnellement, il est important de diriger à la fois le répertoire symphonique et le répertoire lyrique pour plusieurs raisons. Tout d'abord, il y a des chefs-d'œuvre symphoniques et opératiques que j'ai vraiment envie de diriger. En ce qui me concerne, le choix du répertoire n'est pas le fruit d’une pensée abstraite, il est dicté par l'intérêt musical, la curiosité et le désir d'explorer une partition qui est sortie de l'esprit et de la plume d'un génie. Deuxièmement, je pense qu'en tant que chef d'orchestre, l'expérience du travail dans les deux domaines est mutuellement bénéfique. Du répertoire symphonique, je peux faire prendre conscience qu’un opéra est une somme ! Il n’y a pas seulement les voix qui contribuent à l'opéra, mais l’ensemble, avec l'orchestration même si cette dernière peut s’avérer très simple. Et mon expérience de l'opéra me permet de mieux gérer la capacité de “respirer” dans les phrases orchestrales et de donner plus de “flexibilité” à la musique symphonique.