Le briefing de la semaine

Le Briefing classique de la semaine du 22 juin

par

Chères et chers mélomanes,

Semaine placée sous le signe de la découverte — au sens littéral, avec l'apparition à la Bibliothèque nationale de France d'un manuscrit autographe inédit de Mozart, qui sera créé en public le 21 juin à la BnF Richelieu, jour de la Fête de la musique. Côté postes, la succession de François-Xavier Roth à la tête de l'orchestre Les Siècles est désormais réglée par la nomination d'Antonello Manacorda. Tour d'horizon des faits qui ont rythmé la semaine, glanés du côté de la BnF, de la presse française et italienne, de nos confrères, ainsi que de nos propres signalements.

À la une : un Mozart inédit refait surface à la BnF

C'est l'événement musicologique de l'année — et probablement de la décennie. Le département de la Musique de la Bibliothèque nationale de France a annoncé le 19 juin la découverte d'un manuscrit autographe inédit de Wolfgang Amadeus Mozart, identifié le 2 février 2026 par le conservateur François-Pierre Goy au sein d'un paquet de manuscrits anonymes. L'attribution a été confirmée fin avril par Armin Brinzing, directeur de la Bibliotheca Mozartiana du Mozarteum de Salzbourg, qui en a souligné l'importance historique.

Il s'agit d'un cahier de quarante-quatre pages réunissant les leçons de composition que Mozart a données quotidiennement, de mai à juillet 1778, à Marie-Louise-Philippine de Bonnières de Guînes, harpiste accomplie et fille du duc de Guînes — ce même duc, flûtiste, qui avait commandité quelques mois plus tôt le célèbre Concerto pour flûte et harpe K. 299. Le cahier contient une douzaine d'exercices de composition et sept pièces pour flûte et harpe, dont la dernière demeure inachevée. La BnF précise que ces pièces, « cocomposées », mêlent les mains du maître et de l'élève dans des proportions variables, à partir d'une idée systématiquement proposée par Mozart.

L'inédit est documenté sur papier français, ce qui corrobore son rattachement au dernier séjour parisien du compositeur. Pour Gilles Pécout, président de la BnF, il s'agit de l'une des découvertes mozartiennes les plus importantes des dernières décennies, à un double titre : elle éclaire d'une manière neuve le dernier séjour parisien du compositeur — séjour endeuillé par la mort de sa mère — et elle nous restitue le quotidien pédagogique du jeune professeur Mozart en dialogue avec son élève.

La création publique a lieu le 21 juin dans la salle Ovale de la BnF Richelieu, interprétée par Mathilde Calderini, première flûte solo, et Nicolas Tulliez, harpiste de l'Orchestre Philharmonique de Radio France. L'enregistrement, capté cette semaine à la Maison de la Radio et de la Musique, sera diffusé en avant-première mondiale ce lundi 22 juin à 8 h dans la matinale de France Musique, puis intégralement à 15 h dans une édition spéciale de Relax ! animée par Lionel Esparza. Pour le répertoire flûte et harpe, comme le souligne Mathias Auclair (BnF), c'est un enrichissement quasi miraculeux — sept morceaux supplémentaires à un corpus historiquement étroit. Le manuscrit lui-même rejoindra ensuite les collections présentées au musée de la BnF.

Les Siècles : Antonello Manacorda succède à François-Xavier Roth

L'inconnue de la succession est levée. L'orchestre Les Siècles, fondé en 2003 par François-Xavier Roth, a annoncé le 21 juin la nomination du chef italien Antonello Manacorda comme directeur artistique et musical. Né à Turin, basé à Berlin, Manacorda fut directeur artistique et musical de la Kammerakademie Potsdam de 2010 à 2025 et conserve un lien organique au Mahler Chamber Orchestra dont il est membre fondateur — il en fut le konzertmeister historique. C'est d'ailleurs Claudio Abbado qui, en 1994, l'avait propulsé à 24 ans au pupitre de violon solo du Gustav Mahler Jugendorchester.

Manacorda hérite d'un projet artistique singulier — une phalange jouant sur instruments d'époque, capable de naviguer du XVIIIᵉ siècle au répertoire contemporain, en résidence à l'Atelier Lyrique de Tourcoing et, depuis 2022-2023, au Théâtre des Champs-Élysées à Paris. Sa première saison pleine s'ouvrira sur une nouvelle production de Thaïs de Massenet aux Champs-Élysées, dans une version restituant des pages inédites depuis la création de l'opéra. Dès 2026-2027, il dirigera avec l'orchestre un programme centré sur La Mer de Debussy, donné à Munich et à Hambourg. Le programme complet 2027-2028 sera dévoilé au printemps 2027.

La nomination consacre une rencontre récente — un cycle de concerts en automne 2025 (Amsterdam, Bruges, Tourcoing, Paris) avait suffi à faire émerger une convergence artistique. Dans son communiqué, Manacorda insiste sur la question qui le motive : comment Mozart, Beethoven, Brahms, Mahler, Schumann ou Stravinsky peuvent-ils sonner aujourd'hui, sur instruments d'époque, hors des sentiers tracés par la Aufführungspraxis austro-allemande des dernières décennies. C'est précisément le terrain où Les Siècles ont bâti leur réputation.

Nominations et tournées : signaux faibles, signaux forts

Plusieurs autres mouvements ponctuent la semaine. Le Teatro Real de Madrid a annoncé une tournée nord-américaine — New York et Miami — donnant corps à une stratégie d'internationalisation déjà esquissée ces dernières saisons. . À Karlsruhe, le Badische Staatstheater poursuit son renouvellement : le Britannique Kerem Hasan y a été confirmé Generalmusikdirektor à compter de la saison 2027-2028, succédant à Georg Fritzsch.

À noter aussi pour les chaînes amateurs de musicologie : la confirmation par le quotidien hongrois, relayée par, qu'une composition inconnue de Béla Bartók a refait surface chez l'antiquaire musical Ádám Bősze à Budapest. La pièce daterait d'octobre 1907 et serait une réponse à une lettre de Stefi Geyer, l'amour de jeunesse du compositeur et destinataire connue de son Premier Concerto pour violon. Deux découvertes manuscrites en quelques semaines — celle-ci et le Mozart parisien — voilà qui rappelle que les archives gardent encore des secrets bien tenus.

Le Briefing classique de la semaine

par

Chères et chers mélomanes,

Semaine marquée par la disparition de David Hockney, qui rouvre rétrospectivement la question d'un héritage scénographique parmi les plus singuliers du dernier demi-siècle. Au-delà du deuil, une mécanique de nominations à très haute altitude — Munich, Helsinki, Pittsburgh — redessine les organigrammes des grandes maisons lyriques et symphoniques. À Copenhague, Kirill Petrenko transforme le Prix Sonning en geste politique en faveur de l'Ukraine, et à Bruxelles, Flagey dévoile une saison 2026-2027 placée sous le signe de la Première École de Vienne. Tour d'horizon des faits qui ont rythmé nos scènes et nos studios, glanés du côté de nos confrères de Pizzicato, Scherzo, The Violin Channel, Slipped Disc et Gramophone, sans oublier notre propre Journal Crescendo.

À la une : David Hockney, le peintre qui voyait l'opéra en couleurs

L'artiste britannique David Hockney s'est éteint paisiblement à son domicile londonien le 11 juin 2026, à 88 ans, un mois avant son quatre-vingt-neuvième anniversaire. La nouvelle, confirmée le lendemain par son agente Erica Bolton, prend dans le monde lyrique une résonance particulière : Hockney aura mené, en parallèle de sa carrière de peintre, une seconde vie d'opera designer parmi les plus marquantes de son temps — onze productions entre 1975 et 1992, de Glyndebourne au Metropolitan Opera, en passant par le Royal Opera House et le Los Angeles Music Center Opera. Tout commence en 1966 au Royal Court Theatre londonien avec Ubu Roi d'Alfred Jarry. Suivront, à Glyndebourne, The Rake's Progress (1975) — esthétique de gravure vivante en hommage direct à Hogarth — et La Flûte enchantée (1978), où il déploie un imaginaire mêlant Égypte ancienne, Renaissance italienne et paysages méditerranéens. La Tate annonçait pour 2027, à l'occasion de ce qui aurait été ses quatre-vingt-dix ans, un dispositif immersif au Turbine Hall de Tate Modern entièrement consacré à ses décors d'opéra, en amont d'une rétrospective au Tate Britain. Notre Journal revient en détail sur cette double carrière et ses zones les plus singulières.

Le Briefing classique de la semaine

par

Chères et chers mélomanes,

Semaine charnière sur la planète classique, dominée par une nomination structurante au bord du Léman — Tugan Sokhiev à l'Orchestre de la Suisse Romande — et par une cascade de saisons 2026-2027 qui se déploient en cartographie d'ambitions.

Côté création, douze orchestres européens unissent leurs pupitres dans un projet hybride inédit, Europasinfonie, tandis que Montpellier exhume un opéra centenaire du maître ukrainien Théodore Akimenko. Les concours internationaux ont par ailleurs sacré une nouvelle génération — de Montréal à Auckland — et la musicologie a livré un trésor : cent quarante-neuf œuvres inédites de Salieri. Tour d'horizon des faits qui ont rythmé nos scènes et nos studios, glanés du côté de nos confrères de Pizzicato, Scherzo, The Violin Channel, Slipped Disc et Gramophone, sans oublier notre propre Journal Crescendo.

À la une : Tugan Sokhiev à la tête de l'OSR

C'est l'annonce institutionnelle de la semaine. La Fondation de l'Orchestre de la Suisse Romande a officialisé ce 8 juin la nomination de Tugan Sokhiev au poste de Chef principal et Conseiller artistique, pour trois saisons à partir de 2026-2027, avec une résidence annuelle de six semaines à Genève dès 2027-2028. Une 5ᵉ Symphonie de Prokofiev dirigée en octobre dernier semble avoir scellé l'accord avec les musiciens. Au-delà de la baguette, le chef ossète sera associé aux décisions artistiques de la maison — concours de recrutement, programmation, tournées. Cette nomination marque un retour pleinement assumé sur une position structurante européenne, quatre ans après ses démissions retentissantes du Théâtre Bolchoï et de l'Orchestre National du Capitole de Toulouse, en mars 2022. L'OSR, en quête d'une nouvelle figure tutélaire depuis le départ de Jonathan Nott, trouve en lui un partenaire au profil symphonique affirmé.

Saisons 2026-2027 : Reykjavík, Montpellier

L'Iceland Symphony Orchestra dévoile la première saison de l'ère Barbara Hannigan, cheffe principale et directrice artistique. Saison-manifeste, qui s'ouvre le 3 septembre 2026 sur un concert Attacca! enchaînant Ives, la création mondiale d'Undark de Hugi Guðmundsson, 4'33" de Cage et la Première Symphonie de Mahler. Bertrand Chamayou s'installe en résidence pour quatre rendez-vous (Ravel, Messiaen, Scriabine, Schubert) ; Hugi Guðmundsson, compositeur en résidence, signera deux créations mondiales dont Freyja (27 mai 2027), opéra écrit à six mains avec Hannigan et l'écrivaine Julie Salverson autour de la figure de Margrét Benedictsson, militante islando-canadienne des droits des femmes. Plateau d'invités d'envergure (Isabelle Faust, Alina Ibragimova, Edward Gardner, John Storgårds, Joe Hisaishi…) et fort ancrage islandais : Reykjavík se hisse en laboratoire symphonique singulier de la scène nordique.

À Montpellier, Valérie Chevalier signe une saison avec une pépite : la création mondiale du Baiser de la Fée de Théodore Akimenko (1876-1945), endormi dans son manuscrit depuis plus d'un siècle. Sous-titré La Reine des glaciers (et ses fées), l'ouvrage fantastique en un prologue et trois actes, composé en 1914 sur un livret de Calvocoressi d'après Andersen, sera dirigé les 22, 23 et 27 décembre 2026 par Kirill Karabits, défenseur opiniâtre du maître de Kharkiv — qui fut, détail saisissant, le tout premier professeur de composition de Stravinsky à Saint-Pétersbourg. Mise en scène confiée au jeune collectif italien Opera Popolare (Ring Award 2025).

Le Briefing classique de la semaine

par

Chères et chers mélomanes,

Une semaine d'apothéose pour la planète classique, dominée par le sacre d'Ettore Pagano au Concours Reine Elisabeth, et ponctuée de nominations structurantes, de prises de position institutionnelles fortes, ainsi que d'hommages à plusieurs figures disparues. Tour d'horizon des faits qui ont rythmé nos scènes et nos studios, glanés du côté de nos confrères de Pizzicato, Scherzo, The Violin Channel et Slipped Disc, sans oublier notre propre Journal Crescendo.

À la une : Ettore Pagano remporte le Concours Reine Elisabeth

C'est l'événement bruxellois du printemps : le violoncelliste italien Ettore Pagano a été proclamé Premier Lauréat de l'édition 2026 du Concours Reine Elisabeth consacré au violoncelle, à l'issue d'une finale tenue à Bozar avec le Belgian National Orchestra dirigé par Antony Hermus. Le jeune musicien italien recevra, pour quatre années, le Goffriller de 1733 qui fut l'instrument personnel de Pablo Casals — geste patrimonial inédit pour cette édition particulièrement chargée en symboles (75ᵉ anniversaire du Concours, 150ᵉ de la naissance de la Reine Elisabeth et de Casals). Le palmarès, salué par la presse spécialisée, génère également un fort retentissement médiatique en Corée du Sud autour du candidat arrivé en deuxième position.

Nominations et mouvements de baguettes

La semaine a été particulièrement riche en annonces institutionnelles. Evan Rogister est nommé Generalmusikdirektor de la Deutsche Oper am Rhein, où il succédera dans une maison à forte tradition germanique. Étonnante précocité à Stuttgart : Omer Ein Zvi, vingt-et-un ans, devient Premier Kapellmeister du Staatsoper, signe d'une confiance rare accordée à un chef de cette génération. En Belgique, Benedikt Spierings prend la tête de l'ASOBV, la nouvelle institution issue de la fusion entre l'Opera Ballet Vlaanderen et l'Antwerp Symphony Orchestra — une recomposition qui dessine la nouvelle géographie lyrique et symphonique flamande.

Le Briefing classique de la semaine

par

Chères et chers mélomanes, semaine dense sur la planète classique, dominée par une cascade de nominations de premier plan — Elim Chan à San Francisco, Thomas Adès au Hallé, Stéphane Denève reconduit à Hilversum, Hannu Lintu prolongé à Lisbonne — et par la montée en puissance du Concours Reine Elisabeth de violoncelle, dont la finale s'ouvre lundi à Bozar. Tour d'horizon des faits qui ont rythmé nos scènes et nos studios, glanés du côté de nos confrères de Pizzicato et Scherzo, sans oublier notre propre Journal Crescendo.

À la une : Reine Elisabeth, dernière ligne droite

C'est l'événement bruxellois de la semaine et du mois : la finale du Concours Reine Elisabeth 2026 consacré au violoncelle s'ouvre le lundi 25 mai à Bozar. Du lundi 25 au samedi 30 mai, deux des douze finalistes se présenteront chaque soir avec le Belgian National Orchestra dirigé par Antony Hermus. Une édition particulièrement chargée en symboles : le 75ᵉ anniversaire du Concours, le 150ᵉ anniversaire de la naissance de la Reine Elisabeth et de Pablo Casals. Les douze finalistes ne disposent que d'une semaine, en loge à la Chapelle musicale, pour préparer l'œuvre imposée commandée à la compositrice Fang Man — Four Odes to the Tidings of Flowers, dont la création mondiale aura lieu le lundi 25 mai. Geste patrimonial inédit : l'instrument personnel de Pablo Casals, le Goffriller de 1733, sera exposé pendant la finale puis confié au Premier Lauréat pour une durée de quatre ans.

Le Briefing Classique de la Semaine — Semaine du 17 au 23 mai 2026

par

Cette semaine, la planète classique a vibré au rythme d'une actualité riche et contrastée, entre défis institutionnels, hommages émouvants et émergence d'une nouvelle génération de talents. Plongeons ensemble dans les faits marquants qui ont animé nos scènes et nos studios.

Disparitions marquantes

Le monde de la musique classique pleure plusieurs de ses figures. La soprano britannique Dame Felicity Lott, célèbre pour ses interprétations de Mozart et de Strauss, mais aussi grande ambassadrice de la mélodie française, nous a quittés dans la nuit du 15 au 16 mai à l'âge de 79 ans, des suites d'un cancer dont elle avait révélé le caractère terminal quelques jours plus tôt au micro de la BBC. Sa disparition suscite des hommages unanimes pour une carrière exceptionnelle. L'altiste polonais Stefan Kamasa s'est éteint à 96 ans, et le chef d'orchestre luxembourgeois Pierre Cao à 88 ans. Une tragédie a également frappé la violoncelliste et compositrice canadienne Cris Derksen, décédée dans un accident de voiture, laissant sa compagne grièvement blessée.

Mouvements et nominations

Plusieurs annonces importantes ont marqué la semaine. Le chef français Ludovic Morlot a été nommé Chief Conductor Designate de l'Orquestra Sinfónica do Porto Casa da Música, et prendra ses fonctions lors de la saison 2027-2028, tout en conservant son poste à l'Orchestre symphonique de Barcelone. L'Estonien Olari Elts prendra la direction artistique du Sinfonietta Rīga à partir de la saison 2026-2027, succédant à son fondateur Normunds Šnē.

Concours et récompenses

L'actualité des concours est particulièrement riche. Le pianiste coréen Sehyeok Son a remporté le premier prix de la 77ᵉ édition du Concours du Printemps de Prague. La compositrice coréenne Unsuk Chin a reçu le Grand Prix Daewon Music. Les finalistes de l'édition 2026 du Concours Reine Elisabeth, consacré cette année au violoncelle, ont été annoncés ; les épreuves se tiendront du 25 au 30 mai au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles. Les sélections pour le Concours Piccolo Violino Magico 2026, le Concours Tibor Junior 2026 et les présélections de la 17ᵉ édition du Concours Henryk Wieniawski ont également été dévoilées.

Polémiques et controverses

Une vive controverse agite le monde culturel bruxellois à la suite de la programmation du chef d'orchestre israélien Lahav Shani à Bozar. Plusieurs membres du conseil d'administration de l'institution ont démissionné en signe de protestation. Les critiques reprochent à Lahav Shani de ne pas avoir suffisamment pris ses distances avec le gouvernement israélien et avec les actions de son armée à Gaza. Le parti écologiste flamand Groen a même appelé au boycott, estimant que Shani, en tant que chef principal de l'Orchestre philharmonique d'Israël, représente son pays. Cette situation n'est pas sans rappeler l'annulation d'un concert similaire l'été dernier. Lahav Shani a réagi publiquement à cette nouvelle annulation.

Le Briefing classique — Semaine du 5 au 11 mai 2026

par

Nominations et mouvements de baguettes

La semaine a été riche en annonces de directions musicales. Le chef franco-suisse Joseph Bastian, 44 ans, succède à Richard Pontzious à la tête de l'Asian Youth Orchestra, dont il devient le chef principal. Aux États-Unis, Joseph Trafton prend la direction musicale de l'Orchestra Kentucky après avoir occupé les fonctions de Generalmusikdirektor à Hagen.

Concours et récompenses

Le Prix Pulitzer de Musique 2026 a été décerné à la compositrice américaine Gabriela Lena Frank (née en 1972) pour son œuvre Picaflor: A Future Myth — une reconnaissance attendue pour une voix singulière de la création nord-américaine contemporaine.

À Bruxelles, le Concours Reine Elisabeth 2026, session violoncelle, est entré dans le vif du sujet : les épreuves ont débuté le 11 mai et les vingt-quatre demi-finalistes se produiront avec l'Orchestre Royal de Chambre de Wallonie du 11 au 16 mai. Parallèlement, les finalistes du Concours International de Piano Arthur Rubinstein 2026 ont été dévoilés, et le 77ᵉ Concours International de Musique du Printemps de Prague se tient du 6 au 14 mai.

À Londres, le 74ᵉ Royal Over-Seas League Gold Medal Final a une fois encore révélé une nouvelle génération d'interprètes.

Deux annonces à noter pour les compositeurs : la Fondation Ricardo Delgado Vizcaíno lance la 5ᵉ édition du Concours International de Musique de Chambre Guadamora à Pozoblanco (novembre 2026), pour le trentième anniversaire de l'institution ; et un appel à compositions est ouvert jusqu'au 31 juillet 2026 pour le projet Europasinfonie, premier orchestre à distance d'Europe cofinancé par l'Union européenne.

Polémiques et crises

Le Chicago Sinfonietta traverse une zone de turbulences : la phalange a suspendu ses représentations, licencié sept employés administratifs et annoncé une « période de renouveau stratégique » — euphémisme désormais classique pour désigner une restructuration sous tension financière.

À Londres, c'est une page d'histoire qui se tourne avec la fermeture annoncée de Travis & Emery, librairie musicale emblématique de Cecil Court. En Suisse, la presse spécialisée s'est montrée sévère envers Jonas Kaufmann, à qui certains reprochent l'usage d'un microphone en récital.

Le briefing classique de la semaine

par

Cette semaine, le paysage de la musique classique est dominé par une effervescence singulière autour des compétitions internationales, des nominations artistiques de premier plan, des hommages rendus à des figures marquantes du milieu et de la célébration éclatante des 90 ans de Zubin Mehta. Le Concours Reine Elisabeth, dont l'édition consacrée au violoncelle s'ouvre ce 4 mai à Flagey, cristallise les regards et célèbre plusieurs anniversaires significatifs. Suivez-nous pour ce nouvel épisode du briefing classique de la semaine.

Les grandes tendances de la semaine : concours et chaises musicales

Les compétitions internationales occupent une place centrale dans l'actualité. Outre le Concours Reine Elisabeth, le Concours Mahler de direction d'orchestre (Bamberg, 23 juin – 3 juillet) annonce ses candidats. La présence accrue de femmes chefs d'orchestre et l'admission de filles choristes au sein de chœurs historiquement masculins, comme celui du Magdalen College, témoignent d'une évolution notable vers davantage de diversité.

Sur le plan des nominations stratégiques, plusieurs annonces structurantes ont rythmé la semaine : Elim Chan prend un poste auprès des Wiener Symphoniker, Nikolaj Szeps-Znaider reste l'Orchestre National de Lyon, Michal Oren est nommé chef assistant du Bournemouth Symphony Orchestra et Brett Dean devient compositeur en résidence au Philharmonique de Berlin pour la saison 26/27.

Zubin Mehta, 90 ans — une célébration florentine

L'événement de la semaine, sur le plan symbolique comme musical, restera la célébration des 90 ans de Zubin Mehta. Né à Mumbai le 29 avril 1936, le maestro indien a choisi de souffler ses bougies au Maggio Musicale Fiorentino, théâtre auquel il est lié depuis plus de soixante ans. Le 29 avril, il y a dirigé une Neuvième de Beethoven — exécutée de mémoire — devant une salle comble, en présence de la soprano Jessica Pratt, de la mezzo Szilvia Vörös, du ténor Bernard Richter et de la basse Simon Lim, accompagnés par l'Orchestre et le Chœur du Maggio préparé par Lorenzo Fratini.

Le choix de la partition n'avait rien d'anodin : Mehta a justifié son option pour l'Hymne à la joie en évoquant le texte de Schiller, qui parle de paix et de fraternité, valeurs qu'il considère comme l'aspiration partagée du monde actuel. Directeur principal du Maggio de 1985 à 2017, puis nommé Directeur honoraire à vie, Mehta entretient avec l'institution florentine une relation d'une intensité rare, inaugurée le 11 février 1962 lors d'un concert consacré à la Première Symphonie de Mahler. Pour l'occasion, le théâtre lui consacre une exposition photographique de 90 clichés retraçant sa carrière.

Le Briefing classique de la semaine

par

Résumé général

La semaine écoulée a été particulièrement dense dans l'actualité musicale, marquée par une succession de disparitions qui privent la scène classique de figures majeures, par des recompositions institutionnelles aux ressorts parfois conflictuels, et par une série d'annonces artistiques en chaises musicales.

1. Disparitions : une génération qui s'efface

Le monde de la musique classique a perdu coup sur coup plusieurs de ses voix les plus singulières. Le chef américain Michael Tilson Thomas, longtemps associé au San Francisco Symphony et figure essentielle du répertoire américain du XXᵉ siècle, s'est éteint, suscitant d'innombrables hommages des deux côtés de l'Atlantique. Le violoniste autrichien Günter Pichler, fondateur et primarius de l'Alban Berg Quartett, a quant à lui trouvé la mort dans un accident de la route vendredi dernier, à l'âge de 85 ans. Né à Kufstein en 1940, nommé Konzertmeister des Wiener Philharmoniker par Herbert von Karajan dès l'âge de 21 ans, il avait fondé le quatuor en 1970 et en était demeuré le premier violon jusqu'à la dissolution de l'ensemble en 2008. formation dont il avait fait, en quatre décennies, l'une des références mondiales du répertoire, du classicisme viennois à la Seconde École de Vienne.

Enfin, la France pleure Jean-Bernard Pommier, pianiste et chef d'orchestre dont la carrière, débutée auprès d'Otto Klemperer, conjuguait élégance interprétative et ouverture pédagogique. Ces trois disparitions, presque simultanées, invitent à une relecture de leurs discographies et de leurs apports respectifs.

Une semaine sur la planète classique : le briefing de la semaine

par

Chers et chères mélomanes,

Cette semaine, la planète classique a vibré au rythme d'une actualité riche et contrastée, entre défis institutionnels, hommages émouvants et l'émergence d'une nouvelle génération de talents. Plongeons ensemble dans les faits marquants qui ont animé nos scènes et nos studios, tels que rapportés par les amis et confrères comme Pizzicato, Scherzo, Slipped Disc ou Gramophone sans oublier notre propre journal !

À la une : turbulences et renouveau institutionnel

L'actualité a été dominée par des remous au sein de grandes institutions européennes et américaines. Selon les informations relayées par Pizzicato, le prestigieux Teatro San Carlo de Naples a fait l'objet de perquisitions ordonnées par le parquet suite à des audits financiers, avec des saisies de matériel informatique. Outre-Atlantique, le Kennedy Center de Washington est secoué par des accusations de népotisme et de mauvaise gestion portées par l'ancien conservateur Josef Palermo. Parallèlement, les orchestres américains tirent la sonnette d'alarme face aux retards critiques dans l'octroi des visas par les autorités fédérales, une situation qui multiplie les annulations de concerts et fragilise les tournées internationales.

Mais le monde classique est aussi celui du renouveau. Le Philharmonique de Berlin a déjà le regard tourné vers les moments médiatiques : son traditionnel Europakonzert du 1er mai se tiendra dans le cadre majestueux de la salle Haydn du palais Esterházy à Eisenstadt, un lieu chargé d'histoire. Le chef d'orchestre Claudio Vandelli assure la stabilité des Würth Philharmoniker en prolongeant son contrat jusqu'en 2029.

La mémoire vive du classique

La semaine a été l'occasion de célébrer des figures emblématiques dont la longévité force le respect. L'immense organiste espagnole Montserrat Torrent a fêté son centenaire, une étape franchie avec une sérénité désarmante, rappelant que pour elle, "Bach est Dieu". Le compositeur letton Pēteris Vasks, dont la musique spirituelle continue de toucher un large public, a quant à lui célébré ses 80 ans.

Le monde musical a malheureusement dû dire adieu à plusieurs personnalités marquantes. Le pianiste ukrainien Oleg Maisenberg, partenaire de chambre privilégié de Gidon Kremer et de Hermann Prey, s'est éteint à l'âge de 80 ans. Sa disparition, laisse un vide immense dans le monde du piano. Nous avons également appris le décès de la pianiste américaine Ann Schein (86 ans), du luthier réputé Martin Jaumann (59 ans) et de l'altiste polonaise Beata Prylińska (51 ans), autant de talents qui ont servi la musique avec dévotion.