Découvertes pour violoncelle
Osons le dire, rares sont les découvertes majeures parmi les nombreuses exhumations d’œuvres de compositrices de toutes époques que nous connaissons depuis quelques années. Mais la remise à l’heure des compteurs a eu le mérite de changer les mentalités et de permettre à ces œuvres d’être jouées et entendues. Connaissiez-vous Henriëtte Bosmans ? À ne pas confondre avec son (presque) homonyme belge. Cette musicienne néerlandaise a vécu entre 1895 et 1952. Son père était violoncelle solo de l’Orchestre du Concertgebouw et elle a mené une double carrière de pianiste et de compositrice.
La révélation que nous propose Henle est sa Sonate pour violoncelle et piano, une œuvre qu’elle composa en 1919, donc œuvre de jeunesse. Mais quelle maturité ! Héritage fauréen incontestable, métissé de Brahms pour la densité de l’écriture pianistique, avec un finale à cinq temps qui évoque les danses populaires. La carrière d’Henriëtte Bosmans fut brisée lors de la Seconde Guerre mondiale : sa mère étant juive, elle se retrouva privée d’exercer et sa musique mise à l’index. Sa sonate était encore disponible chez l’éditeur d’origine, Broekmann & Van Poppel, mais nul doute que cet urtext dû à Andreas Pernpeintner et la force de diffusion du catalogue Henle aidera à la faire connaître. Pour les curieux, sachez qu’Henriëtte Bosmans a aussi composé un concertino pour piano (qu’elle créa avec Pierre Monteux), un concertstück pour flûte, un autre pour violon, deux concertos pour violoncelle (joués régulièrement dans les années trente par Marix Loevensohn, le dédicataire de la sonate) et de la musique de chambre.
