Au Concert

Les concerts un peu partout en Europe. De grands solistes et d’autres moins connus, des découvertes.

Derniers des Concerts au potager du roi à Versailles

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Les Concerts au potager du roi, organisés à deux pas du fameux château, constituent un festival d’été rapidement mis en place pendant le confinement. En effet, suite à la Tribune des musiciens indépendants -les musiciens, confrontés à des difficultés inouïes, alertaient de leur situation critique liée à la COVID-19- ses initiateurs, le Quatuor Modigliani, l’altiste Gérard Caussé et le pianiste David Fray ont lancé, avec le soutien de la région Ile-de-France, un festival solidaire. Du 11 juillet au 2 août, avec la collaboration et Jean-Paul Scarpitta qui ont rejoint le comité artistique, chaque week-end était une occasion d’entendre des musiciens internationaux en plein air.

Ce vaste espace fut créé par Jean-Baptiste La Quintinie entre 1678 à 1683 à la demande de Louis XIV pour « nourrir et innover ». Les concerts se sont donc déroulés dans un coin de ce territoire qui compte aujourd’hui quelque 9 hectares et rattaché à l’École nationale supérieure du paysage, où sont cultivées de nombreuses variétés de fruits (150 pour les pommes et autant pour les poires) et de légumes. Sur une scène spécialement installée et recouverte d'une tente, 70 musiciens se sont succédé en 20 soirées.

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Depuis une dizaine d’années, le Festival Debussy, à Argenton-sur-Creuse, à 30 km de Nohant, a établi sa réputation d’événement estival convivial et accueillant au pays de George Sand. La Coronavirus a failli avoir raison des organisateurs qui ont tenu bon. Ils ont maintenu la manifestation, du 23 au 26 juillet, avec les concerts organisés entièrement en plein air et une jauge de 150 personnes au lieu de 450. Pour le concert du soir, les artistes se sont produits deux fois, chaque concert ayant une durée de 45 à 50 minutes sans entracte. Une vingtaine d’artistes sont montés sur la scène installée sous une immense tente, au Jardin de la Grenouille. Nous y étions présents les deux derniers jours, les 25 et 26 juillet.

La soprano Marie Perbost revient au Festival sept ans plus tard, avec le programme « Une jeunesse à Paris » qu’elle a publié au disque en 2019 (Harmonia Mundi). Au cours des « causeries » avec Jean-Yves Patte qui ont précédé le concert, la Révélation lyrique des Victoires de la musique 2020 fait part de sa volonté de mêler mélodies, airs d’opérettes et chansons, trois genres qui, de la fin du XIXe siècle à la Belle Epoque, étaient étroitement liés. En effet, elle les aborde avec la même exigence et le même plaisir, et sa joie est plus contagieuse que la COVID-19 ! Marie Perbost met en relief toutes les spécificités des textes et chante comme s’il s’agissait de ses propres vécus. Ses yeux et son visage expressifs, ses gestes naturels rendent l’interprétation extrêmement vivante. La pianiste Joséphine Ambroselli Brault, discrète à côté de cette personnalité musicale agréablement dominante, se montre une complice indispensable. Dans les Ariettes oubliées dont elles présentent pour la première fois au public le cycle complet, la sonorisation pour le plein air n’est pas aussi favorable que le reste du programme ; le caractère intime se perd à cause du son électronique qui amplifie le timbre ouvert, lumineux et solaire de la cantatrice…
Le soir, en deux séances, l’accordéoniste Félicien Brut, grand habitué du Festival, apparaît avec la trompettiste Lucienne Renaudin-Vary et le contrebassiste Edouard Macarez. Leur programme éclectique parcourt une large période, de Delibes à Bernstein, de Rossini à Richard Galliano, en passant par Chostakovitch, Richard Rodgers et Piazzolla. Quelques compositeurs méconnus comme Carl Höhne, Victor Dinikov ou encore Jo Privat y figurent à côté de Marcel Azzola (qui accompagna Jacques Brel, Barbara, Yves Montand, Juliette Greco…) et Jo Privat (compagnon musical de Django Reinhardt et autres guitaristes manouches). Avec souplesse, la trompettiste, Révélation Soliste instrumental aux Victoires de la musique en 2016, fait sonner brillamment son instrument pour les mélodies à caractères fort différents (Delibes, Rossini, Bartok) tout en dansant pieds nus. Puis Edouard Macarez se montre ample et lyrique (Adagio du ballet Ruisseau Clair de Chostakovitch) et exaltant (Piazzolla & Cavaquinho, Dinikov). Ensuite, les trois musiciens jouent de couleurs et de timbres dans un répertoire du XXe siècle où chacun(e) a sa part. Une bonne entente et des échanges souvent amusants entre eux ainsi que des histoires et des blagues racontées par Félicien Brut, relient les pièces musicalement et stylistiquement assez éloignées. En bis, For me Formidable de Charles Aznavour où Lucienne Renaudin Vary s’improvise chanteuse !

Bilan du Festival de Namur 2020, une édition avec la distanciation requise

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Triomphant des aléas générés par la crise du Coronavirus, et désireux plus que jamais de garder le contact avec son public, le Festival Musical de Namur a proposé du 6 au 11 juillet une édition virtuelle de sa saison 2020. De nombreuses archives ont ainsi été proposées au public via les réseaux sociaux, la télévision locale namuroise Canal C, et en partie via la RTBF - Musiq3 et RTBF - Auvio.
Afin de venir en aide aux artistes qui servent si bien la cause de la musique au sein de notre festival d’une année à l’autre, une soirée exceptionnelle a été organisée depuis l’église St-Loup le 8 juillet. Intitulé « L’Arche de Noé », ce programme à nul autre pareil réunissait Leonardo García Alarcón, le Choeur de Chambre de Namur et la Cappella Mediterranea autour d’un programme en forme de florilège des meilleurs moments qu’ils ont offert au public namurois depuis une dizaine d’années. Afin de donner un lustre nouveau à cette soirée, mais aussi de créer une autre forme de lien avec son public, le Festival Musical de Namur a proposé une retransmission en direct de ce programme sur grand écran, sous la forme d’un drive-in organisé avec la complicité des Festivals de Wallonie. Cette forme nouvelle et décomplexée de contact avec la musique classique a rencontré un beau succès, malgré une météo maussade, puisque une bonne soixantaine de voitures ont rejoint le parking des Casernes à Namur, avec à leur bord de deux à quatre personnes. Le public présent a donc pu y apprécier une autre manière de vivre la musique en direct tout en ne prenant aucun risque sur le plan sanitaire.

Klaus Mäkelä dirige l’Orchestre de Paris pour la réouverture de la Philharmonie de Paris

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Il y a des concerts qui marquent à jamais. Celui du 9 juillet en est un. Cette date, celle de la réouverture de la Philharmonie de Paris depuis le début du confinement, était également la première apparition du jeune chef finlandais Klaus Mäkelä (né en 1996), le prochain  directeur musical de l’Orchestre de Paris.

L’annonce, le 18 juin dernier, du nom de Klaus Mäkelä a créé la surprise générale. Au cours de la saison 2019-20 qui s’est malheureusement terminée trop tôt, l’Orchestre a invité plusieurs chefs « pour voir » qui pourrait prendre la tête de la phalange parisienne après le départ de Daniel Harding en août dernier. Le Finlandais n’était pas en lice, il n’avait d’ailleurs pris la baguette qu’une seule fois devant cet orchestre, les 12 et 13 juin 2019. Mais ces soirées avaient fait sensation et on le considérait déjà comme une future star de la direction. Si son nom fut une surprise, la nouvelle a été accueillie avec enthousiasme, à commencer par les musiciens de l’orchestre qui étaient, dit-on, unanimes face à cette décision. Il prendra ses fonctions en septembre 2022 mais, dès la rentrée prochaine, il entamera sa collaboration en tant que conseiller musical. Le concert du 9 juillet a montré à quel point cette collaboration sera bénéfique.

Réouverture de l’Opéra Comique avec sa Maîtrise populaire

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Le moment était très attendu. Le 24 juin dernier, l’Opéra Comique a rouvert ses portes avec un concert de la Maîtrise populaire de l’Opéra Comique, devenant l’une des premières maisons d’Opéra en France à reprendre des activités, même partiellement.
Le concert devait s’adapter aux circonstances sanitaires. Sur la scène, ce ne sont pas les cent enfants de la Maîtrise qui y sont installés, mais une quarantaine de spectateurs sur invitation, placés à un mètre de distance selon les règles appliquées. Les chanteurs, quant à eux, sont répartis dans toute la salle Favart, du parterre jusqu’au troisième balcon, eux aussi espacés.

La mise en place des dispositifs du tournage (le concert a été filmé et visible sur le site de l’Opéra Comique et sur Culturebox.fr) a causé quelques minutes de retard au cours desquelles on a annoncé la reconduction, votée le matin même au conseil d’administration du Théâtre, d’Olivier Mantei pour trois ans supplémentaires à la direction de l’établissement. Une nouvelle accueillie dans l’approbation générale.

Flagey On Air : une expérience de déconfinement culturel avec l'enchanteur Denis Kozhukhin

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C’est presque timidement, l’air un peu gêné et le cœur balbutiant d’émotion après une trop longue séparation que Flagey rouvre ses portes à son public ce 5 juillet 2020. Et comme pour en attester l’authentique fébrilité, l’entrée ne se fait pas par la place Sainte-Croix, trop envahie de rénovations, mais par le petit hall de la place Flagey.

J’arrive une demi-heure à l’avance. Toutes les portes sont closes. Sauf une. C’est par cette embrasure qu’un petit rituel insolite va s’installer durant les dix concerts que compte cette saison d’été inédite concoctée par Flagey, Musiq3 et Klara. 

Carré blanc sur le visage, élastiques noirs autour de mes oreilles qui les tirent vers l’avant comme dans une mauvaise caricature de Gainsbourg, je fais la file sur le trottoir en attendant qu’une demoiselle à blouse noire avec le logo blanc de la maison m’autorise l’entrée en m’indiquant la marche à suivre, son doigt pointé vers un bidon désuet rempli du sésame le plus célèbre et le plus alcoolique de notre temps. 

Que ce soit dans le hall ou dans les escaliers, le lieu est tatoué par la situation : les marques au sol tous les mètre cinquante, des cordelières et des flèches qui séparent les espaces, et le personnel bienveillant, mais vigilant, chargé de ne pas laisser dévier les distraits qui trouveraient amusant de se perdre dans les bâtiments en tâtant de leur mains potentiellement covidées tout le mobilier du Paquebot. 

La Philharmonie de Luxembourg se déconfine Alina Baeva et Vadym Kholodenko 

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Atmosphère, atmosphère…

Ils entrent sur le plateau, ils saluent, ils se concentrent, et les premières notes s’élèvent de la Fantaisie pour violon et piano en ut majeur de Schubert. Un concert comme un autre ? Pas vraiment…
C’est qu’il y a eu, en mars, l’annulation brutale de tous les rendez-vous programmés, des dizaines et des dizaines dans cette grande maison qu’est la Philharmonie de Luxembourg. Et depuis, le silence… Un silence obligatoire, mal vécu, aussi bien par les artistes et les organisateurs que par les spectateurs. Moi-même, j’ai parlé d’«amputation». C’était le temps du confinement.

Voici venu celui du déconfinement, étrange pour nous tous qui fréquentons les salles de concert.
Impatience, appréhension.

L’horaire déjà est inhabituel, 19 heures, et pour une heure seulement de concert : deux œuvres sans entracte, mais deux belles œuvres ! Je reviendrai dans un autre article sur cette formule, qui me semble fort intéressante pour l’avenir de cette musique qui a notre prédilection.

A Genève,  Gli Angeli de retour !  

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Après la longue période de confinement, l’Ensemble Gli Angeli et son chef, Stephan MacLeod, s’empressent de reprendre leur saison ; c’est pourquoi, lundi dernier, ils ont profité de la réouverture officielle des salles de spectacle à Genève pour donner un concert au Studio Ernest-Ansermet qui a accueilli un public nombreux mais qui, au vu de l’exiguïté des lieux, a obligé tout spectateur et une bonne partie des instrumentistes à porter un masque. 

À l’OSR, Mozart pour un retour à la vie ! 

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Samedi dernier, le 6 juin, le Victoria Hall a rouvert ses portes pour accueillir l’Orchestre de la Suisse Romande et son chef titulaire, Jonathan Nott. Mais les normes de sécurité et les distances sociales imposées par les restrictions liées à la pandémie du Coronavirus ont limité la jauge de salle à 250 personnes. Sur scène, l’effectif est réduit à trente musiciens qui proposent un programme Mozart d’une durée d’une heure sans entracte, offert gratuitement au public les 6, 8, 16 et 18 juin. 

Quelle surprise de se retrouver dans cette salle volontairement clairsemée au parterre et dans les loges où ne sont admis que deux spectateurs mais où se glisse discrètement Martha Argerich, amie très proche de Nelson Goerner qui est le soliste du 23e Concerto en la majeur K.488. Tout sourire, en tenue décontractée comme ses instrumentistes, Jonathan Nott en imprègne l’Introduction du plaisir de faire de la musique dans un esprit chambriste, allégeant les fins de phrase tout en nuançant le discours. Une fois que l’oreille s’est adaptée à cette sonorité si particulière que produit la distance entre les pupitres dans un lieu rempli au quart, l’on se concentre sur le pianiste au jeu perlé et à l’articulation claire donnant une patine brillante au discours rapide qui culmine dans une cadenza volubile. Par contre, l’Adagio exprime une profonde tendresse en répondant au dialogue de la flûte et de la clarinette, tandis que le Finale est enlevé avec un brio époustouflant. Devant l’enthousiasme du public, Nelson Goerner égrène avec une touchante nostalgie une page de son compatriote Carlos Guastavino, Bailecito.

Tchaïkovsky et Chostakovitch au Festival Transsiberien à Strasbourg

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Il y a un mois, juste avant le confinement, lorsque des concerts commençaient à être annulés, nous avons eu la chance de pouvoir assister, à Strasbourg, à deux concerts du Festival Transsibérien, deux des derniers qui se maintenaient encore.

« Transsiberian Art Festival » a été créé en 2014 par le violoniste Vadim Repin dans sa ville natale de Novossibirsk. La manifestation est bâtie avec l’idée d’une union des cultures de différentes villes russes mais également entre celles de l’Orient et de l’Occident. Le festival s’est exporté en décembre dernier à Lille et a recueilli un grand succès. Outre Vadim Repin, le violoncelliste Alexander Kniazev et le pianiste Andreï Korobeïnikov sont au cœur de la musique et ils étaient également présents en mars à ma « station » Strasbourg dans le cadre des Saisons Russes de l’Orchestre.

Le 6 mars, un concert symphonique avec l’Orchestre Philharmonique de Strasbourg s’est tenu à la Salle Erasme. Au programme : Chorós Chordón (2017) de la compositrice coréenne Unsuk Chin (née en 1961), le Concerto pour violon et orchestre en la mineur op. 82 d’Alexandre Glazounov ; et enfin, après l’entracte, la Symphonie n° 4 en fa mineur op. 36 de Piotr Ilitch Tchaïkovsky.