Scènes et Studios

Que se passe-t-il sur les scènes d’Europe ? A l’opéra, au concert, les conférences, les initiatives nouvelles.

La sélection d’Octobre 2022 par Crescendo Magazine 

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Ce mois d’octobre nous permet de saluer les concerts du CPE Festival. Du nom du  Crédit Populaire Européen, cette structure organise, en étroite collaboration avec l'asbl MGConcerts,  une série de 20 concerts par an au Musée des Instruments de Musique de Bruxelles (MIM).  L’affiche propose des artistes internationaux reconnus mais des musiciens belges et de jeunes talents passionnants. En octobre, on note des concerts du Mona Quartet dans Haydn et Debussy (dimanche 9 octobre à 12h) et un récital de la pianiste Elodie Vignon et de la contralto Sarah Laulan pour un voyage musical à travers le temps et les continents (25 octobre à 12). 

A Bruxelles, La Monnaie va régaler avec une nouvelle production de Rosenkavalier sous la direction d’Alain Altinoglu alors que Flagey se consacrera à Schubert avec un festival de 3 jours. 

Du côté des orchestres, le Belgian National Orchestra accueille Stanislav Kochanovsky à la baguette et l’exubérant Nemanja Radulovic au violon pour deux concerts à Bozar (7 et 9 octobre). Bozar sera également l'hôte d’un concert de prestige de la Philharmonie Tchèque de Prague sous la direction de Semyon Bychkov, avec Gautier Capuçon en soliste (21 octobre)   

Du côté de l’Orgue, Franck sera à la fête avec un concert à l'église des Dominicains de Bruxelles en compagnie des organistes Cindy Castillo et Bart Verheyen ainsi que de Joris Verdin à l’harmonium et de François Masset, soprano : le 15 octobre à 19h. Du côté de Liège et de la Salle philharmonique, Jean-Luc Thellin propose une journée de concerts dans le cadre du lancement de son intégrale discographique de l'œuvre pour orgue (23 octobre). 

De son côté, le festival Voix en Ville organise sa première édition en présentiel, un programme contrasté entre voix et littérature : Bruxelles du 6 au 9 octobre.  

A Gand, l’Opéra des Flandres se surpasse avec les représentations gantoises de Grandeur et Décadence de la ville de Mahagony de Kurt Weill, les reprises de Mozart Concert Arias dans la chorégraphie d’Anne Teresa De Keersmaeker et des Scènes de Faust de Schumann mises en images par Julian Rosefeldt et sous la direction de Philippe Herreweghe. 

Passons les frontières avec l’Ensemble Variances de Thierry Pécou qui sera à Paris pour un concert de lancement de son projet Le monde étincelant pour son label numérique Ohaya Records. Rendez-vous le 8 octobre au Conservatoire du XVIIe arrondissement de Paris. 

A Paris, le Théâtre des Champs Elysées nous régale de lyrique avec Iphigénie en Aulide de Christoph Willibald Gluck (7 octobre) mais surtout le  Zoroastre de Rameau (16 octobre) avec une équipe artistique en partie nationale : Jodie Devos, Reinoud Van Mechelen, Gwendoline Blondeel et  le Chœur de Chambre de Namur, sous la direction d’Alexis Kossenko. A Radio-France, l'Orchestre national accueille le géant du violon Frank Peter Zimmermann pour le concerto de Brahms avec rien moins que Philippe Jordan (6 octobre). L'ONF fera l'évènement tout au long du mois avec un concert de Cristian Măcelaru avec la soprano Fatma Saïd (13 octobre) et le retour de Riccardo Muti, l'un des chefs invités vénérés des Parisiens (20 0ctobre). 

N’oublions pas nos amis hollandais qui à Maastricht, pas très loin des frontières belges, pourront se régaler des concerts de l’International Classical Music Festival. Ces concert se dérouleront à la Sint Janskerk du 13 au 16 octobre. 

Jean-Luc Thellin, à propos de l’intégrale des oeuvres pour orgue de César Franck 

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L’organiste Jean-Luc Thellin fait l’évènement avec une intégrale des oeuvres pour orgue de César Franck enregistrée entre Liège et Bécon-Courbevoie près de Paris. Cette somme propose également des versions pour orgue de la Symphonie en ré mineur et des Variations symphoniques. A l’occasion de la sortie du coffret discographique chez BY Classique et en prélude à une série de concerts, Crescendo s’entretient avec Jean-Luc Thellin,

Que représente pour vous l'œuvre pour orgue de César Franck ? Quelles sont ses spécificités dans l’histoire de la littérature pour orgue du XIXe siècle ?   

L’œuvre de César Franck est unique dans l’histoire des répertoires d’orgue. De tout temps, on a pu observer des chocs évolutifs dans les Arts en général et dans la musique en particulier. Il faut reconnaître qu’avant les années 1840, le paysage compositionnel français de l’orgue est relativement pauvre. César Franck va, sans réellement sans rendre compte, révolutionner la pratique de l’orgue, de l’improvisation mais également de la composition. Un langage riche, harmoniquement technique et travaillé qui n’existait pas jusque là va prendre place grâce à lui.

Franck va également donner une place « orchestrale » à l’orgue de par le traitement de la densité du discours mais également par la volonté d’associer les plans sonores et les couleurs aux différents plans d’un grand orchestre, ce qui est nouveau dans le répertoire du 19e.

Est-ce qu’il y a des exigences techniques et musicales spécifiques pour rendre toutes les facettes des partitions pour orgue de César Franck ?  

La particularité des œuvres pour Grand orgue de Franck est que techniquement nous nous trouvons dans un contexte « d’anti-virtuosité ». Franck a radicalement contrasté son approche entre ses œuvres pour piano qui restent très virtuoses et son œuvre pour orgue qui va à l’opposé de cette virtuosité pour tirer vers une intériorité quasi omniprésente. Les exigences techniques seront à mon sens basées ici autour de la technique du legato, de la recherche du souffle dans la phrase et surtout de la technique de gestion et maîtrise de la boîte expressive qui joue un rôle primordial chez César Franck.

A quel titre ? Die Entführung aus dem Serail à Luxembourg

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En janvier 2020, dans ces pages, Paul-André Demierre rendait compte de sa perplexité à la découverte de la façon dont Luk Perceval avait (mal)traité, au Grand-Théâtre de Genève, L’Enlèvement au Sérail de Mozart. Une bronca, plutôt rare en ces paisibles lieux genevois, avait marqué la fin de la représentation le soir de la première. Cette production fait étape au Grand Théâtre de Luxembourg. Elle a connu quelques changements de distribution, et c’est l’Orchestre Philharmonique du Luxembourg qui est cette fois dirigé par Fabio Biondi.

Ayant vu et revu cette production, je voudrais, en tant que « consommateur culturel », m’insurger contre une façon de faire qui pourrait s’apparenter à de la « tromperie sur la marchandise ». En effet, ce qui est annoncé, c’est L’Enlèvement au Sérail de Mozart. Ce que l’on découvre sur le plateau, c’est une appropriation, qui plus est, radicale de cette œuvre.

Qu’on en juge : dans ce singspiel, tous les passages parlés du livret de Johann Gottlieb Stephanie ont été éliminés et remplacés par des extraits du « Mandarin miraculeux », un roman d’Asli Erdogan, une auteure turque en exil radicalement opposée au régime de son pays natal. Ainsi privée des informations que fournissaient les dialogues parlés, le Pacha Selim ayant été éliminé (un spectateur découvrant l’œuvre ne peut la comprendre), les chanteurs étant doublés par des comédiens âgés disant les textes d’Erdogan, la partition, elle aussi, a été revue : trois duos ont été supprimés, on y a inséré quelques séquences d’Ascanio in Alba, et le chant conclusif de louange à l’humanisme, effacé, est remplacé par An die Hoffnung, un lied d’une tout autre tonalité.

Début de saison triomphal pour l'Orchestre Philharmonique de Monte Carlo

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La saison de l'Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo, dénommée "Une nouvelle porte s'ouvre" commence fort et la salle des Princes du Grimaldi Forum est comble pour ce concert inaugural.  Il propose un programme idéal pour satisfaire le public : ouverture-concerto-symphonie à base de grands tubes consensuels.  

Kazuki  Yamada et l'OPMC se présentent en toute grande forme dès les premières mesures de l’ouverture du Carnaval romain de Berlioz. Ils nous procurent une version époustouflante de ce joyau de la musique romantique. Le chef dirige l'orchestre dans un tempo bien phrasé et avec une dynamique admirablement maîtrisée. Les différentes parties de l'orchestre sont en parfait accord.  On découvre un des plus beaux solos pour cor anglais de l'histoire de la musique romantique. Le corniste nous fait frissonner de joie.

Le thème mélancolique est repris par l'alto qui touche profondément et la section de trombone est phénoménale. Yamada sait comment conduire l'accumulation des rythmes enivrants. Tous les musiciens de l'orchestre sont éblouissants.

Concert de rentrée de l'Orchestre Symphonique de la Monnaie de La Monnaie sous la direction d'Alain Altinoglu

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Ce dimanche 25 septembre a lieu à Bozar un concert donné par l’Orchestre Symphonique de la Monnaie dans le cadre du 250e anniversaire de sa création. Au programme de cette soirée festive, la Symphonie de Rédemption de César Franck, les Vier letze Lieder de Richard Strauss, Beyond de Harold Noben (création mondiale commandée par la Monnaie) et, pour finir, Till Eulenspiegels lustige Streiche, op.28 lui aussi de Richard Strauss. Nous retrouvons au pupitre de la phalange bruxelloise son directeur musical Alain Altinoglu accompagné pour l’occasion par la soprano britannique Sally Matthews.

Pour commencer, César Franck, dont on fête le bicentenaire de la naissance, est mis à l’honneur avec la première bruxelloise de la  Symphonie de Rédemption (1ère version de 1872 dit « Ancien morceau symphonique »), une partition redécouverte par le musicologue Joël-Marie Fauquet. Les premières notes sont jouées avec une certaine franchise nous plongeant immédiatement dans le concert. De beaux solos de clarinette, flûte et cor se distinguent dans cet Allegro Molto transmettant une belle énergie gérée avec brio par Alain Altinoglu. L’équilibre entre les cordes et l’harmonie est parfaitement ajusté. Dans le tumulte de cette œuvre se trouvent des moments d'accalmies avant que la musique ne reparte de plus belle. De belles intentions musicales sont données par le chef, ce qui rehausse l'interprétation déjà d’une excellente qualité. De plus, il sait conduire avec beaucoup de naturel les différentes progressions et nuances de cette œuvre. La pièce se termine avec un decrescendo général tout en gardant une certaine énergie.

La première partie du concert se clôture avec les Vier letze Lieder de Richard Strauss. Après un rapide changement de plateau voyant l’effectif imposant se réduire quelque peu, la soliste britannique Sally Matthews fait son entrée pour interpréter cette œuvre faisant partie des pièces les plus célèbres pour orchestre et soprano. Cette pièce datant de 1948 est la dernière composition de Richard Strauss. Ce dernier s’est inspiré de poèmes de Joseph von Eichendorff, en particulier par Im Abendrot (Dans le rouge couchant), pour composer ces quatre Lieder. Le premier Lied, Frühling (Printemps), commence dans un climat mystérieux. La soliste atteint avec aisance le registre aigu exigé par la partition. L’orchestre soutient Sally Matthews sans pour autant empiéter sur sa voix. Il sait néanmoins prendre le relais lorsque qu’elle ne chante pas. Le deuxième Lied, September (Septembre), commence tel un frémissement qui parcourt un jardin d’été. Le chef transmet avec grande délicatesse ses intentions musicales pour soutenir d’une belle façon la soprano. Ce deuxième Lied se termine en douceur, comme si l’on fermait paisiblement les yeux. Le troisième Lied, Beim Schlafengehen (En s’endormant), débute avec une certaine gravité. Sally Matthews aspire à l’oubli que procure le sommeil. La Konzertmeister nous offre par ailleurs un magnifique solo. Les contrastes sont saisissants. Le dernier Lied, Im Abendrot, permet à la soprano de montrer une dernière fois l’étendue de son talent et de sa maitrise vocale. Alain Altinoglu conduit subtilement un orchestre attentif pour sublimer la belle voix de la soliste. Le dernier vers, mystérieux, nous renvoie au thème principal du poème symphonique Tod und Verklärung composé 60 ans plus tôt. Cette excellente prestation est acclamée par un public conquis par la maîtrise de l’orchestre, la voix enchanteresse de la soliste et la direction bienveillante du chef.

Bach, le minimalisme et l’immersion

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Je sors d’une fête de retrouvailles (reportée pendant deux ans pour ce que vous savez… et dont il s’avèrera dans quelques jours qu’on eût mieux choisi en la reportant encore), ignorant du dimanche sans voiture qui, dès sa clôture à 19 heures, réengorge obstinément les entrées de Bruxelles (j’ai essayé, mais où est le métro et où laisser l’auto ?) et me pose donc dans le fauteuil de la salle Henry Le Bœuf, en surplomb des consoles, le souffle court, deux minutes avant l’entrée furtive sur la scène obscure des musiciens partiellement escamotés derrière des structures géométriques aux formes erratiques.

Issu du Conservatoire de Nantes, Simon-Pierre Bestion, pétri de musiques contemporaine et ancienne, revendique une interprétation où l’instrumentiste s’approprie les sons du compositeur et, en particulier au travers de la Compagnie La Tempête qu’il crée en 2015, travaille l’éventail et la mise en relation de partitions, dont la connexion évoque en elle-même une nouvelle histoire. Bach minimaliste est un de ces programmes, œuvre à part entière, très structuré, dont la mécanique acquiert au fur et à mesure de son déroulement un statut d’évidence (pourtant, Jean-Sébastien, minimaliste ?), construit en fil tendu, dans lequel on se lance comme on plonge en apnée, après une profonde inspiration, mains jointes et épaules élancées, à peine si quelques orteils battent la mesure -on ne s’arrête pas, on y va d’une traite.

Orphée et Eurydice aux Champs-Elysées

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La reprise de la mise en scène de Robert Carsen présentée au Théâtre des Champs-Élysées jusqu’au 1er octobre date maintenant de plus de dix ans. Retravaillée avec soin, elle se réfère à la version viennoise de la création (1762) en italien où le rôle d’Orphée fut chanté par un castrat contralto. Mais... ici c’est un contre-ténor, Jakub Josef Orlinski, qui interprète l’aède et les ballets ont disparu si bien que l’on serait tenté d‘y voir une cinquième version du chef d’œuvre de Glück. Eventail vocal rare puisque la seconde version donnée à Parme fut confiée à un castrat soprano (1769), la troisième dirigée par le compositeur en présence de Marie-Antoinette à un ténor (1774), et celle de Paris avec ballets fut révisée par Berlioz pour la contralto colorature Pauline Viardot (1859).

En choisissant un décor unique (les quatre éléments ordonnés sur la courbure terrestre) Robert Carsen explique se focaliser sur l’enjeu du mythe, c’est à dire la confrontation vie-mort-musique. Célébration funèbre ou rituel ésotérique, toujours est-il qu’elle place le profane à distance. L’esthétique puritaine ponctuée de sempiternels costumes-tailleurs noirs renvoie avec une cruelle exactitude le reflet d’un monde sans joie, sans couleurs, sans plaisirs (Que revienne le temps des tuniques grecques surtout portées par de tels interprètes !)

Le Liceu ouvre la saison avec un Don Pasquale débordant de joie

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Créé en 1843, alors que Donizetti avait déjà composé pas moins de 70 titres, Don Pasquale est en quelque sorte son testament théâtral. Chef d’œuvre de l’« Opera buffa », il en sera aussi pratiquement son oméga car seuls deux autres grands l'ont suivi : l'inclassable Fallstaff verdien et le très spécial Gianni Schicchi de Puccini. Intitulé à bon escient « Dramma giocoso », le propos est à première vue joyeux et insouciant, mais la trame sous-tend bien de considérations profondes sur la nature humaine, le vieillissement et la liberté individuelle. La veille de la création parisienne au Théâtre des Italiens, qui avait connu les grands succès rossiniens, Wagner présentait à Dresden son Fliegende Holländer et, quelques mois plus tard, ce sera le tour de la création du Ernani de Verdi. En 1843, Donizetti n'a que 46 ans, mais la maladie le ronge et la révolution de 1848, année de sa mort, commence à sourdre. Ceci peut expliquer le caractère vindicatif et libérateur de ce livret remanié par le compositeur lui-même sur un ouvrage d’Antonio Anelli.

Catarina Amon, à propos de Classeek

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La plateforme en ligne Classeek ne cesse de se développer. 5 ans après son lancement, elle annonce toute une série de développements dont une série de concerts de jeunes talents diffusés en ligne. A cette occasion Crescendo Magazine s’entretient avec Catarina Amon, fondatrice et PDG de Classeek. 

Classeek a été fondée en 2017. Quel bilan tirez-vous 5 ans plus tard ? 

Le bilan le plus évident est que Classeek est une belle aventure. Car c’est comme une belle histoire d’amour, toujours animée par la même passion du premier jour. On ne regrette rien et on recommencerait. Notre engagement pour servir sa mission <Découvrir, suivre et soutenir les talents à travers le monde> ne se tarit pas. La fraîcheur, l’esprit créatif et innovateur y sont essentiels. Classeek est naturellement aussi un chemin d’apprentissage. On essaye, on trie ce qui fonctionne de ce qui ne fonctionne pas, et c’est ainsi qu’on avance dans le temps. Aujourd’hui je suis fière de ce que Classeek soitt devenue et de ce qu’on a pu construire.

Nous développons une vraie communauté, avec déjà 9 ambassadeurs exceptionnels au service des jeunes, qui nous ont recommandé 37 artistes qui se sont présentés sur notre scène et en livestream et qui ont participé à notre Programme. Cette année pour la première fois nous avons ouvert une place à des candidatures et nous avons reçu 98 candidatures de jeunes artistes entre 20 et 30 ans de grande qualité pour notre Programme 2022-2023. Et nous avons 2000 utilisateurs sur la plateforme sur ClasseekLink avec de belles histoires à raconter !

Cette rentrée est marquée par de nouveaux développements de la plateforme. Pouvez-vous nous les présenter ? 

ClasseekLink est une plateforme qui a l’ambition d’être la référence de l’industrie pour les jeunes artistes afin de se présenter, se rencontrer et de rester en contact entre eux et avec les professionnels. On crée une vraie communauté. Depuis sa naissance en octobre 2020, elle est en constante progression tel le chemin de vie d’un jeune musicien. Cette saison, nous allons la rénover de manière différente : par l’expérience utilisateur, le design pour la rendre plus parlante pour les jeunes générations, agréable d’utilisation afin qu’il se sentent comme “à la maison”. Nous commençons par l’amélioration de notre produit phare : le press kit digital qui est un outil créé en 2018 et qui sera intégré au profil des artistes. En un seul geste, un artiste où qu’il soit dans le monde pourra créer son profil avec presskit intégré et se présenter gratuitement. Facile à créer, mettre à jour et partager avec les organisateurs qui peuvent télécharger les matériels nécessaires directement en un clic, il permettra d’économiser des échanges de mails successifs. Un nouvel outil sera aussi intégré à la plateforme cette saison, une Newsroom qui donnera accès en temps réel à toutes les nouvelles de l’industrie agrégées apparues sur des médias généralistes, spécialisées de musique classique,  et sur les réseaux sociaux. Cette Newsroom permet aussi de filtrer le tout par dates, des nouvelles sur des catégories plus spécifiques, comme par exemple la discographie, les revues, les prix obtenus dans les compétitions, des interviews, des nouvelles sur des festivals, des premières et, à chaque recherche, on peut trouver les noms les plus cités dans les sources trouvées. Si on cherche dans la catégorie compétitions aujourd’hui, on voit que le nom le plus cité est celui du pianiste ukrainien Dmytro Choni qui a reçu la médaille de bronze cet été à la compétition Internationale de Van Cliburn. D’autres fonctionnalités verront le jour, destinées à développer un vrai esprit communautaire.

Sophia Vaillant et les compositrices françaises

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La pianiste Sophia Vaillant fait paraître un album intitulé “Compositrices françaises d’hier et d’aujourd’hui” (IndéSens). Ce voyage musical à travers le temps met à l’honneur 10 compositrices d’Hélène de Montgeroult à Betsy Jolas, Graciane Finzi et Edith Canat de Chizy.   

Votre nouvel album se titre “compositrices françaises d'hier et d'aujourd'hui". 10 compositrices sont à l’honneur de votre nouvel  enregistrement ? Comment avez-vous sélectionné ces partitions ?

J'avais envie de regrouper des compositions de style et d'époques différentes.  J'ai d'abord choisi les compositrices que j'avais envie de mettre à l'honneur : celles dont je jouais déjà certaines de leurs pièces, celles que j'avais envie de jouer, et celles dont je pensais qu'il était nécessaire de les mettre en avant.

Ensuite, j'ai fait le choix de présenter un programme d'œuvres très  diversifiées, contrastées, et assez courtes. J'ai donc lu beaucoup de partitions, et j'ai essayé de les combiner.

Le choix dans l’ordre des plages nous fait évoluer de manière chronologique ? Pourquoi avez-vous opté pour cette progression du  temps ?

L'ordre chronologique permet de situer chacune des pièces dans son contexte historique.

On parle parfois d’un style français, d’une école française de  composition plutôt caractérisée par un amour du timbre ? Est-ce qu’il y a un trait commun à ces différentes œuvres ?

L'école française de composition est, en partie, caractérisée par  l'amour du timbre. Surtout à partir du XXe siècle, avec les compositeurs tels que Varèse, Honegger, Messiaen, ... Cette recherche sur le timbre est peut-être la caractéristique de l'évolution de la musique occidentale, à partir de la deuxième école de Vienne. Je dirai que le trait commun entre toutes ces œuvres, est la grande liberté d'écriture.