Danse

Lost connection de Wen-Jen Huang aux Hivernales : une danse hyperconnectée 

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La compagnie taïwanaise Seed Dance et sa directrice artistique Wen-Jen Huang présentent à Avignon la pièce Lost Connection. Partant du constat affolant que nos postures sont déformées par nos usages numériques, la chorégraphe propose à quatre interprètes d’incarner ce paradoxe : hyperconnectés au monde mais déconnectés les uns des autres. 

Avant d’entrer dans la salle, deux personnes nous attendent pour dire bonjour à chaque spectateur, individuellement, droit dans les yeux. Ce premier contact fait plaisir, mais est si rare que l’on se demande tout de suite ce qui va suivre. 

La bande son donne de gros indices et déclenche le mouvement : bruits de notifications, sonneries de téléphone ou génériques de série.  

Sur scène, l’unique lumière provient de lampes torches collées à la main des danseurs, reproduisant la lumière des téléphones. Émergent de l’obscurité des têtes fatiguées, des yeux cernés, des dos courbés, des bouches entrouvertes : l’exact opposé de la posture habituelle des danseurs qui se tiennent droits, le visage ouvert. Ce dispositif lumineux permet une atmosphère inquiétante composée d’ombres et d'apparitions. Le propos est ici limpide et nous renvoie à notre propre utilisation du numérique. 

Au milieu de la pièce, la source lumineuse unique est remplacée par un éclairage plus habituel. Les quatre interprètes enchaînent des duos avec des portés désarticulés et reproduisent différentes facettes de notre comportement : challenge de danse Tik Tok, scrolling, selfie, espionnage du téléphone voisin… On y voit des conduites addictives et solitaires se développer. Chorégraphiquement, c’est assez habile jusqu’à ce que le vêtement prenne une place démesurée. En effet, les interprètes jouent énormément de leurs t-shirt, qui les lient, les éloignent et leur donnent un dénominateur commun. Si cela rappelle la pièce Lamentation de Martha Graham, ici cela semble un peu éloigné du propos. 

Dans Growing piece, Madeleine Fournier rejoue le deuil des Héliades  

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La chorégraphe Madeleine Fournier, formée au CNR de Paris et au CNDC d’Angers, crée en 2025 le duo Growing piece où elle performe aux côtés de Julien Desailly, sonneur. 

La pièce commence par l’entrée du musicien avec son instrument. Il nous explique le processus de fabrication du sureau destiné à sa kaba gaïda, une cornemuse des balkans. D’abord, il souffle dans l’embout puis des mélodies couplées à des passages plus contemporains se déploient. 

Sous l’arche fleurie conçue par Andrea Baglione apparaît la danseuse dans une tenue noire en tulle. Le programme de salle nous aura prévenu : nous allons assister à ce mythe où les Héliades, inconsolables à la mort de leur frère Hélios, se transforment en peupliers. Ainsi, la pièce questionne notre rapport à la mort et à la nature. 

Madeleine Fournier apparaît, endeuillée. Elle gémit de désespoir, pousse de longues complaintes, le corps est douloureux, comprimé. 

La transformation s'amorce. La danseuse retire son linceul noir, un bustier beige apparait. Les pieds deviennent racines chez Ovide et cela se voit dans la gestuelle de l’interprète. Les mouvements s’étirent vers le haut mais toujours sur place, ses longs bras se changent en branches et elle tient ses cheveux qui deviennent feuilles. Ce corps contraint, obligé de s’exprimer à la verticale, crée une écriture chorégraphique originale bien que limitée. 

How Romantic : Katerina Andreou réinvente le concept des marathons de danse au Festival d’Avignon 

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La chorégraphe grecque Katerina Andreou propose à la compagnie nationale norvégienne, Carte Blanche, une pièce collective exaltante. L’artiste associée de la Maison de la Danse de Lyon et du Centre national de la danse livre une chorégraphie intelligente en utilisant en filigrane l’histoire des marathons de danse. Ces épreuves populaires et cruelles des années 20 voyaient aux Etats-Unis des couples désespérés danser jusqu’à épuisement dans l’espoir de gagner une maigre somme. 

Pour sa première pièce de groupe, c’est un procédé habile que choisit Katerina Andreou pour mettre à l’honneur les quatorze danseurs et dévoiler une chorégraphie bien pensée tant dans les passages individuels que dans la fureur du collectif. Si les marathons de danse ont donné lieu à différentes propositions artistiques, tel le film de Sydney Pollack On achève bien les chevaux ou le ballet éponyme de Bruno Bouché, ici, le concept est renversé. On retrouve les instants de rencontres, de slow et d’épuisements certes, mais l’épreuve s’achève à quatorze plutôt qu’avec un unique couple triomphant. 

Alors que le public s'installe, les danseurs entrent en scène. Comme nous, ils discutent, s'étirent et finissent par s'asseoir sur l’estrade qui sera le seul décor de la pièce. Un coup de sifflet retenti et le noir se fait dans l’assemblée. S'ensuit, peu à peu, le mouvement. Sur place d’abord, certains des jeunes interprètes en tenues modernes (short, jean et t-shirt) subissent des impulsions du bassin, des tremblements. On remarque que les interprètes forment des paires sans qu’ils ne soient pour autant physiquement liés. Progressivement, la danse se fait plus large et s’étale sur le grand plateau de la FabricA. Des danses de couple défilent libérées des standards habituels d’assignation de genre : swing, salsa, portés et slow sont interprétés sans distinction entre hommes et femmes. La scène d’épuisement, où les danseurs émettent des sons d'agonie, est particulièrement marquante par la qualité du mouvement. 

Comme pour avertir de la fin proche du spectacle, la musique de l'Élu du Sacre du Printemps de Stravinsky résonne. Mais alors qu’on attendait une issue macabre, les interprètes exultent : ils enjambent l’estrade, sautent toujours plus haut au rythme effréné d’un beat techno. 

Plateau partagé entre Léa Vinette et Joachim Maudet, 2 solos en extérieur au Théâtre du Train Bleu

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C’est dans les jardins du Carmel que se déroulent deux propositions originales. Lea Vinette formée à Nantes, Lyon puis à Charleroi Danse propose Nox, son premier solo créé en 2023. Joachim Maudet, formé au CNSMDP interprètera Gigi, solo qu’il peaufine depuis 2021, fruit d’une commande du festival Danse Dense. 

Dès que le public s’installe dans les gradins, il aperçoit les pieds de Léa Vinette cachée derrière un petit amas de morceaux de coton blanc. Nox tire son inspiration de l’obscurité et de la pollution nocturne qui menace nos ciels étoilés. En extérieur à 14h40 en plein mois de juillet, tout semble plus compliqué à saisir. 

C’est sous le bruit des cigales quasi exclusivement que la danseuse se dévoile peu à peu. Son torse maquillé de bleu pailleté est un costume très réussi. Elle enchaîne des poses saccadées, se voûte, parfois comme prête à se battre, parfois bien plus paisible les yeux fermés. Le spectacle suit une trame non linéaire : la chorégraphe se déplace dans le public, se déploie sur l’air de Viola d’Amore de Vivaldi, tente une échappée dans l’herbe qui entoure la scène puis finit en boule, de dos. 

Pour ces différents états de corps, Léa Vinette travaille la fasciapulsologie, une thérapie qui libère par le toucher la mémoire traumatique du corps et de l’esprit. Florence Augendre, son « soutien physiologique et conseillère artistique », en décline une pratique sensorielle appliquée au mouvement dansé. Léa Vinette choisit des supports physiologiques (cœur, utérus ou poumon) pour incarner pleinement ses gestes. Cette technique permet une danse habitée, bien que pas toujours perçue par le public.

Bang Bang, un duo énergique aux Hivernales 

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Créé en 2017 sous la forme d’un solo, cette pièce physiquement éprouvante pour l’interprète mais jouissive pour le public a beaucoup voyagé au Canada mais aussi en Europe et en France. Le chorégraphe et interprète Manuel Roque décide de transmettre cette partition à Nils Levazeux pour la danser en duo. Proposée aux Hivernales à Avignon jusqu’au 20 juillet, cette pièce met en scène deux corps solidaires face à l’effort.  

Bang Bang explore le double sens du mot performance : à la fois comme dépassement physique et comme représentation de ce travail. 

Tout commence par un squat répété dont le rebond se transmet aux pieds puis à l’ensemble du corps. Le son des pieds qui frappent le sol fait office de bande sonore. Tantôt à l'unisson, tantôt en réponse, les déclinaisons se poursuivent. Les danseurs sont d'une précision folle dans un spectacle où la moindre baisse de concentration ne leur permettrait plus de reprendre en rythme. 

Vive le sujet ! Tentatives réussies de Zoé Lakhnati et Nicole Genovese à Avignon 

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Ce programme historique pensé conjointement avec la SACD est un laboratoire de création qui commande à deux artistes une rencontre avec une personnalité de leur choix. Cela aboutit à deux formes de 30 minutes dans l’écrin du jardin de la vierge du lycée Saint Joseph. Ce concept créé en 1997, apparaît toujours comme un joyeux temps d’essais. 

Zoé Lakhnati, chorégraphe formée au CNSMD de Lyon puis à P.A.R.T.S, propose une rencontre avec Claudia Atletica, bodybuildeuse pour la pièce Claudia the Virgin. 

La chorégraphe se place au pied de la scène, en costume noir aux épaules larges avec lunettes de soleil et cheveux tirés inspectant les derniers spectateurs qui s’installent. Vigile attentive, elle reçoit des ordres de la sécurité en voix off. Tout est fin prêt pour l’apparition de la vierge. 

Vous avez bien lu, la vierge apparaît dans un immense drapé bleu pétrole et salue sa miniature blanche en ce lieu magnifique. Un autel se constitue à ses pieds, composé d’une statue d’athlète, de coupes de victoires sportives et de baskets dorées. Du tissu s’extrait Claudia Atletica et son corps veiné, aux muscles saillants. 

La rencontre opère quand la danseuse tombe à plat ventre, la bodybuildeuse se dresse alors debout sur son dos. Magie du spectacle vivant en extérieur, quelques gouttes de pluie tombent. Peu à peu les rôles s’estompent : elles jouent de leurs poids, contrepoids et de la gravité pour proposer des figures multiples avec différents points de contact et portés. C’est au moment où l’on s’interroge sur ce qui se joue que la voix off revient et se demande “qui protège qui ?”. 

Apogée de la violence pour T’façon on est en 2012 de Loraine Dambermont 

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Créé en 2025, T’façon on est en 2012 est un trio qui cherche à questionner le phénomène des clash en ligne. Après Toujours de ¾ face !, le second opus de la trilogie mes années bagarre laisse un goût plus âpre. 

Tout commence par la retransmission audio d’extraits du “clash des Lopez” : un phénomène internet qui montre des membres d’une même famille s’insulter par vidéos interposées. Dans les sous titres projetés, certains mots sont tronqués pour nous éviter une violence langagière. Cela n'empêchera pas l’expression d’une grande violence physique. Trois silhouettes se dégagent en jogging noir dans une lumière presque toujours blanche. Les danseurs prennent des poses hachées nettes pour donner corps aux mots. Les mouvements se répètent puis s’accélèrent jusqu’à ce qu’un des danseurs prenne une chaîne pour fouetter le sol. Reste ensuite le silence glaçant, de ce qu’on peut interpréter comme une mise à mort. Puis l’action reprend et le son de plus en plus fort accompagne une lumière puissante qui nous fait face. Les trois interprètes avancent vers nous, on craint qu’ils descendent dans le public pour lui faire mal. 

Si l’on peut saluer le travail de coordination entre son et geste, ainsi que l’endurance des trois danseurs, on retient plutôt la démonstration de la violence qui met le public à rude épreuve plutôt que la dénonciation de la virilité toxique. 

Si l’on peut saluer le travail de coordination entre son et geste, ainsi que l’endurance des trois danseurs, on retient plutôt la démonstration de la violence qui met le public et le corps des interprètes à rude épreuve plutôt que la dénonciation de la virilité toxique. 

Fabrice Lambert propose un voyage en eaux profondes aux Hivernales 

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Chorégraphe attentif depuis longtemps aux liens entre l’Homme et les éléments naturels, Fabrice Lambert s’inspire cette fois des mouvements de l’océan. Déclinaison de Renverse créée en 2025 pour 8 interprètes, La vitesse de l’eau est un trio brillant : à découvrir aux Hivernales à Avignon jusqu’au 20 juillet. 

A la baguette, le compositeur Patrick de Oliveira, habitué des collaborations chorégraphiques (avec Jann Gallois ou les frères Ben Aïm par exemple), signe une partition élaborée en même temps que la chorégraphie. Sur scène 3 interprètes : Eve Bouchelot, Elsa Dumontel et Agathe Thévenot entièrement dévouées à une écriture chorégraphique exigeante. On assiste donc à une version resserrée, mais non moins puissante. 

Tout commence par un bruissement de pieds qui laisse deviner le déplacement des trois danseuses dans l’obscurité. De dos d’abord, on les suit des yeux lorsqu’elles oscillent à une même fréquence. Tantôt à l’unisson, tantôt reliées par une vibration commune, les trois danseuses sont quasi perpétuellement en mouvement durant ces 50 minutes foudroyantes. Elles développent une grande puissance ponctuée de brefs instants de suspension. Parfois on ressent même l’ivresse d’une scène de battle lorsque tout devient plus circulaire et que des solos émergent. 

Les déplacements mettent la scène en mouvement et les compositions chorégraphiques explorent différents états de la mer. Nous sommes contemplatifs et fascinés devant cette houle faite de marche aux tempos divers qui se transforme en clapotis, plus courts et irréguliers, grâce à des roulades et quelques arabesques, puis c’est un remous qui prend forme avant un tumulte explosif où se dévoilent des renversés rapides et des mouvements de bras larges qui accentuent l’ampleur des tourbillons. 

Sarah Adjou mène sa revue au théâtre du Train Bleu 

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Sarah Adjou, danseuse et chorégraphe, a créé ce troisième solo en 2025 : un petit bijou qui se joue jusqu’au 22 juillet à 11h les jours pairs au Théâtre du Train Bleu à Avignon. 

La chorégraphe utilise la forme de la revue et propose une dizaine de tableaux revisités entre humour et émotion avec un grain de folie. Elle choisit les hits du genre comme lorsqu’elle interprète en playback “je veux un millionnaire” de Mistinguett mais elle en propose un détournement habile quand elle finit par s’étouffer dans sa robe à froufrous. D’autres moments sont plus intimes : on la découvre juste avant l’entrée en scène, en train de se maquiller, assaillie de doutes ou au bord d’une route bruyante à rêver de rôles.  

Les transitions sont soignées et bien articulées, passant du cabaret au tango toujours avec une empreinte contemporaine. On découvre que tous les styles vont comme un gant à cette danseuse hors norme. Son corps est capable de se désarticuler, ses mains sont comme un deuxième personnage indépendant : intrusives d’abord en la grattant, créatrices ensuite dans leurs gants rouges. Sarah Adjou se révèle être une technicienne brillante mais sa souplesse et ses capacités indéniables ne sont jamais démonstratives. Ses choix de formation (workshops de compagnies comme la Veronal, Peeping Tom ou Batsheva) lui ont permis de développer l’aspect loufoque de son travail.

Le décor est un cube aux arêtes arrondies et métalliques qui remplit différentes fonctions : partenaire pour le tango, petite loge, comptoir de bar… Cette structure de moins d’un mètre de haut se révèle pour finir un peu encombrante. On lui a préféré les éléments du costume d’abord suspendu, qui prennent peu à peu la lumière et accompagnent le corps de la danseuse (jupe, gants, chaussures). La musique parfois trop illustrative n’est pas à la hauteur de la poésie du mouvement qui se suffirait à lui-même. 

Hofesh Shechter : Theatre of Dreams au Théâtre de la Ville

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Il doit être un peu plus de 21 h au Théâtre de la Ville. Cela fait près de soixante minutes que Theatre of Dreams nous secoue dans une fourmilière d'états émotionnels différents. Au sommet du climax, les treize danseurs et danseuses nous font face en ligne, et la transe des sonorités électroniques créées par le chorégraphe lui-même fait place à une musique d'inspiration sud-américaine festive et décalée qui anime les danseurs dans un mélange de pas savants et de danses en lignes stylisées. C'est un choc pour le spectateur, qui comprend peu à peu que la compagnie s'ouvre à lui : la ligne avance, le quatrième mur s'effondre, et en quelques secondes le public danse. Le timing est parfaitement orchestré pour faire tomber, puis réinstaller le protocole, et ce moment de danse collective s'arrête comme il est venu, la fenêtre se referme et nous repartons dans la partie finale du ballet.

J'ai beau savoir que ce partage n'est pas une première chez Hofesh Shechter et que faire participer le public dans un contexte de création subventionné n'a rien de spécialement transgressif en 2026, tout est une question de contexte. Le vivre pour la première fois sous une forme aussi construite est un bonheur pour moi qui suis plus habitué au public figé de musique classique et contemporaine. C'est curieusement la simplicité déroutante de cet instant qui restera le plus dans ma mémoire de spectateur. Comme nourri de l'écriture soutenue qui le précède, et de celle qui va suivre, le chorégraphe-compositeur place ce moment explosif au centre d'une toile soigneusement tissée.

Créé en 2024 dans ce même théâtre, avec les lumières de Tom Visser, les costumes d'Osnat Kelner et une collaboration à la scénographie de Niall Black, Theatre of Dreams se déploie en une multitude d'états du rêve sous toutes ses formes. Sensation de voler, de courir dans le vide, d'évoluer nu comme un ver en regardant un public : Shechter ne semble oublier aucune de ces propositions oniriques, il les enchaîne, les superpose, sans jamais s'y installer, nous ballottant ainsi entre rêve et cauchemar, entre acteur et spectateur, ordre et chaos, mouvement et immobilité. La rythmique ternaire du début possède la même efficacité que dans sa danse des clowns (extrait du ballet Clowns, 2017). Telle une lame de couteau, elle subdivise et superpose les temporalités. La partie médiane qui mène au climax est investie par trois musiciens (Yaron Engler, Sabio Janak et Alex Paton) dans une texture hybride où l'on croit reconnaître mille et une cultures musicales différentes. Shechter se place ici en chorégraphe des sons.