Disparition de la soprano Judith Blegen (1941-2026)

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La soprano américaine Judith Blegen vient de s'éteindre à l'âge de 85 ans. Le Metropolitan Opera de New York, dont elle fut l'une des figures familières pendant vingt et une saisons, a annoncé la nouvelle en saluant la mémoire d'une artiste au timbre clair et argentin, à la présence scénique immédiatement attachante.

Née le 27 avril 1941 à Lexington (Kentucky) et élevée à Missoula (Montana), Judith Blegen se forme d'abord au violon avant de se consacrer au chant au Curtis Institute de Philadelphie, notamment auprès de Martial Singher. Elle fait ses premières armes en Europe : au Festival de Spoleto, où elle participe à la création de Help, Help, the Globolinks! de Menotti, puis à l'Opéra de Nuremberg (1965-1968), où elle débute en Olympia des Contes d'Hoffmann, avant de rejoindre l'Opéra de Vienne et le Festival de Salzbourg. Ce parcours européen forge une soprano lyrique légère à l'aise dans les répertoires français, italien et allemand.

De retour aux États-Unis, elle fait ses débuts au Metropolitan Opera en 1970 dans le rôle de Papagena de La Flûte enchantée. La maison new-yorkaise devient le centre de gravité de sa carrière : vingt rôles y seront les siens. Le public la découvre en Adina de L'Élixir d'amour, aux côtés du Nemorino de Luciano Pavarotti — un duo qu'ils reprendront sur quatre saisons et qui restera fixé par une retransmission télévisée très diffusée en 1981. Mais c'est Sophie du Chevalier à la rose de Strauss qui demeure son rôle fétiche, chanté trente-sept fois et porté à l'écran lors d'une diffusion télévisée en 1982.

Son art s'étend bien au-delà de ces emplois, de Susanna des Noces de Figaro à la Gilda de Rigoletto, de Gretel de Hänsel und Gretel à la Mélisande de Pelléas et Mélisande, témoignant d'une rare amplitude. Elle laisse par ailleurs une discographie marquante au disque comme au concert, de la Carmina Burana d'Orff au Requiem de Fauré, en passant par la Quatrième Symphonie de Mahler.

Épouse de Raymond Gniewek, longtemps premier violon du Metropolitan Opera, Judith Blegen était restée, bien après la fin de sa carrière de chanteuse, une familière de la maison

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