Le Journal

Bruno Messina prend la tête des Chorégies d'Orange

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Le conseil d'administration de la SPL des Chorégies d'Orange a désigné Bruno Messina pour succéder à Jean-Louis Grinda à la direction du plus ancien festival lyrique français. Sa prise de fonctions interviendra en septembre 2026, au terme du mandat décennal de son prédécesseur.

Ethnomusicologue de formation, Bruno Messina dirige depuis 2009 l'EPCC AIDA, qui pilote le Festival Berlioz de La Côte-Saint-André et le Festival Messiaen au Pays de la Meije. Musicien, écrivain, pédagogue et spécialiste des politiques culturelles, il a également dirigé la Maison de la musique de Nanterre et le Festival de Fès, au Maroc.

Le président de la SPL, Richard Galy, met en avant chez le nouveau directeur la solidité de son expérience institutionnelle et sa capacité à fédérer artistes, partenaires et publics — des qualités appelées à se déployer dans un contexte où la pérennité des grandes maisons lyriques d'été n'est plus un acquis.

Le Royal Ballet and Opera supprime 64 postes

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Le Royal Ballet and Opera (RBO) va supprimer 64 postes, soit environ 5 % de ses effectifs (1 169 salariés), afin d'assurer sa viabilité financière à long terme. Neuf licenciements contraints sont annoncés ; le reste passera par des postes non pourvus, des départs volontaires et le renouvellement naturel des équipes. Les négociations menées avec le syndicat BECTU sont conclues dans tous les domaines, sauf celui de l'expérience visiteur (accueil et billetterie), où une réorganisation des plannings entraînera la suppression nette de plus de 4 000 vacations. Un gel des recrutements pourrait y être instauré, sans licenciement contraint. L'institution de Covent Garden affirme vouloir concentrer ses ressources sur l'excellence artistique, l'élargissement des publics et l'investissement dans ses sites, et agir « dès maintenant » malgré une situation actuelle saine. Ces coupes prolongent la séquence de tensions financières qui frappe l'opéra britannique — du Welsh National Opera à Glyndebourne, et surtout de l'English National Opera, contraint de réduire orchestre et chœur, de voir partir son directeur musical Martyn Brabbins et de nouer un partenariat de relocalisation avec le Grand Manchester.

Matthias Pintscher prolongé au Kansas City Symphony jusqu'en 2034

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Le Kansas City Symphony a annoncé la prolongation pour cinq saisons supplémentaires du contrat de son directeur musical Matthias Pintscher, qui restera à la tête de la phalange américaine jusqu'à l'issue de la saison 2033-2034.

Âgé de 55 ans, le chef et compositeur allemand n'en est pourtant qu'à sa deuxième saison à Kansas City, où il avait succédé à Michael Stern après dix années à la direction musicale de l'Ensemble intercontemporain. Ses débuts ont été marqués par une montée en visibilité internationale, avec une première tournée européenne en 2024 et un retour sur le continent prévu en août 2026.

Matthias Pintscher entame par ailleurs sa septième saison comme Artistic Partner du Cincinnati Symphony Orchestra. Il a notamment été Artist-in-Association du BBC Scottish Symphony Orchestra, chef principal du Lucerne Festival Academy Orchestra et Creative Chair du Tonhalle-Orchester de Zurich.

7e édition des Masterclasses Gabriel Pierné à Metz

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Du 8 au 11 juillet 2026, l'Arsenal de Metz accueille la 7e édition des Masterclasses internationales de direction d'orchestre Gabriel Pierné, sous la conduite de David Reiland, directeur musical de l'Orchestre national de Metz Grand Est.

Six jeunes cheffes et chefs, sélectionnés parmi une centaine de candidatures, travailleront durant quatre jours avec la phalange messine : Julius Akira Mauldin (Japon/États-Unis), Marie Célérier (France), Vincent Siret (France), Subin Kim (Corée du Sud), Tianyi Xie (Chine) et Liubov Nosova (Russie). Plusieurs d'entre eux figurent déjà parmi les noms à suivre — Liubov Nosova, deuxième prix La Maestra 2024 et future cheffe assistante de l'Ensemble intercontemporain, ou Tianyi Xie, finaliste remarqué du Concours de Besançon 2025.

La semaine se clôturera par un concert public dans la Grande Salle de l'Arsenal, le samedi 11 juillet à 20h, avec un programme associant une création d'Alain Celo (Lever de soleil sur le Grand Canyon, extrait), la Symphonie n°4 de Schumann et la suite 1945 de L'Oiseau de feu de Stravinsky.

Lancé en 2020 par la Cité musicale-Metz en partenariat avec l'Académie La Maestra de la Philharmonie de Paris et le Festival international de musique de Besançon, le projet s'inscrit dans le plan d'actions du Réseau des villes créatives de l'UNESCO, dont Metz est membre depuis 2019 au titre de la musique.

Signum Records rejoint le PIAS Label Group

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Le label britannique Signum Records intègre le PIAS Label Group, qui renforce ainsi sa position dans la musique classique amorcée en 2015 avec l'arrivée d'Harmonia Mundi.

Fondé en 1997 par Steve Long et Alistair Dixon, Signum fêtera ses trente ans en 2026. Reconnu pour ses enregistrements de musique ancienne, chorale et orchestrale — couronnés notamment par le titre de « Label of the Year » des Gramophone Awards 2017 —, le label revendique un catalogue de près de mille références, bientôt un milliard d'écoutes en streaming et plus de quarante nouveautés annuelles. Parmi ses artistes : The King's Singers, Tenebrae, Alessio Bax, Julian Bliss, le Philharmonia Orchestra et l'ensemble Gabrieli de Paul McCreesh.

Signum conserve sa marque, sa direction artistique et son autonomie éditoriale. Son cofondateur Steve Long demeure Managing Director et bénéficiera désormais de l'infrastructure mondiale et des capacités de distribution du groupe PIAS.

Antony Hermus au BBC Scottish Symphony Orchestra

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Le BBC Scottish Symphony Orchestra annonce la nomination d'Antony Hermus comme chef principal à compter de septembre 2027. Le chef néerlandais vient tout juste d'achever son mandat à la tête de l'Orchestre National de Belgique, dont il devient chef lauréat pour la saison 2026-2027.

Parmi ses récents engagements comme chef invité figurent un retour au Royal Concertgebouw Orchestra et, en qualité de premier chef invité d'Opera North, la production de Simon Boccanegra (2025), récompensée par un Sky Arts Award.

Antony Hermus entretient avec le BBC SSO une relation suivie depuis ses débuts en 2018, marqués par un programme associant les Mysteries of the Macabre de Ligeti à une version condensée du Ring de Wagner. En octobre prochain, il dirigera la Dixième Symphonie de Mahler à Glasgow et à Perth.

« Je suis enthousiaste à l'idée d'aborder ce nouveau chapitre à la tête du BBC SSO », déclare le chef. « Derrière ce jeu phénoménal se tient un ensemble de musiciens humains, curieux et intrépides. C'est cet esprit qui rend si exaltante mon intégration à cette famille. »

Antony Hermus succédera à Ryan Wigglesworth au terme de la cinquième saison de celui-ci. Il rejoindra la première cheffe invitée Delyana Lazarova et le partenaire créatif Ilan Volkov.

Philopéra : un orchestre symphonique autogéré naît à Paris

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Les musiciens de l'Orchestre de l'Opéra national de Paris lancent leur propre association symphonique. Concert inaugural le 6 septembre 2026 au Palais Garnier, sous la direction de Daniel Harding.

C'est une première en France. Officiellement créée en décembre 2024 avec l'accord de l'Opéra de Paris, l'association Philopéra réunit 116 musiciens — sur les 174 que compte l'orchestre — autour d'un modèle inédit dans l'Hexagone : une formation entièrement auto-gérée, où les instrumentistes choisissent eux-mêmes leurs programmes et leurs chefs invités. Le précédent existe ailleurs en Europe, avec les Wiener Philharmoniker, la Filarmonica della Scala et le Bayerisches Staatsorchester, tous trois issus d'une fosse d'opéra. Paris rejoint donc, avec un demi-siècle de retard parfois, cette tradition d'émancipation symphonique des phalanges lyriques.

Le projet artistique s'articule autour de quatre axes : concerts symphoniques en France et en Europe — le Victoria Hall de Genève, le Concertgebouw d'Amsterdam et le Konzerthaus de Vienne sont mentionnés parmi les ambitions —, musique de chambre dans des lieux d'exception, défense du répertoire français rare ou oublié, et transmission auprès de publics éloignés de la musique classique. Ces activités resteront distinctes de la programmation de l'Opéra national de Paris.

Le concert inaugural aura lieu le dimanche 6 septembre 2026 à 20h00 au Palais Garnier, sous la direction de Daniel Harding. Au programme, deux œuvres de jeunesse qui dialoguent par-dessus soixante-dix ans d'histoire symphonique : la Symphonie n° 3 de Schubert et la Symphonie n° 1 « Titan » de Mahler. Le choix n'est pas anodin : Schubert maître du lied, Mahler chef d'opéra autant que symphoniste — deux compositeurs qui ont précisément traversé la frontière entre chant et orchestre, exactement le geste que les musiciens accomplissent en passant de la fosse à la scène.

L'argument identitaire est revendiqué : une sonorité « forgée dans la fosse », nourrie du contact quotidien avec le chant et la danse, qui se distinguerait du paysage symphonique parisien établi. La promesse, séduisante sur le papier, devra évidemment se vérifier à l'épreuve du Garnier.

Billetterie et informations : philopera.paris

Un cahier d'élève signé Mozart refait surface à la BnF

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La Bibliothèque nationale de France a annoncé ce vendredi 19 juin 2026 l'identification d'un manuscrit autographe inédit de Wolfgang Amadeus Mozart, témoin direct de son ultime séjour parisien à l'été 1778. Sept pièces pour flûte et harpe et une douzaine de leçons de composition y dorment depuis plus de deux siècles.

L'objet, à première vue, n'a rien d'impressionnant : un cahier de quarante-quatre pages, anonyme, sans titre, glissé dans un paquet de papiers de musique de la fin du XVIIIᵉ siècle. C'est en l'examinant le 2 février dernier que François-Pierre Goy, chargé des collections musicales antérieures à 1800 au département de la Musique de la BnF, reconnaît une écriture familière — celle de Mozart. L'hypothèse est rapidement validée par la musicologue Laurence Decobert, qui avait été commissaire de l'exposition Mozart, une passion française en 2017, puis confirmée en avril 2026 par Armin Brinzing, directeur de la Bibliotheca Mozartiana du Mozarteum de Salzbourg.

Le contenu se révèle aussi précieux que le contenant est modeste. Le cahier rassemble les exercices et les pièces que Mozart dispense quotidiennement, de mai à juillet 1778, à son élève Marie-Louise-Philippine de Bonnières de Guînes (1759-1795), harpiste accomplie et fille du duc de Guînes — Adrien-Louis de Bonnières de Souastre, flûtiste renommé et commanditaire du fameux Concerto pour flûte et harpe KV 299. Le manuscrit constitue le plus ancien témoignage connu de l'enseignement mozartien de la composition, et entre directement en résonance avec la lettre que le compositeur adresse à son père le 14 mai 1778, où il décrit ces séances avec une lucidité parfois désabusée sur les capacités musicales de son élève.

Le dernier exercice est inachevé, les six dernières pages restent vierges : tout indique que le cahier correspond aux ultimes leçons, interrompues par le départ précipité de Mozart de Paris après la mort de sa mère en juillet 1778. Le document a refait surface par un long détour révolutionnaire : il faisait partie de deux paquets de musique confisqués au domicile du duc de Guînes en 1794, entrés à la Bibliothèque dans les années suivantes — et oubliés depuis.

Les sept pièces pour flûte et harpe — vingt minutes de musique au total — seront jouées en première mondiale ce dimanche 21 juin, jour de la Fête de la musique, dans la Salle Ovale du site Richelieu, par deux solistes de l'Orchestre philharmonique de Radio France : la flûtiste Mathilde Caldérini et le harpiste Nicolas Tulliez. L'enregistrement sera diffusé le lendemain sur France Musique à 15h00. Le manuscrit original devrait rejoindre ensuite les vitrines du musée de la BnF.

Pour un répertoire flûte-harpe historiquement avare en pages originales, l'aubaine est rare. Pour la musicologie mozartienne, le document ajoute une pièce inattendue à un dossier que l'on croyait clos.

Un manuscrit inédit de Béla Bartók refait surface

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L'antiquaire musical hongrois Ádám Bősze a révélé l'existence d'un autographe inconnu de Béla Bartók, daté du 1ᵉʳ octobre 1907. Le feuillet, adressé à la violoniste Stefi Geyer, vient enrichir la connaissance d'une période-clé de la biographie du compositeur.

Le document répond à une lettre envoyée à Bartók le 29 septembre 1907 par Stefi Geyer, qui lui demandait comment il harmoniserait une mélodie qu'elle lui soumettait. La réponse du compositeur, rédigée deux jours plus tard, prend la forme d'une brève réalisation musicale précédée de la mention « Így ni! » (« Comme ceci ! ») et portant l'indication de tempo Adagio molto. Une seconde indication apparaît sous la première portée : con molto espressione, amoroso.

Quatre passages sont explicitement signalés par Bartók comme citations du « motif Stefi Geyer », ce leitmotiv que le compositeur emploie également dans son Concerto pour violon n°1, partition dédiée à la violoniste et restée inédite jusqu'à sa création posthume en 1958.

Le manuscrit a été identifié lors d'une vente aux enchères en Espagne, où il était présenté comme une simple page d'album musical. Ádám Bősze l'a acquis en 2024 et n'en avait jusqu'à présent pas divulgué l'existence.

László Vikárius, directeur des Archives Bartók de Budapest, valide l'authenticité du document — non signé — et estime qu'il constitue une pièce essentielle du patrimoine musical hongrois.

Source : Papageno (Budapest), 16 juin 2026

Antonello Manacorda, nouveau directeur artistique et musical des Siècles

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L'orchestre Les Siècles vient d'annoncer, ce 19 juin, la nomination d'Antonello Manacorda à sa direction artistique et musicale. Le chef italien, né à Turin et établi à Berlin, succède dans cette fonction à une histoire écrite depuis 2003 par François-Xavier Roth, fondateur de la phalange.

Figure montante de sa génération, Antonello Manacorda a forgé son identité musicale dans le sillage de Claudio Abbado, qui le nomma premier violon du Gustav Mahler Jugendorchester en 1994. Membre fondateur du Mahler Chamber Orchestra, il a ensuite dirigé la Kammerakademie Potsdam de 2010 à 2025, élevant l'ensemble allemand au rang des références internationales de l'interprétation historiquement informée — un terrain naturel de convergence avec Les Siècles.

La rencontre artistique entre le chef et l'orchestre s'est nouée à l'automne 2025, lors d'une série de concerts à Amsterdam, Bruges, Tourcoing et Paris, qui a débouché sur une volonté commune d'engagement au long cours. « L'apport des Siècles dans l'interprétation du répertoire français est aujourd'hui essentiel », souligne Antonello Manacorda, qui entend également interroger la manière dont Mozart, Beethoven, Brahms, Mahler, Schumann ou Stravinsky « peuvent sonner à notre époque, au XXIe siècle, sur instruments d'époque ».

La première saison du nouveau directeur artistique et musical s'ouvrira au Théâtre des Champs-Élysées, dont l'orchestre est en résidence depuis 2022/2023, avec une nouvelle production de Thaïs de Jules Massenet, dans une version incluant des passages inédits depuis la création. Dès la saison 2026/2027, Antonello Manacorda retrouvera Les Siècles pour un programme autour de La Mer de Debussy, donné à Munich et à Hambourg. Le programme complet de la saison 2027/2028 sera dévoilé au printemps 2027.