Le Journal

L’orgue Contius de Louvain retient à nouveau son souffle pour la paix et le climat

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Il y a un an, nous nous sommes faits l’écho dans ces colonnes des 24 heures de musique d’orgue pour le climat et la paix, de la deuxième édition du Festival International Contius-Bach et d’une Académie d’été sur l’orgue Contius de la Sint-Michiel Vredeskerk de Louvain, réplique de l’orgue historique de l’église de la Sainte-Trinité de Liepāja en Lettonie construit par Heinrich Andreas Contius entre 1774 et 1779. Notre collègue Christophe Steyne a, pour sa part, commenté le très bel enregistrement paru chez Ramée dans lequel Bart Jacobs donne un large aperçu des qualités de l’instrument louvaniste.

Cette année encore, le bienveillant Bernard Foccroulle et ses acolytes remettent le couvert autour de cet orgue exceptionnel.

Si les organisateurs ont un peu réduit la voilure s’agissant des plaidoyers pour le climat et la paix (il est vrai qu’en dépit des chaufferettes prévues l’année dernière, l’église Saint-Michel s’était avérée particulièrement fraîche durant la nuit), l’initiative n’en demeure pas moins ambitieuse. Le 27 avril, des organistes talentueux se succéderont à la tribune de midi à minuit sans interruption. Parmi eux, Cindy Castillo, Laurens de Man (premier organiste lauréat du prestigieux Nederlandse Muziekprijs), la jeune organiste italienne Francesca Ajossa, Bruno Bruyninckx, David Burn, Wouter Dekoninck, Luc Ponet, Noémie Schellens, Wim Winters et plusieurs étudiants de conservatoires, sans oublier bien entendu Bernard Foccroulle himself. Toutes les heures, le programme musical sera ponctué d’allocutions de journalistes et de personnalités du monde politique, associatif et littéraire (le bourgmestre Mohamed Ridouani, Rudi Vranckx, Mark Eyskens, Geert van Istendael,...). L'entrée est gratuite, sans réservation.

 Cette manifestation sera suivie de concerts hebdomadaires, en mai, juin, septembre et octobre, tous les jeudis à 12h15 (entrée libre) et de six concerts Bach en soirée, donnés par de jeunes organistes européens de premier plan.

 Du 4 au 13 juillet 2024 se déroulera la troisième édition du Festival international Contius-Bach. Des artistes étrangers de premier plan s’y produiront, tels qu'Annette Richards, Monica Melcova, Jan Willem Jansen, Jean-Luc Ho, Miklos Spanyi, ainsi que Bernard Foccroulle, qui accompagnera la mezzo-soprano française Floriane Hasler, quatrième lauréate de l’édition 2023 du Concours Reine Elisabeth. Le festival sera inauguré par l’ensemble a nocte temporis, sous la direction de Reinoud Van Mechelen, qui interprétera des cantates de Johann Sebastian Bach et de Telemann. Le concert de clôture comprendra des concertos de Carl Philip Emmanuel Bach interprétés par le Concerto Armonico Budapest dirigé par Miklos Spanyi, grand spécialiste de ce compositeur.

 Un symposium sera également organisé au cours du festival, durant lequel des spécialistes belges et internationaux partageront leurs connaissances concernant les deux figures centrales de cette troisième édition du festival : le Cantor de Leipzig et le Bach de Berlin.

L’académie accueillera jeunes chanteurs et organistes, en collaboration avec la Chapelle Musicale Reine Elisabeth. Des master classes se tiendront sur l'orgue Contius et sur d'autres orgues du riche patrimoine musical de Louvain. Francesca Ajossa sera « intronisée » à cette occasion en tant que nouvelle organiste en résidence en 2024 et 2025. Elle succèdera en cette qualité à Laurens de Man.

 Tous les détails du festival et des master classes sont disponibles sur le site de la Fondation Contius-Bach.

Olivier Vrins

L'Opéra de Liège commémore Puccini

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Pour commémorer Giacomo Puccini, décédé à Bruxelles le 29 novembre 1924, l'Opéra royal de Wallonie-Liège a commandé au jeune compositeur et chef d'orchestre Andrea Battistoni un opéra original en son honneur, pour orchestre, chœur et solistes.
Intitulée Pucciniana, l'oeuvre se veut un regard neuf sur des œuvres méconnues de Puccini et sera présentée précisément à la date du centenaire, le 29 novembre, en même temps qu'une anthologie d'airs d'opéra

Le festival d’Aix-en-Provence doit réduire la voilure

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Des économies sont programmées dès l’été prochain pour retrouver l’équilibre financier alors que les collectivités et le ministère de la Culture cherchent des solutions.

En cause, le déficit important pour l’édition 2023dont le montant n’est pas encore publié. L’édition 2023 était celle des 75 ans. Un anniversaire qui marque. À l’arrivée de Pierre Audi, nouveau directeur en 2018, le mécénat était de 4 millions, et représentait 20% du budget de 21,5 millions d’euros. L’homme, porteur d’une vision artistique ambitieuse, avait déclaré vouloir en faire le meilleur festival du monde.
En 2022, le mécénat atteignait 8 millions, et représentait 30% d’un budget total de 27 millions d’euros, dont un tiers vient de subventions (4,6 millions du ministère, 1,6 de la ville, 930.000 de la métropole, le département 985.000 et la région, 1 million). Tout portait à croire qu’une hausse du mécénat accompagnerait l’édition des 75 ans, avec neuf opéras programmés, dont trois en version concert, sept orchestres invités et 75.000 spectateurs.

Mais crise économique et inflation sont passés par là :les mécènes n’étaient pas au rendez-vous. Ou pas assez. Nous avons des mécènes fidèles et qui nous soutiennent fortement, mais nous avons été trop confiants. Nous avions anticipé une augmentation plus forte qu’elle n a été», dit Stéphanie Deporcq.

Le festival promet donc de réduire la voilure, une fois sorti de la zone de risques et de maintenir tant les actions locales telles Aix en juin, la Grande Parade, que la réputation d’excellence qui est la sienne. C’est une petite structure facilement réactive. Pour 2024, il a reporté à 2026 Les Vêpres siciliennes ; en 2023, il avait troqué la production scénique du Prophète de Meyerber contre une version concert puisque l’Opéra de Paris s’était retiré du projet dont il devait être coproducteur.

En attendant, à Aix, les acteurs de la culture s’inquiètent. Qui paiera le déficit du festival d’art lyrique et quels acteurs de la Culture vont en faire les frais ? En ces temps de vaches maigres, où chaque aide publique est soupesée, où chaque compagnie se bat bec et ongles pour conserver son budget qui se compte plutôt en dizaines de milliers d’euros, les déboires du festival d’art lyrique effraient.

Semyon Bychkov ne renouvellera pas son contrat

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Le chef Semyon Bychkov, directeur musical de la Philharmonie tchèque depuis 2018, a annoncé qu'il ne renouvellerait pas son contrat et mettrait fin à son mandat à la fin de la saison 2027-28.

Inauguration du Centre Nikolaus Harnoncourt

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L'Université privée Anton Bruckner ouvrira un Centre Nikolaus Harnoncourt le mois prochain à St Georgen im Attergau, le village où il est décédé il y a huit ans.

"En 2024, Nikolaus Harnoncourt aurait eu 95 ans. Son parcours l'a mené de Berlin, sa ville natale, à St. Georgen im Attergau, en passant par Graz et Vienne, d'où il a déployé une influence pionnière dans le monde entier, tant sur le plan musical qu'artistique. Harnoncourt était une personnalité artistique exceptionnelle et inspirante de renommée mondiale, mais aussi un promoteur engagé et courageux de la région culturelle de Haute-Autriche, en particulier de la relève artistique."

L'ouverture solennelle du Centre, pendant les cinquièmes journées Harnoncourt (du 3 au 5 mai 2024) sera accompagnée de celle de l'exposition "Nikolaus et Alice Harnoncourt : la musique est un langage" qui dresse le portrait du parcours de vie du couple Harnoncourt, ainsi que du voyage pionnier de leur communauté de découvreurs et qui offre un aperçu de la méthode de travail d'Harnoncourt, de son évolution musicale ainsi que des vastes archives de la famille Harnoncourt.

Karl Loewe, 155 ans

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Carl Loewe, né à Löbejün le 30 novembre 1796 et mort à Kiel le 20 avril 1869, est un compositeur, pianiste, organiste, chef d'orchestre, chanteur, professeur et scientifique allemand.
On compare fréquemment Loewe avec son contemporain Franz Schubert.

Issu d'une famille catholique modeste, Loewe est initié à la musique grâce à son père, instituteur. Puis, à partir de 1810, il étudie avec Daniel Gottlob Türk, cantor et organiste à Halle. En 1820 il est nommé organiste puis cantor de la Jacobkirche de Stettin en Poméranie (aujourd'hui située en Pologne) où il reste pendant 46 ans, cumulant d'autres fonctions, notamment d'enseignement.

Il est l'auteur de nombreux lieder et pièces instrumentales, principalement écrits au début de sa carrière. Son opus 1, Erlkönig (Le Roi des Aulnes, 1818) composé trois ans après Schubert sur le poème de Goethe, fait sensation. Il se consacre par la suite à l'opéra et l'oratorio. Il fut chanteur (ténor), organiste, pianiste -s'accompagnant lui-même au piano- et chef d'orchestre : le 20 février 1827, il dirige la première de l'ouverture du Songe d'une nuit d'été de Mendelssohn, jeune compositeur âgé de 18 ans.

À partir des années 1840, il se produit en concert : Berlin et Vienne d'abord en 1844,  Londres en 1847,  Scandinavie en 1851, France en 1857.

Il connut un grand succès à son époque et se produisit dans différentes cours princières. Il a connu une désaffection dans la seconde partie du XXe siècle, sauf dans son pays d'origine.

Yannick Nézet-Séguin au Curtis

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Le Curtis Institute of Music a annoncé qu'il va élargir le programme de direction d'orchestre en créant un programme de formation conçu pour offrir aux jeunes chefs d'orchestre les plus prometteurs un mentorat de direction unique dans le répertoire lyrique et symphonique.
James Ross rejoindra la faculté en tant que directeur des études orchestrales à partir de l'année académique prochaine.
Yannick Nézet-Séguin supervisera l'ensemble du programme de direction d'orchestre et travaillera individuellement avec les chefs d'orchestre boursiers sur le répertoire opératique et symphonique.

 

Jonathan Bloxham, nouvelles fonctions

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Le chef d'orchestre britannique Jonathan Bloxham a été choisi pour diriger la Nordwestdeutsche Philharmonie.
Il succède à Jonathon Heyward, qui est maintenant à Baltimore.

Jonathan Bloxham est également directeur musical du Lucerne Theater et chef d'orchestre résident et conseiller artistique du London Mozart Player.

"Iphigénie en Aulide" de Christoph Willibald Gluck, 250 ans

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Iphigénie en Aulide est une tragédie lyrique en trois actes sur un livret de François-Louis Gand Le Bland Du Roullet, créée à Paris le 19 avril 1774 à l'Académie royale de musique.

C'est par l'intermédiaire de Le Blanc du Roullet, attaché de l'Ambassade de France à Vienne, que le compositeur décide d'écrire un opéra en français pour Paris sur un livret adapté de Jean Racine ("Iphigénie").
Grâce au soutien de Marie-Antoinette, Gluck vient à Paris en octobre 1773 et l'œuvre connaît un succès éclatant qui devait la maintenir sur scène jusqu'en 1824.
Richard Wagner devait en réaliser une version en 1847, jouée en Allemagne jusqu'en 1914. En revanche, cette Iphigénie ne sera guère jouée au XXe siècle, au contraire de l'Iphigénie en Tauride, bien que son ouverture, très appréciée de Wagner, soit restée célèbre et interprétée par les plus grands chefs d'orchestre tels que Hermann Abendroth, Otto Klemperer et Wilhelm Furtwängler.
Toutefois, dans le dernier quart du XXe siècle, l'œuvre jouit à nouveau d'une constante faveur.

Hertha Töpper, 100 ans

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Hertha Töpper, née le  à Graz et morte le  à Munich, est une artiste lyrique, une contralto autrichienne, surtout célèbre pour ses fréquentes collaborations artistiques avec les chefs d'orchestre Ferenc Fricsay (œuvres de Mozart et de Stravinsky) et Karl Richter (œuvres de Bach) et son association vocale avec la soprano Maria Stader.

Elle fait ses études au Conservatoire de Graz et débute en 1945 à l'opéra local dans le rôle d’Ulrica. À partir de 1952, elle est membre de la troupe de l'Opéra d’État de Bavière à Munich et jouit d'une réputation internationale dans des rôles aussi divers que Dorabella, Erda, Brangäne, Octavian ou Judith du Château de Barbe-Bleue de Béla Bartók, qu'elle interprète au Festival de Bayreuth, au Festival de Salzbourg ainsi que sur les plus grandes scènes internationales, à la Scala de Milan, à Covent Garden, à la Monnaie, à Amsterdam, Rome, Zurich, à l'Opéra de San Francisco ou au Met.

La renommée de Hertha Töpper reposait autant sur une technique vocale très sûre et une voix expressive et chaude que sur une présence scénique attrayante.

Elle s'est mariée en 1949 avec le compositeur Franz Mixa.

À compter de 1971, Hertha Töpper est professeure à la Musikhochschule de Munich, ville où elle meurt le .