Disparition de Louis Erlo, bâtisseur de l'Opéra de Lyon
Metteur en scène et directeur de l'Opéra de Lyon de 1969 à 1995, Louis Erlo s'est éteint à l'âge de 97 ans. Sous son impulsion, la maison lyonnaise s'est ouverte à tous les publics et a acquis une stature internationale.
Né Louis Camerlo à Lyon en 1929, Louis Erlo aura lié son nom à sa ville natale et à son Opéra. Après une formation d'électricien, il y entre comme régisseur, alors que l'institution est dirigée par son oncle, Paul Camerlo. C'est encore à Lyon qu'il signe en 1952 sa première mise en scène, Lohengrin de Wagner, point de départ d'une carrière qui le conduit sur de nombreuses scènes lyriques à travers le monde.
En 1969, à 40 ans, il revient prendre la direction de l'Opéra de Lyon, succédant à son oncle. Il y restera jusqu'en 1995. Parallèlement, il fonde à Paris en 1973 l'Opéra-Studio, compagnie-école destinée aux jeunes chanteurs, et assure la direction artistique du Festival d'Aix-en-Provence de 1982 à 1996.
Soutenu par les élus municipaux, Louis Erlo transforme en profondeur la maison de la place de la Comédie. Il crée avec le chorégraphe Vittorio Biagi le Ballet de l'Opéra de Lyon, compagnie autonome, puis, au début des années 1980, l'Orchestre de l'Opéra de Lyon avec Jean-Pierre Brossmann, alors codirecteur — une phalange qui, confiée à John Eliot Gardiner puis à Kent Nagano, s'impose rapidement sur la scène internationale et au disque. Il porte également la rénovation du bâtiment par Jean Nouvel, inaugurée en 1993. Jean-Pierre Brossmann lui succède en 1995 ; un an plus tard, l'Opéra de Lyon devient le premier théâtre lyrique en région à recevoir le label « Opéra national » décerné par le ministère de la Culture.
Dans un communiqué, l'Opéra de Lyon salue un directeur qui a innové « par ses méthodes de travail, par son exigence artistique, par son ouverture à tous les publics, par son goût de la découverte et de la création, par son souci de construire un théâtre complet, tant sur le plan artistique que technique, social et administratif », et conclut : « Louis Erlo nous laisse une conviction : l'opéra est un art vivant, qui se réinvente par l'audace des artistes et la rencontre avec les publics. »
Clin d'œil du calendrier relevé par La Tribune de Lyon : Louis Erlo s'est éteint le jour de la première de la nouvelle production de L'Amour des trois oranges de Prokofiev, mise en scène par Laurent Pelly (à l'affiche jusqu'au 20 octobre) — un ouvrage qu'il avait lui-même monté à Lyon en 1989.