"Semele" de Georg Friedrich Haendel, 280 ans

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Semele (HWV 58) est un opéra en trois actes composé par Georg Friedrich Haendel en 1743 et présenté au début en oratorio. Il repose sur le mythe classique de Sémélé, mère de Dionysos.

Au début des années 1740, les concerts que Georg Friedrich Haendel donne à Londres consistent surtout dans des oratorios donnés au théâtre royal, le Covent Garden. Plusieurs d'entre eux, tels Israël en Égypte (composé en 1738), Le Messie (1741) et Samson (1743), présentent quelque ressemblance avec la tragédie grecque, ce qui amène Haendel à s'aventurer dans le monde du drame classique.

Haendel reprend le livret que William Congreve a écrit pour l'opéra Sémélé (1707) de John Eccles, et compose la musique en un mois, du 3 juin au 4 juillet 1743. L'œuvre prend naturellement la forme d'un opéra, mais Haendel voit la possibilité de la donner pendant la série de concerts de carême du théâtre royal en février 1744, sachant que cette série lui assurerait la création de l'œuvre et un cachet. Il adapte donc cette dernière pour la présenter « à la manière d'un oratorio ». En 1760, dans sa biographie de Haendel, John Mainwaring indiquera « Semele est un opéra anglais, mais appelé oratorio, et exécuté en tant que tel. »

Son stratagème ne plaît pas aux organisateurs de la série, ce qui entraîne peu de représentations et porte à tenir durablement Sémélé, à tort, pour une pièce de concert dont les chorales se font encore le chantre. Le livret du dramaturge Congreve -développé par Alexander Pope- et la musique autorisent implicitement à penser que c'est plus un opéra qu'un oratorio.

Semele est créé le 10 février 1744 au théâtre royal, le Covent Garden, à Londres dans le cadre de la série de concerts donnée tous les ans pendant le carême. L'auditoire s'attendait naturellement à un sujet biblique ; la plupart des oratorios, y compris la plupart de ceux de Haendel, répondaient à cette attente. Mais le sujet des amours de Semele, qui est pratiquement une création de la fin de la période de la Restauration anglaise, est clairement tiré de la mythologie grecque, non du droit hébreu : il déplaît donc à ceux qui s'attendaient à une source d'inspiration différente. Étant en anglais, Semele irrite aussi les partisans de l'opéra italien véritable.

Haendel n'en donne, par conséquent, que quatre représentations.

Plus tard, en décembre 1744, Haendel donne deux autres représentations, cette fois au King's Theatre, après s'être plié aux critiques en faisant des adjonctions et des modifications telles que l'entremêlement d'airs italiens (pour les amateurs d'opéra) et le retrait de lignes sexuellement explicites (pour les dévots).

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