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Rungis Piano-Piano Festival : le dynamisme du duo de pianos

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La 7e édition du Rungis Piano-Piano Festival, dédié au duo de pianos et au piano à quatre mains, s’est tenue du 30 septembre au 4 octobre, sous la direction artistique du duo Ludmila Berlinskaïa et Arthur Ancelle. Elle témoigne de la richesse du répertoire et des multiples possibilités offertes par ces formations. Nous avons assisté à deux concerts le 3 octobre.

Dans la matinée du samedi 3 octobre, quatre duos formés de jeunes musiciens prometteurs se produisaient à la Grange Sainte-Geneviève. Nous regrettons vivement de ne pas avoir pu assister à ce concert, dont le programme était particulièrement alléchant : Three March Rhythms, Étude pour 2 pianos n° 1 et 3 et Hebrew Slumber Song de Victor Babin, Shéhérazade de Rimski-Korsakov, Lilli Bulléro op. 62 de Théodore Gouvy, Scaramouche op. 165b de Darius Milhaud, et enfin trois Valses de Tchaïkovski.

Deux suites de Rachmaninov

Dans l’après-midi, à l’auditorium du conservatoire, le duo formé par Antonio Pompa-Baldi et Emanuela Friscioni proposait deux suites de Rachmaninov : la n° 1 op. 5 et la n° 2 op. 17. Les deux pianistes enseignent au Cleveland Institute of Music, dont Victor Babin (1908-1972) fut le directeur de 1961 jusqu’à sa mort en 1972. Celui-ci formait avec son épouse Victoria (Vitya) Vronsky le duo de pianos le plus célèbre de son temps. Pompa-Baldi et Friscioni perpétuent ainsi l’héritage de Babin aux États-Unis, tandis que leur présence fait un clin d’œil au programme du concert matinal.

Les deux Steinway, aux caisses satinées, l’une brun foncé tirant sur le rouge, l’autre noire, résonnent généreusement dans le petit auditorium du conservatoire de Rungis. Au programme, donc, deux suites de Rachmaninov. Dans son commentaire sur la Première Suite, écrite alors que le compositeur n’avait que vingt ans, Pompa-Baldi évoque l’idée de l’amour avant même d’avoir aimé quelqu’un : une vision rêveuse et romantique. Dans leur interprétation, ce caractère reste intact, voire plus prononcé encore dans le « Romance » de la Deuxième Suite.

Retour au Rungis Piano Piano festival : compositrices et raretés mises en avant

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La sixième édition du Rungis Piano Piano Festival, unique en France à se consacrer exclusivement au duo de piano, s’est tenue du 1er au 5 octobre dernier. Cette année, les compositrices et leurs œuvres — trop rarement entendues — y ont occupé une place de choix.

« Girl Power »

La soirée du 2 octobre, intitulée « Girl Power », proposait deux concertos pour deux pianos : l’un de Dana Suesse (1909-1987), surnommée « Girl Gershwin », et l’autre d’Olga Viktorova (né en 1960), au titre aussi curieux que poétique : It all began with Arthur’s shoes.

Connue pour ses chansons populaires, Dana Suesse a pourtant laissé un corpus important d’œuvres dites savantes, dont ce concerto pour deux pianos. Peter Mintun, légataire universel de ces partitions, rappelle que la compositrice, autodidacte en matière d’orchestration, acheva cette œuvre en 1941 dans un style post-romantique teinté de jazz. La musique, fervente, originale et sans affectation, se déploie avec un certain panache : un premier mouvement un peu décousu, un second d’inspiration debussyste, un troisième énergique et jazzy, et un final étonnamment bref. Sous la direction de Julien Leroy, l’Orchestre Colonne met en valeur ces contrastes kaléidoscopiques, même si l’on souhaiterait parfois un peu plus de tempérament et de relief. Les deux pianistes, Ludmila Berlinskaïa et Arthur Ancelle, les directeurs artistiques du Festival, se montrent pleinement engagés, s’adaptant à l’acoustique sèche de la salle et à un orchestre semblant, par moments, quelque peu hésitant.

Dans la seconde partie, Olga Viktorova présente son œuvre sous la forme d’un échange complice avec Arthur Ancelle, expliquant que le titre fait référence à une paire de chaussures lui appartenant, et qu’elle a cherché à brosser le portrait de deux pianistes « doux, joyeux et drôles ». L’humour traverse en effet les trois mouvements — jusqu’à l’usage de marteaux en plastique dans le final — sans pour autant exclure des passages plus introspectifs, telle une fuguette du mouvement central mettant en lumière le basson, le violoncelle et l’alto, avant que les cordes ne prennent le relais dans un épisode plus lyrique. S’il fallait résumer ce concerto en un mot, ce serait : allégresse. Et pour clore la soirée, le duo Berlinskaïa-Ancelle a assumé le ton joyeux du programme jusqu’au bout, en offrant en bis la Danza Gaya de Madeleine Dring.