Prix du Mozarteum de France 2017

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Le Mozarteum de France a décerné son Prix 2017 pour un projet de conférence à Cécile Kubik  dans la catégorie "Docteur". Un Prix bien plus discret que tant d'autres mais qui couronne un travail d'envergure.
Après une première sélection sur dossier, les candidats finalistes (jeunes docteurs ou doctorants) étaient invités à présenter à Lyon leur projet de conférence. Le Mozarteum de France œuvre depuis 2011 à soutenir de jeunes chercheurs à travers cette initiative et le prix s’ouvrait cette année pour la première fois aux candidats de toutes les universités françaises. Le sujet proposé devait relever du XIXe siècle.
Le jury 2017, sous la présidence d’Emmanuel Reibel (Professeur au département de Musicologie de l’université Lumière-Lyon 2 et membre de l’Institut Universitaire de France), était constitué de Claire Delamarche (musicologue de l’Auditorium-Orchestre National de Lyon), Yves Jaffrès (président du Mozarteum de France, docteur en musicologie), Jean Bacot (vice-président du Mozarteum de France, Professeur honoraire des Universités, Ancien Conseiller Culturel et Michel Tranchant, Professeur honoraire au CNSMD de Lyon).
Le sujet de la conférence primée : Femmes violonistes en France au XIXe siècle. Une conférence musicale avec illustrations sonores et visuelles que la Lauréate, violoniste, exécutera elle-même, le mardi 21 mars 2017 à 17h au Mozarteum et une émission de radio sur RCF aura lieu le même jour.
Le Doctorat français de Musique allie Recherche et Pratique. Il est réservé aux interprètes menant une recherche pour et à travers l’interprétation musicale.

La conférence en résumé ? Il s'agit de faire découvrir au public un aspect méconnu du XIXe siècle français, celui des femmes ayant pratiqué le violon. À une période où la scène musicale hexagonale est dominée par les hommes, cantatrices et pianistes exceptées, le cas de ces femmes pionnières, défiant l’étiquette jugeant leur sexe inadapté à l’instrument, est passionnant. Ce sujet abordé dans la thèse part des données recueillies sur les femmes admises dans les classes de violon du Conservatoire de Paris au XIXe siècle et retrace le parcours de ces musiciennes, que leur carrière soit brillante ou qu’elle soit condamnée par leur mariage. Des statistiques établissent l’absence presque totale des femmes violonistes dans la première partie du siècle. Différents éléments de réponse éclairent cet état de fait, dans une optique de contextualisation, en lien avec une thèse du même auteur sur l’interprétation au violon au XIXe siècle. L’exposé livre également des informations inhérentes à leur répertoire, à leur jeu. Il pose la question d’un possible particularisme de la pratique féminine, croisant de multiples témoignages, critiques, mémoires. C’est à une mise en lumière de l’activité de ces femmes violonistes qu’invite la conférence, établie sur la base de nombreux renseignements inédits.

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