"Rosmonda d'Inghilterra" de Donizetti, 190 ans
Rosmonda d'Inghilterra est un opéra (tragedia lirica) en deux actes, musique de Gaetano Donizetti, livret de Felice Romani, représenté pour la première fois au Teatro della Pergola de Florence le .
La composition de Rosmonda d'Inghilterra, qui intervint dans une période particulièrement féconde de la carrière de Donizetti, répondit à une commande de l'imprésario Alessandro Lanari pour Florence.
Le livret de Felice Romani avait été initialement écrit pour Carlo Coccia, qui avait donné une Rosmonda d'Inghilterra en 1829 à Venise, sans grand succès. Le texte reçut quelques adaptations qui permirent à Donizetti de travailler très rapidement, puisque deux mois seulement s'écoulent entre la création à Milan, le , de Lucrezia Borgia et celle de Rosmonda.
L'ouvrage fut bien accueilli par le public florentin et connut ensuite quelques reprises sporadiques en Italie : à Naples en 1837 (sous le titre Eleonora di Gujenna) et à Livourne en 1845.
Il disparut ensuite jusqu'au , date à laquelle il fut ressuscité par l'association Opera Rara dans une version de concert au Queen Elizabeth Hall de Londres avec Yvonne Kenny dans le rôle-titre.
Chaucer raconte, au XIVe siècle, l'histoire de la « belle Rosemonde » (fair Rosamund), maîtresse d'Henri II Plantagenêt, qu'Aliénor d'Aquitaine fit chasser de la Cour et, selon la légende, assassiner. Felice Romani enjolive une histoire assez lacunaire en imaginant qu'au début de l'opéra, Rosmonda ignore que son amant, Enrico, est le roi d'Angleterre. Lorsque son père Gualtiero -qui ne peut l'ignorer puisqu'il est censé avoir été le précepteur du roi, mais que Rosmonda est censée avoir abandonné pour vivre auprès de son amant au palais de Woodstock- l'en informe, elle est épouvantée, mais le roi promet de l'épouser après avoir répudié la reine Leonora. Un ressort politique s'ajoute ainsi au ressort sentimental pour pousser cette dernière à assassiner Rosmonda. Cet artifice permet également de faire de Rosmonda un personnage vertueux, qui décide de renoncer à son amour plutôt que de briser le couple royal, noble conduite qui sera impuissante à lui assurer la vie sauve.