Mikhail Ivanovitch Glinka, 220 ans
Le compositeur russe Mikhaïl Ivanovitch Glinka est né le 1er juin 1804 à Novospasskoïe dans l'actuel oblast de Smolensk en Russie occidentale et mort le 15 février 1857 à Berlin. Il est le fondateur de l'école musicale russe moderne.
Mikhaïl Glinka naît dans le domaine de son père, le capitaine à la retraite Ivan Nikolaïevitch Glinka. Son arrière arrière-grand-père, Wiktoryn Władysław Glinka, était un noble polonais du clan Trzaska. Après la perte de Smolensk par la Pologne-Lituanie en 1654, il se convertit à l’orthodoxie et est intégré à la noblesse russe. Mikhaïl Glinka est élevé jusqu'à l'âge de sept ans par sa grand-mère paternelle, Thècle (Fiokla) Alexandrovna, qui détourne sa mère de l'éducation de son fils. Celui-ci est nerveux et de santé fragile. Mais la jeune paysanne Advotia est chargée de chanter ou de lui raconter des histoires quand il a l'air triste, donc il s'imprègne très tôt de culture populaire. À la mort de sa grand-mère, il est élevé chez ses parents et son père possède une petite troupe de musiciens parmi ses serfs. Il commence le piano et le violon à l'âge de dix ans, d'abord avec une gouvernante allemande, Barbara Klammer. Il est envoyé en 1817 dans la toute nouvelle pension de la noblesse ouverte à Saint-Pétersbourg, où il est instruit par Wilhelm Küchelbecker comme précepteur. Il prend des leçons à Saint-Pétersbourg auprès de Karl Traugott Zeuner (1775-1841) et de John Field (1782-1837). Il fait connaissance à la pension d'Alexandre Pouchkine qui venait rendre visite à l'été 1828 à son jeune frère, Lev Pouchkine, camarade de classe de Glinka. Leur amitié durera jusqu'à la mort du poète.
1822-1835
Ses études finies, Mikhaïl Glinka voyage au Caucase où il s'intéresse aux mélopées orientales qu'il reprendra dans Rouslan et Ludmilla et qu'il lèguera au Groupe des cinq. Travailleur acharné, il compose de la musique de chambre. Il poursuit des études musicales auprès de nombreux professeurs d'Europe centrale et notamment à Berlin avec Siegfried Dehn, ancien élève de Beethoven. Il subit l'influence de l'Allemagne, de la France et de l'Italie où il séjourne en 1830 et 1833 mais, de retour en Russie, il forme le projet de construire une harmonie nouvelle fondée sur les particularités des chants populaires russes. Il apparaît comme le fondateur de l'école russe. Des Allemands, il a appris sa science de l'harmonie (mais il va se forger une harmonie personnelle) et de l'orchestration. En Italie, sa voix de ténor éraillée devient tout à coup très belle, à la suite d'une maladie.
Il est fonctionnaire aux Ponts et Chaussées à Saint-Pétersbourg mais pendant quatre ans seulement.
1836-1844
Ivan Soussasine est créé le 27 novembre 1836 : succès public, mais l'aristocratie russe, au goût italianisant, est choquée par cette « musique de cochers ». Rouslan et Ludmilla est créé le 27 novembre 1842. Cette œuvre qui porte les germes de tout l'opéra russe à venir : triomphe public et critique très sévère.
1845-1857
Il passe deux ans en Espagne jusqu'en 1847. Même s'il repasse en Russie, il séjourne surtout à l'étranger. La vie à Saint-Pétersbourg l'agace, il est éclipsé par les Italiens et sa musique est mal interprétée, mutilée. Il meurt à Berlin le 3 février 1857 d'une maladie de foie.
Son œuvre a une dimension dramatique annonçant Moussorgski et Rimski-Korsakov.
Il est également le contemporain et l'ami d'Alexandre Pouchkine et de Nicolas Gogol. Il encourage la vocation musicale du jeune Balakirev et est le modèle et l'inspirateur direct du Groupe des Cinq.
Glinka est aussi l'auteur de la Chanson patriotique utilisée comme hymne national de la fédération de Russie de 1991 à 2000.
La créativité de Glinka marque le début d'une nouvelle direction dans le développement de la musique en Russie. La culture musicale est arrivée en Russie depuis l'Europe, et pour la première fois une musique spécifiquement russe commence à apparaître, s'appuyant sur la culture musicale européenne, dans les opéras de Mikhaïl Glinka. Différents événements historiques sont souvent évoqués dans la musique, mais pour la première fois ils sont présentés d'une manière réaliste.