Le "Bolero" à la Philharmonie de Paris
Pour les 150 ans de la naissance de Maurice Ravel, la Philharmonie de Paris célèbre sa partition la plus populaire à travers une exposition impressionnante et touchante. Tentant de percer les mystères du plus universel des chefs-d’œuvre orchestraux.
« Je reprends les outils. Il faut que ce soit terminé à la mi-octobre. Ça le sera. Pas de musique, pas de composition : seulement un effet d’orchestre. » En ce 2 septembre 1928, le ton est donné. Dans sa lettre à sa chère amie Georgette Marnold, Maurice Ravel esquisse son plan pour venir à bout de ce qui sera bientôt son Boléro . Ou plutôt, son Bolero, sans accent, comme il préférera l’écrire jusqu’à la fin de sa vie… Comme pour légitimer par la graphie espagnole des origines hispaniques longtemps fantasmées.
Lorsqu’il couche ces quelques lignes, sur son papier à lettres à l’en-tête tellement caractéristique (avec ces deux initiales formant logo, dans une verticalité à l’élégance de lettrine Art déco), le compositeur n’a que six semaines pour rendre sa copie à Ida Rubinstein. Le ballet doit entrer en répétitions un mois avant la première. Or la veuve d’Isaac Albéniz vient tout juste de refuser à Ravel l’autorisation d’orchestrer plusieurs des extraits d’Iberia, comme le lui avait demandé Rubinstein, ces derniers ayant déjà fait l’objet d’une « recomposition » par le chef et compositeur espagnol Enrique Fernandez Arbos.