Ettore Pagano, lauréat ICMA-Classeek, triomphe à Poznań
Le Concerto pour violoncelle d'Edward Elgar reste indissociable de l'enregistrement gravé par Jacqueline du Pré à vingt ans avec le London Symphony Orchestra. Cette interprétation de légende a installé l'œuvre parmi les piliers du répertoire, tout en posant un défi redoutable aux générations suivantes. Le jeune violoncelliste italien Ettore Pagano, lauréat du Prix ICMA-Classeek 2025, vient de relever l'épreuve avec l'Orchestre philharmonique de Poznań sous la direction d'Ariel Zuckermann.
Selon le compte rendu d'Iga Batog publié par Pizzicato.lu, le soliste aurait livré une lecture d'une maîtrise saisissante. Construit comme un vaste poème symphonique plus que comme un concerto classique, l'ouvrage exige avant tout la construction d'un arc dramatique cohérent : Pagano y serait parvenu par un phrasé assuré et une science subtile des contrastes. Dans les passages rapides, son spiccato aurait pris une dimension presque malicieuse, annonçant en filigrane la Symphonie n° 4 de Mendelssohn donnée après l'entracte. Le sommet de l'interprétation se situerait toutefois dans le troisième mouvement, où des tempos retenus et un phrasé d'une grande fluidité auraient révélé le caractère introspectif, presque méditatif, de la partition.
En bis, Julie-O de Mark Summer et Lamento de Giovanni Sollima ont confirmé la polyvalence du jeune Italien. La seconde pièce, où le violoncelliste mêle son jeu à sa propre voix chantée, aurait particulièrement marqué les esprits et laissé entrevoir un réel potentiel dans le répertoire contemporain.
D'après le reportage d'Iga Batog, Pizzicato.lu
Crédits photographiques : Kuba Cichocki / Filharmonia Poznańska