Andras Schiff : "la Hongrie retourne aux périodes les plus sombres du moyen-âge"

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SchiffC'est à Londres que Andras Schiff a donné un récital à l'occasion de son 60e anniversaire. A Londres où il vit, et non en Hongrie, son pays natal. Dans une interview donnée à la BBC à cette occasion, il parle sans détour de la politique actuelle de la Hongrie. Nous en reprenons quelques extraits : "Je n'ai plus mis les pieds dans le pays, même pas en tant que personne privée [...] J'ai reçu des menaces anonymes sur Internet disant que si je retournais en Hongrie, ils me couperaient les deux mains [...] Je ne veux pas y retourner car je ne veux pas prendre le risque d'agression mentale et physique [...] Je suis un grand adversaire de la situation politique en Hongrie, le gouvernement de Viktor Orban et sa relation avec le troisième plus grand parti politique, le Jobbik, "Mouvement pour une meilleure Hongrie" particulièrement xénophobe et anti-sémite [...] Ce n'est pas seulement le gouvernement qui me dérange, ce sont les gens. Pas tous. Il y a très peu de courage civique. Les gens ont peur de parler [...] Le 3 novembre a été dévoilée dans le centre de Budapest la statue de l'amiral Horthy. Il a été un criminel de guerre responsable des lois anti-juives et a supervisé la déportation d'une demi-millions de juifs vers les camps de la mort nazis. Eriger un monument à l'homme est méprisable [...] Ceux qui me menacent de me couper les mains ne réalisent pas que nous sommes au 21e siècle et que c'est l'Europe. Ils retournent vers les périodes les plus sombres du moyen-âge [...] Mais même sans cette menace, il me serait difficile de jouer en Hongrie car art et politique ne peuvent pas être indépendants."

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